Cinéma - Page 8

  • Festival Everybody's Perfect: « Les initiés »

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    Les initiés.jpgSéances de rattrapage en cette fin de semaine, pour celles et ceux qui ne l'auraient pas vu ou souhaiteraient le revoir, pour le très beau film « Les initiés » dans le cadre du Festival du film LGBTIQ Everybody's Perfect.

    « Les initiés » se sont des jeunes gens d’Afrique du Sud d’une quinzaine d’années qui participent pendant plusieurs jours à un rite ancestral qui consiste, sous la supervision d’initiateurs qui sont passés par là avant eux, à se faire circoncire pour entrer dans le monde des hommes. C’est dans cette ambiance qui célèbre la virilité et le machisme qu’un des adolescents va comprendre que deux initiateurs vivent depuis de nombreuses années une histoire d’amour impossible en raison du contexte dans lequel elle se déroule.

    « Les initiés » est un film où tout d’abord la tension ne se relâche jamais avec une montée dramatique d’une formidable puissance qui laisse sans voix au moment de l’apparition du générique de fin. Cette tension est renforcée par le fait que le réalisateur, John Trengove dont c’est le premier film, a privilégié la caméra à l’épaule, ce qui permet au spectateur d’éprouver encore mieux ce que vivent les protagonistes du film. Ensuite, « Les initiés » est d’une grande beauté formelle : les images et la photographie sont superbes, un régal pour l’œil. Enfin, c’est un film d’une formidable sensibilité et admirablement interprété, casting de professionnels et d’amateurs, que les cinéphiles devraient apprécier.

    4 étoiles. « Les initiés ». Cinémas du Grütli, vendredi 19 octobre à 17h45 et dimanche 21 octobre à 21h30.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire 

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  • « Girl » : un beau film

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    IMG_4460.jpgCaméra d’Or à Cannes, prix qui récompense le meilleur premier film, « Girl » raconte l’histoire de Lara, 15 ans, qui rêve de devenir danseuse étoile. Mais il y a un obstacle de taille pour qu’elle y parvienne : elle est née dans un corps de garçon. Soutenue par sa famille et le corps médical, Lara aimerait que sa transition se fasse au plus vite, ce qui n’est pas possible. Prisonnière de ce corps qui ne lui ressemble pas, elle est prête à souffrir pour qu’il colle, au sens propre et figuré, à son identité de fille.

    C’est à la lecture d’un article relatant le parcours d’une jeune fille née dans un corps de garçon, mais convaincue d’être une fille que le réalisateur belge Lukas Dhont a eu envie d’écrire sur un personnage comme elle : quelqu’un de courageux, qui très jeune remettait en cause le lien qu’établit la société entre sexe et genre.

    Et il en faut en effet du courage pour affronter non seulement les autres, mais surtout soi-même en luttant avec ce corps dans lequel on ne se reconnait pas. C’est principalement sur cet aspect très personnel que se concentre le film, l’entourage de Lara, à part quelques copines, étant bienveillant et soutenant à son égard. A ce titre, la relation qu’entretiennent Lara et son père (Arieh Worthalter, formidable) est très touchante. Les scènes où ils sont présents tous les deux sont des grands moments d’émotion.

    De l’émotion, il y en a d’ailleurs tout au long du film grâce au formidable talent de Victor Polster, prix d’interprétation à Cannes dans la catégorie Un Certain Regard. Il exprime avec une justesse incroyable les tourments de Lara. Ils sont magnifiés par une caméra virtuose qui filme Lara au plus près, notamment dans les scènes de danse parfaitement maîtrisées, mais toutefois un peu trop répétitives, comme c’est le cas d’ailleurs pour d’autres scènes. Un petit défaut qui ne doit toutefois pas faire oublier que « Girl » est ce que l’on peut appeler « un beau film ». 4 étoiles.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • « Voyez comme on danse » : les pieds dans le tapis (et 9 films à l’affiche)

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    IMG_4381.jpg« Qui trop embrasse, mal étreint. » Voilà un titre tout trouvé pour cette suite lointaine du sympathique film de Michel Blanc de 2002 « Embrassez qui vous voudrez ». Autant le dire tout de suite, ce second opus est un ratage complet.

    Dans le genre caricatural, difficile de faire mieux ou pire, c’est selon. A tel point d’ailleurs que des acteurs, plutôt bons d’habitude, donnent dans la caricature d’eux-mêmes. C’est ainsi que, pour ne citer que les personnages principaux, Karine Viard est cantonnée dans son rôle habituel de gaffeuse, Jean-Paul Rouve dans celui de l’idiot de service, Michel Blanc dans celui de la gentille victime et Charlotte Rampling dans celui de la bourgeoise glaciale.

    Et pour donner un côté branché au film, il est question, notamment, de grossesse à 17 ans, de prostitution masculine, de couguar, d’évasion fiscale, de transidentité et bien évidemment de tromperie, le tout emballé dans des relations entre les différents personnages dont on se moque totalement tant elles sont artificielles.

