04/01/2019

« Une femme d’exception » : un magnifique combat pour l’égalité (et 10 autres films à l’affiche)

IMG_5245.jpgL’année cinématographique 2019 commence bien avec un très bon film qui s’attache au parcours et aux combats de Ruth Bader Ginsburg, juge à la Cour suprême des Etats-Unis depuis 1993, entre le milieu des années 50 et 70. Vingt années semées d’embûches pour lutter contre les discriminations faites aux femmes et faire évoluer les lois en direction de l’égalité. Elle est considérée comme l’une des figures les plus progressistes des Etats-Unis. Elle s’est notamment impliquée dans plus de 300 procès pour discrimination.

1956. Ruth Bader Ginsburg intègre l’école de droit de Harvard. Elle est l’une des neuf femmes dans une volée comptant plus de 500 hommes. Autant dire qu’il est fort difficile de faire sa place dans le machisme ambiant. Heureusement, Ruth peut compter sur le soutien sans faille de son mari, et vice versa, qui fait les mêmes études. Bien que première de sa classe, Ruth ne trouve pas d’embauche dans un cabinet parce qu’elle est une femme. Elle doit se contenter dans les années 60 d’enseigner le droit jusqu’au jour où sa vie va basculer quand elle va plaider avec son mari une affaire fiscale qui discrimine…un homme.

La grande force du film tient à son couple d’acteurs principaux, Felicity Jones et Armie Hammer, qui crève l’écran. Leur complicité est formidable. Les rôles secondaires sont d’ailleurs également fort bien investis. Cette brillante distribution fait oublier le côté un peu trop académique du film, ce qui ne l’empêche toutefois pas d’être passionnant et de terminer en apothéose avec un monologue final de plus de cinq minutes de Ruth Ginsburg qui laisse sans voix. Et montre le chemin parcouru et celui qui est encore à parcourir pour que l’égalité entre les femmes et les hommes soit complètement réalisée. (4 étoiles)

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02/01/2019

« Au bout des doigts » : un scénario lourdingue (et 9 autres films à l’affiche)

IMG_5214.jpg« Au bout des doigts » fait partie des ces films qui procurent un certain plaisir lors de leur visionnement, mais qui à regarder de plus près sont pourtant plein de défauts. C’est le choc des cultures entre les tripes et le mental et suivant qui l’emporte sur l’autre, on appréciera le film ou pas.

Mathieu Malinski est un jeune de banlieue qui a une passion pour la musique classique dont il ne parle pas à ses potes avec lesquels il s’adonne parfois à des actes illicites. Pour assouvir son besoin de musique, il joue du piano dans les gares où l’instrument est en accès libre. C’est là qu’un jour le directeur du Conservatoire National Supérieur de Musique, Pierre Geitner, le rencontre. Mais pas question pour Mathieu de frayer avec ce milieu qui n’est pas le sien jusqu’au jour où un cambriolage tourne mal. Pierre Greitner vient alors à sa rescousse en proposant au juge des heures d’intérêt général au Conservatoire à la place de la prison.

A partir de là, et comme on peut s’y attendre, la « success story » est en route. Evidemment, les obstacles seront nombreux pour y parvenir et, à ce titre, le scénario ne nous en épargne aucun. Les clichés s’alignent comme des noix sur un bâton. Mais le défaut principal du film est que l’on ne croit pas une seconde au personnage de Mathieu « petite frappe » alors qu’il est tout à fait crédible dans celui d’apprenti virtuose. La faute à un manque total d’explication sur l’enfance et l’adolescence de Mathieu.

Il n’est donc pas étonnant que les scènes en lien avec la musique soient les plus réussies. Et pour être juste, elles procurent même des moments d’intenses émotions avec en particulier un dernier quart d’heure, quand bien même là encore le scénario en rajoute des couches, plutôt réussi. Au final, un film qui donne surtout envie d’écouter le Concerto n°2 de Rachmaninov. Ce n’est déjà pas si mal. (2 étoiles)

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31/12/2018

Mes 20 films préférés de 2018

J’ai vu plus de septante films au cours de l’année 2018 au cinéma. J’ai mis aux cinq premiers de mon classement la note maximale de 5 étoiles (à voir absolument) et aux quinze suivants la note de 4 étoiles (chaudement recommandé). Puis, je les ai classés de 1 à 20.

