30/12/2017

Les films que je n’aurais pas dû aller voir en 2017

IMG_1247.jpgPour débuter cette rétrospective un peu particulière, l’honneur revient à « Stars 80, la suite », dernier film vu cette année et sans conteste le plus mauvais. Fort de son succès mérité en 2012, « Stars 80 » alliait avec un certain bonheur retrouvailles des chanteurs des années 80 et une bonne dose d’autodérision, les producteurs ont souhaité remettre le couvert avec cette suite.

Hélas, trois fois hélas, ils auraient mieux fait de s’abstenir tant le résultat est consternant. Le film est une succession de sketchs plus débiles les uns les autres, la palme revenant à ceux qui mettent en scène Jean-Marc Généreux qui n’aurait jamais dû quitter son siège de juré à « Danse avec les stars » tant sa prestation est calamiteuse. Tout est tellement mauvais - scénario, jeu des acteurs, mise en scène, montage - que c’en est presque fascinant ! « Stars 80, la suite » fait une toute petite place à celles et ceux qui seraient pourtant censés être les vedettes du film : les artistes. Un comble ! Il n’y a pratiquement rien à sauver dans ce film, si ce n’est le générique du début, c’est tout dire !, la scène finale qui peut à la rigueur émouvoir les âmes sensibles et…la bande-son. Autant dès lors l’acheter ou encore mieux écouter Radio Nostalgie qui diffuse tous les soirs les tubes des années 80. (1 étoile)

J’ai également attribué à quatre autres films, sur les 63 que j’ai vus cette année au cinéma, une seule étoile (1) :

« The Square ». Qualifié de film dramatique et satirique par son auteur qui « voulait faire un film élégant en se servant de dispositifs visuels et rhétoriques pour bousculer le spectateur et le divertir », « The Square » est certes bien emballé, mais le paquet est vide. L’histoire de ce conservateur de musée contemporain bien sous tous rapports qui va devoir sortir de sa zone de confort après s’être fait voler son portable et son portefeuille s’apparente à une succession de sketchs qui sont autant d’occasions pour le réalisateur d’aborder des thèmes comme la responsabilité et la confiance, la richesse et la pauvreté, le pouvoir et l’impuissance ou encore l’individu et la communauté. Alors, certes, quelques scènes attirent l’attention comme celle de l’homme qui fait le chimpanzé lors d’un dîner de gala ou celle de l’enfant qui réclame des comptes au conservateur parce qu’il se sent injustement accusé. Mais elles sont bien trop rares pour faire oublier que c’est avant tout un profond ennui qui domine. Comment dès lors comprendre que « The Square » a reçu le prix du meilleur film européen et de la meilleure comédie européenne de 2017, alors qu’on n’y rit pas une seule seconde, et que le formidable « 120 battements par minute » n’a obtenu que le prix du meilleur montage ? Mystère.

Blade Runner.jpg« Blade Runner 2049 ». K est chasseur de réplicants (sorte d’esclaves créés par les humains) récalcitrants et lui-même réplicant, mais avec un supplément d’âme qui lui viendrait des souvenirs qu’on lui a fabriqués. Il a pour mission de chercher et d’éliminer celui ou celle qui apparemment serait né.e de la liaison entre un réplicant et un humain, car si cela se vérifiait alors l’équilibre du monde en serait bouleversé. A partir de ce synopsis, on pourrait imaginer que « Blade Runner 2049 » est un film d’action qui se déroule dans un univers futuriste et qui questionne sur la relation entre les humains et les créatures qu’ils ont créés. Or, sur l’extrême longueur du film (2h45), il doit y avoir un tiers, et encore, d’actions et les questions existentielles sont à peine effleurées. C’est le sentiment d’un vide abyssal qui domine. Les coups de corne de brume exagérément forts qui font office de musique tiennent « heureusement » le spectateur éveillé. Il y a bien un sursaut au moment où Harrison Ford fait enfin son apparition après 1h45 (!) de film. C’est à n’en pas douter le meilleur moment de « Blade Runner 2049 » dont la fin est aussi décevante que le reste.

« L’amant double ». Chloé est une jeune femme fragile qui se plaint de maux de ventre persistants. Suivant le conseil de son médecin, elle va voir un psychothérapeute, Paul Meyer. Coup de foudre réciproque entre le médecin et sa patiente qui s’installent ensemble quelques mois plus tard. Mais un jour, Chloé découvre que son amoureux a un frère jumeau, Louis Delors, également psy, dont il ne lui a jamais parlé. Décidée à découvrir la vérité sur ce frère caché, elle prend alors rendez-vous avec celui qui va devenir un amant pour le moins inquiétant…« L’amant double » est un thriller érotico-psychologique à tiroirs sur le thème de la gémellité où l’on se perd. Les fausses pistes sont nombreuses, les rêves côtoient la réalité sans savoir si celle-ci est bien…réelle. Les scènes érotiques entre Chloé et Louis font la part belle à un machisme insupportable. Et il ne faut pas compter sur la fin du film des plus ambiguës pour voir plus clair dans ce jeu de miroirs bien flou. Certes, « L’amant double » est formellement impeccable, mais complètement dénué d’émotions. C’est donc avant tout un pur exercice de style, froid, vain, tordu et malsain dont on peut aisément se passer.

Barbara affiche.jpg« Barbara ». Mathieu Amalric rend hommage à Barbara 20 ans après sa disparition dans un film dans le film qui met en scène une actrice qui joue Barbara. On la voit ainsi travailler son rôle, sa voix, ses chansons, ses partitions, ses gestes, ses scènes à apprendre, le tout se mêlant à sa propre vie de femme et à des images de Barbara qui apparaît de temps à autre grâce à des archives sans que l’on soit toutefois toujours forcément sûr que ce soit bien elle et pas l’actrice. Le spectateur a toutes les peines du monde à se laisser emporter par un film qui mélange constamment fiction et réalité et qui part dans tous les sens. Alors certes, Jeanne Balibar est convaincante dans son rôle d’actrice qui joue Barbara au point de se confondre avec son modèle. Il y a également quelques scènes réussies, particulièrement celles qui laissent un peu de place aux chansons de Barbara, mais le tout manque de liant et surtout d’émotion. « Barbara » est avant tout un exercice de style aux allures résolument nombrilistes, comme le relève d’ailleurs l’actrice qui s’adressant à son réalisateur, joué bien évidemment par Mathieu Amalric, lui demande s’il ne fait pas un film sur lui-même, et qui laisse de marbre. Barbara méritait mieux.

A suivre le 1er janvier, mes films préférés de 2017

(1) 5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

 

15:41 Publié dans Cinéma | Lien permanent | |  Facebook | | | |