Cinéma - Page 4

  • « Douleur et Gloire » : douloureux, puis glorieux (et 7 films à l’affiche)

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    IMG_6492.jpgFilm dont la fiction s’entremêle avec la réalité, l’appartement est une reproduction de celui d’Almodovar et Antonio Banderas était coiffé comme le réalisateur et portait ses vêtements, « Douleur et Gloire » s’inspire donc largement de la vie du cinéaste. Et c’est à la fois émouvant, ennuyeux, voire agaçant.

    C’est tout particulièrement le cas dans une première partie bavarde, égocentrique et qui met exagérément en avant le mal être du réalisateur Salvador Mallo (Antonio Banderas, excellent). Mais, heureusement, pour passer le cap de cette entrée en matière un peu pénible, il y a dès le début les lumineux flashbacks de l’enfance de Salvador avec une Penélope Cruz très convaincante. Et puis, au milieu du film surviennent l’une à la suite de l’autre deux longues scènes absolument bouleversantes et qui valent à elles toutes seules la peine d’aller voir « Douleur et Gloire ».

    La première met en scène, au sens propre et figuré, Alberto, un acteur avec lequel Salvador s’est brouillé il y a plus de trente ans. Il joue au théâtre un texte écrit par Salvador que ce dernier lui a donné en gage de réconciliation. Il s’intitule « Addictions » et parle bien évidemment de lui, et notamment de sa dépendance aux médicaments, voire à la drogue, omniprésente dans le film, un peu trop à vrai dire. L’émotion qui se dégage de ce monologue est d’une grande intensité et se poursuit avec la scène suivante où il est question des retrouvailles entre Salvador et son amant que la pièce évoque. Là également, un très beau moment de cinéma, tout en tendresse.

    Tendresse qui prend alors résolument le pas sur la déprime ambiante de la première partie du film et qui conduit, grâce notamment à un dernier flashback très réussi sur l’enfance de Salvador, à une belle fin. Au final, le dernier Almodovar est à l’image de son titre : douloureux en son début et de plus en plus glorieux au fur et à mesure que l’action avance. (3 étoiles)

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  • « Les Crevettes pailletées » : pour le pire et le meilleur (et 6 films à l’affiche)

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    IMG_6369.jpgInspiré de la véritable équipe de water-polo gay dont est membre le co-réalisateur Cédric Le Gallo, le film a pour ambition, selon ses deux metteurs en scène, de défendre les valeurs de liberté, de droit à la différence et à l’outrance et de faire triompher la légèreté sur la gravité de la vie. Pas étonnant par conséquent que « Les Crevettes pailletées » partent dans tous les sens, pour le pire et le meilleur.

    Commençons par le pire. Les clichés sur les gays sont légions, mais aussi sur les lesbiennes : le match entre « Les Crevettes pailletées » et « Les Déménageuses » est de mauvais goût. Certains gags sont exploités jusqu’à ne plus avoir envie de rire du tout, à l’image de celui du tatouage de l’anus qui finit par être vulgaire ou encore de l’interminable scène de débauche à la piscine. Quant au niveau des acteurs, il est loin d’être homogène. L’impression qu’ils sont en roue libre et donc pas ou peu dirigés par les réalisateurs domine. Enfin, le scénario, à l’exception de la fin, est cousu de fil blanc et fait beaucoup référence à « Priscilla, folle du désert » ou encore au « Grand Bain ».

    Passons à présent au meilleur. « Les Crevettes pailletées » est une comédie et, à ce titre, des personnages poussés jusqu’à la caricature, ça n’a rien de surprenant et ça peut faire rire. Et tel est bien le cas, surtout dans la première partie, mais avec les réserves émises plus haut sur l’accumulation exagérée des clichés. Mais, heureusement, plus le film avance et plus le côté attachant et touchant des personnages et leur droit à la différence est mis en avant. On sourit alors plus qu’on rit et on est même ému dans une scène finale inattendue qui trouve le bon équilibre pour mettre en avant les valeurs que les réalisateurs souhaitaient défendre.  

    En conclusion, un film qui est constamment à la limite de la sortie de route, voilà qui est bien normal pour un road-movie, mais qui l’évite le plus souvent grâce à ses personnages certes trop caricaturaux, mais également attachants et touchants. (2.5 étoiles)

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  • « Nous finirons ensemble » : les illusions perdues (et 6 films à l’affiche)

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    IMG_6362.jpgAller voir la suite d’un film qu’on a aimé a de grandes chances de décevoir. Il est rare, en effet, que le second volet soit à la hauteur du premier. Et dans ce cas précis, on se demande comment vont se passer les retrouvailles, huit ans plus tard, avec les potes de Max, le toujours aussi excellent François Cluzet.

    Déprimé, Max tente de se ressourcer dans sa maison au bord de mer avec sa nouvelle compagne. Sa bande d’amis, qu’il n’a pas vu depuis plus de trois ans, débarque pour lui faire une surprise à l’occasion de son soixantième anniversaire. Et le moins que l’on puisse écrire est que l’accueil est glacial. Les relations et les situations des uns et des autres ont bien changé au cours de ces dernières années et il n’est plus question pour Max de faire semblant. Il est donc temps de se dire ses quatre vérités et de voir si après cela il est encore possible de finir ensemble.

    A la lecture de ce synopsis, on aura compris que le ton est plus grave dans cette suite. Guillaume Canet a voulu que « Nous finirons ensemble » soit plus cynique. Le réalisateur fait un état des lieux plutôt morose, une partie des potes de la bande ayant perdu leurs illusions. Mais ce n’est pas pour autant que le film est déprimant.

