13/10/2017

« Blade Runner 2049 » : long comme un jour sans pain (et 9 autres films à l’affiche)

Blade Runner.jpgRares sont les films de science-fiction qui trouvent grâce à mes yeux. Mais tel un aliment que l’on n’aime pas, il est bon parfois de retenter l’aventure. « Blade Runner 2049 » paraissait idéal pour cette tentative : un premier épisode de 1982 devenu culte, une distribution alléchante et un réalisateur qui a fait ses preuves. Autant le dire tout de suite, l’expérience n’a pas été concluante et les deux heures quarante-cinq (!) du film m’ont paru longues comme un jour sans pain.

K est chasseur de réplicants (sorte d’esclaves créés par les humains) récalcitrants et lui-même réplicant, mais avec un supplément d’âme qui lui viendrait des souvenirs qu’on lui a fabriqués. Il a pour mission de chercher et d’éliminer celui ou celle qui apparemment serait né.e de la liaison entre un réplicant et un humain, car si cela se vérifiait alors l’équilibre du monde en serait bouleversé.

A partir de ce synopsis, on pourrait imaginer que « Blade Runner 2049 » est un film d’action qui se déroule dans un univers futuriste – pourquoi faut-il que cet univers, même s’il est en l’occurrence visuellement réussi, soit toujours sombre, à moitié détruit, que la pluie tombe sans arrêt, que les gens soient sales, pauvres et désespérés et que les voitures volent ? – et qui questionne sur la relation entre les humains et les créatures qu’ils ont créés.

Or, sur l’extrême longueur du film, il doit y avoir un tiers, et encore, d’actions et les questions existentielles sont à peine effleurées. C’est le sentiment d’un vide abyssal qui domine, une bonne partie du film consistant à suivre K (Ryan Gosling peu concerné) dans ses déplacements. Les coups de corne de brume exagérément forts qui font office de musique, et deviennent sur la longueur insupportables, tiennent « heureusement » le spectateur éveillé. Il y a bien un sursaut au moment où Harrison Ford fait enfin son apparition après 1h45 (!) de film. C’est à n’en pas douter le meilleur moment de « Blade Runner 2049 » dont la fin est aussi décevante que le reste. (1 étoile)

Toujours à l’affiche

5 étoiles. « L’ordre divin ». "En 1971, le monde était en pleine mutation, mais ici en Suisse, le temps semblait s'être arrêté." Le contraste avec le générique est saisissant et donne immédiatement le ton du film: Nora et ses amies vont devoir soulever des montagnes pour lutter contre cette société patriarcale et machiste qui est à la veille de décider si elle donnera le droit de vote et d'éligibilité aux femmes. Pour raconter les semaines qui précèdent cette votation qui deviendra historique, le film de la réalisatrice Petra Volpe reconstitue à la perfection cette ambiance du début des années septante de cette Suisse fermée sur elle-même: décors, costumes, coiffures, mœurs, attitudes de la gente masculine, tout y est. C'est à la fois jouissif et consternant de voir où en étaient les droits des femmes au niveau national il y a seulement 45 ans. Le film est d'ailleurs à l'image de ce constat, puisqu'il comporte des scènes franchement drôles et tendres qui alternent avec d'autres où l'on rit jaune, voire où l'on pleure de tristesse ou de joie. "L'ordre de divin" est très bien écrit que ce soit au niveau de son scénario ou de ses personnages auxquels on s'attache rapidement. Il faut dire que la distribution est excellente et donne toute sa crédibilité au film. A voir absolument.

4 étoiles. « Le sens de la fête ». Depuis le succès colossal de « Intouchables », les films des réalisateurs Eric Toledano et Olivier Nakache sont très attendus et « Le sens de la fête » ne déçoit pas. L’histoire de Max, organisateur de fêtes que l’on suit pendant 24 heures, durant lesquelles toutes les tuiles possibles et inimaginables vont lui tomber dessus à l’occasion d’un mariage organisé dans un château du 17ème siècle, est en effet dans l’ensemble très réussie. Jean-Pierre Bacri est tout simplement exceptionnel. Omniprésent, il est à la fois drôle, ironique, caustique, jaloux, bougon, tendre, émouvant, touchant, excédé, désabusé, liste non exhaustive, dans son rôle de chef d’une équipe qui compte en son sein bien des bras cassés. Il est entouré par une distribution au diapason. Le film est bien écrit, avec tout de même quelques invraisemblances, et les dialogues sont souvent jouissifs. Il a également du rythme malgré une petite baisse au milieu. Il y a des scènes à pleurer de rire et d’autres émouvantes, à l’image d’une fin très réussie. « Le sens de la fête » est une comédie humaine, certes pleine de bons sentiments, pétillante comme du champagne et ça fait du bien !

