Cinéma - Page 6

  • « Mauvaises herbes » : un « chouette » moment (et 8 autres films à l’affiche)

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    IMG_4890.jpgDeuxième long métrage de et avec Kheiron après « Nous deux ou rien », succès surprise de 2015, « Mauvaises herbes » reprend la recette de son premier film autobiographique, mais en l’allégeant et c’est une bonne surprise. Certes, les bons sentiments sont toujours bel et bien présents, mais de façon plus subtile. C’est sans doute parce que cette fois le film est « seulement » inspiré de faits réels, à commencer par l’expérience de Kheiron en tant qu’éducateur.

    Waël vit en dans la banlieue parisienne et survit grâce à des arnaques qu’il réalise avec Monique, une femme d’un certain âge qui le considère visiblement comme son fils. Un jour, une arnaque se retourne contre eux, ce qui va les conduire à devenir bénévoles, Monique comme secrétaire et Waël comme éducateur, dans un centre pour ados exclus du système scolaire.

    Pas besoin d’être grand clerc pour deviner ce qu’il adviendra de la suite de l’histoire entrecoupée par des flashbacks qui s’intègrent plutôt bien dans la narration. Ils permettent petit à petit de découvrir ce qui unit aussi fortement Waël et Monique. Si le scénario ne brille donc pas par son originalité, il faut toutefois reconnaître au film une grande qualité : on passe un « chouette » moment. Les personnages sont attachants, il y a de l’humour, du rythme et de l’émotion, mais sans exagération contrairement à « Nous deux ou trois ».

    Et puis le film peut compter sur d’excellents acteurs, à commencer par la bande d’ados très convaincante, un Kheiron touchant et puis une Catherine Deneuve qui, à 75 ans, n’en finit par de surprendre dans un rôle jubilatoire de vieille dame indigne, quoique. Au final, « Mauvaises herbes » a un côté maladroit et parfois facile, mais qui est largement compensé par sa bienveillance et son optimisme, en un mot son humanisme. Un film qui fait du bien. (3 étoiles)

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  • « Amanda » : tout en douceur (et 7 autres films à l’affiche)

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    IMG_4875.jpgSuite au décès brutal de sa sœur dont il est très proche, David, 24 ans, se retrouve en charge de sa nièce de 7 ans, car mis à part une grand-tante vieillissante, la petite Amanda ne peut compter que sur son oncle. Ce dernier sera-t-il capable non seulement de faire face à ce défi de devenir « père » malgré lui, mais aussi de surmonter et de faire surmonter à sa nièce la perte de l’être cher ?

    « Amanda » est un film sur la construction et la reconstruction. Construction d’une relation entre un jeune adulte qui se cherche encore et une enfant qui voit son monde s’écrouler en une nuit, et reconstruction après un deuil d’une grande brutalité. La relation entre Amanda et David est donc au cœur du film. Il est dès lors essentiel qu’elle fonctionne à l’écran.

    Tel est bien le cas grâce à Isaure Multrier qui joue, selon le vœu du réalisateur Mikhaël Hers, une Amanda « très juvénile et poupon, mais avec un petit côté adulte ». Et bien sûr grâce à Vincent Lacoste à qui le réalisateur a confié le rôle car « son visage, sa façon de parler, sa douceur, sa grâce, sa beauté un peu gauche » étaient d’indéniables atouts pour jouer David et on ne peut que lui donner raison. Son jeu est d’une grande finesse aussi bien dans les rires – le sujet grave d’ « Amanda » n’empêche pas le film d’avoir de nombreux moments plus légers à l’image de la vie – que dans les larmes.

    Malgré quelques petites longueurs par-ci, par-là et une fin un peu trop démonstrative, « Amanda » est un film plein de douceur, de bienveillance, de justesse et de délicatesse. En un mot, émouvant. (4 étoiles)

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  • « Le Jeu » : dérapage (presque) incontrôlé (et 7 autres films à l’affiche)

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    LIMG_4869.jpge temps d’un dîner, des amis décident de jouer à un jeu qui consiste à poser son téléphone portable au milieu de la table. A chaque fois qu’une notification sera envoyée, le message devra être partagé avec les autres. Un jeu qui va se révéler très dangereux pour les participants et virer petit à petit à un jeu de massacre.

    Après un démarrage un peu lent avec l’arrivée échelonnée des invités, le film prend son rythme de croisière quand il est l’heure de passer à table. Il s’emballe quand le jeu commence. Il y a du rythme, de l’action, c’est drôle et l’on se réjouit à l’avance de la catastrophe qui ne va pas manquer d’arriver avec les premiers messages. Et l’on n’est pas déçu. Le rire devient alors jaune, c’est grinçant à souhait, un régal. Les acteurs sont excellents avec une mention spéciale à Gregory Gadebois, le seul célibataire présumé de la bande, et Suzanne Clément, géniale dans ses excès.

