25/11/2018

Du grand au petit écran : « The Revenant » avec Di Caprio et « Dheepan »

IMG_4866.jpgIrréprochable au niveau du jeu - Leonardo Di Caprio a enfin décroché l’Oscar du meilleur acteur avec ce film - de la réalisation et de la mise en scène - Alejandro Gonzalez Inarritu a reçu pour la deuxième fois et consécutivement l’Oscar du meilleur réalisateur - et de la photographie absolument superbe et également « oscarisée, « The Revenant » est une indéniable réussite sur le plan de la performance cinématographique.

« The Revenant », c’est l’histoire d’un trappeur grièvement blessé par un ours qui va chercher à se venger parce qu’il a été abandonné par ses équipiers. Quelques scènes, comme la charge des Indiens au début du film, l’attaque de l’ours ou encore la poursuite à cheval, sont d’une maîtrise technique à couper le souffle. Elles sont de plus tournées dans de superbes paysages.

Mais c’est paradoxalement également la faiblesse du film qui tire en longueur et qui est sans cesse dans la démonstration, qui plus est le plus souvent violente. Certaines scènes sont en effet d’une grande sauvagerie, le sang gicle même sur la caméra, sans que cela apporte nécessairement un plus. Un film qui, en définitive, privilégie à l’excès la prouesse technique à l’émotion, à l’image de son héros increvable à tel point que cela en devient risible, et finit par tourner à vide.

2 étoiles. « The Revenant ». RTS UN, lundi 26 novembre, 20h45.

IMG_4867.jpgDheepan est un ancien soldat qui veut fuir l’horreur de la guerre civile au Sri Lanka. Pour augmenter ses chances de trouver l’asile en Europe, il fait passer une jeune femme et une fillette, rencontrées dans un camp de réfugiés, pour des membres de sa famille. Arrivé en France, Dheepan trouve un emploi de gardien dans une cité glauque où des voyous règnent en maître. C’est dans cette atmosphère lourde, où un petit rien peut mettre le feu aux poudres à n’importe quel moment, que Dheepan et sa famille fictive vont tenter de se (re)construire et, pourquoi pas, former un vrai foyer.

« Dheepan », Palme d’or 2015 du Festival de Cannes, est un film constamment sous tension, avec tout de même quelques longueurs, où peut surgir à chaque instant le pire comme le meilleur. Les personnages qui le composent sont des êtres écorchés vifs et par conséquent prêts à tout faire exploser si on les chatouille de trop prêts. Remarquablement bien joué, avec une mention pour Antonythasan Jesuthasan qui joue un Dheepan qui porte en lui toutes les épreuves qu’il a traversées, « Dheepan » est un film parfaitement maîtrisé aux allures de rédemption et de nouveau départ.

3 étoiles. « Dheepan ». France 2, dimanche 25 novembre, 21h00.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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18/11/2018

Du grand au petit écran: « Dans les forêts de Sibérie », « Stefan Zweig », « Mia Madre »

851732CB-F4AC-471E-AD1E-6A05CCA6DFBA.jpegUn film qui traite de la solitude sans pour autant que l’on s’y ennuie en le visionnant, c’est le pari réussi de « Dans les forêts de Sibérie ». Adapté librement du récit de Sylvain Tesson, qui raconte les quelques mois que l’aventurier a vécus en ermite dans une cabane isolée du reste du monde en Sibérie, le film suit logiquement la même trame.

A une exception importante près : le personnage principal, interprété par le charismatique Raphaël Personnaz, va être secouru, alors qu’il est perdu dans le blizzard et que la mort est proche, par un Russe qui se cache pour échapper à la justice. De cette rencontre va naître une amitié, mais aussi une opposition entre celui qui a choisi librement de venir vivre dans cette contrée inhospitalière et celui qui l’a fait par obligation.

« Dans les forêts de Sibérie » est donc un film qui questionne sur son rapport à soi-même et à l’autre, car si la solitude voulue donne un indéniable sentiment de liberté, en tout cas pour un temps, il n’en est pas de même quand elle est subie.

Tourné sur les rives gelées du lac Baïkal qui donnent au film un décor à couper le souffle et des images de toute beauté, le tout accompagné d’une musique sublime, « Dans les forêts de Sibérie » réussit à captiver le spectateur du début à la fin. Il s’y passe toujours quelque chose que ce soit au niveau de l’action à proprement parler ou du chemin intérieur que parcourt le héros du film, parfois avec humour, pendant cette année passée en Sibérie. Magnifique dans tous les sens du terme.

