Cinéma - Page 4

  • « Noureev » : une forte personnalité (et 6 films à l’affiche)

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    IMG_6860.jpgRalph Fiennes, plus connu comme acteur que réalisateur, est fasciné par la culture russe et a tout de suite pensé que la biographie de Rudolph Noureev, parue il y a près de 20 ans, avait un potentiel cinématographique. Deux décennies plus tard, il met en scène le célèbre danseur sur un scénario de David Hare qui souhaitait s’intéresser à la période parisienne de Noureev, alors que le réalisateur voulait se pencher sur son enfance et ses études à Saint-Pétersbourg. Il sera finalement question de ses trois périodes dans le film.

    Et autant le dire tout de suite, c’est sa faiblesse. En effet, les trop nombreux, et parfois répétitifs, flashbacks enlèvent de la fluidité au récit. Ceci étant dit, le film n’en est pas désagréable pour autant, la personnalité de Noureev étant suffisamment forte pour s’intéresser à son parcours de son enfance à ce séjour à Paris en 1961 qui se terminera par sa demande d’asile politique sur fond de guerre froide. Inutile donc d’être un fan de ballet pour aller voir ce biopic sur un danseur qui a brisé les conventions en matière de danse classique.

    A ce propos, pour David Hare, on assiste avec Noureev « à une explosion des différenciations sexuelles, car à ses yeux, il était clairement bisexuel : sa danse reste masculine et héroïque, mais elle est beaucoup plus expressive, et moins statique que dans le ballet soviétique traditionnel. » Bisexualité abordée dans le film de manière très chaste, si l’on ose dire. On l’aura compris, le danseur prend le pas sur l’homme dans « Noureev » et il était donc logique que ce soit un danseur professionnel qui soit engagé pour jouer le rôle. C’est le cas avec Oleg Ivenko qui s’en tire fort bien pour sa première expérience de comédien.

    A noter enfin que toute la distribution joue dans sa langue maternelle les scènes qui l’exigent, ce qui évite avec bonheur le côté artificiel des faux accents et donne encore plus de force à un dernier quart d’heure sous haute tension et très réussi, quand bien même on en connaît l’issue depuis les premières images. (3 étoiles)

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  • « Parasite » : la très grande classe (et 6 films à l’affiche)

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    IMG_6794.jpgRecevoir la Palme d’or du Festival de Cannes n’est pas forcément gage de succès, les films qui la reçoivent rencontrant rarement un succès public. Il devrait en être différemment cette année avec « Parasite », long-métrage coréen qui a beaucoup d’atouts : un scénario intelligent qui tient le rythme pratiquement du début à la fin avec un énorme coup de théâtre au milieu qui redistribue les cartes, une mise en scène au cordeau, une superbe photographie et une excellente distribution, à tel point qu’on en oublie que le film est en coréen. Si on ajoute à toutes ces qualités, celle d’un film qui commence comme une comédie jubilatoire qui se dirige en cours de route vers le thriller pour finir par flirter avec le film d’horreur, on aura compris que « Parasite » est un film que les cinéphiles ne manqueront pas.

    « Parasite », c’est l’histoire de la famille Ki-taek dont tous les membres sont au chômage. Un jour, le fils se fait recommander par un camarade d’école pour donner des cours particuliers d’anglais à la fille aînée de la riche famille Park. Une fois dans la place, il réussit à faire engager sa sœur, début d’un engrenage qui va devenir de plus en plus incontrôlable.

    On n’en dira pas plus afin de respecter la volonté du réalisateur Bong Joon Ho qui a demandé aux journalistes « de bien vouloir protéger les émotions des spectateurs, tout comme les bandes annonces s’en sont gardées. » A noter sur ce point que rares sont les bandes annonces qui ne dévoilent rien, tout en donnant très envie d’aller voir le film, comme c’est le cas pour « Parasite » ! Bong Joon Ho ajoute tout de même qu’il s’agit « d’une comédie sans clowns, une tragédie sans méchants » et que « ce film décrit ce qui arrive lorsque deux classes se frôlent dans cette société de plus en plus polarisée. » En résumé, un conte cruel sur le choc des classes réalisé avec très grande classe. (5 étoiles)

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  • « Roxane » : des poules bluffantes (et 6 films à l’affiche)

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    IMG_6766.jpgRaymond est un paysan romantique qui est sur le point de perdre son exploitation agricole. Mais loin de se résigner, il décide d’attirer l’attention de la France entière, et même au-delà, avec les moyens d’aujourd’hui en cherchant à créer le « buzz ». Et pour y parvenir, il va mettre en scène, face caméra, sa passion pour le théâtre et celle des grands textes avec sa poule Roxane.  

    Pour Mélanie Auffret, la réalisatrice, cette histoire lui « permettait aussi de mettre en image la magnifique relation que tissent ces paysans avec leurs bêtes. Moi, cela m’amusait de décaler ce binôme en faisant de Roxane, la poule domestique de Raymond. Et puis, les gallinacées sont de magnifiques actrices ! » On ne dira pas le contraire, les poules sont les véritables héroïnes de ce film et leur « jeu » est totalement bluffant.