4 étoiles. « 120 battements par minute ». Paris début des années 90, l’épidémie du sida fait des ravages, tout particulièrement dans la communauté homosexuelle, dans une indifférence quasi générale. Les militants d’Act Up multiplient les actions coup de poing pour attirer l’attention des pouvoirs publics et des pharmas sur le drame qui se joue sous leurs yeux et dont ils ne mesurent pas l’ampleur par ignorance, parce qu’ils se voilent la face ou encore par calcul. La première partie du film, qui donne une grande place aux réunions hebdomadaires et aux actions est absolument remarquable aussi bien au niveau des contenus que de la manière dont elles sont mises en scène. Du grand cinéma. Et puis, il y a au milieu de ce tourbillon militant la relation amoureuse entre Sean, dont la santé décline semaine après semaine, et Nathan, qui a échappé à l’infection. Leur relation illustre par deux destins individuels le combat qu’Act Up a mené pour l’ensemble de la collectivité. Si la romance entre Sean et Nathan, les deux acteurs sont exceptionnels, tire vers la fin un peu trop en longueur et vers le mélo, seul reproche que l’on peut faire au film, elle est autrement drôle, sensuel, d’une très grande complicité, pleine d’espoir malgré tout, bouleversante, tragique. Bref, belle, tout simplement.

4 étoiles. « Ça ». Adapté du roman de Stephen King « It », le film raconte l’histoire d’un terrible prédateur ayant la capacité de modifier son apparence physique, avec tout de même une prédilection pour celle de clown pour mieux attirer les enfants qui sont sa cible. Film d’horreur qui a donc l’ambition de faire peur. Ambition réussie grâce à des effets spéciaux très réussis qui occupent leur juste place, une photographie parfaite, une bande sonore irréprochable que ce soit au niveau des effets ou de la musique, une excellente direction d’acteurs – les sept jeunes acteurs sont tous crédibles – et un scénario intelligent qui tient en haleine la plupart du temps. Après un départ très réussi qui donne bien le ton du film (relations humaines, humour et bien sûr ambiance angoissante), « Ça » peine en effet un peu par la suite à prendre son rythme, mais ce n’est que pour mieux rebondir dans une deuxième partie d’une rare intensité. Un film qui ravira sans aucun doute les amateurs du genre.    

3 étoiles. « L’un dans l’autre ». Pierre travaille avec Eric, qui est son bras droit. Eric est pacsé avec Pénélope qui est aussi la maîtresse de Pierre. Eric et Pénélope veulent se marier pour augmenter leur chance d’adopter un enfant, ce qui pousse Pénélope et Pierre à rompre, la situation devenant intenable. Mais c’est sans compter avec le réveil de leur dernière nuit d’amour où Pierre se réveille dans le corps de Pénélope et vice versa. Ce synopsis de pièce de boulevard va déboucher bien évidemment sur de nombreux quiproquos et des situations plus ou moins gênantes pour Pierre et Pénélope. Si le film fonctionne sur le même ressort comique du début à la fin et n’évite pas toujours les clichés, il faut bien reconnaître que le rythme est soutenu de bout en bout et qu’on y rit de bon cœur. On l’aura compris, « L’un dans l’autre » ne fait pas toujours dans la dentelle. Mais il remplit avec satisfaction sa mission de faire passer un moment divertissant à celles et ceux qui sont venus voir le film. Ni plus. Ni moins.

