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  • Du grand au petit écran : un très beau cadeau de Noël de la RTS

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    IMG_9437.jpgEté 1983, Lombardie. Elio, 17 ans, passe ses vacances dans une magnifique villa en compagnie de ses parents dont il est proche. Son père est un éminent professeur spécialiste de la culture gréco-romaine et sa mère traductrice. Il a grandi dans un milieu ouvert aux autres et a reçu une excellente éducation. Au cours de cet été, il va s’éveiller au désir de l’autre. Ce sera tout d’abord avec son amie Marzia, puis de manière de plus en plus irrésistible avec le séduisant Oliver, étudiant américain venu travailler auprès de son père.

    Luca Guadagnino, le réalisateur, fait de cette histoire simple, adaptée du roman éponyme d’André Aciman paru en 2007, un film qui se déguste comme une friandise. C’était d’ailleurs le but du réalisateur qui a déclaré que son film « ne devait pas être perçu comme une œuvre hyper-intellectualisée, mais comme une histoire d’amour attendrissante et exaltante. C’est une boîte de chocolats dans laquelle on pioche avec gourmandise. »

    Une belle métaphore pour illustrer un film lumineux, dans tous les sens du terme. La bande originale de « Call me by your name » est également un délice pour les oreilles. Quant à l’interprétation, elle est irréprochable, avec une mention toute particulière pour le jeune Timothée Chalamet d’une justesse incroyable jusqu’au dernier plan d’une folle intensité émotionnelle.

    En résumé, « Call me by your name » est beau, bouleversant, délicat, émouvant, érotique, fin, humain, intense, juste, romantique, sensible, sensuel, solaire, subtile et plus encore. Un très beau cadeau de Noël de la RTS à ne pas manquer !

    5 étoiles. « Call me by your name ». RTS 2, lundi 23 décembre, 21h05.

    IMG_9438.jpgKenneth Branagh signe cette nouvelle adaptation en jouant également le célèbre détective Hercule Poirot qui apparaît dans plus de 50 nouvelles et la moitié des romans d’Agatha Christie. Le réalisateur-comédien a apporté un soin tout particulier à son personnage en rassemblant toutes les descriptions faites par Agatha Christie dans ses écrits.

    Et force est de constater que cela se voit à l’écran, le personnage d’Hercule Poirot étant particulièrement développé aussi bien sur le plan psychologique que sur celui de l’apparence. Il est d’ailleurs à relever que du point de vue formel, le film n’est pas loin d’être irréprochable avec de magnifiques décors et costumes, des mouvements de caméra spectaculaires et une mise en scène qui tire le maximum de ce huis-clos ferroviaire.

    Mais ce bel emballage ne suffit pourtant pas à susciter un véritable intérêt pour l’enquête que mène le célèbre détective suite au meurtre qui a été commis dans l’Orient-Express. L’ennui guette rapidement et semble contagieux : les actrices et acteurs, pourtant pour la plupart très connus, ne paraissent, eux non plus, guère concernés par les événements. Au moment où la vérité éclate, on se dit qu’on aurait tout aussi bien pu rester sur le quai de gare ou manqué le train tant monté dans cet Orient-Express n’était pas indispensable.

    2 étoiles. « Le crime de l’Orient-Express ». RTS 1, mercredi 25 décembre, 21h00.

    IMG_9439.jpg« M. et Mme Aldeman » raconte l’histoire de Sarah et Victor, de leur rencontre en 1971 à la mort de ce dernier, première scène du film, durant les 45 ans où ils se sont côtoyés. On la découvre au travers d’une interview-vérité que donne Sarah à un journaliste après les funérailles de Victor, écrivain célèbre, qui n’était peut-être pas en fin de compte celui que le public imaginait.

    Amours, secrets, trahisons, ambitions et retournements de situation se bousculent dans ce film mené tambours battants la plupart du temps avec des moments jouissifs : les rencontres familiales, la chasse, le gigolo pour n’en citer que quelques uns sans dévoiler une partie de l’intrigue.

    Nicolas Bedos et Doria Tillier, qui forment un couple dans la « vraie » vie et sont également co-auteurs du film, sont convaincants en Victor et Sarah et fort bien entourés. A commencer par Pierre Arditi, drôlissime dans le rôle du père de Victor, et Denis Podalydès, psychologue de Victor, dont la dernière scène est hilarante.

    En résumé, une première partie à pleurer de rire, à condition toutefois d’apprécier l’humour noir et par moment très second degré, et une deuxième plus émouvante où les francs éclats de rire du début laissent petit à petit la place à un rire plus jaune, parfois à la limite, il est vrai. Une comédie romantique au vitriol que les amateurs du genre apprécieront.

