Cinéma - Page 4

  • « Jumanji : Next level » : se laisser prendre au jeu (et 11 films à l'affiche)

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    IMG_9431.jpgAprès l’énorme succès en 2017 de « Jumanji : Bienvenue dans la jungle », près d’un milliard de dollars de recettes, rien d’étonnant à ce qu’une suite ait été mise sur les rails. On retrouve donc avec un plaisir certain l’équipe au complet qui retourne dans Jumanji pour secourir l’un des leurs. Mais une fois propulsée dans le jeu, elle va vite avoir des surprises, ce qui ne l’empêchera toutefois pas, pour pouvoir une nouvelle fois sortir indemne du jeu le plus dangereux du monde, d’affronter de nouvelles épreuves peuplées de personnages et de créatures inquiétants dans des décors peu accueillants.

    « Jumanji : Next level » est une « vraie » suite, à savoir que les références au premier épisode sont nombreuses. Du coup, ce que le film gagne en cohérence, il le perd en effet surprise. Pas totalement néanmoins grâce à l’apparition de nouveaux personnages, celui joué par Dany DeVito est hilarant, qui pimentent indéniablement ce second volet.

    Le point fort de cette suite est toujours l’humour qui s’en dégage. On rit souvent de bon cœur non seulement grâce au contraste entre le caractère des personnages et le corps dans lequel ils évoluent dans le jeu, mais aussi grâce aux situations comiques qu’engendre ce décalage. Les dialogues font souvent mouche, les effets spéciaux sont également très réussis et l’action est rondement menée par des comédiens toujours aussi convaincants.

    Par contre, comme lors du film précédent, les scènes « émotions » sont toujours aussi risibles et ridicules. Elles atténuent l’impression générale que, cette fois encore et malgré la surprise en moins, « Jumanji : Next level » est un bon divertissement si on se laisse prendre au jeu, évidemment. Un point à améliorer, ou alors à pousser franchement vers la parodie, pour le prochain épisode, tant il est vrai qu’il serait fort étonnant qu’on n’ait pas droit à une troisième partie d’ici deux ans. (3 étoiles)

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  • « Chanson douce » : glaçant et réussi (et 10 films à l'affiche)

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    2326B49C-543E-4717-BFFA-C731F1F91E5E.jpegAlors que dans le roman de Leila Slimani, Prix Goncourt 2016, la fin est révélée dès la première phrase, et remonte petit à petit le fil qui conduit au drame, le film adopte une chronologie classique. Ce qui, de fait, ne change pas grand-chose étant donné que l'immense majorité des personnes qui va voir le film connaît la fin.

    L'intérêt est ailleurs: assister au lent glissement vers la folie de Louise une si bonne nounou, aimante et aimée, et qui rend tellement de services. A tel point que s'en passer devient difficilement concevable pour les deux parents qui travaillent beaucoup. Il y a pourtant bien quelques signes qui laissent à penser que tout ne tourne pas rond chez Louise, mais ce n'est pas si simple de les décrypter.

    Et c'est d'ailleurs ce qui a particulièrement intéressé la réalisatrice Lucie Borleteau dans le roman de Leïla Silmani, à savoir qu'elle ne condamne pas plus la nounou que les parents et qu'aucune morale ne s'en dégage. Elle dit y avoir vu « une peinture très cruelle de la société actuelle, qui dévore ses propres enfants. Le roman pose cette question: comment se fait-il qu'un tel crime soit rendu possible dans notre société? Le monstre n'est pas Louise et sa folie, mais une chose aux contours flous qui nous renvoie à nos propres actes. »

    Porté par une Karine Viard au sommet de son art, et fort bien entourée par Leïla Bekhti et Antoine Reinartz qui jouent les parents et la formidable Assya Da Silva dans le rôle de leur fille aînée, « Chanson douce » se regarde comme un thriller psychologique. La tension monte au fur et à mesure que la nounou montre des signes de plus en plus inquiétants dans son comportement. Signes que le spectateur guette avec d'autant plus d'attention et de fascination qu'il connaît à l’avance le dénouement dramatique. Glaçant et réussi. (4 étoiles)

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  • « Sorry We Missed You » : une réalité qui interpelle (et 9 films à l'affiche)

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    BDB3DB91-9C4A-4E60-990F-0B73842C8689.jpegPendant la préparation de « Moi, Daniel Blake », Palme d'or 2016, Ken Loach s'est rendu compte de l'augmentation des travailleurs indépendants ou intérimaires et qu'il y avait là de quoi faire un film sur « cette nouvelle forme d'exploitation, cette économie des petits boulots, la main d'œuvre précaire ». Et Ken Loach d'ajouter que si l'exploitation est vieille comme le monde, ce qui est nouveau, c'est l'implication de la technologie moderne: « Le résultat est qu'une personne se tue à la tâche dans une camionnette, allant d'un point à un autre, de rue en rue, se démenant pour répondre aux exigences de cet équipement. »

    Ricky, Abby et leurs deux enfants vivent à Newcastle. Ricky enchaîne les boulots mal payés et son épouse est aide à domicile. S'ils veulent avoir une chance d'améliorer leurs conditions de vie, il est temps de prendre des risques. Une opportunité semble se présenter grâce à la révolution numérique. Ricky va acheter une camionnette afin de devenir chauffeur-livreur à son compte. Mais il y a loin de la coupe aux lèvres et Ricky et sa famille vont l'apprendre à leurs dépens.