    En effet, on rit souvent, mais un peu plus jaune, et on est touché par « ces personnages imparfaits, enfermés dans leurs problèmes », selon la définition de Guillaume Canet, qui vont malgré tout essayer de surmonter tous ensemble les blessures du passé. Evidemment, c’est sans doute plus facile de le faire dans un endroit idyllique et quand l’argent n’est pas un problème aussi important qu’il en a l’air, faiblesse certaine d’un scénario qui évacue un peu facilement cette problématique.

    En résumé, si on retrouve dans cette suite une bonne partie des ingrédients qui ont fait le succès des « Petits mouchoirs », il est à ce propos nettement préférable d’avoir bien en tête le premier volet pour mieux apprécier certaines situations, certains regards, certains gestes, ils sont plutôt intelligemment recyclés. Certes, tout n’est pas parfait, notamment l’apparition du personnage joué par José Garcia qui n’apporte pas grand-chose à l’histoire et une fin un peu trop facile, mais il n’en demeure pas moins que l’on passe un bon moment. (3 étoiles) 

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  • « L’Adieu à la nuit » : sujet complexe abordé avec sensibilité (et 5 films à l’affiche)

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    IMG_6344.jpgRetrouvant pour la huitième fois Catherine Deneuve derrière sa caméra, André Téchiné met en scène Muriel et son petit-fils Alex qui vient passer quelques jours chez elle avant de partir vivre au Canada. Mais la grand-mère réalise assez rapidement qu’Alex lui ment et qu’il a un autre projet qui n’a rien à voir avec un départ à Montréal. Bouleversée par sa découverte, elle se met alors en tête de le sauver malgré lui.

    André Téchiné s’est inspiré du livre de David Thomson « Les Français jihadistes », recueil d’entretiens très bruts de jeunes Français partis en Syrie faire le jihad, pour donner vie aux personnages d’Alex, de Lila ou encore de Bilal. Il y a ajouté le regard d’une personne d’une autre génération pour mettre cette problématique, ô combien complexe, en perspective.

    Et c’est bien le regard que porte la grand-mère sur son petit-fils et ses agissements qui donne tout son intérêt au film dans une seconde partie passionnante. On n’en dira pas autant de la première qui manque de rythme et ne donne pas assez de profondeur au personnage d’Alex, ses motivations étant plus suggérées que développées, le spectateur devant se contenter des quelques indices qui lui sont donnés.

    Mais ce défaut prend moins d’importance dès que le scénario se concentre plus particulièrement sur la grand-mère (excellente Catherine Deneuve) et ce qu’elle va essayer de faire pour ramener son petit-fils à la raison, quitte à la perdre elle-même. Au final, « L’Adieu à la nuit » aborde avec sensibilité un sujet difficile et renvoie à chacun la question suivante : qu’aurais-je fait à sa place ? (3 étoiles)   

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  • « Avengers : Endgame » : « best of » héroïque (et 6 films à l’affiche)

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    IMG_6004.jpgPeu emballé par « Avengers : Infinity War » (1), je suis pourtant allé voir la suite et fin « Avengers : Endgame ». Masochisme ? Et ce d’autant plus quand on sait que le film dure…3 heures ? Plus simplement curiosité en me disant que ça pouvait difficilement moins me plaire que l’épisode précédent. Pari gagné, car le 22ème et dernier film de la saga Marvel (on a peine à y croire…) retrouve ce qui lui manquait cruellement dans l’opus précédent : sa dimension humaine.

    Rappelons qu’à la fin de « Avengers : Infinity War », le terrifiant Thanos avait anéanti la moitié de l’univers et donc 50% des Avengers. Celles et ceux qui ont survécu (Iron Man, Ant Man, Captain America, Thor, Hulk, Black Widow pour n’en citer que quelques-uns) cherchent alors une solution pour voyager dans le temps et tenter d’annuler le claquement de doigt de Thanos, qui a conduit à la disparition de la moitié de l’humanité, en récupérant les Pierres de l’Infini. Une mission ardue même pour nos superhéros qui ne sortiront pas tous indemnes de cette ultime aventure.

    Le film comporte trois parties et un épilogue. La première se concentre sur le deuil des Avengers qui ont survécu et qui tentent de réagir. Elle est un peu longue, mais parfois touchante et drôle, la palme revenant à Thor devenu l’ombre de lui-même. La deuxième partie est consacrée au voyage dans le temps. Cette remontée dans le passé permet des rencontres inattendues plutôt réussies et tient la route du point de vue du scénario malgré la multiplication des lieux où se déroule l’action. Le rythme est soutenu.

    Quant à la troisième partie, elle fait feu de tout bois avec un déluge d’excellents effets spéciaux et de superhéros et d’omniprésentes superhéroïnes. Hélas, le combat, comme c’est trop souvent le cas dans ce genre de film, s’éternise à force de vouloir en mettre plein la figure au spectateur et sa conclusion est tirée par les cheveux. Mais reconnaissons toutefois que l’issue de la bataille n’est pas forcément celle qu’on attendait. Elle débouche sur un épilogue qui laisse la place à la nostalgie pour celles et ceux qui ont suivi de près, ou en tout cas de pas trop loin, au cours de ces dix dernières années les superhéros de l’Univers Cinématographique Marvel.

    Un dernier épisode en forme de « best of » qui n’est pas sans défaut, mais qui se laisse voir avec un certain plaisir. (3 étoiles)

    (1) http://independance.blog.tdg.ch/archive/2018/05/10/avengers-infinity-war-une-surenchere-qui-paye-292035.html

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