    Elles sont à vrai dire irrésistibles, à tel point que toutes les scènes où elles sont absentes frisent le plus souvent l’ennui. La faute à un scénario dont on devine à l’avance les péripéties, qui se répète et à une image idéalisée de la campagne qui finit par tomber à plat.

    Alors, certes, « Roxane » s’apparente à une fable, mais à force d’invraisemblances l’intérêt pour les aventures de ce paysan poète se perd en route. Et on a d’ailleurs l’impression qu’il en est de même pour les interprètes de « Roxane », Guillaume de Tonquédec en tête, qui donnent l’impression de s’ennuyer au contraire des poules qui sauvent le film à elles toutes seules. (2 étoiles)

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  • « Venise n’est pas en Italie » : un voyage plutôt réussi (et 7 films à l’affiche)

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    IMG_6649.jpgIvan Calbérac adapte à l’écran son propre roman du même nom sorti en 2015 qui avait auparavant donné lieu à une pièce de théâtre. Le titre du film est tiré d’une chanson de Serge Reggiani sur un couple qui n’a pas les moyens d’aller en vacances : « Venise n’est pas là où tu crois, Venise aujourd’hui c’est chez toi, c’est où tu vas, c’est où tu veux, c’est l’endroit où tu es heureux. » Le réalisateur déclare « aimer cette façon de signifier que le bonheur est en nous, et non à l’extérieur, on passe pourtant sa vie à le chercher. »

    Dans la famille Chamodot, rien n’est impossible ! Emile, 14 ans, va une fois de plus s’en rendre compte quand ses parents décident de partir en famille avec leur caravane à Venise afin qu’Emile puisse assister au concert que sa camarade de classe Pauline, dont il est tombé amoureux, donnera là-bas. Mais voyager avec la famille Chamodot n’est pas de tout repos et arriver à rejoindre Venise n’est pas gagné d’avance.

    « Venise n’est pas en Italie » prend son temps pour démarrer. La faute à un scénario qui insiste un peu trop sur le côté fantasque d’Annie et Bernard Chamodot avec des scènes qui se répètent, ce qui n’empêche toutefois pas de rire de bon cœur à quelques-unes d’entre elles, notamment quand Valérie Bonneton chante tellement faux « elle voulait qu’on l’appelle Venise » de Julien Clerc en passant l’aspirateur.

    Et puis, le film prend une autre dimension à partir du moment où la famille Chamodot se retrouve sur la route. Si les occasions de rire sont toujours bien présentes, les relations interpersonnelles se complexifient et prennent le dessus sur la simple comédie, notamment grâce à des passagers qui font des apparitions plus ou moins longues et réussies durant le trajet. Les membres de la famille Chamodot deviennent alors beaucoup plus attachants et touchants. Ils emportent petit à petit l’adhésion bienveillante du spectateur jusqu’à la fin de leurs aventures.

    La distribution joue également un rôle important vers ce glissement plus sensible et romantique du film dans sa seconde partie grâce à un Benoît Poelvoorde et une Valérie Bonneton qui n’en font heureusement pas trop et surtout au jeune comédien Hélie Thonnat, remarquable. « Venise n’est pas en Italie » est donc plus qu’une simple comédie et prendre la route avec ses personnages est synonyme d’un voyage plutôt réussi. (3 étoiles)

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  • « Ni une ni deux » : superficiel et léger (et 7 films à l’affiche)

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    IMG_6637.jpgIl y a des films que l’on prend plaisir à regarder tout en se disant après coup que, finalement, en exerçant son œil critique, il y a de quoi (mé)dire. « Ni une ni deux » fait partie de cette catégorie de films calibrés pour le dimanche soir sur TF1 qui, d’ailleurs, le co-produit.

    Suite à une allergie consécutive à une opération de chirurgie esthétique, une comédienne célèbre fait appel à un sosie pour la remplacer sur son prochain tournage qui est censé relancer sa carrière sur le déclin. Mis à part leur physique identique, tout oppose ces deux femmes au caractère et à la trajectoire de vie très différente qui vont devoir se fréquenter et finalement découvrir la vérité sur leur passé.

    Le « suspense » sur cette vérité n’est pas le moteur du film puisque le spectateur est rapidement mis dans la confidence, au contraire de la comédienne qui ne veut pas voir ce qui saute aux yeux. C’est la manière dont cette vérité va être petit à petit mise à nu qui est au centre de « Ni une ni deux ».

    Et il faut bien reconnaître que malgré un scénario le plus souvent très prévisible, on se prend au jeu pour une seule et unique raison : l’excellente double performance d’actrice de Mathilde Seigner à la fois drôle, touchante, vulnérable, tendre et exécrable. Elle tient à elle toute seule sur ses épaules un film qui égratigne un univers cinématographique où la superficialité règne en maître. Et ce n’est pas le moindre des paradoxes que de constater que « Ni une ni deux » renforce cette image, car s’il n’est pas désagréable à voir, il n’est pas indispensable. (2 étoiles)

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