Cinéma - Page 2

  • « Deux moi » : l’importance du lien (et 7 films à l'affiche)

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    IMG_8655.jpgAprès « Ce qui nous lie », son avant-dernier film, Cédric Klapisch retrouve derrière sa caméra François Civil, quatrième film dont il est à l’affiche cette année, et Ana Girardot pour raconter l’histoire de deux trentenaires, Rémy et Mélanie, au creux de la vague. Ils cherchent, sans trop bien savoir comment, un nouvel élan amoureux pour la suite de leur vie.

    A la lecture de ce synopsis, on pourrait craindre le pire avec une nouvelle comédie sentimentale à la française, certes pas désagréable, mais sans plus. Et ces craintes sont confirmées avec une mise en place laborieuse et la sensation que l’on connaît déjà la fin alors que le film vient de débuter.

    Et puis, et c’est là la magie du cinéma de Cédric Klapisch, on se laisse petit à petit emporter grâce à d’excellents acteurs (François Civil est toujours aussi craquant et Ana Girardot n’est pas en reste), des seconds rôles savoureux (le gérant du magasin, excellent) et la multiplication de scènes à la fois douces, amères et drôles.

    A ce titre, les face-à-face entre Rémy et son psychologue, d’un côté, et ceux entre Mélanie et sa psychologue, d’un autre, sont très réussis grâce à un François Berléand et à une Camille Cottin qui, une fois n’est pas coutume, n’en font pas des tonnes. Au fur et à mesure des séances, et à l’heure de l’omniprésence d’internet, l’importance des liens sociaux et familiaux va petit à petit émerger chez les deux patients pour déboucher sur une fin prévisible, mais non dénuée d’émotions. (3 étoiles)

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  • « Ça : chapitre 2 » : ça le fait (et 8 films à l'affiche)

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    IMG_8550.jpgEt ça recommence ! 27 ans plus tard, le Clown qui fait peur, mais pas seulement, aux enfants est de retour pour semer la terreur dans les rues de Derry. Désormais quadragénaires, les ados du Club des Ratés, fidèles à la promesse faite dans leur jeunesse, vont se retrouver pour combattre « Ça » lorsque de nouvelles disparitions d’enfants sont signalées.

    Les suites riment souvent avec déception, mais tel n’est pas le cas cette fois-ci. Alors, certes, il y a une surenchère pas toujours utile dans les effets spéciaux pour palier à l’effet de surprise qui, logiquement, n’est plus vraiment au rendez-vous. Mais malgré cela, ce deuxième chapitre, tiré du livre de 1100 (!) pages de Stephen King, tient tout à fait la route.

    Le passage de la fin des années 80 à celles d’aujourd’hui se fait tout en douceur, si on ose dire, grâce à de nombreux flashbacks qui donnent du corps aux événements qui se déroulent à l’époque contemporaine. On a ainsi un grand plaisir à retrouver les personnages du Club des Ratés et leur complicité à ces deux moments charnière de leur existence. On ne voit pas passer les presque trois heures du film grâce à de nombreux rebondissements, aux apparitions du Clown plutôt bien dosées et à des actrices et acteurs toutes et tous concernés par leur rôle.

    A noter que la fin tire plus du côté psychologique que de celui de l’horreur et qu’elle pourrait par conséquent en décevoir quelques-uns. Au final, si « Ça » ne fait plus vraiment peur dans cette seconde partie, sa présence continue d’assurer le spectacle : exactement ce qui est demandé à ce genre de film. (3 étoiles)

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  • « Fête de famille » : défaite de famille (et 7 films à l'affiche)

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    IMG_8451.jpgLa journée d’anniversaire d’Andréa, la matriarche, se présente bien jusqu’au moment où sa fille Claire, disparue depuis 3 ans et bien décidée à réclamer ce qui lui est dû, débarque en pleines festivités et va semer une sacrée zizanie.

    Le paradoxe de « Fête de famille » est qu’on ne s’y ennuie pas vraiment, on attend constamment qu’il s’y passe quelque chose, bien que l’histoire soit bien peu crédible. Les relations entre les personnages sonnent en effet faux – comment peut-on passer aussi facilement d’une scène où tout explose pour se retrouver dans celle d’après comme si rien n’était arrivé ? – et les comédiens semblent être le plus souvent les spectateurs du film qu’ils sont en train de jouer, à tel point qu’ils sont en roue libre avec un Vincent Macaigne particulièrement agaçant. Les ressorts scénaristiques tombent le plus souvent à plat comme, par exemple, l’accident de voiture qui apporte juste un peu plus d’hystérie à un film qui n’en a déjà que trop.