4 étoiles. « Dans les forêts de Sibérie »RTS DEUX, jeudi 22 novembre, 21h05.

1C0A239B-FFB4-4C8B-BB6F-BE800B9F0EC9.jpegEn 1936, Stefan Zweig décide de quitter l’Europe. Le film raconte six moments de l’exil du grand écrivain autrichien et juif en Amérique latine, essentiellement au Brésil, et à New-York. 

Ces six tableaux sont d’un intérêt inégal et parfois trop longs. La palme de la réussite revient incontestablement au premier et au dernier qui sont filmés avec une caméra fixe, ce qui leur donne une folle intensité. Six épisodes qui permettent de comprendre toute la difficulté de Stefan Zweig à vivre son déracinement, sa souffrance de voir sa patrie spirituelle se détruire et finalement sa lassitude qui le prive de la force de « recommencer sa vie de fond en comble », malgré l’accueil très chaleureux qu’il a reçu au Brésil, comme il l’écrit dans sa lettre d’adieu déchirante.

2 étoiles. « Stefan Zweig: adieu l’Europe ». ARTE, mercredi 21 novembre, 20h55.

 

4DBBB3CB-F090-4C9F-B025-C306D83C6499.jpegLe film raconte l’histoire de Margherita, réalisatrice en plein tournage d’un film qui ne se fait pas tout seul, notamment en raison de son acteur principal américain (John Turturro, excellent) qui lui donne du fil à retordre. Elle se voit confrontée dans sa vie privée à la maladie de sa mère et à la crise d’adolescence de sa fille, ce qui pourrait la remettre en question dans son rôle de fille et de mère. 

Ce n’est de fait pas vraiment le cas et c’est sans doute pour cette raison que l’on a de la peine à entrer dans le film et à s’attacher à ce personnage, pourtant fort bien joué par Margherita Buy, qui va de l’avant en ne se préoccupant guère de son entourage et de ce qu’il peut penser d’elle. A l’image de son personnage principal, la mère étant clairement un second rôle contrairement à ce que le titre laisse penser, le film dégage peu d’émotions. 

Les scènes comiques du tournage du film dans le film sont plutôt réussies, celle dans la voiture est hilarante, bien qu’un peu trop répétitives. Mais n’est-ce pas paradoxal de mettre en avant les scènes qui ne sont pas directement en lien avec le sujet principal du film qui est censé en premier lieu raconter l’histoire d’une fille et de sa mère mourante ? Au bout du compte, difficile de savoir avec « Mia Madre » où Nanni Moretti a voulu emmener le spectateur qui reste sur sa faim.

2 étoiles. « Mia Madre ». ARTE, dimanche 18 novembre, 20h50.

F48ACB7F-6339-4D88-8294-CCA0A69DEEA0.jpeg« Toni Erdmann » plaît par son originalité, son imprévisibilité, ses scènes qui font rire jaune, le plus souvent, ou à gorge déployée (il vaut la peine de voir le film rien que pour le brunch d’anniversaire), sa relation père-fille émouvante, son côté déjanté et loufoque (par exemple la scène de sexe ou quand l’héroïne chante, fort bien d’ailleurs, une chanson de Whitney Houston), sa critique sociale et son couple d’acteurs, à commencer par Peter Simonischek parfaitement crédible dans le rôle très complexe de Toni Erdmann. 

Beaucoup de qualités donc pour un film inclassable qui mélange comédie, satire et drame social. Pourtant, et peut-être à cause de ce mélange des genres, le film ne convainc pas totalement sur sa longueur excessive (2h42), son propos en devenant répétitif. Il n’en demeure pas moins que « Toni Erdmann » est une œuvre cinématographique qui mérite une attention particulière.

3 étoiles. « Toni Erdmann ». ARTE, mercredi 21 novembre, 0h55.

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11/11/2018

Du grand au petit écran : « Toni Erdmann », « Nous trois ou rien », « Mapplethorpe »

IMG_4683.jpg« Toni Erdmann » plaît par son originalité, son imprévisibilité, ses scènes qui font rire jaune, le plus souvent, ou à gorge déployée (il vaut la peine de voir le film rien que pour le brunch d’anniversaire), sa relation père-fille émouvante, son côté déjanté et loufoque (par exemple la scène de sexe ou quand l’héroïne chante, fort bien d’ailleurs, une chanson de Whitney Houston), sa critique sociale et son couple d’acteurs, à commencer par Peter Simonischek parfaitement crédible dans le rôle très complexe de Toni Erdmann.