3 étoiles. « Ôtez-moi d’un doute ».  Erwan est démineur et va voir sa vie littéralement exploser quand il va apprendre que son père n’est pas son père biologique. En recherchant son géniteur, alors que dans le même temps sa fille enceinte refuse de lui dire qui est le père de son enfant, Erwan va devoir gérer un conflit de loyauté entre celui qui l’a élevé et celui qui lui a donné la vie. Et ce n’est pas tout, puisqu’il va lui falloir gérer sa relation avec Anna, fille de son père biologique, qui ignore tout de la situation et qui a flashé sur lui. La lecture de ce synopsis fait penser à une pièce de boulevard et à une comédie bien lourde dont le cinéma français a le secret. Mais en fait, il n’en est (presque) rien. Malgré le côté « tiré par les cheveux » du scénario, particulièrement la fin qui est décevante, le film est agréable à regarder de bout en bout grâce à l’alternance de scènes tendres, voire émouvantes, et d’autres drôles, voire hilarantes grâce à Esteban qui, dans le rôle de Didier, est franchement génial. « Ôtez-moi d’un doute » n’est certes pas la comédie du siècle, mais c’est loin d’être désagréable.

2 étoiles. « Mon garçon ». L’idée de départ est séduisante : l’acteur principal, Guillaume Canet convaincant, découvre le scénario au fur et à mesure que le film se tourne en temps réel ou presque. Il a en effet fallu seulement six jours pour mettre en boîte cette histoire d’un père absent qui est appelé à la rescousse par son ex-femme suite à la disparition de leur fils de sept ans lors d’un bivouac en montagne. N’écoutant que son cœur et son courage, il va alors mener sa propre enquête au mépris de toutes les règles pour tenter de retrouver son enfant. Le scénario est tout sauf original et surtout très mince, juste de quoi faire un bon épisode d’une série policière. Alors certes, les vingt minutes du film, qui précèdent la scène finale, d’une rare mièvrerie, sont très réussies : la tension est à son maximum grâce à une caméra à hauteur d’épaule qui cerne les protagonistes qui sont filmés à tour de rôle sans savoir ce que font les autres pendant ce temps. Du grand suspense. Mais ces vingt minutes ne suffisent pas à faire oublier que « Mon garçon » rime avant tout avec déception.

2 étoiles. « Mary ». Agée de 7 ans, Mary possède un talent hors du commun dans le domaine des mathématiques. Elle vit avec son oncle qui veut lui donner une vie la plus normale possible malgré ce don extraordinaire afin de ne pas revivre le drame qu’il a vécu quelques années auparavant. Mais c’est sans compter avec sa mère qui va faire irruption dans leur vie et tenter, au travers de sa petite-fille, de renouer avec un passé pourtant dévastateur. Le moins que l’on puisse écrire est que cette trame ne brille pas par son originalité, même si la question soulevée sur la place à donner aux enfants surdoués est intéressante, et qu’il n’y a pas besoin d’être un génie pour deviner ce qu’il va se passer. Heureusement, les deux interprètes principaux du film tiennent la route et sont l’incontestable point fort du film qui, malgré sa faiblesse scénaristique, son côté téléfilm et quelques invraisemblances, se laisse donc voir sans déplaisir, mais sans plus.

1 étoile. « Barbara ». Mathieu Amalric rend hommage à Barbara 20 ans après sa disparition dans un film dans le film qui met en scène une actrice qui joue Barbara. On la voit ainsi travailler son rôle, sa voix, ses chansons, ses partitions, ses gestes, ses scènes à apprendre, le tout se mêlant à sa propre vie de femme et à des images de Barbara qui apparaît de temps à autre grâce à des archives sans que l’on soit toutefois toujours forcément sûr que ce soit bien elle et pas l’actrice. Le spectateur a toutes les peines du monde à se laisser emporter par un film qui mélange constamment fiction et réalité et qui part dans tous les sens. Alors certes, Jeanne Balibar est convaincante dans son rôle d’actrice qui joue Barbara au point de se confondre avec son modèle. Il y a également quelques scènes réussies, particulièrement celles qui laissent un peu de place aux chansons de Barbara, mais le tout manque de liant et surtout d’émotion. « Barbara » est avant tout un exercice de style aux allures résolument nombrilistes, comme le relève d’ailleurs l’actrice qui s’adressant à son réalisateur, joué bien évidemment par Mathieu Amalric, lui demande s’il ne fait pas un film sur lui-même, et qui laisse de marbre. Barbara méritait mieux.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

11/10/2017

« Le sens de la fête » : pétillant comme du champagne (et 8 autres films à l’affiche)

Le sens de la fête.jpgDepuis le succès colossal de « Intouchables » (plus de 19 millions d’entrées en France !), les films des réalisateurs Eric Toledano et Olivier Nakache sont très attendus. Après la déception « Samba » - tout de même plus de 3 millions d’entrées, beaucoup de films s’en contenteraient ! - la sortie de « Le sens de la fête » suscitait l’impatience des cinéphiles. Impatience d’autant plus grande que les différentes bandes annonces matraquées depuis deux mois donnaient très envie avec le risque d’être déçu.