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  1. « Call me by your name». Eté 1983, Lombardie. Elio, 17 ans, passe ses vacances dans une magnifique villa en compagnie de ses parents dont il est proche. Au cours de cet été, il va s’éveiller au désir de l’autre. « Call me by your name » est beau, bouleversant, délicat, émouvant, érotique, fin, humain, intense, juste, lumineux, romantique, sensible, sensuel, solaire, subtile et plus encore. Une réussite.
  2. « Les Chatouilles ». Abusée dans son enfance, Odette décide une fois devenue adulte d’aller déposer ce fardeau qui l’empêche d’avancer dans la vie auprès d’une psychologue. En libérant la parole, elle va recoller les morceaux de son puzzle intérieur. Le spectateur passe régulièrement des rires aux larmes, de la joie à la haine ou encore de la compréhension à l’incompréhension, à l’instar de l’état psychologique d’Odette. Au final, un film bouleversant, mais jamais pesant, et porteur d’espoir. Magnifique.
  3. « The Guilty ». Déplacé au centre d’appels des urgences de la police danoise où il répond de mauvaise grâce aux téléphones qu’il reçoit, Asger est mis en communication avec une femme qui dit être victime d’un enlèvement. Il va mener l’enquête avec comme seules armes la représentation qu’il se fait de la situation et son téléphone. On ne s’ennuie pas une seule seconde grâce à une mise en scène efficace et à de nombreux rebondissements vocaux qui conduisent à une fin à grand suspense et pleine d’émotions. Epatant.
  4. « En guerre » est un film dans lequel s’affrontent la dimension humaine et la dimension économique au moment de l’annonce de la fermeture d’une usine, pourtant rentable. « En guerre » est un film coup de poing qui va crescendo jusqu’à une fin d’une radicalité extrême. Un film pour celles et ceux qui aiment la politique dans le sens étymologique du terme, à savoir le cadre général dans lequel une population est gérée par ses dirigeants.
  5. « First Man » retrace l’histoire de celui qui restera à tout jamais le plus célèbre des astronautes, Neil Amstrong. Le film prend le parti d’explorer sa part de fragilité qui va le pousser à se donner corps et âme dans cette quête lunaire. Si « First Man » est ce qu’on appelle une « grosse production », il est également un film à maints égards intimistes et le mélange des deux fonctionne fort bien. C’est sa grande force.
  6. « Girl » raconte l’histoire de Lara, 15 ans, qui rêve de devenir danseuse étoile. Mais il y a un obstacle de taille pour qu’elle y parvienne : elle est née dans un corps de garçon. L’émotion est présente tout au long du film grâce au formidable talent de Victor Polster. Il exprime avec une justesse incroyable les tourments de Lara. Ils sont magnifiés par une caméra virtuose qui filme Lara au plus près, notamment dans les scènes de danse parfaitement maîtrisées. « Girl » est ce que l’on peut appeler « un beau film ».
  7. « Moi, Tonya ». Janvier 1994, le championnat américain de patinage artistique va désigner les concurrentes qui défendront les couleurs des USA aux Jeux olympiques de Lillehammer en février. La favorite se fait agresser avec une barre de fer qui va l’empêcher de disputer la compétition. Les soupçons se tournent rapidement en direction de sa principale adversaire, Tonya Harding. Tourné sous la forme d’un docu-fiction, « Moi, Tonya » est un petit bijou de tragi-comédie à suspense. Un film passionnant et inventif.