Beaucoup de qualités donc pour un film inclassable qui mélange comédie, satire et drame social. Pourtant, et peut-être à cause de ce mélange des genres, le film ne convainc pas totalement sur sa longueur excessive (2h42), son propos en devenant répétitif. Il n’en demeure pas moins que « Toni Erdmann » est une œuvre cinématographique qui mérite une attention particulière.

3 étoiles. « Toni Erdmann ». ARTE, lundi 12 novembre, 20h55.

 

IMG_4681.jpgLe réalisateur du film, Kheiron, raconte l’histoire de ses parents forcés pour des raisons politiques à quitter l’Iran au moment de la révolution pour rejoindre la France où ils vont par leur éternel optimisme jouer un rôle primordial dans l’amélioration des relations dans la cité dans laquelle ils vivent dorénavant.

Le film aux accents de tragi-comédie dans sa première partie en Iran (était-ce bien nécessaire de faire du Shah d’Iran un demeuré fini ?) se transforme petit à petit en un conte de bienfaisance. Difficile de croire à cette histoire, pourtant vraie, dégoulinante de bons sentiments.

2 étoiles, « Nous trois ou rien ». M6, jeudi 15 novembre, 21h00.

 

 

 

IMG_4682.jpgPrès de 30 ans après sa mort, le célèbre photographe américain Robert Mapplethorpe est l’objet de ce documentaire consacré à sa vie et, bien évidemment, à son œuvre. Une œuvre, avec son parfum de scandale, qui n’a pas laissé indifférent au moment du vivant de l’artiste, mais également après sa mort, la justice ayant même été saisie pour interdire des expositions, ce qui n’a d’ailleurs fait qu’accroître sa notoriété, comme le montre bien le film.

Le grand intérêt de « Mapplethorpe » est de replacer l’artiste dans sa génération et de brosser ainsi également le portrait d’une époque. C’est ainsi que grâce à des témoignages de sa famille, de ses amis, de ses amants et des interviews que Mapplethorpe a données, le spectateur découvre la vie tumultueuse, le talent - l’un et l’autre étant étroitement liés - mais aussi le côté ambitieux et carriériste du photographe qui n’apparaît pas toujours sous son meilleur jour.

Le documentaire, plutôt classique dans sa forme, n’est donc pas à proprement parlé un hommage à Robert Mapplethorpe, mais un éclairage sans complaisance sur un artiste fauché en plein succès par le sida en 1989 et qui a permis à la photographie de trouver sa place au sein de l’art contemporain.

3 étoiles. « Mapplethorpe ». ARTE, vendredi 16 novembre, 22h25.

IMG_4398.jpgEt si tout ce qui avait été construit pendant 45 ans de vie de couple ne reposait que sur du sable ? C’est cette question à laquelle Kate va être confrontée à la veille des festivités prévues pour fêter ses 45 ans de mariage avec Geoff, après que ce dernier ait reçu une lettre lui apprenant que le corps de son premier amour a été retrouvé prisonnier dans la glace dans les Alpes. Tout d’abord compréhensive face au choc que cette nouvelle déclenche chez son mari, Kate va petit à petit découvrir que cette femme, disparue il y a 50 ans, a en fait toujours été présente dans leur vie, à son insu.

« 45 ans » raconte avec tact, mais aussi par moment avec trop de lenteur, la vie de ce vieux couple bousculé dans ses certitudes, dans sa confiance l’un envers l’autre pendant la semaine qui précède son anniversaire de mariage. Le film, dont l’action se déroule dans une Angleterre de carte postale, est très classique dans sa forme et fait la part belle à ses deux excellents acteurs principaux, Tom Courtenay et Charlotte Rampling. Nommée pour l’Oscar 2015 de la meilleure actrice, sa décomposition au fur et à mesure que l’histoire avance est du grand art. Elle connaît son apogée au cours d’un dernier quart d’heure très réussi où le contraste entre la fête qui bat son plein et ses tourments intérieurs est saisissant.

3 étoiles. « 45 ans ».  ARTE, jeudi 14 novembre, 01h05.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

19:00 Publié dans Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

21/10/2018

Du grand au petit écran : « Sully » de Clint Eastwood avec Tom Hanks

IMG_4521.jpgL’amerrissage d’un Airbus A320 sur l’Hudson en plein New-York en janvier 2009 avec 155 passagers à son bord et…155 survivants avait fait sensation. Un véritable miracle qui, pourtant, à y regarder de plus près, est avant tout un exploit humain hors du commun qui va d’ailleurs au-delà du pilote, même si celui-ci joue bien évidemment un rôle central.

