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  • « L’Art du mensonge » : un excellent duo (et 12 films à l'affiche)

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    IMG_9777.jpgArnaqueur professionnel, Roy Courtney a ferré son prochain gros poisson sous les traits de la sémillante Betty McLeish, récemment devenue veuve et dont la fortune se monte à plusieurs millions de livres sterling. Son numéro de charme semble opérer dès la première rencontre et la cible facile à duper.

    Comme on peut facilement s’en douter à la lecture de ce synopsis, il ne va au bout du compte pas être si simple pour Roy Courtney de tromper Betty McLeish, mais pas pour les raisons que le spectateur imagine dans la première partie du film. Et c’est là tout l’intérêt du scénario qui nous emmène sur des voies inattendues et qui maintient le suspense jusque peu avant la fin. C’est certes par moment un peu tiré par les cheveux, mais ça passe tout de même grâce en grande partie à l’excellent duo Hellen Mirren – Ian Mckellen qui vaut à lui tout seul la peine de voir le film. Les regarder jouer au chat et à la souris est en effet un pur bonheur.

    Si la réalisation n’a rien de révolutionnaire, « L’Art du mensonge », et ce malgré un sujet finalement pas aussi léger qu’il en a l’air, est un film qui se laisse voir avec un plaisir certain et permet de commencer sur de bonnes bases l’année cinématographique 2020. (3 étoiles)

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  • « Cats » : « Chat ne le fait pas ! » (et 11 films à l’affiche)

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    IMG_9774.jpg« Chat ne vaut pas la peine », « tout chat pour chat », « s’ennuyer comme un chat mort », autant d’expressions revisitées pour l’occasion pour qualifier la version cinématographique de « Cats », un ratage presque complet.

    Le film est donc tiré de la comédie musicale du même nom, créée en 1981 à Londres et jouée pendant 21 ans. Sa version montée à Broadway en 1983 a tenu l’affiche pendant 18 ans. Le spectacle, qui tourne toujours, a été vu par 81 millions de spectateurs, en 19 langues et dans plus de 50 pays. Pas difficile de comprendre qu’Hollywood finirait un jour par s’y intéresser. Mais il fallait tout d’abord tirer un scénario à partir de la comédie musicale qui est composée d’une série de poèmes mis en chanson et qui servent de base à des numéros musicaux afin de donner une dimension cinématographique à « Cats ».

    Et c’est là où le bât blesse dès les premières scènes : cette balade dans le Londres des années 30 est avant tout le prétexte à des numéros de…music-hall dans une première partie qui tire plus qu’en longueur. On comprend tout de même assez rapidement qu’il s’agira de désigner au cours du bal annuel un chat ou une chatte qui pourra aller au paradis et avoir une nouvelle vie. Mais bien sûr, le méchant chat ne l’entend pas ainsi.

    L’histoire n’a donc aucun intérêt, pas plus d’ailleurs que le choix du réalisateur de garder les expressions des acteurs aussi intactes que possible en faisant appel à une technologie hybride qui combine réalité et animation. Ces personnages mi-chat, mi-humain frisent souvent le ridicule, c’est kitsch à souhait. Pas grand-chose donc à sauver dans ce film, si ce n’est quelques scènes qui présentent un certain intérêt du point de vue de la danse ou de la chanson, voire des deux dans de rares cas. « Chat ne le fait pas ! » (1 étoile)

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  • Votation du 9 février : l’enjeu (1/5)

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    IMG_9249.PNGAujourd’hui encore, une minorité de la population continue de faire des déclarations publiques haineuses, dévalorisantes et calomnieuses à l’encontre des personnes lesbiennes, gays et bisexuel.le.s. Même dans des cas extrêmes d’atteinte à leur dignité humaine, les personnes concernées se retrouvent actuellement sans protection juridique.

    Certes, la Constitution prohibe les discriminations basées sur le style de vie (Art. 8, paragraphe 2), mais dans la mise en œuvre de cette interdiction, le code pénal n’offre pas une protection suffisante contre les appels à la haine et les discriminations basées sur l’orientation sexuelle.

