Cinéma - Page 2

  • « Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part » : inabouti (et 12 films à l'affiche)

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    IMG_9930.jpgAdapté d’un recueil comprenant douze nouvelles écrites par Anna Gavalda, son premier livre vendu à plus de deux millions d’exemplaires, « Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part » raconte l’histoire d’une famille dont le pilier est Jean-Pierre. C’est l’aîné qui a pris le rôle de chef de famille après la mort de son père. Il est entouré par sa mère de 70 ans, ses deux sœurs, Juliette enceinte de son premier enfant à 40 ans et la petite dernière, photographe rebelle, et enfin de son frère Mathieu, 30 ans et qui n’ose pas séduire la femme dont il est amoureux. Ce petit monde va être très secoué après que Jean-Pierre ait décidé de sortir de son rôle.

    C’est Jean-Paul Rouve qui joue Jean-Pierre. Il décrit ainsi son personnage : « Jean-Pierre est représentant chez un négociant en vins. Il a plutôt bien réussi et semble aimer son métier. Mais sous son « costume-cravate » et ses allures de bon père de famille, de mari, de frère et de fils attentionné, on sent quelque chose qui cloche chez lui, que sa vie ne l’épanouit pas, qu’il fait semblant. C’est cette fêlure qui m’a touché. »

    Film choral par excellence, plusieurs histoires se croisent et se rejoignent, « Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part » répond en partie aux attentes : c’est très bien joué, avec une mention toute particulière à Jean-Paul Rouve et Benjamin Lavernhe excellents, il y a de belles scènes et un rebondissement au milieu du film qui évite de tomber dans l’ennui qui caractérise assez souvent ce genre de long-métrage, spécialité française. Il manque toutefois au film ce petit supplément d’âme qui aurait pu le rendre plus bouleversant, comme si les scénaristes n’avaient pas osé aller jusqu’au bout de leur sujet. Dommage. (2 étoiles)

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  • « Scandale » : chronique du sexisme ordinaire (et 11 films à l’affiche)

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    IMG_9920.jpgLe film s’inspire de l’histoire vraie de deux femmes, Gretchen Carlson (Nicole Kidman), l’ancienne co-animatrice d’une influente émission sur Fox News, et Megyn Kelly (Charlize Theron), correspondante vedette sur cette même chaîne de télévision américaine qui est très favorable aux Républicains. La première, après avoir été congédiée en 2016, a attaqué en justice Roger Ailes, le fondateur de Fox News, pour harcèlement sexuel. Son témoignage va être à l’origine du scandale que raconte le film et qui se déroule en juillet 2016 pendant les primaires républicaines. Les provocations sexistes de Donald Trump sont d’ailleurs bien présentes dans « Scandale » et lui donnent encore plus de relief.

    Réalisé comme un vrai faux reportage à l’intérieur de Fox News, cette approche, certes extrêmement dynamique et qui restitue l’effervescence d’une chaine d’infos en continue, donne toutefois le tournis dans la première partie du film. Il faut s’accrocher pour ne pas perdre le fil.

    Mais une fois cette première étape passée, « Scandale » laisse alors toute la place à ses trois excellentes actrices principales et la tension monte inexorablement au fur et à mesure que le voile se découvre sur les agissements à vomir de Roger Ailes (John Lithgow, excellent et méconnaissable grâce à six prothèses, tout comme Nicole Kidman qui porte plusieurs prothèses faciales). C’est efficace, percutant et moqueur envers Roger Ailes et son entourage qui ne comprennent pas ce qui leur arrivent. Mais cela manque toutefois d’émotion, à l’image de ce monde télévisuel où tous les coups sont permis pour se faire une place au soleil. (3 étoiles)

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  • « 1917 » : époustouflant (et 11 films à l'affiche)

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    IMG_9859.jpgPour résumer au mieux le film et les intentions de son réalisateur, Sam Mendes, rien de mieux que de lui laisser la parole : « Le film ne relate pas l’histoire de mon grand-père, mais s’attache plutôt à évoquer son esprit – ce que ces hommes ont subi, leurs sacrifices, et leur foi en quelque chose qui les dépassait. Nos deux protagonistes doivent participer à une mission périlleuse afin de livrer un message vital et de sauver ainsi 1600 soldats. Notre caméra ne les lâche jamais. Je voulais m’attacher à chacun de leur pas et sentir leur souffle. »

    Le moins que l’on puisse écrire est que, malgré quelques petites longueurs et invraisemblances au niveau du scénario, l’objectif de Sam Mendes est largement atteint. La manière dont « 1917 » est filmé est tout simplement époustouflante et même par moment étouffante, mais dans le bon sens du terme. Le spectateur vit, en effet, littéralement ce que les deux héros du film traversent comme épreuves. Dans certaines scènes, comme par exemple celle de l’avancée dans les tranchées au début du film, c’est carrément fascinant.

