18/10/2017

Octobre en couleur

Un soleil étincelant, un ciel bleu azur et des températures estivales l’après-midi donnent encore plus de relief que d’habitude aux magnifiques couleurs de l’automne, comme ces quelques photos tentent à le prouver. Profitons-en, cela ne va pas durer...

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16/10/2017

« Detroit » : un film coup de poing (et 10 autres films à l’affiche)

detroit.jpgIl y a 50 ans, en juillet 1967 et pendant cinq jours, Detroit connaît des émeutes d’une rare violence qui causent la mort de 43 personnes et en blessent 467 autres. L'évènement déclencheur est une descente de police dans un des bars clandestins symboles de la culture noire. Les pillages, les incendies et les tirs d'armes à feu prennent une telle ampleur que les forces policières de la ville sont complètement débordées avec comme conséquence une intervention de l’armée et de la garde nationale du Michigan pour rétablir l’ordre.

Bien que ces émeutes ne puissent être qualifiées de raciales, puisque des Blancs y ont aussi participé et y ont été tués (10 sur les 43), ces cinq jours de guérilla urbaine ont mis à jour les tensions raciales existantes, notamment du côté de la police qui a pu faire preuve d’une rare brutalité à l’encontre d’Afro-américains.

En se basant sur des faits réels, « Detroit » illustre ces tensions raciales et cette violence policière gratuite au travers d’un épisode particulièrement violent qui se déroule l’espace d’une nuit dans un motel où trois policiers débarquent à la recherche d’un sniper. Ils vont faire connaître l’horreur à ses occupants.

Il y a trois parties dans « Detroit ». La première met en scène le contexte des émeutes et les personnages qui se trouveront pris au piège par la suite dans le motel, la deuxième, qui est pour ainsi dire un huis clos, qui raconte les événements de cette nuit d’horreur, et la troisième qui voit se dérouler l’enquête et le procès.

« Detroit » est un film violent, particulièrement sur le plan psychologique. La tension qui y règne, spécialement dans la deuxième partie, est par moment à la limite du supportable. La manière de filmer de Kathryn Bigelow (« Démineurs », « Zero Dark Thirty »), 3 ou 4 caméras qui tournent en même temps autour des acteurs en mouvement, et des acteurs irréprochables donnent un sentiment de réalisme qui fait par moment tellement froid dans le dos qu'il prend le dessus sur l’émotion. Un film coup de poing, âmes sensibles s’abstenir, formellement irréprochable et aux résonances, hélas, toujours d'actualité. (4 étoiles)

Toujours à l’affiche

5 étoiles. « L’ordre divin ». "En 1971, le monde était en pleine mutation, mais ici en Suisse, le temps semblait s'être arrêté." Le contraste avec le générique est saisissant et donne immédiatement le ton du film: Nora et ses amies vont devoir soulever des montagnes pour lutter contre cette société patriarcale et machiste qui est à la veille de décider si elle donnera le droit de vote et d'éligibilité aux femmes. Pour raconter les semaines qui précèdent cette votation qui deviendra historique, le film de la réalisatrice Petra Volpe reconstitue à la perfection cette ambiance du début des années septante de cette Suisse fermée sur elle-même: décors, costumes, coiffures, mœurs, attitudes de la gente masculine, tout y est. C'est à la fois jouissif et consternant de voir où en étaient les droits des femmes au niveau national il y a seulement 45 ans. Le film est d'ailleurs à l'image de ce constat, puisqu'il comporte des scènes franchement drôles et tendres qui alternent avec d'autres où l'on rit jaune, voire où l'on pleure de tristesse ou de joie. "L'ordre de divin" est très bien écrit que ce soit au niveau de son scénario ou de ses personnages auxquels on s'attache rapidement. Il faut dire que la distribution est excellente et donne toute sa crédibilité au film. A voir absolument.

4 étoiles. « Le sens de la fête ». Depuis le succès colossal de « Intouchables », les films des réalisateurs Eric Toledano et Olivier Nakache sont très attendus et « Le sens de la fête » ne déçoit pas. L’histoire de Max, organisateur de fêtes que l’on suit pendant 24 heures, durant lesquelles toutes les tuiles possibles et inimaginables vont lui tomber dessus à l’occasion d’un mariage organisé dans un château du 17ème siècle, est en effet dans l’ensemble très réussie. Jean-Pierre Bacri est tout simplement exceptionnel. Omniprésent, il est à la fois drôle, ironique, caustique, jaloux, bougon, tendre, émouvant, touchant, excédé, désabusé, liste non exhaustive, dans son rôle de chef d’une équipe qui compte en son sein bien des bras cassés. Il est entouré par une distribution au diapason. Le film est bien écrit, avec tout de même quelques invraisemblances, et les dialogues sont souvent jouissifs. Il a également du rythme malgré une petite baisse au milieu. Il y a des scènes à pleurer de rire et d’autres émouvantes, à l’image d’une fin très réussie. « Le sens de la fête » est une comédie humaine, certes pleine de bons sentiments, pétillante comme du champagne et ça fait du bien !

