Cinéma - Page 5

  • « Ni une ni deux » : superficiel et léger (et 7 films à l’affiche)

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    IMG_6637.jpgIl y a des films que l’on prend plaisir à regarder tout en se disant après coup que, finalement, en exerçant son œil critique, il y a de quoi (mé)dire. « Ni une ni deux » fait partie de cette catégorie de films calibrés pour le dimanche soir sur TF1 qui, d’ailleurs, le co-produit.

    Suite à une allergie consécutive à une opération de chirurgie esthétique, une comédienne célèbre fait appel à un sosie pour la remplacer sur son prochain tournage qui est censé relancer sa carrière sur le déclin. Mis à part leur physique identique, tout oppose ces deux femmes au caractère et à la trajectoire de vie très différente qui vont devoir se fréquenter et finalement découvrir la vérité sur leur passé.

    Le « suspense » sur cette vérité n’est pas le moteur du film puisque le spectateur est rapidement mis dans la confidence, au contraire de la comédienne qui ne veut pas voir ce qui saute aux yeux. C’est la manière dont cette vérité va être petit à petit mise à nu qui est au centre de « Ni une ni deux ».

    Et il faut bien reconnaître que malgré un scénario le plus souvent très prévisible, on se prend au jeu pour une seule et unique raison : l’excellente double performance d’actrice de Mathilde Seigner à la fois drôle, touchante, vulnérable, tendre et exécrable. Elle tient à elle toute seule sur ses épaules un film qui égratigne un univers cinématographique où la superficialité règne en maître. Et ce n’est pas le moindre des paradoxes que de constater que « Ni une ni deux » renforce cette image, car s’il n’est pas désagréable à voir, il n’est pas indispensable. (2 étoiles)

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  • « Rocketman » met le feu (et 7 films à l’affiche)

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    IMG_6535.jpgLargement inspiré de la vie d’Elton John, producteur par ailleurs du film, « Rocketman » est selon son réalisateur Dexter Fletcher « une œuvre explosive, une course-poursuite imaginaire résolument loufoque et transgressive, qui oscillerait entre fête et tragédie. » Logiquement, le film ne raconte pas avec exactitude la vie du chanteur, brouille les frontières entre fiction et réalité et ne respecte pas l’ordre chronologique des chansons utilisant leurs paroles en fonction des événements qui s’y déroulent.

    Mais « Rocketman » ne part pas pour autant dans tous les sens, avec comme fil rouge une réunion des alcooliques anonymes qui lui permet petit à petit de se dévoiler et de retirer, pièce par pièce, le costume flamboyant qu’il porte, symbolisant la mise à nu qui va lui permettre de se retrouver. Le film est donc un long flashback ponctué par de brefs retours à la réunion des alcooliques anonymes qui sont des arrêts sur image à des moments-clé de la vie de Reginald Dwight, jeune pianiste prodige timide à l’enfance compliquée, devenu une superstar mondiale.

    Le film raconte l’histoire de cette ascension très rapide, à l’image de la fusée du titre, mais également les épisodes plutôt tristes de son enfance, sa très belle amitié avec son parolier, sa difficulté à vivre son homosexualité, ses amours contrariées, l’addiction à la drogue et à l’alcool et bien évidemment son génie musical qui est intelligemment mis en avant dans le film avec des scènes où Elton John fait le show et d’autres beaucoup plus intimistes et émouvantes.

    Cette réussite est due à une mise en scène qui ne laisse rien au hasard, la séquence de Saturday Night’s Alright for Fighting, digne des meilleures comédies musicales, a nécessité 12 semaines de travail et a été filmée en une seule prise, et à un formidable Taron Egerton qui crève l’écran dans le rôle d’Elton John aussi bien quand il joue que quand il chante. Le comédien s’est entraîné au chant et au piano pendant cinq mois et le résultat est bluffant.

    Mis à part quelques petites longueurs dans la seconde partie lors de la descente aux enfers de la star, « Rocketman » est un film qui met le feu tout en laissant une large place à l’émotion. Une réussite dans le genre. (4 étoiles)

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  • « Douleur et Gloire » : douloureux, puis glorieux (et 7 films à l’affiche)

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    IMG_6492.jpgFilm dont la fiction s’entremêle avec la réalité, l’appartement est une reproduction de celui d’Almodovar et Antonio Banderas était coiffé comme le réalisateur et portait ses vêtements, « Douleur et Gloire » s’inspire donc largement de la vie du cinéaste. Et c’est à la fois émouvant, ennuyeux, voire agaçant.

    C’est tout particulièrement le cas dans une première partie bavarde, égocentrique et qui met exagérément en avant le mal être du réalisateur Salvador Mallo (Antonio Banderas, excellent). Mais, heureusement, pour passer le cap de cette entrée en matière un peu pénible, il y a dès le début les lumineux flashbacks de l’enfance de Salvador avec une Penélope Cruz très convaincante. Et puis, au milieu du film surviennent l’une à la suite de l’autre deux longues scènes absolument bouleversantes et qui valent à elles toutes seules la peine d’aller voir « Douleur et Gloire ».