C’est cet aspect de ce fait divers heureux que privilégie un Clint Eastwood inspiré. « Sully » est avant tout une aventure humaine qui montre aussi l’autre côté du décor, à savoir l’enquête ouverte sur le commandant de bord pour savoir s’il n’aurait pas dû privilégier d’autres options que l’amerrissage et ainsi sauver aussi l’appareil.

Dans le rôle de Chesley « Sully » Sullenberger, Tom Hanks, présent dans pratiquement tous les plans du film, est une fois de plus génial. Il exprime avec peu de mots tous les tourments qui assaillent cet homme qui vient de réaliser quelque chose de fort, peut-être de trop fort. Du grand art.

Le film mêle très habilement grâce à un excellent montage et une mise en scène au cordeau, le côté spectaculaire et à grand suspense du film - alors qu’on connaît la fin dès le début du film, la tension est à son comble jusqu’aux dernières minutes ! - avec celui beaucoup plus intimiste des remises en question du commandant et de l’enquête. « Sully » fait passer le spectateur par toutes les émotions - peur, pleurs, rage, soupir, sourires – et c’est un vrai plaisir à ne surtout pas bouder !

5 étoiles. « Sully ».  RTS UN, lundi 22 octobre, 20h45.

IMG_4396.jpg« Skyfall », le précédent James Bond, avait fixé la barre tellement haute que les attentes pour ce vingt-quatrième épisode de la saga étaient fortes. Sans doute trop. « 007 Spectre » ne restera en effet pas dans les annales de la série.

Après un début tonitruant très réussi à Mexico lors de la fête des Morts où James Bond fait étalage de tout son talent, notamment en pilotant un hélicoptère en perdition au-dessus d’une foule impressionnante, le soufflé retombe très vite après le générique.

L’enquête du plus célèbre agent secret de sa Majesté pour découvrir qui se cache derrière l’organisation criminelle Spectre, déjà apparue dans sept épisodes précédents, n’est pas vraiment passionnante. Entre les différentes scènes d’actions attendues et peu originales (poursuite en voiture, poursuite avion-voiture, bataille dans un train) qui font voyager le spectateur à Mexico, à Rome, dans les Alpes autrichiennes, à Tanger et à Londres, l’histoire tire en longueur et l’ennui n’est jamais très loin.

Daniel Graig fait le job, sans plus, Monica Bellucci fait une apparition, Léa Seydoux ne paraît pas très concernée, et le méchant (Christoph Waltz) ne fait pas peur. Certes, la dernière demi-heure est palpitante, mais c’est un peu mince pour le James Bond le plus cher de l’Histoire (300 à 350 millions de dollars !).

2 étoiles. « 007 Spectre ».  France 2, dimanche 21 octobre, 23h25.

IMG_4398.jpgEt si tout ce qui avait été construit pendant 45 ans de vie de couple ne reposait que sur du sable ? C’est cette question à laquelle Kate va être confrontée à la veille des festivités prévues pour fêter ses 45 ans de mariage avec Geoff, après que ce dernier ait reçu une lettre lui apprenant que le corps de son premier amour a été retrouvé prisonnier dans la glace dans les Alpes. Tout d’abord compréhensive face au choc que cette nouvelle déclenche chez son mari, Kate va petit à petit découvrir que cette femme, disparue il y a 50 ans, a en fait toujours été présente dans leur vie, à son insu.

« 45 ans » raconte avec tact, mais aussi par moment avec trop de lenteur, la vie de ce vieux couple bousculé dans ses certitudes, dans sa confiance l’un envers l’autre pendant la semaine qui précède son anniversaire de mariage. Le film, dont l’action se déroule dans une Angleterre de carte postale, est très classique dans sa forme et fait la part belle à ses deux excellents acteurs principaux, Tom Courtenay et Charlotte Rampling. Nommée pour l’Oscar 2015 de la meilleure actrice, sa décomposition au fur et à mesure que l’histoire avance est du grand art. Elle connaît son apogée au cours d’un dernier quart d’heure très réussi où le contraste entre la fête qui bat son plein et ses tourments intérieurs est saisissant.

