Air du temps - Page 2

  • Pas de citoyen.ne.s de deuxième catégorie!

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    IMG_7071.PNGDiscours que j'ai prononcé en tant que co-président de la Fédération romande des associations LGBT à l'arrivée de la Marche des Fiertés au parc des Bastions le 6 juillet dans le cadre de la Geneva Pride 2019. Cette manifestation a connu un énorme succès avec, notamment, 35 000 personnes qui ont défilé, un record. Bravo à toutes celles et ceux qui ont œuvré pour que cet événement, qui n'était pas revenu à Genève depuis 2011, soit une réussite.

    C’est un grand honneur, au nom de la Fédération romande des associations LGBT dont j’assure la co-présidence avec Maya Burkhalter, de prendre la parole pour clore les discours dans le cadre de cette Pride romande 2019.

    L’année dernière, les associations romandes LGBT ont décidé de se fédérer afin que leur voix ait plus de poids, notamment, sur le plan politique. L’union fait la force, c’est bien connu. Je voudrais profiter de cette prise de parole pour remercier toutes les associations qui font, jour après jour, et souvent avec des moyens financiers fort limités, un formidable travail pour que les personnes LGBTIQ aient des lieux où elles peuvent, entre autres, se rencontrer, avoir des conseils, être soutenues, assister à des événements ou encore s’engager pour, qu’enfin, leurs droits soient les mêmes que pour tout le monde. Nous ne sommes pas des citoyens et des citoyennes de deuxième catégorie !

    Permettez-moi de rendre tout particulièrement hommage aux associations membres de la Fédération romande en les citant par ordre alphabétique : Alpagai, Asile LGBT, Dialogai, EPICENE, Juragai, Les Klamydia’s, Le PAV, Lestime, Lilith, LWork, Sarigai, Togayther, Vogay, Think Out et 360. Je n’oublie pas toutes les autres, à commencer par les faitières nationales qui sont membres consultatifs de la Fédération.

    Toutes et tous ensemble, avec le soutien indispensable de nos allié.e.s, nous allons devoir nous mobiliser prochainement pour que le 9 février 2020 soit un jour à marquer d’une pierre blanche dans l’histoire des droits LGB : gagner le plus largement possible la votation sur la révision de la norme pénale antiraciste qui inclue dorénavant l’orientation sexuelle, mais, hélas, pas l’identité de genre. Elle a été attaquée par référendum par un petit parti réactionnaire qui a utilisé des méthodes malhonnêtes pour arriver à ses fins.

    Montrons aux référendaires que la Suisse d’aujourd’hui est prête à faire, à une large majorité, un nouveau pas en direction de l’égalité des droits pour toutes et tous. Merci d’avance pour votre soutien engagé, que vous pouvez apporter financièrement dès aujourd’hui en mettant de l’argent dans des urnes qui se trouvent sur plusieurs stands, et un seul mot d’ordre : « Mêmes devoirs, mêmes droits ! ».

    Photo: Carlos Serra

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  • Geneva Pride 2019, c'est parti!

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    IMG_6883.JPGDiscours que j'ai prononcé en tant que co-président de la Fédération romande des associations LGBT à l'occasion de la soirée d'ouverture du 29 juin des festivités de la Geneva Pride qui dureront jusqu'au 7 juillet prochain.

    L’année dernière, les associations romandes LGBT ont décidé de se fédérer afin que leur voix ait plus de poids non seulement au sein d’une communauté LGBT helvétique, forcément majoritairement alémanique, mais également sur le plan politique. L’union fait la force, c’est bien connu. C’est ainsi que le 1er septembre 2018 est née la Fédération romande des associations LGBT qui compte à ce jour 15 associations membres (Alpagai, Asile LGBT, Dialogai, EPICENE, Juragai, Les Klamydia’s, Le PAV, Lestime, Lilith, LWork, Sarigai, Togayther, Vogay, Think Out, 360) qui couvrent l’ensemble de la Suisse romande.

    La Fédération a, notamment, comme objectifs de permettre une collaboration efficace entre les associations membres en vue de la promotion de l’égalité des droits, de la santé physique et psychique des personnes quelles que soient leur orientation sexuelle ou leur identité de genre et de lutter contre toutes formes de discriminations. Il est également dans ses prérogatives de valider le choix du lieu où se déroule la Pride romande.

    Une transition toute trouvée pour faire un peu d’Histoire, puisqu’en tant que membre du comité d’organisation des deux Pride précédentes qui ont eu lieu à Genève, j’ai retrouvé dans mes archives les discours qui avaient été prononcés lors de la partie officielle. Je vous en livre quelques extraits qui vous permettront de constater que ces discours sont loin d’avoir perdu de leur pertinence.