    4 étoiles. « M. et Mme Aldeman », RTS 1, nuit du jeudi 26 au vendredi 27 décembre, 00h40.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • « Chanson douce » : glaçant et réussi (et 10 films à l'affiche)

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    2326B49C-543E-4717-BFFA-C731F1F91E5E.jpegAlors que dans le roman de Leila Slimani, Prix Goncourt 2016, la fin est révélée dès la première phrase, et remonte petit à petit le fil qui conduit au drame, le film adopte une chronologie classique. Ce qui, de fait, ne change pas grand-chose étant donné que l'immense majorité des personnes qui va voir le film connaît la fin.

    L'intérêt est ailleurs: assister au lent glissement vers la folie de Louise une si bonne nounou, aimante et aimée, et qui rend tellement de services. A tel point que s'en passer devient difficilement concevable pour les deux parents qui travaillent beaucoup. Il y a pourtant bien quelques signes qui laissent à penser que tout ne tourne pas rond chez Louise, mais ce n'est pas si simple de les décrypter.

    Et c'est d'ailleurs ce qui a particulièrement intéressé la réalisatrice Lucie Borleteau dans le roman de Leïla Silmani, à savoir qu'elle ne condamne pas plus la nounou que les parents et qu'aucune morale ne s'en dégage. Elle dit y avoir vu « une peinture très cruelle de la société actuelle, qui dévore ses propres enfants. Le roman pose cette question: comment se fait-il qu'un tel crime soit rendu possible dans notre société? Le monstre n'est pas Louise et sa folie, mais une chose aux contours flous qui nous renvoie à nos propres actes. »

    Porté par une Karine Viard au sommet de son art, et fort bien entourée par Leïla Bekhti et Antoine Reinartz qui jouent les parents et la formidable Assya Da Silva dans le rôle de leur fille aînée, « Chanson douce » se regarde comme un thriller psychologique. La tension monte au fur et à mesure que la nounou montre des signes de plus en plus inquiétants dans son comportement. Signes que le spectateur guette avec d'autant plus d'attention et de fascination qu'il connaît à l’avance le dénouement dramatique. Glaçant et réussi. (4 étoiles)

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  • « Sorry We Missed You » : une réalité qui interpelle (et 9 films à l'affiche)

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    BDB3DB91-9C4A-4E60-990F-0B73842C8689.jpegPendant la préparation de « Moi, Daniel Blake », Palme d'or 2016, Ken Loach s'est rendu compte de l'augmentation des travailleurs indépendants ou intérimaires et qu'il y avait là de quoi faire un film sur « cette nouvelle forme d'exploitation, cette économie des petits boulots, la main d'œuvre précaire ». Et Ken Loach d'ajouter que si l'exploitation est vieille comme le monde, ce qui est nouveau, c'est l'implication de la technologie moderne: « Le résultat est qu'une personne se tue à la tâche dans une camionnette, allant d'un point à un autre, de rue en rue, se démenant pour répondre aux exigences de cet équipement. »

    Ricky, Abby et leurs deux enfants vivent à Newcastle. Ricky enchaîne les boulots mal payés et son épouse est aide à domicile. S'ils veulent avoir une chance d'améliorer leurs conditions de vie, il est temps de prendre des risques. Une opportunité semble se présenter grâce à la révolution numérique. Ricky va acheter une camionnette afin de devenir chauffeur-livreur à son compte. Mais il y a loin de la coupe aux lèvres et Ricky et sa famille vont l'apprendre à leurs dépens.

    A la lecture de ce synopsis, on aura compris que Ken Loach est fidèle à son cinéma en dénonçant les injustices sociales et cette société qui n'hésite pas à broyer les humains à l'aide des nouvelles technologies au nom du profit. Et avec des dommages collatéraux très importants sur la vie de famille, en l'occurrence. Filmé de manière très réaliste, « Sorry We Missed You » s'apparente plus à un documentaire qu'à un film de fiction ce qui entraîne une certaine lourdeur et par moment un peu d'ennui. Il y a certes quelques belles scènes émouvantes, mais le côté trop démonstratif du film (que de malheurs en si peu de temps) les relègue trop souvent au second plan.

    Si « Sorry We Missed You » ne retrouve donc pas le superbe équilibre entre critique sociétale et émotion qui prévalait dans le formidable « Moi, Daniel Blake », il n'en demeure pas moins qu'un film de Ken Loach vaut toujours la peine d'être vu, même quand il n'est pas totalement réussi, car il renvoie à une réalité qui ne peut qu'interpeller. (3 étoiles)

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  • Du grand au petit écran : « Jalouse » et « Le tout nouveau Testament »

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    IMG_9392.jpgEntre drame et comédie, on y rit souvent jaune, « Jalouse » brosse le portrait d’une femme constamment au bord de la crise de nerfs parce que le bonheur des autres lui est insupportable, à commencer par celui de sa fille, jeune femme de 18 ans resplendissante, amoureuse et brillante danseuse. Tout son entourage va être tour à tour victime de son mal être jusqu’à ce qu’un événement particulièrement grave lui fasse prendre conscience qu’elle a dépassé les limites, quoique…  

