02/10/2018

Du grand au petit écran : en vaut-« Elle » la peine ?

IMG_4326.jpgCésar du meilleur film et de la meilleure actrice 2017, succès critique, mais pas vraiment public avec un pleu plus d’un demi-million d’entrées en France, « Elle » est programmée ce jeudi sur RTS DEUX.

Tordu est le mot qui résume probablement le mieux le film de Paul Verhoeven (Basic Instict, Showgirls) avec en vedette Isabelle Huppert, dont on ne compte plus les rôles qui s’accompagnent également de ce qualificatif.

Michèle dirige avec fermeté et sans état d’âme une entreprise de jeux vidéo et fait de même avec son entourage : son raté d’ex-mari, sa mère qui sort avec des hommes beaucoup plus jeunes qu’elle, son fils qui se fait mener par le bout du nez par sa copine et son amant qui est le mari de sa meilleure amie. Et puis, un jour, elle se fait violer chez elle par un homme masqué. Cet événement traumatisant ne va toutefois pas laisser sur Michèle les traces qu’on aurait pu imaginer.

« Elle » oscille entre le thriller, le coupable est déjà démasqué au milieu du film, et la comédie tragi-comique vitriolée, un registre dans lequel Isabelle Huppert excelle une fois de plus. Une fois de trop ? « Elle » est un film dont la perversité atteint des sommets et qui met mal à l’aise. Les scènes de viol, faut en supporter plusieurs au cours du film, qui évoluent en acte sexuel consenti par cette femme de pouvoir qui aiment se faire dominer, bonjour le cliché, sont extrêmement violentes.

Baignant dans une atmosphère glauque, Michèle est la fille d’un meurtrier de la pire espèce, il faut probablement en déduire que son cynisme face à la vie vient de là, « Elle » tire en longueur et laisse sur sa faim. Le film part dans tous les sens, à l’image de ses personnages bien peu vraisemblables, et on s’y perd. Vraiment difficile de comprendre l’enthousiasme quasi unanime de la presse à sa sortie pour ce film malsain.

1 étoile. « Elle ».  RTS UN, jeudi 4 octobre, 21h05.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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09/09/2018

Du grand au petit écran: « Médecin de campagne », « L’Hermine » et « Spotlight »

FE983C37-7677-426D-BF14-92FD555B4507.jpegAlors que le dernier film de Thomas Lilti, « Première année » avec Vincent Lacoste, sort sur les écrans mercredi prochain, RTS Deux diffuse jeudi son film précédent, « Médecin de campagne », qui vaut la peine d’être vu.
 
Le docteur Werner est médecin de campagne. Il va à son tour être rattrapé par la maladie. Cette épreuve va l’obliger de partager, avec un enthousiasme très modéré, son territoire avec une doctoresse nouvellement diplômée. Le grand mérite du film est qu’il sonne juste du début à la fin. Le film est porté par deux excellents acteurs, François Cluzet et Marianne Denicourt qui éclaire merveilleusement bien le côté sombre de son collègue. Les seconds rôles, la mise en scène ainsi que la photographie sont également à la hauteur. A part quelques petites longueurs, « Médecin de campagne » est un film d'une grande humanité tout en évitant avec bonheur la sensiblerie et la facilité dans la relation entre les deux personnages principaux. Un film français comme on les aime.
 
4 étoiles. « Médecin de campagne ». RTS DEUX, Jeudi 13 septembre, 21h05.

465AAA21-2590-4CB1-88D0-CD29897C9DCA.jpegPrésident de cour d’assises proche de la retraite, redouté et pour le moins peu aimable avec son entourage, Michel Racine va toutefois se montrer sous un autre jour lorsque le hasard remet sur son chemin au cours d’un procès l’anesthésiste dont il était tombé amoureux six ans auparavant. Il va saisir cette seconde chance qui s’offre à lui en tentant de séduire la lumineuse Ditte (magnifique Sidse Babett Knudsen, l’héroïne de « Borgen »), ce qui ne sera pas sans effet sur le déroulement d’un procès où il est question d’un infanticide.

On l’aura compris à l’énoncé de l’intrigue, le film oscille entre ombre et lumière, un procès sombre par opposition aux rencontres plus légères entre Michel Racine et Ditte, dans le cadre très solennel d’un Palais de justice, principal décor de l’action, ce qui n’empêche pas l’émotion.