  8. « Sauvage ». Léo est un jeune prostitué en quête d'amour, dont il a tant besoin. Cet amour, il aimerait le trouver auprès d'Ahd, également un prostitué, qui a une vision toutefois bien différente de son métier. « Sauvage » est un film par moment éprouvant. Si l’on souffre littéralement avec son héros auquel on s'attache dès la première scène, on partage également avec émotion les moments de sérénité. Félix Maritaud incarne avec une extraordinaire justesse son personnage qui évolue de manière cohérente jusqu'à la magnifique scène finale.
  9. « Première année ». Antoine recommence sa première année de médecine pour la troisième fois. Il est persuadé que c’est sa vocation. Benjamin n’est pas particulièrement motivé, mais plutôt doué. Il réalise rapidement que sa facilité pour les études ne sera pas suffisante et qu’il va devoir bosser dur. Complémentaires, Antoine et Benjamin vont unir leur destin pour tenter de passer cette première année. Porté par son remarquable duo, formé de Vincent Lacoste et William Lebghil, « Première année » est un film profondément humain.
  10. « Pupille ». Le film raconte les deux premiers mois de la vie de Théo qui est remis à l’adoption par sa mère biologique le jour de sa naissance. Les services de l’aide sociale à l’enfance et d’adoption prennent en charge Théo en le plaçant dans une famille d’accueil et en entreprenant parallèlement les démarches pour lui trouver, le cas échéant, une famille adoptive. « Pupille » est un film intelligent, lumineux, émouvant, sensible et délicat.
  11. « BlacKkKlansman » est une adaptation de l’autobiographie de Ron Stallworth, policier afro-américain qui au début des années 70 a infiltré le Ku Klux Klan avec l’un de ses collègues. Comment un policier noir a-t-il pu réaliser une prouesse pareille ? C’est ce que le film nous apprend dans une première partie qui s’apparente à une comédie. Puis, il devient plus dramatique, en gardant toutefois une certaine légèreté. Au final, un film qui n’a pas peur des ruptures de ton, ce qui fait sa force, et qui tient en haleine du début à la fin dans une atmosphère seventies très réussie et avec d’excellents acteurs.
  12. « Les heures sombres ». Mai 1940. Les Alliés concèdent défaites sur défaites face aux troupes nazies et plus de 300 000 soldats britanniques sont piégés à Dunkerque. C’est dans ce contexte explosif que Churchill est nommé Premier ministre. La grande force de « Les heures sombres » est d’en faire un film à suspense alors qu’on connaît déjà la fin. On pourrait craindre l’ennui durant les plus de deux heures que durent le film, mais il n’en est rien. Le mérite en revient en premier lieu à l’extraordinaire performance de Gary Oldman.
  13. « Sans un bruit ». Une famille tente de survivre sous la menace de mystérieuses créatures qui ressemblent à des fourmis géantes aveugles. Elles vous attaquent au moindre bruit. Facile d’imaginer qu’il va être compliqué pour ces parents et leurs trois enfants d’éviter tout bruit au risque d’être immédiatement tué, et encore plus spécialement quand la maman va bientôt accoucher. Réussiront-ils à s’en sortir et à trouver une solution pour se débarrasser de ces créatures maléfiques? Réponse après 90 minutes d’un suspense par moment insoutenable. Une réussite dans le genre.
  14. « Le Grand Bain ». Cinq hommes mal dans leur peau partagent leur mal-être deux fois par semaine en s’adonnant à la natation synchronisée, sport féminin par excellence. Ils se moquent des railleries dont ils sont l’objet, car ensemble ils vont trouver un but qui va les mener bien plus loin qu’ils avaient pu l’imaginer. La grande force du film est de ne jamais être ridicule, alors qu’il aurait été si facile de l’être avec un sujet pareil. Un film très touchant dans lequel on plonge avec bonheur entre drame et comédie.