    Alors, certes, quelques situations et des répliques assassines font sourire de temps à autre. De loin toutefois pas suffisant pour adoucir une déception qui est à la hauteur des fortes attentes que la bande-annonce avait suscitées. « Voyez comme on danse » s’est pris les pieds dans le tapis. (1 étoile)

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  • « A Star is born » : tout pour la musique (et 11 autres films à l’affiche)

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    IMG_4349.jpgCette nouvelle adaptation de ce drame musical, déjà porté à l’écran en 1937, 1954 et 1976, met en vedette la star américaine de la chanson Lady Gaga. Bien que cette dernière soit déjà apparue à plusieurs reprises sur le grand écran, c’est toutefois la première fois qu’elle tient le rôle principal. Elle s’en sort à vrai dire plutôt bien et ses fans, mais pas seulement, ne seront pas déçus par sa performance.

    Jackson Maine (Bradley Cooper dont c’est également le premier film en tant que réalisateur) est un chanteur et musicien renommé aux addictions nombreuses. Il entend un soir par hasard dans un bar Ally (Lady Gaga), chanteuse reléguée à l’anonymat malgré son indéniable talent d’interprète, mais également d’auteure-compositrice. Il tombe amoureux d’elle, et réciproquement, et va la propulser sur le devant de la scène en chantant en duo avec elle lors de ses concerts. Alors que le succès d’Ally est grandissant, Jackson a de son côté de plus en plus de peine à gérer ses démons intérieurs qui l’emmènent au bord du gouffre, malgré l’amour inconditionnel de celle qui est devenue sa femme.

    Le scénario n’est pas le point fort du film, tout particulièrement dans sa partie médiane où ça patine sec. Il suit le schéma hollywoodien bien connu de l’ascension d’une vedette qui a failli passer à côté de son formidable destin, mais qui grâce à la chance, son talent et sa pugnacité finit en haut de l’affiche. Rien donc de bien excitant de ce côté-ci. Mais, heureusement, la manière « d’habiller » cette trame sans grandes surprises est plutôt réussie, à commencer par l’aspect musical.

    C’est ainsi que toutes les performances musicales ont été enregistrées dans les conditions du direct. Toutes les séquences sur scène ont été filmées en adoptant le point de vue des interprètes et donc en évitant les plans larges des concerts depuis la foule. Un gros travail a également été fait sur le son pour que le passage des coulisses au centre de la scène se passe de façon imperceptible. Objectif atteint, le spectateur a vraiment l’impression d’être sur scène.

    Enfin, les chansons sont de qualité et les voix de Bradley Cooper - qui a passé 5 jours par semaine pendant 6 mois à apprendre à chanter, à jouer de la guitare et du piano - et de Lady Gaga se marient fort bien donnant même par moment des frissons. D’ailleurs, leur couple fonctionne fort bien à l’écran et est crédible, malgré les épreuves qu’il affronte. Les seconds rôles sont également à la hauteur. Au final, un film pas dénué de défauts, mais qui se laisse toutefois regarder et écouter avec un certain plaisir. (3 étoiles)

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  • « The Guilty » : un polar épatant (et 10 autres films à l'affiche)

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    IMG_4329.jpgFans de thriller, ne manquez pas d’aller voir « The Guilty » (l’anglais a l’avantage de ne pas donner d’indication sur le genre du coupable…), film danois d’une efficacité redoutable. Unité de temps, de lieu, quoique, et c’est là tout l’intérêt du polar, et d’action, « The Guilty » multiplie les fausses pistes. Il convie le spectateur à se faire son propre film en fonction des indices que l’excellent scénario distille au fur et à mesure que l’action progresse.

    Asger (remarquablement interprété par Jakob Cedergren) est un policier visiblement mal dans sa peau. Il a été déplacé au centre d’appels des urgences (le 112) de la police danoise où il répond de mauvaise grâce aux téléphones qu’il reçoit jusqu’au moment où il est mis en communication avec une femme (Jessica Dinnage dont la seule voix fait merveille) qui dit être victime d’un enlèvement. Son instinct de policier va alors reprendre le dessus et le conduire à mener l’enquête avec comme seules armes la représentation qu’il se fait de la situation et son téléphone.

    S’inspirant d’un véritable appel reçu au 112 par une femme kidnappée, le réalisateur Gustav Möller (30 ans) « a compris que chaque personne écoutant cet enregistrement verrait des images différentes. C’est là qu’il s’est dit : et si on utilisait cette idée d’images mentales dans un film ? Au cinéma, on peut créer tout un univers à l’intérieur d’une seule pièce. Avec « The Guilty », j’espère avoir réalisé un thriller haletant qui offre à chaque spectateur une expérience qui lui est propre. »

    Objectif parfaitement atteint, le spectateur se faisant ses propres images tout au long du film, puisque la caméra ne quitte pas une seule seconde le centre d’appels. A l’instar du policier Asger, le spectateur écoute très attentivement les sons et les voix pour imaginer non seulement les lieux où l’action se déroule à l’extérieur ou encore le visage des différents personnages, mais surtout pour essayer de comprendre ce qui se cache derrière cet enlèvement.

    On ne s’ennuie pas une seule seconde grâce à une mise en scène efficace et à de nombreux rebondissements vocaux qui permettent de découvrir petit à petit la personnalité complexe des deux personnages principaux de l’intrigue et conduisent à une fin à grand suspense et pleine d’émotions. Epatant. (5 étoiles)

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