    Pour arriver à un tel résultat, il est bien évidemment nécessaire de déterminer dans leurs moindres détails les déplacements des acteurs et de planifier avec une grande précision les mouvements de caméra. Il faut également une distribution à la hauteur, ce qui est le cas avec Dean-Charles Chapman et George Mackay (présent dans tous les plans du début à la fin !) qui portent avec conviction le film sur leurs jeunes épaules.

    Alors, bien sûr, le sujet du film n’est pas facile et pourrait retenir celles et ceux qui n’aiment pas les films de guerre. Ce serait dommage pour les amateurs de cinéma – ce d’autant plus que si l’horreur de cette première guerre mondiale est bien présente dans le film et remarquablement reconstituée, elle ne l’est pas de manière démonstrative – de passer à côté d’un aussi bon film pour cette raison. (5 étoiles)

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  • « Manhattan Lockdown » : pas très original, mais efficace (et 11 films à l'affiche)

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    79CE1CC1-C5B8-4892-AD0E-544EB1010FAD.jpegSuite aux meurtres de plusieurs policiers dans des circonstances plutôt étranges aux environs de minuit, l'inspecteur Davis mène l'enquête au pas de charge puisqu'il a jusqu'à l'aube pour attraper les tueurs. Pour les piéger, il va complètement boucler (le « Lockdown » du titre) l'île de Manhattan en fermant ses 21 ponts. Et il n'a pas intérêt à se louper, ses supérieurs l'attendant aux contours. L'inspecteur Davis a en effet la gâchette un peu trop facile à leur goût.

    « Manhattan Lockdown » est le film policier par excellence avec les ingrédients qui font son succès depuis des décennies: un héros charismatique un brin torturé (Chadwick Boseman alias Black Panther très convaincant dans son rôle de flic qui se remet en question plus vite que son ombre), de l'action à revendre, des poursuites spectaculaires, des rebondissements, des flics suspects et bien sûr du suspense. La traque qui a presque lieu en temps réel, on pense inévitablement à la série « 24 heures chrono », et de nuit donne encore plus d'intensité au récit.

    Ce n'est donc ni très original, ni très crédible, mais on ne s'ennuie pas une seconde grâce à une réalisation certes classique, mais efficace. Les amateurs du genre y trouveront très probablement leur compte. (3 étoiles)

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  • « L’Art du mensonge » : un excellent duo (et 12 films à l'affiche)

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    IMG_9777.jpgArnaqueur professionnel, Roy Courtney a ferré son prochain gros poisson sous les traits de la sémillante Betty McLeish, récemment devenue veuve et dont la fortune se monte à plusieurs millions de livres sterling. Son numéro de charme semble opérer dès la première rencontre et la cible facile à duper.

    Comme on peut facilement s’en douter à la lecture de ce synopsis, il ne va au bout du compte pas être si simple pour Roy Courtney de tromper Betty McLeish, mais pas pour les raisons que le spectateur imagine dans la première partie du film. Et c’est là tout l’intérêt du scénario qui nous emmène sur des voies inattendues et qui maintient le suspense jusque peu avant la fin. C’est certes par moment un peu tiré par les cheveux, mais ça passe tout de même grâce en grande partie à l’excellent duo Hellen Mirren – Ian Mckellen qui vaut à lui tout seul la peine de voir le film. Les regarder jouer au chat et à la souris est en effet un pur bonheur.

    Si la réalisation n’a rien de révolutionnaire, « L’Art du mensonge », et ce malgré un sujet finalement pas aussi léger qu’il en a l’air, est un film qui se laisse voir avec un plaisir certain et permet de commencer sur de bonnes bases l’année cinématographique 2020. (3 étoiles)

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