21/12/2018

« Les Veuves » : trop de lièvres à la fois (et 9 autres films à l’affiche)

IMG_5039.jpgSuite à un braquage qui a mal tourné, les épouses des malfrats, devenues veuves, vont devoir bien malgré elles s’unir pour rembourser la dette que leurs défunts maris ont laissée derrière eux. Question de vie ou de mort, mais aussi de prendre leur destin en main.

Le film démarre sur les chapeaux de roue et le spectateur est immédiatement projeté dans l’action. Il en a plein la vue, ce qui sera d’ailleurs le cas tout au long d’un film visuellement très réussi. Puis, le rythme baisse afin de pouvoir mettre en place l’intrigue générée par cette ouverture en fanfare.

On découvre alors qui sont ces veuves, la palme revenant au personnage intriguant interprété avec maestria par Viola Davis, Chicago et ses quartiers très différents et inégalitaires les uns des autres, les magouilles politiques, la rivalité entre gangs. Cette mise en place, qui vire à la satire sur une ville corrompue, n’est pas inintéressante, mais on pourra lui reprocher de prendre un peu trop son temps.

Heureusement, à l’approche du cambriolage, les événements s’accélèrent. Il y a des rebondissements et de l’action. On regrettera toutefois que le braquage soit un peu trop vite expédié et les « méchants » éliminés d’une manière pas toujours très crédible. Assez significatif finalement d’un film qui court trop de lièvres à la fois et qui laisse du coup le spectateur un peu sur sa faim sans qu’il ait pour autant assisté à un mauvais spectacle (3 étoiles).

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15/12/2018

« Pupille » : profondément humain (et 9 autres films à l’affiche)

IMG_5015.jpgLe film raconte les deux premiers mois de la vie de Théo qui est remis à l’adoption par sa mère biologique le jour de sa naissance. Elle a précisément ce laps de temps pour confirmer son choix ou revenir sur sa décision. Les services de l’aide sociale à l’enfance et d’adoption prennent en charge Théo en le plaçant dans une famille d’accueil et en entreprenant parallèlement les démarches pour lui trouver, le cas échéant, une famille adoptive.

Si le titre du film renvoie bien évidemment à la définition d’un enfant placé sous la responsabilité de l’Etat, il évoque également le regard, comme l’explique Jeanne Herry, la réalisatrice : « Je portais beaucoup d’attention à la place de mon regard, je me suis demandé tout au long de la réalisation quel était mon point de vue, sur chaque séquence, et comment, et d’où regarder chaque personnage. Et aussi où regardait chaque personnage. »

Cette préoccupation se…voit magnifiquement à l’écran avec une caméra qui filme les personnages le plus souvent en gros plan plongeant le spectateur dans leur intimité sans aucun voyeurisme, mais avec une grande délicatesse. Plusieurs scènes sont captivantes, on pense tout particulièrement à celle où l’assistance sociale (formidable Clotilde Mollet) explique à la maman qui vient d’accoucher sous X quels sont ses droits, celles qui mettent en scène l’assistant familial (Gilles Lellouche tout en finesse) et Théo ou encore toutes celles qui touchent directement à l’adoption que ce soit au niveau des collaborateurs ou des familles en attente d’adopter.

Certes, on pourrait reprocher au film son côté parfois scolaire, on n’est pas très loin par moment du documentaire, une vision sans doute un peu trop idéaliste de l’adoption et certains personnages secondaires inutiles. Mais il n’y a dans ces légers bémols rien de rédhibitoire pour apprécier à sa juste valeur un film intelligent, lumineux, émouvant, sensible et délicat. En deux mots : profondément humain. (4 étoiles)

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11/12/2018

« Lola et ses frères » : pétri de bons sentiments (et 8 autres films à l’affiche)

IMG_4988.jpgTrois ans après le très touchant « Les Souvenirs », le comédien et réalisateur Jean-Paul Rouve s’est une nouvelle fois associé avec le romancier, scénariste et également réalisateur David Foenkinos pour donner vie à une histoire sur le thème des rapports entre frère et sœur.

Lola est la cadette de la fratrie qui comprend Benoît, le frère aîné nettement plus âgé qu’elle, et Pierre qui n’a qu’un an d’écart avec son grand frère. Leurs parents sont décédés il y a fort longtemps et ils se retrouvent régulièrement devant leur tombe pour faire le point sur leurs vies respectives plus ou moins chaotiques. Mais cet esprit fraternel est parfois mis à mal en raison des gaffes et des secrets de l’un et du manque de vision de l’autre, ce qui oblige Lola à jouer, malgré elle, la maman.

Le moins que l’on puisse écrire est que les scénaristes n’y sont pas allés avec le dos de la cuillère pour développer les rapports complexes entre Lola et ses frères. Tous les thèmes y passent, ou presque, en un peu plus d’une heure et demi : solitude, chômage, deuil, maternité, paternité, infertilité, adoption, destruction-reconstruction, idylle amoureuse, rupture et, bien évidemment, fraternité. Et au cas où on n’aurait pas tout compris à l’issue du film sur son message résilient, le générique de fin sert de piqûre de rappel en remontrant à l’envers des images très explicites du début.

« Lola et ses frères » est donc pétri de bons sentiments et fait penser à « Photo de famille », y compris dans ses défauts et ses qualités. C’est ainsi qu’à vouloir traiter tant de thèmes à la fois, ils sont survolés. Du coup, on ne voit plus très bien où se situe le cœur du scénario. On peine dès lors à s’attacher aux personnages sur la durée malgré certaines scènes drôles, tendres ou encore émouvantes, avec une mention spéciale dans ce registre pour José Garcia et Ramzy Bedia très touchants. Pas désagréable, mais pas indispensable. (2 étoiles)

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05/12/2018

« Mauvaises herbes » : un « chouette » moment (et 8 autres films à l’affiche)

IMG_4890.jpgDeuxième long métrage de et avec Kheiron après « Nous deux ou rien », succès surprise de 2015, « Mauvaises herbes » reprend la recette de son premier film autobiographique, mais en l’allégeant et c’est une bonne surprise. Certes, les bons sentiments sont toujours bel et bien présents, mais de façon plus subtile. C’est sans doute parce que cette fois le film est « seulement » inspiré de faits réels, à commencer par l’expérience de Kheiron en tant qu’éducateur.

Waël vit en dans la banlieue parisienne et survit grâce à des arnaques qu’il réalise avec Monique, une femme d’un certain âge qui le considère visiblement comme son fils. Un jour, une arnaque se retourne contre eux, ce qui va les conduire à devenir bénévoles, Monique comme secrétaire et Waël comme éducateur, dans un centre pour ados exclus du système scolaire.

Pas besoin d’être grand clerc pour deviner ce qu’il adviendra de la suite de l’histoire entrecoupée par des flashbacks qui s’intègrent plutôt bien dans la narration. Ils permettent petit à petit de découvrir ce qui unit aussi fortement Waël et Monique. Si le scénario ne brille donc pas par son originalité, il faut toutefois reconnaître au film une grande qualité : on passe un « chouette » moment. Les personnages sont attachants, il y a de l’humour, du rythme et de l’émotion, mais sans exagération contrairement à « Nous deux ou trois ».

Et puis le film peut compter sur d’excellents acteurs, à commencer par la bande d’ados très convaincante, un Kheiron touchant et puis une Catherine Deneuve qui, à 75 ans, n’en finit par de surprendre dans un rôle jubilatoire de vieille dame indigne, quoique. Au final, « Mauvaises herbes » a un côté maladroit et parfois facile, mais qui est largement compensé par sa bienveillance et son optimisme, en un mot son humanisme. Un film qui fait du bien. (3 étoiles)

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30/11/2018

« Amanda » : tout en douceur (et 7 autres films à l’affiche)

IMG_4875.jpgSuite au décès brutal de sa sœur dont il est très proche, David, 24 ans, se retrouve en charge de sa nièce de 7 ans, car mis à part une grand-tante vieillissante, la petite Amanda ne peut compter que sur son oncle. Ce dernier sera-t-il capable non seulement de faire face à ce défi de devenir « père » malgré lui, mais aussi de surmonter et de faire surmonter à sa nièce la perte de l’être cher ?

« Amanda » est un film sur la construction et la reconstruction. Construction d’une relation entre un jeune adulte qui se cherche encore et une enfant qui voit son monde s’écrouler en une nuit, et reconstruction après un deuil d’une grande brutalité. La relation entre Amanda et David est donc au cœur du film. Il est dès lors essentiel qu’elle fonctionne à l’écran.

Tel est bien le cas grâce à Isaure Multrier qui joue, selon le vœu du réalisateur Mikhaël Hers, une Amanda « très juvénile et poupon, mais avec un petit côté adulte ». Et bien sûr grâce à Vincent Lacoste à qui le réalisateur a confié le rôle car « son visage, sa façon de parler, sa douceur, sa grâce, sa beauté un peu gauche » étaient d’indéniables atouts pour jouer David et on ne peut que lui donner raison. Son jeu est d’une grande finesse aussi bien dans les rires – le sujet grave d’ « Amanda » n’empêche pas le film d’avoir de nombreux moments plus légers à l’image de la vie – que dans les larmes.

Malgré quelques petites longueurs par-ci, par-là et une fin un peu trop démonstrative, « Amanda » est un film plein de douceur, de bienveillance, de justesse et de délicatesse. En un mot, émouvant. (4 étoiles)

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