    Depuis 1995, le code pénal protège par l’article 261 bis des groupes de population particuliers des appels publics à la haine et des discriminations basés sur leur religion, leur race ou leur ethnie. Le code pénal protège donc des populations qui sont régulièrement la cible de discours de haine, de diffamation et de dévalorisation de leur dignité humaine. Cela concerne de toute évidence également les gays, lesbiennes et bisexuel.le.s. Le Parlement l’a bien compris puisqu’il a voté à une large majorité en décembre 2018 l’extension de la norme pénale à l’orientation sexuelle.

    Il est à regretter que le critère de l’identité de genre, qui avait été accepté par le Conseil national, mais refusé par le Conseil des Etats, ne soit pas également pris en compte, les personnes transgenres étant plus souvent qu’à leur tour victimes d’appels à la haine et à la discrimination.

    L’Union Démocratique Fédérale a lancé un référendum, soutenu par les jeunes UDC, qui a abouti. C’est donc la raison pour laquelle le 9 février 2020, le peuple suisse devra se prononcer sur l’inclusion du critère de l’orientation sexuelle dans la norme pénale.

    La haine n’est pas une opinion ! OUI le 9 février !

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  • Du grand au petit écran : quatre (très) bons films

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    IMG_9770.jpgMae est engagée chez The Circle, le groupe de nouvelles technologies et de médias sociaux le plus puissant du monde. Elle va petit à petit gravir les échelons au sein de l’entreprise et en devenir une figure emblématique en permettant aux internautes de suivre sa vie en direct grâce à une caméra branchée sur elle en permanence. Cela ne sera pas sans conséquence pour elle-même, pour ses proches et pour ses patrons.

    Faisant inévitablement penser à « The Truman Show » (1998) avec Jim Carrey, mais aussi à « Le prix du danger » (1983) d’Yves Boisset avec Gérard Lanvin, « The Circle » n’est toutefois pas aussi fort sur le plan dramatique que ces deux films. Il n’en demeure pas moins que le sujet est d’une brûlante actualité et qu’il interpelle sur les limites à ne pas dépasser en matière de protection de ses données personnelles et donc de sa sphère privée.

    A ce propos, quelques scènes du film font froid dans le dos et les nombreux commentaires des internautes incrustés directement sur l’écran font rire jaune au même titre que le cynisme du big boss de l’entreprise (Tom Hanks qui fait des apparitions) ou encore la fin plutôt réussie.

    Certes, « The Circle » démarre un peu trop lentement et sa facture est très classique. Il ne creuse pas assez son passionnant sujet, à l’image des seconds rôles insuffisamment développés et exploités, mais il est plutôt efficace, se laisse voir sans déplaisir et fait même un peu réfléchir.

    Inédit. 3 étoiles. « The Circle ». RTS 1, lundi 6 janvier, 20h45.

    IMG_9771.jpgPourquoi Tom est-il aussi agressif envers Damien qui fréquente la même classe que lui au point d’en venir aux mains ? Est-ce une question de différence de classe ? Tom est en effet le fils adopté d’un couple d’agriculteurs alors que la maman de Damien est médecin et son père militaire de carrière. Est-ce parce que Tom habite dans la montagne et qu’il marche plusieurs heures par jour pour se rendre à l’école alors que Damien habite en ville et que c’est sa mère qui l’accompagne en voiture ? Est-ce une question de couleur de peau, Tom étant métis ? Et si cette violence traduisait la peur, celle d’un désir inavouable ?

    Le film d’André Téchiné brosse avec pudeur, émotion, justesse et beauté le portrait de deux adolescents qui se cherchent, au sens propre et figuré, dans le décor magnifique des Pyrénées, le temps de l’année scolaire. Il est porté par deux jeunes acteurs excellents, avec une mention spéciale pour Kacey Mottet Klein dont la palette pour exprimer ses sentiments est impressionnante. Sandrine Kiberlain, qui a le très beau rôle de mère à la fois bienveillante, mais également cadrante quand il le faut, est également à la hauteur. Si le film comporte des longueurs, quelques scènes et personnages secondaires n’apportent pas grand-chose de plus à l’histoire, il n’en demeure pas moins que « Quand on a 17 ans » est globalement une réussite.