    DISCOURS PRIDE 2004

    « Dans ce pays, depuis la dépénalisation de l’homosexualité, la Constitution fédérale interdit les discriminations basées sur le mode de vie. De même, la reconnaissance des droits des couples de même sexe suit son chemin, il y a quelques jours, la loi fédérale sur le partenariat a été votée à une écrasante majorité par l’Assemblée fédérale.

    Après avoir gagné bien des batailles contre les discriminations, traversé les traumatismes du sida, la Pride a-t-elle encore une raison d’être ? La Pride est une expression de liberté et de citoyenneté. A un moment où ceux qui cultivent la peur, le repli, la méfiance à l’égard des minorités et des différences tiennent le haut du pavé sur les fronts de la sécurité, de l’emploi, de l’économie et de l’immigration, cette liberté est précieuse.

    En particulier, celles et ceux qui s’expriment contre le partenariat pour les personnes de même sexe sont malheureusement les mêmes que ceux qui voudraient revenir à une époque où le mariage était la seule alternative pour deux personnes désirant vivre ensemble. Nous sommes confiants : le peuple ne souscrira pas à une philosophie qui voudrait nous faire revenir à une époque où la liberté, l’égalité des droits et la solidarité n’étaient pas à l’ordre du jour.

    Plus que jamais, la Pride fait donc face à l’urgence – à l’urgence des menaces de retour à l’ordre moral, à l’urgence de ne pas nous renfermer sur nous-mêmes, de continuer à cultiver l’espoir et l’utopie. »

    Cette dernière phrase a été prononcée il y a 15 ans et elle est toujours d’actualité.

    DISCOURS PRIDE 2011

    « L'idée de relancer une Pride en Romandie après 3 ans d'absence nous a semblé nécessaire il n'y a que quelques mois, ce qui nous a occasionné quelques belles nuits d'insomnie. Le temps nous était certes compté, mais il faut également bien constater que les obstacles, notamment logistiques, sont de plus en plus nombreux quand il s’agit d’organiser une manifestation de cette envergure.

    Pourquoi de nos jours organiser encore des Pride ? Pour faire la fête, oui, c'est une bonne raison, et d’ailleurs nous avons tout fait pour que la fête soit belle. Mais c'est aussi une question de visibilité, voire même de réconfort pour toutes celles et tous ceux qui ne peuvent pas vivre leur différence au grand jour, et qui, peut-être, en nous voyant défiler aujourd'hui se sentiront moins seul-e-s. Rappelons que les tentatives de suicide chez les jeunes homosexuel-le-s et transgenres sont de 5 à 7 fois plus nombreuses que chez les jeunes hétéros. Et puis la Pride romande a toujours porté des messages politiques.

    La Suisse a encore quelques progrès à faire afin que la population Lesbienne, Gay, Bi, Trans, Intersexe et Queer ait les mêmes droits que les autres citoyens et citoyennes de ce pays, particulièrement dans les trois domaines qui sont au cœur de nos revendications cette année : l'inscription du délit d'homophobie dans la loi fédérale, le droit à l'adoption pour les familles arc-en-ciel et la fin de la stérilisation forcée pour les personnes trans. »

    Huit ans plus tard, force est de constater que ces trois revendications ne sont pas restées lettre morte et que les choses avancent. Mais que le chemin est long et sinueux pour obtenir ce qui devrait être une évidence : mêmes devoirs, mêmes droits !

    Pour finir, un grand merci à toutes celles et tous ceux qui se sont investi.e.s pour que non seulement cet événement ait lieu, mais pour qu’il soit également une réussite ! Excellente Pride 2019 à toutes et tous !

    Photo: Carlos Serra

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  • Mêmes devoirs, mêmes droits

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    Texte publié dans Le Courrier du 24 juin 2019.

    Depuis le début des années 2000, les associations romandes LGBT se réunissaient deux fois par année pour échanger sur leurs activités respectives et confronter leurs points de vue en fonction de l’actualité. Des rencontres riches, mais qui ne pouvaient pas déboucher sur des prises de position communes étant donné l’absence de statuts.

    L’année dernière, les associations romandes LGBT ont décidé de palier à ce manque et de se fédérer afin que leur voix ait plus de poids non seulement au sein d’une communauté LGBT helvétique, forcément majoritairement alémanique, mais également sur le plan politique. L’union fait la force, c’est bien connu. C’est ainsi que le 1er septembre 2018 est née la Fédération romande des associations LGBT qui compte à ce jour 15 associations membres (Alpagai, Asile LGBT, Dialogai, EPICENE, Juragai, Les Klamydia’s, Le PAV, Lestime, Lilith, LWork, Sarigai, Togayther, Vogay, Think Out, 360) qui couvrent l’ensemble de la Suisse romande.

    La Fédération a, notamment, comme objectifs de permettre une collaboration efficace entre les associations membres en vue de la promotion de l’égalité des droits, de la santé physique et psychique des personnes quelles que soient leur orientation sexuelle ou leur identité de genre et de lutter contre toutes formes de discriminations. Il est également dans ses prérogatives de valider le choix du lieu où se déroule la Pride romande.