    « Le Jeu » part du principe que les invités ont tous des choses à se reprocher et/ou à cacher et…les spectateurs dans la salle également. Ils en sont du coup également les acteurs et se demandent forcément au fur et à mesure que le jeu dérape si toute vérité est bonne à dire…Le film, et sa fin décevante en forme de pirouette, se garde d’ailleurs bien de prendre position en rattrapant in extremis ses personnages au bord du gouffre. Dommage que le dérapage ne soit pas incontrôlé jusqu’au bout. (3 étoiles).

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  • « Les Chatouilles » : bouleversant, mais jamais pesant (et 6 autres films à l’affiche)

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    IMG_4843.jpgJe n’avais pas vraiment envie d’aller voir un film qui parle de pédophilie, trop dur. Et puis, en m’informant, j’ai cru comprendre que « Les Chatouilles » était aussi un film sur la reconstruction de soi-même après avoir subi un tel traumatisme dans son enfance. Je me suis donc décidé à y aller et je ne l’ai pas regretté, que d’émotions !

    Adapté de la pièce d’Andréa Bescond et d’Eric Métayer, qui sont passés pour la première fois à la réalisation, « Les Chatouilles » raconte l’histoire d’Odette basée sur la vie d’Andréa Bescond qui tient le rôle principal dans le film. Abusée dans son enfance par un ami très proche de ses parents, Odette décide une fois devenue adulte d’aller déposer ce fardeau qui l’empêche d’avancer dans la vie auprès d’une psychologue. En libérant la parole, elle va recoller les morceaux de son puzzle intérieur qui a explosé lors de son enfance en raison des agressions sexuelles qu’elle a connues.

    Cette reconstruction de longue haleine prend différentes formes, à l’image des morceaux du puzzle, dans le film : des flashbacks, des souvenirs imaginaires, des entretiens avec la psychologue et la réalité de la vie d’adulte d’Odette. Le tout est incroyablement vivant. Le spectateur passe régulièrement des rires aux larmes, de la joie à la haine ou encore de la compréhension à l’incompréhension, à l’instar de l’état psychologique d’Odette. Les ruptures sont parfois surprenantes, mais l’ascenseur émotionnel n’en souffre jamais. Un véritable exploit pour un film qui part dans tous les sens, mais seulement en apparence, tant son propos est cohérent.

    Pour qu’un film sur un sujet aussi délicat puisse emporter l’adhésion, il est indispensable d’avoir une distribution à la hauteur. Et tel est bien le cas. Andréa Bescond étale avec brio toute la palette de ses sentiments, Karin Viard est remarquable dans le rôle de cette mère qui ne comprend pas sa fille, Clovis Cornillac est touchant dans celui du père qui n’a rien vu venir et enfin Pierre Deladonchamps joue tout en finesse un pédophile à qui l’on donnerait le bon Dieu sans confession. Au final, un film bouleversant, mais jamais pesant, et porteur d’espoir. Magnifique. (5 étoiles)

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  • « Mario » : footballeur et homo, un but impossible ?

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    IMG_4506.jpgQuand Marcel Gisler, le réalisateur suisse de « Mario », découvre qu’il n’existe pas de film sur une histoire d’amour dans le milieu du football professionnel, il trouve cela « intriguant, et surtout incompréhensible, que l’homosexualité dans le football soit encore une tabou aujourd’hui. Dans beaucoup d’autres milieux ce problème n’existe plus, du moins dans les pays démocratiques occidentaux. » Il décide alors de se servir de cet interdit pour raconter une histoire d’amour entre deux footballeurs.

    Mario, footballeur prometteur qui a toutes les chances de devenir professionnel la saison suivante, et Léon, nouveau venu dans l’équipe et tout aussi talentueux, tombent amoureux l’un de l’autre. Conscients que leur idylle doit rester secrète s’ils ne veulent pas compromettre leur future carrière, Mario et Léon sont, malgré leurs précautions, rapidement les victimes de rumeur et d’allusions homophobes de la part de leurs coéquipiers. Confrontés à cette situation qui pourrait rapidement ruiner leurs espoirs de devenir des joueurs professionnels, les approches de Mario et Léon vont être très différentes et leur relation va sérieusement en souffrir.

    « Mario » est un film avec bien des qualités, mais aussi quelques défauts. Concernant ces derniers, on relèvera une longueur excessive (plus de deux heures), et logiquement par moment un manque de rythme, et une intrigue trop convenue, trop linéaire. On aurait aussi souhaité un meilleur équilibre entre les deux héros du film, les états d’âme de Mario et son parcours prenant largement le pas sur ceux de Léon.

    Ceci étant dit, il est à noter que toutes les scènes en lien direct avec le football (vestiaires, entraînements, matchs), tournées pour la plupart au Stade de Suisse à Berne qui accueille le champion de suisse Young Boys, sont très réussies. Elles rendent bien compte de l’ambiance « footballistique ». Il en est de même de celles qui se déroulent dans l’intimité de Mario et Léon grâce à deux très bons acteurs qui donnent toute sa crédibilité à cette histoire d’amour contrariée en raison de l’environnement dans lequel elle se déroule. Il y a également des seconds rôles intéressants, tout particulièrement ceux de la mère et de la meilleure amie de Mario. Au coup de sifflet final, un film pas totalement abouti, mais avec une belle sensibilité. (3 étoiles)

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