    La première met en scène, au sens propre et figuré, Alberto, un acteur avec lequel Salvador s’est brouillé il y a plus de trente ans. Il joue au théâtre un texte écrit par Salvador que ce dernier lui a donné en gage de réconciliation. Il s’intitule « Addictions » et parle bien évidemment de lui, et notamment de sa dépendance aux médicaments, voire à la drogue, omniprésente dans le film, un peu trop à vrai dire. L’émotion qui se dégage de ce monologue est d’une grande intensité et se poursuit avec la scène suivante où il est question des retrouvailles entre Salvador et son amant que la pièce évoque. Là également, un très beau moment de cinéma, tout en tendresse.

    Tendresse qui prend alors résolument le pas sur la déprime ambiante de la première partie du film et qui conduit, grâce notamment à un dernier flashback très réussi sur l’enfance de Salvador, à une belle fin. Au final, le dernier Almodovar est à l’image de son titre : douloureux en son début et de plus en plus glorieux au fur et à mesure que l’action avance. (3 étoiles)

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  • « Les Crevettes pailletées » : pour le pire et le meilleur (et 6 films à l’affiche)

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    IMG_6369.jpgInspiré de la véritable équipe de water-polo gay dont est membre le co-réalisateur Cédric Le Gallo, le film a pour ambition, selon ses deux metteurs en scène, de défendre les valeurs de liberté, de droit à la différence et à l’outrance et de faire triompher la légèreté sur la gravité de la vie. Pas étonnant par conséquent que « Les Crevettes pailletées » partent dans tous les sens, pour le pire et le meilleur.

    Commençons par le pire. Les clichés sur les gays sont légions, mais aussi sur les lesbiennes : le match entre « Les Crevettes pailletées » et « Les Déménageuses » est de mauvais goût. Certains gags sont exploités jusqu’à ne plus avoir envie de rire du tout, à l’image de celui du tatouage de l’anus qui finit par être vulgaire ou encore de l’interminable scène de débauche à la piscine. Quant au niveau des acteurs, il est loin d’être homogène. L’impression qu’ils sont en roue libre et donc pas ou peu dirigés par les réalisateurs domine. Enfin, le scénario, à l’exception de la fin, est cousu de fil blanc et fait beaucoup référence à « Priscilla, folle du désert » ou encore au « Grand Bain ».

    Passons à présent au meilleur. « Les Crevettes pailletées » est une comédie et, à ce titre, des personnages poussés jusqu’à la caricature, ça n’a rien de surprenant et ça peut faire rire. Et tel est bien le cas, surtout dans la première partie, mais avec les réserves émises plus haut sur l’accumulation exagérée des clichés. Mais, heureusement, plus le film avance et plus le côté attachant et touchant des personnages et leur droit à la différence est mis en avant. On sourit alors plus qu’on rit et on est même ému dans une scène finale inattendue qui trouve le bon équilibre pour mettre en avant les valeurs que les réalisateurs souhaitaient défendre.  

    En conclusion, un film qui est constamment à la limite de la sortie de route, voilà qui est bien normal pour un road-movie, mais qui l’évite le plus souvent grâce à ses personnages certes trop caricaturaux, mais également attachants et touchants. (2.5 étoiles)

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  • « Nous finirons ensemble » : les illusions perdues (et 6 films à l’affiche)

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    IMG_6362.jpgAller voir la suite d’un film qu’on a aimé a de grandes chances de décevoir. Il est rare, en effet, que le second volet soit à la hauteur du premier. Et dans ce cas précis, on se demande comment vont se passer les retrouvailles, huit ans plus tard, avec les potes de Max, le toujours aussi excellent François Cluzet.

    Déprimé, Max tente de se ressourcer dans sa maison au bord de mer avec sa nouvelle compagne. Sa bande d’amis, qu’il n’a pas vu depuis plus de trois ans, débarque pour lui faire une surprise à l’occasion de son soixantième anniversaire. Et le moins que l’on puisse écrire est que l’accueil est glacial. Les relations et les situations des uns et des autres ont bien changé au cours de ces dernières années et il n’est plus question pour Max de faire semblant. Il est donc temps de se dire ses quatre vérités et de voir si après cela il est encore possible de finir ensemble.

    A la lecture de ce synopsis, on aura compris que le ton est plus grave dans cette suite. Guillaume Canet a voulu que « Nous finirons ensemble » soit plus cynique. Le réalisateur fait un état des lieux plutôt morose, une partie des potes de la bande ayant perdu leurs illusions. Mais ce n’est pas pour autant que le film est déprimant.

    En effet, on rit souvent, mais un peu plus jaune, et on est touché par « ces personnages imparfaits, enfermés dans leurs problèmes », selon la définition de Guillaume Canet, qui vont malgré tout essayer de surmonter tous ensemble les blessures du passé. Evidemment, c’est sans doute plus facile de le faire dans un endroit idyllique et quand l’argent n’est pas un problème aussi important qu’il en a l’air, faiblesse certaine d’un scénario qui évacue un peu facilement cette problématique.

    En résumé, si on retrouve dans cette suite une bonne partie des ingrédients qui ont fait le succès des « Petits mouchoirs », il est à ce propos nettement préférable d’avoir bien en tête le premier volet pour mieux apprécier certaines situations, certains regards, certains gestes, ils sont plutôt intelligemment recyclés. Certes, tout n’est pas parfait, notamment l’apparition du personnage joué par José Garcia qui n’apporte pas grand-chose à l’histoire et une fin un peu trop facile, mais il n’en demeure pas moins que l’on passe un bon moment. (3 étoiles) 

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