    A la lecture de ce synopsis, on aura compris que Ken Loach est fidèle à son cinéma en dénonçant les injustices sociales et cette société qui n'hésite pas à broyer les humains à l'aide des nouvelles technologies au nom du profit. Et avec des dommages collatéraux très importants sur la vie de famille, en l'occurrence. Filmé de manière très réaliste, « Sorry We Missed You » s'apparente plus à un documentaire qu'à un film de fiction ce qui entraîne une certaine lourdeur et par moment un peu d'ennui. Il y a certes quelques belles scènes émouvantes, mais le côté trop démonstratif du film (que de malheurs en si peu de temps) les relègue trop souvent au second plan.

    Si « Sorry We Missed You » ne retrouve donc pas le superbe équilibre entre critique sociétale et émotion qui prévalait dans le formidable « Moi, Daniel Blake », il n'en demeure pas moins qu'un film de Ken Loach vaut toujours la peine d'être vu, même quand il n'est pas totalement réussi, car il renvoie à une réalité qui ne peut qu'interpeller. (3 étoiles)

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  • « Et puis nous danserons » : un émouvant récit d’émancipation

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    IMG_9368.jpgL’Ensemble National Géorgien est considéré comme emblématique de la tradition géorgienne et de l’identité nationale au même titre que l’église et le chant polyphonique traditionnel. C’est au sein de cette société conservatrice, dans laquelle la religion est omniprésente, que Merab s’entraîne depuis son plus jeune âge pour intégrer le corps principal du ballet avec sa partenaire de toujours, Mary. Son univers est chamboulé lorsqu’un nouveau danseur arrive et devient à la fois son plus grand rival, mais aussi son plus grand désir.

    Né en Suède, le réalisateur Levan Akin est d’origine géorgienne. Avec ce film, il a pu renouer avec ses origines, d’autant plus qu’il a lui-même été danseur plus jeune. Au travers du parcours de Merad, interprété par le formidable comédien débutant, Levan Gelbakhiani, il a voulu raconter « l’histoire de jeunes LGBT et leurs luttes à leur petite échelle, ce qui lui permet de montrer l’histoire et la situation de la Géorgie à plus grande échelle. »

    Si le scénario est plutôt convenu et dès lors ne réserve guère de surprises, il n’empêche toutefois pas le film de prendre son envol à l’image des superbes scènes de danse dans lesquelles tant de sentiments et d’émotions sont exprimés. Le film « utilise le carcan traditionnel pour mettre en lumière les contradictions internes à chacun.e, mais sans s’alourdir de violence, c’est avant tout un récit d’émancipation, une plongée intime dans le sentiment amoureux et ses attentes », comme le précisait avec justesse le programme du festival d’Everybody’s Perfect où « Et puis nous danserons » a été diffusé en avant-première au mois d’octobre. Un film qui, malgré le contexte dans lequel il se déroule, rayonne à l’image d’une fin émouvante qui ouvre des perspectives positives. A découvrir. (4 étoiles)

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  • « A couteaux tirés » : divertissant et grinçant (et 8 films à l’affiche)

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    IMG_9349.jpgRian Johnson, le réalisateur, souhaitait pour son film s’inspirer d’Agatha Christie en racontant une histoire policière moderne qui ne se prend pas trop au sérieux tout en scrutant les relations sociales de l’Amérique d’aujourd’hui. Objectif atteint puisque « A couteaux tirés » est à la fois divertissant et grinçant.

    Auteur de polars riche et célèbre, Harlan Thrombey est retrouvé mort dans sa magnifique propriété juste après avoir fêté ses 85 ans avec toute sa famille dont la plupart des membres avait un mobile pour le tuer, sans oublier l’infirmière personnelle de Harlan Thrombey à l’attitude étrange. Engagé par un commanditaire anonyme, le détective Benoit Blanc va alors mener son enquête qui va se révéler pleine de surprises.

    « Cluedo » sur grand écran, « A couteaux tirés » vaut tout particulièrement le détour pour ses personnages plus pittoresques les uns que les autres, les comédiens sont très crédibles dans des rôles à la limite de la caricature sans toutefois tomber dans le ridicule, et pour son scénario à la fois ludique et plein de rebondissements. On s’amuse à suivre l’enquête du détective Benoit Blanc tout en essayant de déjouer les fausses pistes vers lesquelles le scénario tente de nous emmener jusqu’à l’ultime coup de couteau jubilatoire. Une réussite dans le genre. (4 étoiles)

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