Air du temps - Page 4

  • Nouveau dérapage d'un conseiller municipal

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    Bilal Hassani, qui représentera la France à l'Eurovision, est la cible depuis des semaines des homophobes, transphobes et xénophobes. Et jusque chez nous. C'est ainsi qu'un conseiller municipal de la Ville de Genève a complètement dérapé en postant sur son mur facebook le message suivant:

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     Cette publication immonde a fait réagir la Fédération genevoise des associations genevoises qui a publié le communiqué de presse ci-dessous.

    Les membres de la Fédération genevoise des associations lesbiennes, gay, bisexuelles et trans* (LGBT) : Associations 360, Dialogai, Lestime, Parents d’homos et Think out condamnent fermement les propos homophobes proférés le 28 janvier 2019 via le compte Facebook de Laurent Leisi, Conseiller municipal en Ville de Genève envers Bilal Hassani, représentant de la France à l’Eurovision.

    Le Conseiller municipal, qui n’en est pas à son premier dérapage homophobe ou transphobe, se permet par ailleurs de sous-entendre que Bilal Hassani « finira sans doute par se suicider dans quelques années », alors même que l’homophobie, la biphobie et la transphobie font des ravages, en particulier auprès des jeunes LGBT, qui ont entre 2 et 10 fois plus de risques de faire une tentative de suicide que les jeunes hétérosexuel.le.s. Un dérapage d’autant plus grave que l’on sait que Bilal Hassani est la cible d’une recrudescence violente de propos et actes homophobes depuis sa candidature à l’Eurovision.

    Nous appelons ainsi Laurent Leisi à ne plus tenir des propos homophobes ou transphobes et demandons à ce que le Conseil municipal de la Ville de Genève se positionne par rapport à ces propos, les condamne et prenne les mesures adéquates à l’encontre de Laurent Leisi.

    Nous constatons une fois de plus l’urgence de compléter l’article 261 bis du Code pénal suisse afin de permettre la condamnation de tels propos homophobes, contre lesquels nous aurions pu ainsi porter plainte.

    Rappelons pour celles et ceux qui ne le sauraient pas encore que l'UDF a lancé un référendum contre la modification de l'article 261bis du Code pénal au nom de la liberté d'expression…

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  • Après le soutien, la démission?

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    Pierre Maudet a donc obtenu le soutien du PLR. Soutien certes timide, puisqu’il n’a pas obtenu la majorité absolue en raison des nombreuses abstentions. Mais n’ergotons pas, en démocratie, seules les voix exprimées comptent. 

    Fort du soutien de ses pairs, Pierre Maudet peut à présent...démissionner! En effet, lors de la complémentaire qui sera organisée, il pourra à nouveau être le candidat du PLR qui ne va pas se déjuger par rapport à son vote de mardi soir. 

    C’est ainsi que les citoyennes et citoyens pourront renouveler ou non leur confiance au Conseiller d’Etat. Par leur vote, ils décideront si le mensonge et la tricherie sont pardonnables ou non à leurs yeux. 

    Politique fiction? Évidemment.

    Mais notre démocratie mériterait un tel scénario!

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  • Discriminer au nom de l’éthique chrétienne !

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    Drapeau gay.jpgL’UDF (Union Démocratique Fédérale), parti anecdotique qui défend la vie, la famille, l’être humain, la Suisse et la sécurité d'après son site internet, a donc annoncé qu’elle allait lancer un référendum contre la révision de la norme pénale antiraciste. Rappelons que lors de la récente session d’hiver, le Parlement a modifié l’article 261bis du Code pénal en y ajoutant l’orientation sexuelle, mais malheureusement pas l’identité de genre. C’est ainsi que les crimes, les délits de haine et les discriminations dont sont encore trop souvent victimes les personnes homosexuelles et les bisexuelles seront poursuivis, mais pas ceux contre les personnes transgenres et intersexes.

    L’UDF a donc décidé de lancer un référendum contre cette révision, ce qui n’est à vrai dire guère surprenant. Ce parti s’oppose systématiquement à toutes les avancées en lien avec l’égalité des droits pour les personnes lesbiennes, gay, bi et trans (LGBT). C’est en effet déjà lui qui avait lancé le référendum contre la loi autorisant l’adoption par la/le partenaire. Il avait lamentablement échoué à récolter les 50 000 signatures. En sera-t-il différemment cette fois-ci ? Cela dépendra vraisemblablement du soutien que l’UDC pourrait apporter ou non à ce référendum.

    Musique d’avenir. Mais en attendant, il vaut la peine d’aller sur le site de l’UDF pour voir quels sont ses arguments pour lutter contre cette révision. C’est ainsi que l’on peut y lire que cette modification du Code pénal est « une dictature étatique en matière d’expression, une attaque idéologique contre la liberté d’expression et la diversité d’opinion en Suisse ».

    A en croire l’UDF, « cette extension de loi irréfléchie n’est pas la moindre des attaques graves contre des personnes qui s’opposent publiquement à l’idéologie de genre et aux revendications d’associations homosexuelles sur la base de l’éthique chrétienne. » Ce serait donc, en résumé, les personnes LGBT qui seraient les méchants bourreaux et celles et ceux qui les attaquent les pauvres victimes!

    Gageons que si le peuple devait voter, il ne se ferait pas avoir par ce discours incroyablement homophobe qui pourrait sans doute être attaqué en justice dès que la révision du Code pénal serait entrée en force. Pas besoin dès lors de chercher plus loin la raison qui motive l’UDF à lancer le référendum : elle veut pouvoir continuer à discriminer les personnes LGBT à sa guise au nom de l’éthique chrétienne ! Un programme haineux qui tombe sans doute fort bien en cette année d’élections fédérales pour motiver les troupes de l’UDF, mais qui exaspère les personnes LGBT et leurs nombreux soutiens qui se battent, et continueront de se battre, jour après jour pour une Suisse ouverte et égalitaire !