    « Fête de famille » tourne en rond et on n’est bien en peine au moment du générique de fin de savoir où le réalisateur a voulu en venir avec cette défaite de famille. (1 étoile)

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  • « La vie scolaire » : une bonne copie (et 10 films à l’affiche)

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    IMG_8337.jpg« La vie scolaire » s’inspire de la « vraie » vie avec des moments vécus ou observés par les deux réalisateurs ou des anecdotes qu’on leur a racontées. Avec cette base de départ, ils se sont demandé ce « qu’il pourrait apporter par rapport aux films déjà réalisés sur ce thème. »

    C’est alors que l’idée de se concentrer sur la conseillère principale d’éducation (CPE) s’est imposée, cette fonction étant centrale au sein d’un établissement scolaire. « Entrer dans l’histoire par son biais permettait de connecter les histoires entre elles. Une CPE traite 10 problèmes différents par heure. Elle est en contact avec les parents, les élèves, le personnel administratif, les professeurs », relèvent les deux réalisateurs.

    Samia (Zita Hanrot, formidable) est une jeune CPE qui débute dans le métier. Elle débarque de son Ardèche natale, suite à un problème lié à sa vie privée, dans un collège réputé difficile de la ville de Saint-Denis, dans la banlieue parisienne. Elle est dès la rentrée scolaire confrontée à des problèmes récurrents de discipline, à des élèves guère motivés, à des professeurs qui n’en peuvent plus ou encore à une réalité sociale complexe. Mais elle va également se rendre compte qu’au sein du collège, et même en dehors de celui-ci, il y a une formidable énergie, certes pas toujours utilisée à bon escient, et qu’avoir le sens de l’humour est indispensable.

    Qualifier « La vie scolaire » de « comédie dramatique » est on ne peut plus approprié. Le film fait certes la part belle à l’humour, mais ne met pas pour autant de côté les difficultés auxquelles le personnel scolaire, les élèves et leur famille sont confrontés jour après jour. Les deux réalisateurs ont trouvé une nouvelle fois après « Patients » le bon équilibre entre les deux. Si le résultat est convaincant, c’est aussi grâce à l’excellente performance de l’ensemble des actrices et des acteurs fort bien dirigés. Les jeunes comédiennes et comédiens sont désarmants de naturel avec quelques scènes d’anthologie qui valent le déplacement à elles toutes seules.

    Sur un thème battu et rebattu, « La vie scolaire » réussit pourtant à surprendre en évitant les clichés et les jugements simplistes, à l’image de la scène où une mère est convoquée parce que sa fille n’a pas une tenue correcte et de celle où un père se retrouve devant la CPE parce que son fils danse en classe. Le film fait preuve d’une grande humanité et d’un optimisme certain, mais pas béat. Une bonne copie. (4 étoiles)

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  • « Once Upon A Time…in Hollywood » : très inégal (et 10 films à l'affiche)

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    IMG_7922.jpgLe nom de « Tarantino » suffit apparemment à bon nombre de critiques, pas tous heureusement, pour perdre leur sens…critique et qualifié de chef d’œuvre le dernier film du réalisateur, notamment, de « Pulp Fiction ». Comment peut-on encenser à ce point un (très) long métrage de 2h40 dont la première partie comporte des longueurs abyssales et qui nécessite pour bien comprendre l’histoire de s’être renseigné auparavant sur le contexte dans lequel se déroule le film au risque de passer à côté ?

    Alors, certes, l’histoire de Rick Dalton, star de la télévision des années 50 sur le déclin, et de sa fidèle doublure, est très bien reconstituée. Les décors, la lumière et la photographie sont superbes. On se croirait vraiment dans le Hollywood de la fin des années 60. Le film est bourré de références cinématographiques et télévisuelles à ces années-là, américaines évidemment, qui parleront aux quinquagénaires et plus, avec un plaisir certain (ah, le générique de Mannix), mais qu’en est-il des autres ?

    Du côté de la distribution, rien à redire non plus : Leonardo Di Caprio et Brad Pitt sont très bons, même si le premier est desservi par des scènes de « film dans le film » qui n’en finissent pas, surtout dans la première partie. Les moments les plus réussis du film, qui donnent une bonne place à l’humour et à une certaine dérision, et heureusement il y en a plusieurs, mettent le plus souvent en scène Brad Pitt.

    C’est tout particulièrement le cas lorsqu’il est en contact avec les hippies, avec son chien ou encore lors des vingt dernières minutes qui s’apparentent à un film d’horreur. A ce propos, que dire de cette fin très réussie sur un plan cinématographique, mais qui ne respecte pas du tout la réalité de l’épisode tragique auquel elle fait référence et qui a marqué durablement les esprits ? Au final, un film formellement impeccable, mais très inégal dans le fond avec des scènes jubilatoires et d’autres où on s’ennuie ferme. (2 étoiles)

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