31/05/2018

« Plaire, aimer et courir vite» : en-dessous des attentes

IMG_2587.jpg1993. Arthur, étudiant à Rennes, a 22 ans. L’insouciance de sa jeunesse va en prendre un coup lorsqu’il va rencontrer Jacques, un écrivain parisien de quinze ans son aîné. Ils vont se plaire et s’aimer l’espace d’un été, car le temps est compté pour Jacques.

Christophe Honoré, le réalisateur, a voulu filmer un premier amour et un dernier amour en conjuguant deux sentiments contradictoires que sont l’élan et le renoncement. Cette volonté est très perceptible dans le film avec comme conséquence des accélérations suivies d’autant de coups de frein, à l’image des montagnes russes.

C’est déroutant et dès lors difficile d’être dans le film du début à la fin avec des scènes qui sont magnifiques, puis d’autres où la pertinence et la crédibilité laissent à désirer. Les scènes de sexe, comme celles de drague d’ailleurs, sonnent faux, ce qui n’est heureusement pas le cas de celles qui font preuve simplement d’intimité et qui sont le plus souvent très réussies.

Il y a également des longueurs – d’où vient cette manie de faire trop souvent des films qui font plus de deux heures alors que tout pourrait être dit en 1h45 ? – et c’est par moment très bavard avec des dialogues qui ont leur place dans un livre, mais pas dans un film.

Sur le fil du rasoir, comme le personnage de Jacques, le film frise régulièrement l’ennui sans toutefois vraiment y parvenir grâce avant tout au jeu des acteurs. Pierre Deladonchamps est une fois de plus excellent dans son rôle de condamné et Vincent Lacoste apporte un peu d’émotion à un film qui, hélas, en manque, ce qui est ennuyeux pour une histoire d’amour qui se déroule au moment où le sida fait encore des ravages. Quant à Denis Podalydès, il est formidablement touchant dans le rôle du meilleur ami de Jacques.

Au final, et malgré des qualités indéniables, « Plaire, aimer et courir vite » ne répond pas aux attentes que les critiques excellentes avaient suscitées. (2 étoiles)

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26/05/2018

« Everybody knows» : un sentiment de déception

IMG_2562.jpgFilm d’ouverture du Festival de Cannes, difficile de trouver mieux pour lancer la compétition que le couple star Penélope Cruz – Javier Bardem, « Everybody knows » emprunte les codes du thriller psychologique pour mettre en scène un secret familial, pas si secret que ça d’ailleurs, d’où le titre du film, qui va éclater au grand jour à l’occasion d’un mariage.

L’action de situe en Espagne dans un village où tout se sait, mais sans forcément se dire. C’est sur ce principe de réalité qu’ « Everybody knows » est construit, ce qui permet au scénario de jouer sur les sentiments, souvent contradictoires, entre les (trop) nombreux personnages, mais aussi d’y inclure des rebondissements. Pas très original. Ce ne serait pas très grave si ces derniers donnaient un rythme soutenu à l’action et qu’ils étaient un tant soit peu crédibles.

Or, force est de constater que le film a des longueurs. Elles sont dues au fait que l’action manque par moment de clarté et de crédibilité et qu’il n’est pas toujours facile de savoir où le réalisateur veut en venir. Le dénouement dans la précipitation de l’intrigue et une fin bâclée en sont d’ailleurs la parfaite illustration.

Ceci étant dit, la mise en scène est réussie, la photographie magnifique et la distribution est excellente avec une mention toute particulière pour Javier Bardem qui crève l’écran. C’est déjà pas si mal, mais tout de même insuffisant pour effacer le sentiment de déception qui domine. (2 étoiles)

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21/05/2018

« En guerre» : poignant et criant de vérité

IMG_2542.jpg« Je ne me fais le porte-parole d’aucun parti ni d’aucun syndicat, je fais simplement le constat d’un système objectivement cohérent d’un point de vue boursier, mais tout aussi objectivement incohérent d’un point de vue humain. Et ce sont ces deux points de vue que le film oppose. »

Voilà le décor de « En guerre » parfaitement planté par son réalisateur Stéphane Brizé qui après l’excellent « La Loi du marché » met à nouveau en scène le remarquable Vincent Lindon dans un film qui voit s’affronter, dans tous les sens du terme, la dimension humaine et la dimension économique au moment de l’annonce de la fermeture d’une usine, pourtant rentable. Les 1100 salariés refusent cette décision d’autant plus brutale qu’elle a été précédée par de lourds sacrifices financiers de la part des employés et un bénéfice record de leur entreprise. Ils vont alors tout tenter pour sauver leur emploi.