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  • CPEG: pour une campagne respectueuse de la fonction publique

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    Deux référendums seront donc lancés contre chacune des lois votées par le Grand Conseil concernant le financement de la CPEG, la caisse de retraite des fonctionnaires. C’était attendu, et même fortement souhaité et souhaitable, après cette double approbation, a priori surprenante, mais qui laisse in fine la latitude au peuple de décider. C’est une bonne nouvelle. Sur un sujet qui concerne tous les contribuables, il n’y a en effet rien de choquant à ce que la population soit consultée. 

    Cet argument se suffit par conséquent à lui-même et rend totalement inutile les propos « à côté de la plaque » du président du PDC qui, à en croire La Tribune de Genève du jour, déclare « qu’il est anormal de faire supporter les retraites de personnes gagnant 8500 francs (salaire médian à l’Etat de Genève) à des personnes en gagnant 6500 (salaire médian genevois). » Voilà des paroles qui ne manqueront pas de faire rire jaune toutes celles et ceux qui gagnent (très) nettement moins à l’Etat de Genève et faire éclater de rire toutes celles et ceux, à commencer sans doute par M. Maitre, qui en gagnent (très) nettement plus dans le privé...

    Quoiqu’il en soit, les votants se prononceront ainsi, si tant est que les deux référendums aboutissent, ce qui ne fait guère de doute, sur l’avenir de la CPEG. Ils pourront décider de l’option qui a leur préférence entre la loi du Conseil d’Etat et celle de l’Alternative et du MCG, ou de tout refuser en bloc. 
     
    Espérons que la campagne en vue de la votation du 19 mai soit respectueuse envers la fonction publique et les fonctionnaires qui la composent. Ils sont, la droite l’oublie souvent comme le démontrent une fois de plus les propos de M. Maitre, aussi des contribuables et donc également concernés à ce titre par ce vote. A suivre.
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  • Le Conseil national fait marche arrière

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    Il n’y a malheureusement pas eu de (bonne) surprise. Le Conseil national s’est en effet rallié à la position minimaliste du Conseil des Etats pour compléter la norme pénale antiraciste dans le Code pénal en y ajoutant l’orientation sexuelle, mais pas l’identité de genre. C’est ainsi que les crimes, les délits de haine et les discriminations dont sont encore trop souvent victimes les personnes homosexuelles et les bisexuelles seront poursuivis, mais pas ceux contre les personnes transgenres et intersexes. C’est certes une avancée non négligeable dans la lutte pour l’égalité des droits pour toutes et tous, mais elle laisse un goût amer.

    Les associations faîtières LGBTI (lesbienne, gay, bi, trans*, intersexe) n’ont pas manqué de le relever dans le communiqué presse ci-dessous.

    Le Conseil national a cet après-midi lors du processus d’élimination des divergences suivi l’avis Conseil des États sur l’adaptation de la norme pénale. Mercredi dernier, ce dernier avait en effet refusé de protéger les personnes subissant des discriminations sur la base de leur identité de genre tout en introduisant le terme « orientation sexuelle » dans la norme pénale.

    Avant de prendre des décisions sur les personnes trans* et intersexes, les parlementaires ont eu la possibilité d’en rencontrer. Les associations LGBTI+ ont offert cette possibilité aux parlementaires en leur proposant une discussion en face à face sur la place fédérale. Divers parlementaires ont accepté cette offre pour mieux comprendre les enjeux et ont posé leurs questions à l'ancienne coprésidente de TGNS, Alicia Parel.
     
    Nos arguments et les discriminations disproportionnées vécues par plus de 40'000 personnes trans* et des milliers de personnes intersexes n’ont malheureusement pas suffi à faire changer l’avis de la majorité du Conseil national. Les discriminations et les appels à la haine, fondés sur l'identité de genre ne seront ainsi pas poursuivis. Au cours des derniers mois, non seulement les commissions juridiques des deux Conseils avaient initialement recommandé que les deux changements de la norme pénale soient pleinement acceptés, mais le Conseil national avait également accepté le projet dans son ensemble. La semaine passée, une grande déception a suivi ces nouvelles encourageantes pour les personnes qui vivent ce genre de discriminations au quotidien : le Conseil des États a considéré l'aspect de l'identité de genre comme "trop ​​vague pour le droit pénal" et n'a préconisé qu'une protection fondée sur l'orientation sexuelle.
     
    L'élargissement de la norme pénale aurait dû permettre une meilleure protection de l'ensemble de la communauté LGBTI+ contre les appels à la haine et les discriminations portant atteinte à la dignité humaine. Les organisations faîtières LGBTI+ suisses sont déçues par les demi-mesures prises par le parlement : "protéger les lesbiennes, les bisexuels et les gais n’est pas suffisant", s’énerve Alecs Recher, responsable juridique de TGNS. "La discrimination fondée sur l'identité de genre est une réalité quotidienne - ici et maintenant. Du Portugal à la France, jusqu’à l’Écosse et la Bosnie, de plus en plus d'États intègrent le concept d'identité de genre dans leur droit pénal. La décision du Conseil des États et du Conseil national de ne pas défendre la dignité humaine, légalise les discriminations envers des personnes trans* et intersexes et nous blesse particulièrement en tant que communautés déjà excessivement marginalisées."
     
    L’intégration de l’orientation sexuelle sera donc la seule retenue par les deux conseils. Une décision finale pour cet objet doit encore venir de la part du Conseil des États.

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