Autant le dire tout de suite, de déception il n’y en a point. « Le sens de la fête » est à la hauteur des attentes. L’histoire de Max, organisateur de fêtes fatigué par trente ans de service, que l’on suit pendant 24 heures, durant lesquelles toutes les tuiles possibles et inimaginables vont lui tomber dessus à l’occasion d’un mariage organisé dans un château du 17ème siècle, est dans l’ensemble très réussie.

La scène d’introduction mérite à elle seule le détour et confirme, pour celles et ceux qui en doutaient encore, l’énorme talent de Jean-Pierre Bacri qui est tout simplement exceptionnel. Omniprésent, et le plus souvent filmé caméra à l’épaule ce qui renforce l’impression qu’il est au four et au moulin, il est à la fois drôle, ironique, caustique, jaloux, bougon, tendre, émouvant, touchant, excédé, désabusé, liste non exhaustive, dans son rôle de chef d’une équipe qui compte en son sein bien des bras cassés. Il est entouré par une distribution au diapason dans ce film chorale où chacun a sa place pour le meilleur et pour le pire, comme il se doit bien entendu pour un mariage.

Le film est bien écrit, avec tout de même quelques invraisemblances, et les dialogues sont souvent jouissifs. Il a également du rythme malgré une petite baisse au milieu, mais celle-ci est en lien avec les événements qui sont suspendus durant la fête suite à gros souci dont on ne parlera pas ici pour ne rien dévoiler. Il y a des scènes à pleurer de rire, vive le marié !, et d’autres émouvantes, à l’image d’une fin très réussie. « Le sens de la fête » est une comédie humaine, certes pleine de bons sentiments, pétillante comme du champagne et ça fait du bien ! (4 étoiles)

Toujours à l’affiche

5 étoiles. « L’ordre divin ». "En 1971, le monde était en pleine mutation, mais ici en Suisse, le temps semblait s'être arrêté." Le contraste avec le générique est saisissant et donne immédiatement le ton du film: Nora et ses amies vont devoir soulever des montagnes pour lutter contre cette société patriarcale et machiste qui est à la veille de décider si elle donnera le droit de vote et d'éligibilité aux femmes. Pour raconter les semaines qui précèdent cette votation qui deviendra historique, le film de la réalisatrice Petra Volpe reconstitue à la perfection cette ambiance du début des années septante de cette Suisse fermée sur elle-même: décors, costumes, coiffures, mœurs, attitudes de la gente masculine, tout y est. C'est à la fois jouissif et consternant de voir où en étaient les droits des femmes au niveau national il y a seulement 45 ans. Le film est d'ailleurs à l'image de ce constat, puisqu'il comporte des scènes franchement drôles et tendres qui alternent avec d'autres où l'on rit jaune, voire où l'on pleure de tristesse ou de joie. "L'ordre de divin" est très bien écrit que ce soit au niveau de son scénario ou de ses personnages auxquels on s'attache rapidement. Il faut dire que la distribution est excellente et donne toute sa crédibilité au film. A voir absolument.

4 étoiles. « 120 battements par minute ». Paris début des années 90, l’épidémie du sida fait des ravages, tout particulièrement dans la communauté homosexuelle, dans une indifférence quasi générale. Les militants d’Act Up multiplient les actions coup de poing pour attirer l’attention des pouvoirs publics et des pharmas sur le drame qui se joue sous leurs yeux et dont ils ne mesurent pas l’ampleur par ignorance, parce qu’ils se voilent la face ou encore par calcul. La première partie du film, qui donne une grande place aux réunions hebdomadaires et aux actions est absolument remarquable aussi bien au niveau des contenus que de la manière dont elles sont mises en scène. Du grand cinéma. Et puis, il y a au milieu de ce tourbillon militant la relation amoureuse entre Sean, dont la santé décline semaine après semaine, et Nathan, qui a échappé à l’infection. Leur relation illustre par deux destins individuels le combat qu’Act Up a mené pour l’ensemble de la collectivité. Si la romance entre Sean et Nathan, les deux acteurs sont exceptionnels, tire vers la fin un peu trop en longueur et vers le mélo, seul reproche que l’on peut faire au film, elle est autrement drôle, sensuel, d’une très grande complicité, pleine d’espoir malgré tout, bouleversante, tragique. Bref, belle, tout simplement.