4 étoiles. « 120 battements par minute ». Paris début des années 90, l’épidémie du sida fait des ravages, tout particulièrement dans la communauté homosexuelle, dans une indifférence quasi générale. Les militants d’Act Up multiplient les actions coup de poing pour attirer l’attention des pouvoirs publics et des pharmas sur le drame qui se joue sous leurs yeux et dont ils ne mesurent pas l’ampleur par ignorance, parce qu’ils se voilent la face ou encore par calcul. La première partie du film, qui donne une grande place aux réunions hebdomadaires et aux actions est absolument remarquable aussi bien au niveau des contenus que de la manière dont elles sont mises en scène. Du grand cinéma. Et puis, il y a au milieu de ce tourbillon militant la relation amoureuse entre Sean, dont la santé décline semaine après semaine, et Nathan, qui a échappé à l’infection. Leur relation illustre par deux destins individuels le combat qu’Act Up a mené pour l’ensemble de la collectivité. Si la romance entre Sean et Nathan, les deux acteurs sont exceptionnels, tire vers la fin un peu trop en longueur et vers le mélo, seul reproche que l’on peut faire au film, elle est autrement drôle, sensuel, d’une très grande complicité, pleine d’espoir malgré tout, bouleversante, tragique. Bref, belle, tout simplement.

4 étoiles. « Ca ». Adapté du roman de Stephen King « It », le film raconte l’histoire d’un terrible prédateur ayant la capacité de modifier son apparence physique, avec tout de même une prédilection pour celle de clown pour mieux attirer les enfants qui sont sa cible. Film d’horreur qui a donc l’ambition de faire peur. Ambition réussie grâce à des effets spéciaux très réussis qui occupent leur juste place, une photographie parfaite, une bande sonore irréprochable que ce soit au niveau des effets ou de la musique, une excellente direction d’acteurs – les sept jeunes acteurs sont tous crédibles – et un scénario intelligent qui tient en haleine la plupart du temps. Après un départ très réussi qui donne bien le ton du film (relations humaines, humour et bien sûr ambiance angoissante), « Ca » peine en effet un peu par la suite à prendre son rythme, mais ce n’est que pour mieux rebondir dans une deuxième partie d’une rare intensité. Un film qui ravira sans aucun doute les amateurs du genre.    

3 étoiles. « L’un dans l’autre ». Pierre travaille avec Eric, qui est son bras droit. Eric est pacsé avec Pénélope qui est aussi la maîtresse de Pierre. Eric et Pénélope veulent se marier pour augmenter leur chance d’adopter un enfant, ce qui pousse Pénélope et Pierre à rompre, la situation devenant intenable. Mais c’est sans compter avec le réveil de leur dernière nuit d’amour où Pierre se réveille dans le corps de Pénélope et vice versa. Ce synopsis de pièce de boulevard va déboucher bien évidemment sur de nombreux quiproquos et des situations plus ou moins gênantes pour Pierre et Pénélope. Si le film fonctionne sur le même ressort comique du début à la fin et n’évite pas toujours les clichés, il faut bien reconnaître que le rythme est soutenu de bout en bout et qu’on y rit de bon cœur. On l’aura compris, « L’un dans l’autre » ne fait pas toujours dans la dentelle. Mais il remplit avec satisfaction sa mission de faire passer un moment divertissant à celles et ceux qui sont venus voir le film. Ni plus. Ni moins.