  15. « Amanda ». Suite au décès brutal de sa sœur dont il est très proche, David, 24 ans, se retrouve en charge de sa nièce de 7 ans. Ce dernier sera-t-il capable non seulement de faire face à ce défi de devenir « père » malgré lui, mais aussi de surmonter et de faire surmonter à sa nièce la perte de l’être cher ? Film sur la construction et la reconstruction, « Amanda » est un long-métrage plein de douceur, de bienveillance, de justesse et de délicatesse. En un mot, émouvant.
  16. « 3 Billboards » Mildred Hayes, lassée que l’enquête sur la mort de sa fille violemment assassinée n’avance pas, décide un beau jour de louer 3 panneaux publicitaires immenses et abandonnés à l’entrée de la ville afin d’interpeller la police sur son inaction. Oscillant entre tragédie et comédie, « 3 Billboards » est parfois déroutant, jamais ennuyeux malgré son rythme relativement lent et, au final, souvent jouissif.
  17. « God’s Own Country ». Fils d’un fermier handicapé, Johnny se retrouve à devoir gérer seul le domaine familial. Frustré par cette vie très dure, il se saoule tous les soirs et connaît des aventures sans lendemain avec des inconnus. Mais quand Georghe débarque à la ferme pour donner un coup de main, Johnny va alors éprouver des sentiments jamais ressentis auparavant. « God’s Own Country » invite le spectateur à partager l’univers des deux hommes grâce à une caméra toujours installée entre les personnages pour qu’ils ne puissent jamais se soustraire au regard de celui-ci. Pari totalement réussi grâce à deux acteurs bouleversants de vérité.
  18. « Ocean’s 8 ». « Spin-off » de la série à succès « Ocean’s 11, 12, 13 », on y retrouve les mêmes éléments qui ont fait le succès de la série : humour, mise en scène énergique, rythme, raffinement, surprises de dernière minute, entre autres. Il y a toutefois une grande différence : les héros sont remplacés par des héroïnes et on n’y perd pas au change. C’est glamour, stylé et élégant, mais pas gratuit car s’inscrivant parfaitement dans l’esprit du film. On ne s’ennuie pas une seconde, un divertissement très plaisant.
  19. « Mission: Impossible ». Rares sont les séries qui ne s'essoufflent pas déjà au deuxième épisode, alors quand on en est au sixième…Pourtant, « Mission: Impossible » échappe à cette règle. Ce sixième opus est sans doute plus dramatique que les précédents, Ethan Hunt se retrouvant à plusieurs reprises confronté à son passé et à ses sentiments. Cela n'empêche toutefois pas des notes d'humour, également caractéristiques de la série. Tom Cruise est fidèle à lui-même et toujours très crédible dans son rôle. On ne voit pas passer les 2h30 du film, c'est tout dire.
  20. « Les Indestructibles 2 ».  Le soin apporté aux relations familiales, en toute simplicité et sans aucune mièvrerie, est indéniablement la grande réussite du film. Les personnages sont crédibles dans leur univers de science-fiction. On rit souvent avec une mention toute particulière au génial bébé Jack-Jack craquant, espiègle et très drôle. Le scénario a la bonne idée d’inverser les rôles « habituels », puisque c’est madame qui va sauver le monde pendant que monsieur s’occupe tant bien que mal de la famille et doit mettre son ego de côté. Un très bon divertissement destiné à un large public.