    Inédit. 4 étoiles. « Quand on a 17 ans ». RTS 1, jeudi 9 janvier, 23h20.

    IMG_9772.jpgFaire entrer le spectateur dans le film en une fraction de seconde n’est pas courant. C’est pourtant le cas de « La loi du marché » qui s’ouvre sur un plan de profil de Thierry qui fait part pendant quelques minutes à son placeur, le plus souvent hors champ, de son désarroi après sa période de chômage qui s’approche gentiment de la fin. Le ton du film est donné avec cette première scène : criant de vérité.

    Et ce sera le cas durant tout le film, à tel point d’ailleurs que par moment l’on a plus l’impression de voir un reportage qu’un film de fiction. Impression renforcée par le jeu des acteurs qui jouent leur propre rôle face au formidable professionnel qu’est Vincent Lindon, récompensé par le prix d’interprétation au Festival de Cannes.

    Mais « La loi du marché » est bel et bien une fiction, certes « réaliste », avec une tension dramatique dans sa deuxième partie quand Thierry retrouve un emploi de vigile dans un supermarché. Confronté de par sa nouvelle fonction à une certaine détresse humaine qui le renvoie à sa situation personnelle et à un dilemme moral, Thierry sera-t-il prêt à tout pour garder son emploi ? C’est tout l’enjeu de ce film hautement recommandable.

    4 étoiles. « La Loi du marché », France 3, jeudi 9 janvier, 21h05.

    IMG_9773.jpgSandra, Marion Cotillard bouleversante, a deux jours et une nuit pour convaincre la majorité de ses 16 collègues de renoncer à leur prime de 1000 euros pour qu’elle ne soit pas licenciée. Entre espoir et désespoir, le film tient en haleine le spectateur tout en l’interpellant à chaque fois que l’héroïne rencontre un.e de ses collègues : qu’aurais-je fait à sa place ? A noter une fin à la hauteur de ce film vraiment excellent à voir ou à revoir.

    5 étoiles. « Deux jours, une nuit ». Arte, mercredi 8 janvier, 21h00.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • « Charlie’s Angels » : du déjà vu (et 11 films à l’affiche)

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    IMG_9511.jpg« Charlie’s Angels est la troisième adaptation après 2000 et 2003 sur grand écran de la série télévisée des années 70 « Drôles de dames ». Il y est d’ailleurs fait allusion, de manière malheureusement trop rapide, dans le film. Réalisé par Elisabeth Banks qui tient également un des rôles principaux, ce troisième opus est résolument féminin, puisque même le fameux Bosley de la série est une femme. Il faut dire que l’eau a coulé sous les ponts et qu’à présent l’agence Townsend a étendu ses activités dans le monde entier avec de nombreuses équipes de Charlie’s Angels qui affrontent les missions les plus périlleuses dirigées chacune par un ou une Bosley.

    Tel est bien évidemment le cas dans cette nouvelle aventure au cours de laquelle nos héroïnes vont devoir affronter des méchants, que des hommes bien entendu, en multipliant les prouesses, en déjouant les pièges qui leur sont tendus et en faisant preuve d’une grande solidarité entre elles. Rien donc de bien neuf sous le soleil sur le fond, tant l’impression d’avoir déjà vu des dizaines de fois ce genre d’histoire prédomine.

    C’est par contre un peu plus intéressant sur la forme. Le film se laisse en effet voir grâce à ses actrices convaincantes, ses scènes d’action dans des lieux divers et variés qui s’enchainent à un bon rythme soutenues une bande originale efficace. On peut également y ajouter quelques scènes et gags plutôt drôles, même si on aurait souhaité un humour plus corrosif. Bref, pas désagréable, mais de loin pas indispensable. (2 étoiles)

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