3 étoiles. « 45 ans ».  ARTE, mercredi 24 octobre, 20h55.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

00:05 Publié dans Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

14/10/2018

Du grand au petit écran : Bond, Cottillard et Rampling à l’affiche

IMG_4396.jpg« Skyfall », le précédent James Bond, avait fixé la barre tellement haute que les attentes pour ce vingt-quatrième épisode de la saga étaient fortes. Sans doute trop. « 007 Spectre » ne restera en effet pas dans les annales de la série.

Après un début tonitruant très réussi à Mexico lors de la fête des Morts où James Bond fait étalage de tout son talent, notamment en pilotant un hélicoptère en perdition au-dessus d’une foule impressionnante, le soufflé retombe très vite après le générique.

L’enquête du plus célèbre agent secret de sa Majesté pour découvrir qui se cache derrière l’organisation criminelle Spectre, déjà apparue dans sept épisodes précédents, n’est pas vraiment passionnante. Entre les différentes scènes d’actions attendues et peu originales (poursuite en voiture, poursuite avion-voiture, bataille dans un train) qui font voyager le spectateur à Mexico, à Rome, dans les Alpes autrichiennes, à Tanger et à Londres, l’histoire tire en longueur et l’ennui n’est jamais très loin.

Daniel Graig fait le job, sans plus, Monica Bellucci fait une apparition, Léa Seydoux ne paraît pas très concernée, et le méchant (Christoph Waltz) ne fait pas peur. Certes, la dernière demi-heure est palpitante, mais c’est un peu mince pour le James Bond le plus cher de l’Histoire (300 à 350 millions de dollars !).

2 étoiles. « 007 Spectre ».  France 2, dimanche 13 octobre, 21h.

IMG_4397.jpgIl y a une bonne raison de regarder « Mal de pierres » : Marion Cotillard. Elle est formidable dans le rôle de Gabrielle, cette femme en avance sur son époque, le film se déroule dans la France rurale des années 50, qui rêve de vivre le grand amour alors que son entourage ne pense qu’à la marier selon les conventions en vigueur. Et c’est ce que sa famille va faire en donnant Gabrielle à José, un ouvrier agricole.

Quant au film en lui-même, il ne soulève pas l’enthousiasme. C’est certes bien fait, avec une mention particulière à la magnifique photographie, mais le tout manque d’émotions, ce qui est paradoxal en regard du sujet du film.

Lent à démarrer, on frôle l’ennui dans les trente premières minutes, « Mal de pierres » prend son envol quand Gabrielle commence sa cure thermale et qu’elle a le coup de foudre pour ce lieutenant français de retour de la guerre d’Indochine bien mal en point (Louis Garrel, à la hauteur du rôle). Cette passion va conduire Gabrielle au bord de la folie, comme la dernière partie du film le fera comprendre dans un retournement de situation peu crédible, mais aussi lui permettre de rebondir grâce à un mari bien plus aimant qu’on aurait pu l’imaginer. La dernière scène du film est à cet égard touchante.

2 étoiles. « Mal de pierres ».  RTS DEUX, jeudi 18 octobre, 21h05.

IMG_4398.jpgEt si tout ce qui avait été construit pendant 45 ans de vie de couple ne reposait que sur du sable ? C’est cette question à laquelle Kate va être confrontée à la veille des festivités prévues pour fêter ses 45 ans de mariage avec Geoff, après que ce dernier ait reçu une lettre lui apprenant que le corps de son premier amour a été retrouvé prisonnier dans la glace dans les Alpes. Tout d’abord compréhensive face au choc que cette nouvelle déclenche chez son mari, Kate va petit à petit découvrir que cette femme, disparue il y a 50 ans, a en fait toujours été présente dans leur vie, à son insu.

« 45 ans » raconte avec tact, mais aussi par moment avec trop de lenteur, la vie de ce vieux couple bousculé dans ses certitudes, dans sa confiance l’un envers l’autre pendant la semaine qui précède son anniversaire de mariage. Le film, dont l’action se déroule dans une Angleterre de carte postale, est très classique dans sa forme et fait la part belle à ses deux excellents acteurs principaux, Tom Courtenay et Charlotte Rampling. Nommée pour l’Oscar 2015 de la meilleure actrice, sa décomposition au fur et à mesure que l’histoire avance est du grand art. Elle connaît son apogée au cours d’un dernier quart d’heure très réussi où le contraste entre la fête qui bat son plein et ses tourments intérieurs est saisissant.

3 étoiles. « 45 ans ».  RTS UN, jeudi 18 octobre, 23h40.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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