    Cette femme dans la cinquantaine rongée par la jalousie a les traits de Karin Viard qui excelle dans ce rôle où elle est à la fois drôle, émouvante et souvent odieuse. Elle est très à l’aise dans des situations aussi bien comiques que tragicomiques qui se succèdent à un bon rythme, malgré quelques répétitions inutiles. Elle arrive à rendre crédible un personnage caricatural, condition nécessaire pour faire rire, mais également touchant. Les dialogues sont le plus souvent incisifs et percutants.

    Malgré le fait que Karin Viard soit de pratiquement tous les plans, les seconds rôles existent bel et bien grâce à un scénario qui les met à un moment ou à un autre en valeur et grâce également à leurs interprètes tous à la hauteur. Les réalisateurs David et Stéphane Foenkinos voulaient faire un film dont le ton oscille sans cesse entre la comédie et le portrait intime. Objectif indéniablement atteint avec toutefois comme conséquence que ces fréquents changements de ton, surtout dans la première partie, mettent un peu trop de distance entre le spectateur et l’héroïne du film.

    3 étoiles, « Jalouse ». RTS 1, mardi 17 décembre, 21h00.

    IMG_9393.jpgDonner à Dieu une apparence humaine, en l’occurrence Benoît Poelvoorde sensationnel, était déjà casse-gueule. Mais en plus en faire un type insupportable, le risque de blasphème n’était pas loin. Et pourtant, rien de tout cela dans le film de Jaco van Dormael, car si Dieu est parfaitement abject, mais tellement drôle, son épouse (Yolande Moreau pratiquement muette, mais dont le langage corporel est génial) et surtout sa fille Ea (Pili Groyne remarquable) font preuve de beaucoup…d’humanité !

    C’est d’ailleurs en quittant le royaume des cieux pour échapper à son horrible père qu’Ea, après avoir semé la zizanie sur Terre en balançant par SMS les dates de décès de tout le monde pour se venger de son géniteur, va faire écrire un tout nouveau Testament, fruit de sa rencontre avec six personnages, les six nouveaux apôtres.

    Six évangiles qui sont surréalistes, et donc complètement déjantées, et portées par de formidables acteurs dont Catherine Deneuve qui, dans un petit rôle, donne une fois de plus toute l’étendue de son talent en bourgeoise désabusée qui donne libre cours à ses fantasmes. Le film est truffé de gags très drôles qui tombent fort à propos quand son rythme menace de baisser. Les clins d’œil bibliques sont hilarants. La fin est à l’image du reste du film, très réussie.

    5 étoiles, « Le tout nouveau Testament ». ARTE, mercredi 18 décembre, 20h55.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • « Et puis nous danserons » : un émouvant récit d’émancipation

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    IMG_9368.jpgL’Ensemble National Géorgien est considéré comme emblématique de la tradition géorgienne et de l’identité nationale au même titre que l’église et le chant polyphonique traditionnel. C’est au sein de cette société conservatrice, dans laquelle la religion est omniprésente, que Merab s’entraîne depuis son plus jeune âge pour intégrer le corps principal du ballet avec sa partenaire de toujours, Mary. Son univers est chamboulé lorsqu’un nouveau danseur arrive et devient à la fois son plus grand rival, mais aussi son plus grand désir.

    Né en Suède, le réalisateur Levan Akin est d’origine géorgienne. Avec ce film, il a pu renouer avec ses origines, d’autant plus qu’il a lui-même été danseur plus jeune. Au travers du parcours de Merad, interprété par le formidable comédien débutant, Levan Gelbakhiani, il a voulu raconter « l’histoire de jeunes LGBT et leurs luttes à leur petite échelle, ce qui lui permet de montrer l’histoire et la situation de la Géorgie à plus grande échelle. »

    Si le scénario est plutôt convenu et dès lors ne réserve guère de surprises, il n’empêche toutefois pas le film de prendre son envol à l’image des superbes scènes de danse dans lesquelles tant de sentiments et d’émotions sont exprimés. Le film « utilise le carcan traditionnel pour mettre en lumière les contradictions internes à chacun.e, mais sans s’alourdir de violence, c’est avant tout un récit d’émancipation, une plongée intime dans le sentiment amoureux et ses attentes », comme le précisait avec justesse le programme du festival d’Everybody’s Perfect où « Et puis nous danserons » a été diffusé en avant-première au mois d’octobre. Un film qui, malgré le contexte dans lequel il se déroule, rayonne à l’image d’une fin émouvante qui ouvre des perspectives positives. A découvrir. (4 étoiles)

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