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28/12/2018

« L’Empereur de Paris » : superficiel et violent (et 8 autres films à l’affiche)

IMG_5072.jpgD’après le réalisateur Jean-François Richet, « L’Empereur de Paris » est l’histoire d’un homme qui dit non au déterminisme social. Il est confronté à une situation où nécessité fait loi et très vite se pose la question du prix à payer.

Voilà qui résume fort bien en deux phrases le sort de François Vidocq qui sous le règne de Napoléon est le seul homme à s’être échappé des plus grands bagnes du pays. Laissé pour mort après sa dernière évasion en compagnie d’un autre condamné, Vidocq tente de se faire oublier en menant une existence de commerçant ambulant. Mais il n’est pas si simple de disparaître quand on est une légende des bas-fonds parisiens. Le passé ne va pas tarder à ressurgir et contraindre Vidocq, pour obtenir sa lettre de grâce, à collaborer avec la police.

Polar historique qui se déroule dans un Paris napoléonien très bien reconstitué, les costumes et les décors sont superbes, « L’Empereur de Paris » ne manque pas d’action. Trop à vrai dire. Les moments de répit sont en effet rares et les actes de violence se succèdent les uns après les autres sans que leur justification saute aux yeux. Il est fort dommage que le film ne s’intéresse pas aux méthodes de Vidocq qui ont permis toutes ces arrestations. Cela aurait permis de donner plus d’étoffe à un personnage par trop réduit à son côté « bestial » et dont on se désintéresse petit à petit par la faute d’une intrigue manquant de consistance. (2 étoiles)

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25/12/2018

Les films que je n’aurais pas dû aller voir en 2018

Sur la septantaine de films que j’ai vus cette année au cinéma, il y a des coups de cœur, à découvrir ici prochainement, mais aussi des ratés. Ils sont au bout du compte peu nombreux, ce qui est plutôt réjouissant. Ils sont classés en fonction de leur date de sortie sur les écrans, car ils méritent tous la place de numéro 1 ex-aequo! 

502F41DD-37F4-4B74-8836-96B4B55127D6.jpegA l’origine de l’histoire que raconte le film, il y a des scientifiques qui, pour lutter contre la surpopulation et la destruction de la planète, inventent un processus, le « downsizing », permettant de réduite les humains à une taille de 12 centimètres. Celles et ceux qui se lancent dans cette opération, au sens propre et figuré, sont avant tout intéressés par le fait qu’en réduisant leur taille, ils augmenteront considérablement leur niveau de vie, une maison de poupée étant bien moins chère qu’une villa à taille humaine ordinaire. C’est dans ce contexte que Paul et Audrey Safranek décident de se lancer dans l’aventure, mais rien ne va se passer comme ils l’avaient imaginé.

« Downsizing » est un film louable dans le sens qu’il questionne l’avenir de la planète (surpopulation, déchets, réchauffement climatique), mais également la place de l’homme dans la société, ses choix, ses relations aux autres, les rapports entre les classes sociales, l’appât du gain et la survie de l’espèce. Mais à trop vouloir embrasser de thèmes, le film les survole, part dans tous les sens et s’enlise définitivement au cours de trente dernières minutes interminables et d’une niaiserie absolue.

692DB10F-D5E2-4FED-80F5-DFE6085A6183.jpegLe film relate l’attaque terroriste du 21 août 2015 perpétrée dans le train Thalys Amsterdam-Paris. Grâce au courage de trois jeunes Américains qui ont réussi à maîtriser le terroriste, l’attentat, qui aurait pu faire des centaines de morts, a échoué. L’originalité du film repose sur le fait que la plupart des acteurs sont ceux qui ont réellement vécu cet événement. À commencer par les trois héros qui, bien dirigés, rejouent d’aileurs de manière plutôt convaincante leur rôle pour des comédiens amateurs.

Avec la scène de l’attaque dans le train parfaitement mise en scène, mais qui ne dure pas plus d’une dizaine de minutes, c’est d’ailleurs le seul point positif du film. Celui-ci démarre lentement avec des longs flashbacks sur l’enfance et l’adolescence des héros et atteint des sommets d’ennui avec d’interminables scènes des trois jeunes gens en train de faire du tourisme en Europe en prenant des selfies à n’en plus finir.

Et puis, Clint Eastwood retombe dans ses travers de « American Sniper » en glorifiant l’armée américaine, son patriotisme, ses amitiés viriles, et en donnant une connotation religieuse très appuyée à ce qui arrive à ses trois hommes dont on peut finalememt déduire qu’ils ont accompli une mission divine. C’est lourdingue avec comme cerise sur le gâteau des images d’archives montrant pendant cinq minutes François Hollande remettant la légion d’honneur aux héros. Indigeste.

99E2F74B-2601-44DB-8DDB-619F58AB1C7E.jpeg« En eaux troubles » se résume en quelques mots : un Megalodon, un requin préhistorique de 23 mètres, qui ne demandait rien à personne jusqu’à ce qu’une mission sous-marine exploratoire vienne le chatouiller, refait surface, c’est le cas de le dire, et sème la terreur dans les eaux du Pacifique. 