C’est cette lutte que raconte « En guerre » dans un film coup de poing où les scènes de négociation, si on peut les appeler comme ça, les désaccords entre grévistes et les coups d’éclat se succèdent à un rythme soutenu avec une tension, soulignée par une musique énergique, qui va crescendo jusqu’à une fin d’une radicalité extrême. C’est poignant et criant de vérité du début à la fin grâce à une manière de tourner qui donne l’impression que tout se passe en direct alors que tout est écrit et préparé dans les moindres détails.

Le scénario et les dialogues sont d’une grande précision, rien n’échappe à la caméra - pour certaines scènes il y avait jusqu’à trois caméras qui tournaient en même temps - et les acteurs non-professionnels, à part Vincent Lindon évidemment, ajoutent à cette sensation de réalité. A ce propos, Stéphane Brizé précise que les comédiens non-professionnels « apportent une vérité au verbe que je leur donne à dire, la vérité de leur vécu. Et ça, c’est colossal. » Et ça crève l’écran, peut-on ajouter.

Un film à ne pas manquer pour celles et ceux qui aiment la politique dans le sens étymologique du terme, à savoir le cadre général dans lequel une population est gérée par ses dirigeants. (5 étoiles)

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15/05/2018

« Place Publique» : un peu trop sage

IMG_2494.jpgUn film d’Agnès Jaoui et de Jean-Pierre Bacri, elle à la mise en scène, et les deux devant la caméra au milieu d’un casting cinq étoiles, ça donne forcément envie aux amateurs de comédies caustiques d’aller le voir.

Castro, autrefois célèbre, est un animateur sur le déclin. Son émission est en perte de vitesse et son remplacement par quelqu’un de plus jeune paraît inéluctable. C’est dans ce contexte qu’il se rend à la pendaison de crémaillère de sa productrice, et amie de longue date, qui a emménagé dans une magnifique demeure près de Paris. Il va y retrouver son ex-femme, sa fille et plein d’autres invités qui ne vont pas l’épargner au cours de cette soirée où bien des coups bas seront donnés.

Pour qu’une comédie chorale comme « Place Publique » fonctionne à plein, il faut qu’elle soit bien écrite, bien jouée et que, malgré le fait qu’elle soit statique, l’action ne tourne pas en rond. Pour ce qui est des deux premiers pré requis, aucun problème. Le mépris social, le culte du jeunisme, la chasse aux selfies avec des « vedettes », la critique des réseaux sociaux et du parisianisme font mouche grâce à des dialogues le plus souvent percutants et des situations où l’on rit parfois de bon cœur, mais parfois aussi jaune.

Quant aux acteurs, ils sont excellents. Jean-Pierre Bacri est finalement plus touchant que drôle dans son rôle d’animateur vieillissant qui tente de se protéger en faisant preuve d’un cynisme, mais qui est loin de toujours y parvenir. Reste donc l’action qui tourne en rond et réserve par conséquent peu de surprises : Jaoui/Bacri font du Jaoui/Bacri. C’est suffisant pour passer un bon moment, et c’est déjà pas mal, mais on aurait souhaité plus de folie (3 étoiles).

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10/05/2018

« Avengers : Infinity War » : une surenchère qui paye

IMG_2482.jpg24 super-héros dans le même film, de quoi réjouir les amateurs du genre qui ne manquent pas d’ailleurs de se précipiter dans les salles où le film fait un véritable tabac un peu partout dans le monde. Cette surenchère dans le super-héroïsme paye donc, au sens propre et figuré, et les fans sont globalement très enthousiastes et en redemandent.

A tel point que l’on se sent un peu seul quand on a trouvé le film longuet (2h20), peu intéressant – le scénario se résumant en une phrase, à savoir que Thanos veut récupérer les six pierres de l’infinité pour les mettre sur son gant et ainsi tuer la moitié de l’univers – et répétitif avec des scènes de combat qui succèdent à d’autres scènes de combat avec plus ou moins de super-héros, le tout dans des décors essentiellement de science-fiction rendant quasi absente la dimension humaine qui est pourtant habituellement un point fort des Avengers.

Alors bien sûr, les effets spéciaux sont impressionnants, mais ce n’est pas une surprise pour ce genre de film, il y a des touches d’humour bienvenues qui permettent de reposer ses oreilles entre deux scènes de combat et le méchant Thanos est le personnage le plus crédible de tous donnant le ton à un film finalement très sombre dont la fin laisse augurer bien évidemment une suite. On ne saurait tuer la poule aux œufs d’or du super-héroïsme ! (2 étoiles).

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