3 étoiles. « Ôtez-moi d’un doute ».  Erwan est démineur et va voir sa vie littéralement exploser quand il va apprendre que son père n’est pas son père biologique. En recherchant son géniteur, alors que dans le même temps sa fille enceinte refuse de lui dire qui est le père de son enfant, Erwan va devoir gérer un conflit de loyauté entre celui qui l’a élevé et celui qui lui a donné la vie. Et ce n’est pas tout, puisqu’il va lui falloir gérer sa relation avec Anna, fille de son père biologique, qui ignore tout de la situation et qui a flashé sur lui. La lecture de ce synopsis fait penser à une pièce de boulevard et à une comédie bien lourde dont le cinéma français a le secret. Mais en fait, il n’en est (presque) rien. Malgré le côté « tiré par les cheveux » du scénario, particulièrement la fin qui est décevante, le film est agréable à regarder de bout en bout grâce à l’alternance de scènes tendres, voire émouvantes, et d’autres drôles, voire hilarantes grâce à Esteban qui, dans le rôle de Didier, est franchement génial. « Ôtez-moi d’un doute » n’est certes pas la comédie du siècle, mais c’est loin d’être désagréable.

2 étoiles. « Mon garçon ». L’idée de départ est séduisante : l’acteur principal, Guillaume Canet convaincant, découvre le scénario au fur et à mesure que le film se tourne en temps réel ou presque. Il a en effet fallu seulement six jours pour mettre en boîte cette histoire d’un père absent qui est appelé à la rescousse par son ex-femme suite à la disparition de leur fils de sept ans lors d’un bivouac en montagne. N’écoutant que son cœur et son courage, il va alors mener sa propre enquête au mépris de toutes les règles pour tenter de retrouver son enfant. Le scénario est tout sauf original et surtout très mince, juste de quoi faire un bon épisode d’une série policière. Alors certes, les vingt minutes du film, qui précèdent la scène finale, d’une rare mièvrerie, sont très réussies : la tension est à son maximum grâce à une caméra à hauteur d’épaule qui cerne les protagonistes qui sont filmés à tour de rôle sans savoir ce que font les autres pendant ce temps. Du grand suspense. Mais ces vingt minutes ne suffisent pas à faire oublier que « Mon garçon » rime avant tout avec déception.

2 étoiles. « Mary ». Agée de 7 ans, Mary possède un talent hors du commun dans le domaine des mathématiques. Elle vit avec son oncle qui veut lui donner une vie la plus normale possible malgré ce don extraordinaire afin de ne pas revivre le drame qu’il a vécu quelques années auparavant. Mais c’est sans compter avec sa mère qui va faire irruption dans leur vie et tenter, au travers de sa petite-fille, de renouer avec un passé pourtant dévastateur. Le moins que l’on puisse écrire est que cette trame ne brille pas par son originalité, même si la question soulevée sur la place à donner aux enfants surdoués est intéressante, et qu’il n’y a pas besoin d’être un génie pour deviner ce qu’il va se passer. Heureusement, les deux interprètes principaux du film tiennent la route et sont l’incontestable point fort du film qui, malgré sa faiblesse scénaristique, son côté téléfilm et quelques invraisemblances, se laisse donc voir sans déplaisir, mais sans plus.

1 étoile. « Blade Runner 2049 ». K est chasseur de réplicants (sorte d’esclaves créés par les humains) récalcitrants et lui-même réplicant, mais avec un supplément d’âme qui lui viendrait des souvenirs qu’on lui a fabriqués. Il a pour mission de chercher et d’éliminer celui ou celle qui apparemment serait né.e de la liaison entre un réplicant et un humain, car si cela se vérifiait alors l’équilibre du monde en serait bouleversé. A partir de ce synopsis, on pourrait imaginer que « Blade Runner 2049 » est un film d’action qui se déroule dans un univers futuriste et qui questionne sur la relation entre les humains et les créatures qu’ils ont créés. Or, sur l’extrême longueur du film (2h45), il doit y avoir un tiers, et encore, d’actions et les questions existentielles sont à peine effleurées. C’est le sentiment d’un vide abyssal qui domine. Les coups de corne de brume exagérément forts qui font office de musique tiennent « heureusement » le spectateur éveillé. Il y a bien un sursaut au moment où Harrison Ford fait enfin son apparition après 1h45 (!) de film. C’est à n’en pas douter le meilleur moment de « Blade Runner 2049 » dont la fin est aussi décevante que le reste.