A partir de ce synopsis on ne peut plus simple, « En eaux troubles » aligne un à un tous les clichés possibles et imaginables inhérents à ce genre de film catastrophe : personnage principal mis au ban de la société et devenu alcoolique transformé en moins de deux secondes en héros, sacrifice des uns pour sauver les autres, idylle amoureuse entre le héros et la belle, méchant milliardaire qui va finir par le payer, le Noir qui ne sait pas nager, un enfant et un chien pour lesquels on est censé trembler à l’approche du grand méchant requin, adieu déchirant d’un père à sa fille juste avant de mourir et j’en passe et des pires. 

Le tout est « agrémenté » de dialogues d’une telle pauvreté que ça en est franchement risible. En plus, le Megalodon, pourtant en 3D, ne fait même pas peur. Bref ! Une vraie…catastrophe. A tel point que ça en devient mégaridiculement drôle et que la salle applaudit de bon cœur aux exploits invraisemblables du héros. En résumé, un film divertissant dans sa nullité.

DAC0FD4D-1075-4176-B9A0-AE7545A86BCB.jpeg« Le vent tourne » met en scène Pauline et Alex, couple de paysans jurasssiens, qui mettent tout en œuvre pour vivre au plus près de la nature. A tel point qu’Alex décide de faire installer une éolienne sur son terrain afin de fabriquer sa propre électricité et être totalement indépendant. Cette initiative va chambouler la vie du couple quand Pauline se sent attirée par Samuel, l’installateur de l’éolienne. Les sentiments qu’elle éprouve à son égard vont remettre en question ce en quoi elle a toujours cru.

Le film se concentre principalement sur le personnage de Pauline. Il raconte « son développement, comment elle se défait de son couple, de sa vision du monde, de ses racines. Elle commence à placer ses désirs, ses souhaits personnels avant son idéologie » indique la réalisatrice. Et c’est d’autant plus compliqué que plus elle prend son envol, symbolisé par cette éolienne empêcheuse, paradoxalement, de tourner en rond, et plus Alex s’enferme dans ses principes jusqu’à mettre en danger l’exploitation agricole et son couple. 

Intéressant sur le papier, le film ne tient malheureusement pas la route à l’écran en raison du manque de crédibilité qu’il dégage. Difficile, en effet, non seulement de croire à cette attirance soudaine de Pauline pour Samuel, mais encore plus qu’elle va aussi rapidement la faire vaciller dans ses fondamentaux. On n’y croit tellement pas, malgré des acteurs qui font ce qu’ils peuvent, que le film ne dégage aucune émotion et qu’il paraît interminable alors qu’il ne dure en fait que 87 minutes. C’est tout dire.

BFD2137A-1A20-4CC3-883D-4DD50A17B7C6.jpegSuite lointaine du sympathique film de Michel Blanc de 2002, « Embrassez qui vous voudrez » est un ratage complet. Dans le genre caricatural, difficile de faire mieux ou pire, c’est selon. A tel point d’ailleurs que des acteurs, plutôt bons d’habitude, donnent dans la caricature d’eux-mêmes. C’est ainsi que, pour ne citer que les personnages principaux, Karine Viard est cantonnée dans son rôle habituel de gaffeuse, Jean-Paul Rouve dans celui de l’idiot de service, Michel Blanc dans celui de la gentille victime et Charlotte Rampling dans celui de la bourgeoise glaciale. 

Et pour donner un côté branché au film, il est question, notamment, de grossesse à 17 ans, de prostitution masculine, de couguar, d’évasion fiscale, de transidentité et bien évidemment de tromperie, le tout emballé dans des relations entre les différents personnages dont on se moque totalement tant elles sont artificielles. Alors, certes, quelques situations et des répliques assassines font sourire de temps à autre. De loin toutefois pas suffisant pour adoucir une déception qui est à la hauteur des fortes attentes que la bande-annonce avait suscitées. « Voyez comme on danse » s’est pris les pieds dans le tapis.

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