4 étoiles. « Ça ». Adapté du roman de Stephen King « It », le film raconte l’histoire d’un terrible prédateur ayant la capacité de modifier son apparence physique, avec tout de même une prédilection pour celle de clown pour mieux attirer les enfants qui sont sa cible. Film d’horreur qui a donc l’ambition de faire peur. Ambition réussie grâce à des effets spéciaux très réussis qui occupent leur juste place, une photographie parfaite, une bande sonore irréprochable que ce soit au niveau des effets ou de la musique, une excellente direction d’acteurs – les sept jeunes acteurs sont tous crédibles – et un scénario intelligent qui tient en haleine la plupart du temps. Après un départ très réussi qui donne bien le ton du film (relations humaines, humour et bien sûr ambiance angoissante), « Ça » peine en effet un peu par la suite à prendre son rythme, mais ce n’est que pour mieux rebondir dans une deuxième partie d’une rare intensité. Un film qui ravira sans aucun doute les amateurs du genre.      

3 étoiles. « L’un dans l’autre ». Pierre travaille avec Eric, qui est son bras droit. Eric est pacsé avec Pénélope qui est aussi la maîtresse de Pierre. Eric et Pénélope veulent se marier pour augmenter leur chance d’adopter un enfant, ce qui pousse Pénélope et Pierre à rompre, la situation devenant intenable. Mais c’est sans compter avec le réveil de leur dernière nuit d’amour où Pierre se réveille dans le corps de Pénélope et vice versa. Ce synopsis de pièce de boulevard va déboucher bien évidemment sur de nombreux quiproquos et des situations plus ou moins gênantes pour Pierre et Pénélope. Si le film fonctionne sur le même ressort comique du début à la fin et n’évite pas toujours les clichés, il faut bien reconnaître que le rythme est soutenu de bout en bout et qu’on y rit de bon cœur. On l’aura compris, « L’un dans l’autre » ne fait pas toujours dans la dentelle. Mais il remplit avec satisfaction sa mission de faire passer un moment divertissant à celles et ceux qui sont venus voir le film. Ni plus. Ni moins.

3 étoiles. « Ôtez-moi d’un doute ».  Erwan est démineur et va voir sa vie littéralement exploser quand il va apprendre que son père n’est pas son père biologique. En recherchant son géniteur, alors que dans le même temps sa fille enceinte refuse de lui dire qui est le père de son enfant, Erwan va devoir gérer un conflit de loyauté entre celui qui l’a élevé et celui qui lui a donné la vie. Et ce n’est pas tout, puisqu’il va lui falloir gérer sa relation avec Anna, fille de son père biologique, qui ignore tout de la situation et qui a flashé sur lui. La lecture de ce synopsis fait penser à une pièce de boulevard et à une comédie bien lourde dont le cinéma français a le secret. Mais en fait, il n’en est (presque) rien. Malgré le côté « tiré par les cheveux » du scénario, particulièrement la fin qui est décevante, le film est agréable à regarder de bout en bout grâce à l’alternance de scènes tendres, voire émouvantes, et d’autres drôles, voire hilarantes grâce à Esteban qui, dans le rôle de Didier, est franchement génial. « Ôtez-moi d’un doute » n’est certes pas la comédie du siècle, mais c’est loin d’être désagréable.

2 étoiles. « Mon garçon ». L’idée de départ est séduisante : l’acteur principal, Guillaume Canet convaincant, découvre le scénario au fur et à mesure que le film se tourne en temps réel ou presque. Il a en effet fallu seulement six jours pour mettre en boîte cette histoire d’un père absent qui est appelé à la rescousse par son ex-femme suite à la disparition de leur fils de sept ans lors d’un bivouac en montagne. N’écoutant que son cœur et son courage, il va alors mener sa propre enquête au mépris de toutes les règles pour tenter de retrouver son enfant. Le scénario est tout sauf original et surtout très mince, juste de quoi faire un bon épisode d’une série policière. Alors certes, les vingt minutes du film, qui précèdent la scène finale, d’une rare mièvrerie, sont très réussies : la tension est à son maximum grâce à une caméra à hauteur d’épaule qui cerne les protagonistes qui sont filmés à tour de rôle sans savoir ce que font les autres pendant ce temps. Du grand suspense. Mais ces vingt minutes ne suffisent pas à faire oublier que « Mon garçon » rime avant tout avec déception.