    Depuis sa création, la Fédération romande s’est montrée très active en raison d’un agenda politique chargé sur les questions LGBT. C’est ainsi qu’elle a participé à deux consultations sur le plan fédéral dont celle sur le mariage civil pour toutes et tous qui vient de prendre fin le 21 juin. La Fédération romande a donné un avis très favorable à cet avant-projet de loi, mais à la condition que soit choisie la variante avec accès au don de sperme. Elle est, en effet, fermement opposée à un mariage qui ne soit pas égalitaire, les droits ne se découpant pas en tranches.

    Elle va également mettre toutes ses forces dans la bataille aux côtés des faîtières LGBT nationales afin que la révision de la norme pénale antiraciste qui inclue dorénavant l’orientation sexuelle, mais, hélas, pas l’identité de genre, soit largement soutenue par le peuple lors de la votation qui aura lieu le 9 février prochain. Nous avons les mêmes devoirs, nous voulons les mêmes droits.

    Didier Bonny, co-président de la Fédération romande des associations LGBT

    Plus d'infos: http://www.federationlgbt-romandie.org/

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  • Journée mondiale contre l'homophobie et la transphobie

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    957813CF-27B2-4AA1-855E-D9A0263BD64A.jpeg17 mai 1990 – 17 mai 2019. Il y a 29 ans l’OMS retirait l’homosexualité de la liste des maladies mentales. Et depuis 14 ans, le 17 mai est la journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie afin de commémorer cette avancée pour les droits humains, mais aussi pour se rappeler qu’aujourd’hui encore 73 Etats condamnent l’homosexualité et qu'elle est passible de la peine de mort dans 13 pays. A ce propos, on se rappelle que très récemment le sultan de Brunei, sous la pression internationale, a suspendu la lapidation des homosexuel.le.s.

    De nombreuses et nombreux personnes homosexuelles et transgenres sont victimes dans le monde d’actes d’une violence inouïe pouvant conduire jusqu’à la mort et cela même dans des pays où les droits pour les personnes LGBT (lesbienne, gay, bi, trans) sont reconnus.

    L’évolution des mentalités est lente et chaque pas en direction de l'égalité des droits pour toutes et tous est souvent un combat, même dans des pays où l'acceptation sociale des personnes LGBT est plutôt bonne, comme c'est le cas en Suisse. L'exemple de l'aboutissement du référendum de l'UDF contre l'extension de la norme pénale antiraciste aux actes homophobes en est malheureusement une preuve éclatante, tout comme l'attente interminable pour l'instauration du mariage civil pour toutes et tous.

    C'est en raison de ces lenteurs législatives que la Suisse est classée seulement en 27ème position (en perte de 5 places par rapport à 2018) sur 49 classés de l'index Rainbow Europe avec un score de 29% contre 90% à Malte qui occupe la tête de ce classement. La législation helvétique comporte des manques dans les domaines de l’égalité/non-discrimination, de la famille (pas de mariage égalitaire, restrictions à l’adoption, interdiction de la PMA pour les couples de femmes), de la protection contre les actes homophobes et transphobes, de l’autodétermination des personnes trans* et dans la politique d’asile.

    C'est pourquoi la journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie est une nécessité. Elle rappelle non seulement que vivre en tant qu'homosexuel.le ou trans* est trop souvent un combat de tous les jours pour être soi-même, parfois même au risque de sa vie, mais qu'aussi en matière d'égalité des droits il y a encore bien du chemin à parcourir, notamment en Suisse où il y a un sérieux retard.

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  • Pride 2019 à Genève: « Défilement de dégénérés mentaux »

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    IMG_5989.JPGL’aboutissement du référendum de l’UDF contre la loi qui étend la norme pénale antiraciste aux actes homophobes a un « bon » côté: il a permis à celles et ceux qui se berçaient d’illusions de prendre conscience que rien n’est jamais acquis en matière de lutte contre l’homophobie en Suisse.

    Pour illustrer ce propos, il suffit de lire ci-dessous un texte, fautes de français comprises, publié sur le site internet d’un mouvement patriotique qui fait froid dans le dos. Il est en relation avec la Pride 2019 qui aura lieu à Genève le 6 juillet (https://www.genevapride.ch/).

    Ce texte démontre une fois de plus que, d’une part, les marches des fiertés sont toujours d’actualité 50 ans après les émeutes de Stonewall (https://fr.wikipedia.org/wiki/Émeutes_de_Stonewall) et que, d’autre part, l’extension de la norme pénale antiraciste aux actes homophobes est une nécessité, car la liberté d'expression ce n’est pas pouvoir insulter qui je veux, quand je veux! Soyons toutes et tous nombreuses et nombreux à le dire haut et fort le 6 juillet prochain!

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