1 étoile. « Barbara ». Mathieu Amalric rend hommage à Barbara 20 ans après sa disparition dans un film dans le film qui met en scène une actrice qui joue Barbara. On la voit ainsi travailler son rôle, sa voix, ses chansons, ses partitions, ses gestes, ses scènes à apprendre, le tout se mêlant à sa propre vie de femme et à des images de Barbara qui apparaît de temps à autre grâce à des archives sans que l’on soit toutefois toujours forcément sûr que ce soit bien elle et pas l’actrice. Le spectateur a toutes les peines du monde à se laisser emporter par un film qui mélange constamment fiction et réalité et qui part dans tous les sens. Alors certes, Jeanne Balibar est convaincante dans son rôle d’actrice qui joue Barbara au point de se confondre avec son modèle. Il y a également quelques scènes réussies, particulièrement celles qui laissent un peu de place aux chansons de Barbara, mais le tout manque de liant et surtout d’émotion. « Barbara » est avant tout un exercice de style aux allures résolument nombrilistes, comme le relève d’ailleurs l’actrice qui s’adressant à son réalisateur, joué bien évidemment par Mathieu Amalric, lui demande s’il ne fait pas un film sur lui-même, et qui laisse de marbre. Barbara méritait mieux.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

14/10/2017

Du grand au petit écran: Clavier, Deneuve, Lindon et les autres

IMG_0481.PNGAdapté d’une pièce de théâtre, « Une heure de tranquillité » raconte l’histoire de Michel, dentiste embourgeoisé et grand amateur de jazz, qui vient de trouver aux puces un disque très rare qu’il veut écouter de suite chez lui sans qu’on le dérange. Mais son entourage (sa femme, sa maîtresse, son fils, son voisin, sa mère, sa femme de ménage et son plombier) va en décider autrement. Malgré quelques situations très drôles, le film reste toutefois assez convenu, à part la fin très réussie, et ne réserve donc pas de grandes surprises. On y sourit, plus qu’on y rit. On y apprécie les clins d’œil à d’autres films (« Le Père Noël est une ordure », « Le dîner de cons ») et les acteurs sont bons. A commencer par Christian Clavier, pratiquement dans chaque plan, qui n’en fait pas des tonnes. Carole Bouquet joue fort bien l'épouse dépressive et Rossy de Palma est hilarante dans son rôle de femme de ménage. Les ingrédients sont donc de bonne qualité, mais la sauce ne prend pas vraiment. Pas désagréable, mais pas indispensable. 

2 étoiles. "Une heure de tranquillité". TF1, dimanche 15 octobre, 21h.

 

IMG_0401.PNG« L’homme qu’on aimait trop » d’André Téchiné raconte l’histoire vraie de Renée Leroux, propriétaire du Casino Le Palais de la Méditerranée à Nice, qui s’est battue toute sa vie pour faire condamner par la justice le supposé meurtrier (Guillaume Canet) de sa fille (Adèle Haenel), mystérieusement disparue en novembre 1977, et dont on a jamais retrouvé le corps. Un peu lent à démarrer, le film va crescendo. Le spectateur est au fur et à mesure que l’action avance de plus en plus partie prenante du drame qui se déroule devant lui. Les acteurs principaux n’y sont bien évidemment pas pour rien. Catherine Deneuve est, comme d’habitude ou presque, impériale aussi bien comme patronne de casino que comme mère à la poursuite de la vérité. Il faut la voir vieillie, claudicante, avec le masque de celle qui s’est battue pendant plus de 30 ans pour faire condamner celui qu’elle pense être le responsable de la mort de sa fille, du grand art!

3 étoiles. "L'homme qu'on aimait trop". France 2, dimanche 15 octobre, 20h55.

 

IMG_0482.PNG« La loi du marché » fait entrer le spectateur dans le film en une fraction de seconde, ce qui n’est pas courant. « La loi du marché » s’ouvre en effet sur un plan de profil de Thierry qui fait part pendant quelques minutes à son placeur, le plus souvent hors champ, de son désarroi après sa période de chômage qui s’approche gentiment de la fin. Le ton du film est donné avec cette première scène : criant de vérité. Et ce sera le cas durant tout le film, à tel point d’ailleurs que par moment l’on a plus l’impression de voir un reportage qu’un film de fiction. Impression renforcée par le jeu des acteurs qui jouent leur propre rôle face au formidable professionnel qu’est Vincent Lindon, prix d’interprétation au Festival de Cannes en 2015 pour ce rôle. Mais « La loi du marché » est bel et bien une fiction, certes « réaliste », avec une tension dramatique dans sa deuxième partie quand Thierry retrouve un emploi de vigile dans un supermarché. Confronté de par sa nouvelle fonction à une certaine détresse humaine qui le renvoie à sa situation personnelle et à un dilemme moral, Thierry sera-t-il prêt à tout pour garder son emploi ? C’est tout l’enjeu de ce film hautement recommandable.

 4 étoiles. "La loi du marché". Arte, mercredi 18 octobre, 20h55.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire