Cinéma - Page 3

  • « Parasite » : la très grande classe (et 6 films à l’affiche)

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    IMG_6794.jpgRecevoir la Palme d’or du Festival de Cannes n’est pas forcément gage de succès, les films qui la reçoivent rencontrant rarement un succès public. Il devrait en être différemment cette année avec « Parasite », long-métrage coréen qui a beaucoup d’atouts : un scénario intelligent qui tient le rythme pratiquement du début à la fin avec un énorme coup de théâtre au milieu qui redistribue les cartes, une mise en scène au cordeau, une superbe photographie et une excellente distribution, à tel point qu’on en oublie que le film est en coréen. Si on ajoute à toutes ces qualités, celle d’un film qui commence comme une comédie jubilatoire qui se dirige en cours de route vers le thriller pour finir par flirter avec le film d’horreur, on aura compris que « Parasite » est un film que les cinéphiles ne manqueront pas.

    « Parasite », c’est l’histoire de la famille Ki-taek dont tous les membres sont au chômage. Un jour, le fils se fait recommander par un camarade d’école pour donner des cours particuliers d’anglais à la fille aînée de la riche famille Park. Une fois dans la place, il réussit à faire engager sa sœur, début d’un engrenage qui va devenir de plus en plus incontrôlable.

    On n’en dira pas plus afin de respecter la volonté du réalisateur Bong Joon Ho qui a demandé aux journalistes « de bien vouloir protéger les émotions des spectateurs, tout comme les bandes annonces s’en sont gardées. » A noter sur ce point que rares sont les bandes annonces qui ne dévoilent rien, tout en donnant très envie d’aller voir le film, comme c’est le cas pour « Parasite » ! Bong Joon Ho ajoute tout de même qu’il s’agit « d’une comédie sans clowns, une tragédie sans méchants » et que « ce film décrit ce qui arrive lorsque deux classes se frôlent dans cette société de plus en plus polarisée. » En résumé, un conte cruel sur le choc des classes réalisé avec très grande classe. (5 étoiles)

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  • « Roxane » : des poules bluffantes (et 6 films à l’affiche)

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    IMG_6766.jpgRaymond est un paysan romantique qui est sur le point de perdre son exploitation agricole. Mais loin de se résigner, il décide d’attirer l’attention de la France entière, et même au-delà, avec les moyens d’aujourd’hui en cherchant à créer le « buzz ». Et pour y parvenir, il va mettre en scène, face caméra, sa passion pour le théâtre et celle des grands textes avec sa poule Roxane.  

    Pour Mélanie Auffret, la réalisatrice, cette histoire lui « permettait aussi de mettre en image la magnifique relation que tissent ces paysans avec leurs bêtes. Moi, cela m’amusait de décaler ce binôme en faisant de Roxane, la poule domestique de Raymond. Et puis, les gallinacées sont de magnifiques actrices ! » On ne dira pas le contraire, les poules sont les véritables héroïnes de ce film et leur « jeu » est totalement bluffant.

    Elles sont à vrai dire irrésistibles, à tel point que toutes les scènes où elles sont absentes frisent le plus souvent l’ennui. La faute à un scénario dont on devine à l’avance les péripéties, qui se répète et à une image idéalisée de la campagne qui finit par tomber à plat.

    Alors, certes, « Roxane » s’apparente à une fable, mais à force d’invraisemblances l’intérêt pour les aventures de ce paysan poète se perd en route. Et on a d’ailleurs l’impression qu’il en est de même pour les interprètes de « Roxane », Guillaume de Tonquédec en tête, qui donnent l’impression de s’ennuyer au contraire des poules qui sauvent le film à elles toutes seules. (2 étoiles)

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  • « Venise n’est pas en Italie » : un voyage plutôt réussi (et 7 films à l’affiche)

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    IMG_6649.jpgIvan Calbérac adapte à l’écran son propre roman du même nom sorti en 2015 qui avait auparavant donné lieu à une pièce de théâtre. Le titre du film est tiré d’une chanson de Serge Reggiani sur un couple qui n’a pas les moyens d’aller en vacances : « Venise n’est pas là où tu crois, Venise aujourd’hui c’est chez toi, c’est où tu vas, c’est où tu veux, c’est l’endroit où tu es heureux. » Le réalisateur déclare « aimer cette façon de signifier que le bonheur est en nous, et non à l’extérieur, on passe pourtant sa vie à le chercher. »

    Dans la famille Chamodot, rien n’est impossible ! Emile, 14 ans, va une fois de plus s’en rendre compte quand ses parents décident de partir en famille avec leur caravane à Venise afin qu’Emile puisse assister au concert que sa camarade de classe Pauline, dont il est tombé amoureux, donnera là-bas. Mais voyager avec la famille Chamodot n’est pas de tout repos et arriver à rejoindre Venise n’est pas gagné d’avance.

    « Venise n’est pas en Italie » prend son temps pour démarrer. La faute à un scénario qui insiste un peu trop sur le côté fantasque d’Annie et Bernard Chamodot avec des scènes qui se répètent, ce qui n’empêche toutefois pas de rire de bon cœur à quelques-unes d’entre elles, notamment quand Valérie Bonneton chante tellement faux « elle voulait qu’on l’appelle Venise » de Julien Clerc en passant l’aspirateur.

    Et puis, le film prend une autre dimension à partir du moment où la famille Chamodot se retrouve sur la route. Si les occasions de rire sont toujours bien présentes, les relations interpersonnelles se complexifient et prennent le dessus sur la simple comédie, notamment grâce à des passagers qui font des apparitions plus ou moins longues et réussies durant le trajet. Les membres de la famille Chamodot deviennent alors beaucoup plus attachants et touchants. Ils emportent petit à petit l’adhésion bienveillante du spectateur jusqu’à la fin de leurs aventures.

    La distribution joue également un rôle important vers ce glissement plus sensible et romantique du film dans sa seconde partie grâce à un Benoît Poelvoorde et une Valérie Bonneton qui n’en font heureusement pas trop et surtout au jeune comédien Hélie Thonnat, remarquable. « Venise n’est pas en Italie » est donc plus qu’une simple comédie et prendre la route avec ses personnages est synonyme d’un voyage plutôt réussi. (3 étoiles)

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  • « Ni une ni deux » : superficiel et léger (et 7 films à l’affiche)

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    IMG_6637.jpgIl y a des films que l’on prend plaisir à regarder tout en se disant après coup que, finalement, en exerçant son œil critique, il y a de quoi (mé)dire. « Ni une ni deux » fait partie de cette catégorie de films calibrés pour le dimanche soir sur TF1 qui, d’ailleurs, le co-produit.

    Suite à une allergie consécutive à une opération de chirurgie esthétique, une comédienne célèbre fait appel à un sosie pour la remplacer sur son prochain tournage qui est censé relancer sa carrière sur le déclin. Mis à part leur physique identique, tout oppose ces deux femmes au caractère et à la trajectoire de vie très différente qui vont devoir se fréquenter et finalement découvrir la vérité sur leur passé.

    Le « suspense » sur cette vérité n’est pas le moteur du film puisque le spectateur est rapidement mis dans la confidence, au contraire de la comédienne qui ne veut pas voir ce qui saute aux yeux. C’est la manière dont cette vérité va être petit à petit mise à nu qui est au centre de « Ni une ni deux ».

    Et il faut bien reconnaître que malgré un scénario le plus souvent très prévisible, on se prend au jeu pour une seule et unique raison : l’excellente double performance d’actrice de Mathilde Seigner à la fois drôle, touchante, vulnérable, tendre et exécrable. Elle tient à elle toute seule sur ses épaules un film qui égratigne un univers cinématographique où la superficialité règne en maître. Et ce n’est pas le moindre des paradoxes que de constater que « Ni une ni deux » renforce cette image, car s’il n’est pas désagréable à voir, il n’est pas indispensable. (2 étoiles)

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  • « Rocketman » met le feu (et 7 films à l’affiche)

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    IMG_6535.jpgLargement inspiré de la vie d’Elton John, producteur par ailleurs du film, « Rocketman » est selon son réalisateur Dexter Fletcher « une œuvre explosive, une course-poursuite imaginaire résolument loufoque et transgressive, qui oscillerait entre fête et tragédie. » Logiquement, le film ne raconte pas avec exactitude la vie du chanteur, brouille les frontières entre fiction et réalité et ne respecte pas l’ordre chronologique des chansons utilisant leurs paroles en fonction des événements qui s’y déroulent.

    Mais « Rocketman » ne part pas pour autant dans tous les sens, avec comme fil rouge une réunion des alcooliques anonymes qui lui permet petit à petit de se dévoiler et de retirer, pièce par pièce, le costume flamboyant qu’il porte, symbolisant la mise à nu qui va lui permettre de se retrouver. Le film est donc un long flashback ponctué par de brefs retours à la réunion des alcooliques anonymes qui sont des arrêts sur image à des moments-clé de la vie de Reginald Dwight, jeune pianiste prodige timide à l’enfance compliquée, devenu une superstar mondiale.

    Le film raconte l’histoire de cette ascension très rapide, à l’image de la fusée du titre, mais également les épisodes plutôt tristes de son enfance, sa très belle amitié avec son parolier, sa difficulté à vivre son homosexualité, ses amours contrariées, l’addiction à la drogue et à l’alcool et bien évidemment son génie musical qui est intelligemment mis en avant dans le film avec des scènes où Elton John fait le show et d’autres beaucoup plus intimistes et émouvantes.

    Cette réussite est due à une mise en scène qui ne laisse rien au hasard, la séquence de Saturday Night’s Alright for Fighting, digne des meilleures comédies musicales, a nécessité 12 semaines de travail et a été filmée en une seule prise, et à un formidable Taron Egerton qui crève l’écran dans le rôle d’Elton John aussi bien quand il joue que quand il chante. Le comédien s’est entraîné au chant et au piano pendant cinq mois et le résultat est bluffant.

    Mis à part quelques petites longueurs dans la seconde partie lors de la descente aux enfers de la star, « Rocketman » est un film qui met le feu tout en laissant une large place à l’émotion. Une réussite dans le genre. (4 étoiles)

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