2 étoiles. « Mary ». Agée de 7 ans, Mary possède un talent hors du commun dans le domaine des mathématiques. Elle vit avec son oncle qui veut lui donner une vie la plus normale possible malgré ce don extraordinaire afin de ne pas revivre le drame qu’il a vécu quelques années auparavant. Mais c’est sans compter avec sa mère qui va faire irruption dans leur vie et tenter, au travers de sa petite-fille, de renouer avec un passé pourtant dévastateur. Le moins que l’on puisse écrire est que cette trame ne brille pas par son originalité, même si la question soulevée sur la place à donner aux enfants surdoués est intéressante, et qu’il n’y a pas besoin d’être un génie pour deviner ce qu’il va se passer. Heureusement, les deux interprètes principaux du film tiennent la route et sont l’incontestable point fort du film qui, malgré sa faiblesse scénaristique, son côté téléfilm et quelques invraisemblances, se laisse donc voir sans déplaisir, mais sans plus.

1 étoile. « Barbara ». Mathieu Amalric rend hommage à Barbara 20 ans après sa disparition dans un film dans le film qui met en scène une actrice qui joue Barbara. On la voit ainsi travailler son rôle, sa voix, ses chansons, ses partitions, ses gestes, ses scènes à apprendre, le tout se mêlant à sa propre vie de femme et à des images de Barbara qui apparaît de temps à autre grâce à des archives sans que l’on soit toutefois toujours forcément sûr que ce soit bien elle et pas l’actrice. Le spectateur a toutes les peines du monde à se laisser emporter par un film qui mélange constamment fiction et réalité et qui part dans tous les sens. Alors certes, Jeanne Balibar est convaincante dans son rôle d’actrice qui joue Barbara au point de se confondre avec son modèle. Il y a également quelques scènes réussies, particulièrement celles qui laissent un peu de place aux chansons de Barbara, mais le tout manque de liant et surtout d’émotion. « Barbara » est avant tout un exercice de style aux allures résolument nombrilistes, comme le relève d’ailleurs l’actrice qui s’adressant à son réalisateur, joué bien évidemment par Mathieu Amalric, lui demande s’il ne fait pas un film sur lui-même, et qui laisse de marbre. Barbara méritait mieux.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

09/10/2017

Honte au PLR !

Décidément, en matière d’égalité des droits pour les personnes LGBT, le chemin est long et ardu avec des coups de couteau dans le dos parfois inattendus ! Si on sait en effet depuis longtemps qu’il ne faut rien attendre de l’UDC dans ce domaine, voir le PLR faire de même est une énorme déception.

C’est ainsi que le PLR a rejoint l’UDC pour s’opposer à l’ajout de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre à l’article 261bis du Code pénal qui punit pour l'instant uniquement les actes discriminatoires en lien avec la race, l'ethnie et la religion. Rien ne laissait présager une telle prise de position, puisque pas plus tard qu’au printemps dernier le Conseil national avait à une très large majorité (126 voix contre 49 et 20 abstentions) prolongé de deux ans le délai pour étudier cet objet.

De plus, ce projet a reçu un excellent accueil lors de la consultation faite cet été rendant encore plus incompréhensible ce changement d’attitude du PLR pour qui cette adaptation de la norme antiraciste va trop loin, le Code pénal offrant une protection suffisante en matière d'atteinte à l'honneur ou à l'intégrité physique. Or, les personnes concernées savent très bien que ce n’est pas le cas, puisqu’il est extrêmement difficile, voire impossible, de faire condamner quelqu’un pour des actes homophobes ou transphobes.

Ainsi, alors que l’on pouvait raisonnablement penser que cet ajout au Code pénal passerait largement la rampe, il faudra maintenant compter sur le fait que des parlementaires PLR, et pourquoi pas un ou deux UDC, s’opposent à la position majoritaire de leur parti surtout qu’il pourrait également y avoir des voix discordantes du côté des partis, particulièrement au PDC, qui soutiennent ce projet. Rappelons qu'au Conseil national, le PLR et l'UDC détiennent ensemble une très courte majorité.

Gageons que finalement l’issue du vote sera positive, mais en attendant quelle honte pour le PLR !