Fabrice Luchini incarne avec justesse cet homme dont on ne connaît pas grand-chose, si ce n’est qu’il vient de se séparer de sa femme, et qui va se révéler bien plus humain qu’il ne l’a jamais été. « Humain » est d’ailleurs le terme qui pourrait le mieux définir ce film qui fait également la part belle aux seconds rôles, tous excellents. « L’Hermine », référence au col d’hermine de la robe que porte Michel Racine, est un film sur le fil du rasoir où toutes les fins sont envisageables jusqu’à la dernière seconde, ce qui n’est pas pour déplaire.

4 étoiles. "L'Hermine". FRANCE 2, dimanche 9 septembre, 21h.

C38044A3-4AB0-4762-9770-D6F7785C2729.jpeg« Spotlight » est basé sur des faits réels. En 2002, un réseau pédophile au sein de l’Eglise catholique de Boston est découvert, mais les preuves ne sont pas évidentes. Une équipe de journalistes d’investigation du Boston Globe, baptisée Spotlight, décide de mener sa propre enquête pour faire toute la lumière sur cette sombre affaire et en informer les lectrices et lecteurs du journal. Plus de 600 articles seront publiés sur cette enquête récompensée par le Prix Pulitzer.

« Spotlight », qui a reçu l’Oscar du meilleur film de 2015, raconte donc comment ces reporters, régulièrement confrontés à la loi du silence et aux pressions pour les faire taire tout au long des 12 mois que vont durer leurs investigations, ont fait éclater la vérité sur ces hommes d’Eglise abuseurs d’enfants. Pour les suivre dans leur enquête, « Spotlight » s’appuie sur un scénario très bien écrit, des acteurs tous excellents et une mise en scène classique. C’est rondement mené et efficace. Presque trop. L’émotion est en effet peu présente dans « Spotlight », les enquêteurs s’effaçant devant l’enquête. Mais c’était le but poursuivi par le réalisateur. Objectif atteint.

3 étoiles. « Spotlight ».  ARTE, jeudi 13 septembre, 21h.

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02/09/2018

Du grand au petit écran : « Spotlight » et « Fuocoammare »

A voir cette semaine sur le petit écran deux films qui abordent deux sujets d’une brûlante actualité : la pédophilie au sein de l’Eglise catholique et les migrants qui débarquent sur les côtes européennes.

IMG_4049.jpg« Spotlight » est basé sur des faits réels. En 2002, un réseau pédophile au sein de l’Eglise catholique de Boston est découvert, mais les preuves ne sont pas évidentes. Une équipe de journalistes d’investigation du Boston Globe, baptisée Spotlight, décide de mener sa propre enquête pour faire toute la lumière sur cette sombre affaire et en informer les lectrices et lecteurs du journal. Plus de 600 articles seront publiés sur cette enquête récompensée par le Prix Pulitzer.

« Spotlight », qui a reçu l’Oscar du meilleur film de 2015, raconte donc comment ces reporters, régulièrement confrontés à la loi du silence et aux pressions pour les faire taire tout au long des 12 mois que vont durer leurs investigations, ont fait éclater la vérité sur ces hommes d’Eglise abuseurs d’enfants. Pour les suivre dans leur enquête, « Spotlight » s’appuie sur un scénario très bien écrit, des acteurs tous excellents et une mise en scène classique. C’est rondement mené et efficace. Presque trop. L’émotion est en effet peu présente dans « Spotlight », les enquêteurs s’effaçant devant l’enquête. Mais c’était le but poursuivi par le réalisateur. Objectif atteint.

3 étoiles. « Spotlight ».  RTS UN, lundi 3 septembre, 20h45.

IMG_4048.jpg« Fuocoammare » est un documentaire qui met en scène des habitants de Lampedusa et le drame des réfugiés qui débarquent par milliers sur cette île sans pour autant que les uns et les autres se côtoient. La grande force de « Fuocoammare », c’est de suivre des habitants de Lampedusa, à savoir le docteur, le DJ de la radio locale, Samuele, un garçon de 12 ans, et son entourage, et par leur rôle ou leur regard, de donner un impact d’une force incroyable au drame qui se joue, jour après jour, sous leur yeux, mais sans qu’ils le voient. A l’exception notoire toutefois du docteur qui est présent dans trois scènes particulièrement réussies.

La lumière pâle du film renforce la sensation d’être hors du temps sur cette île pourtant au cœur d’une actualité brûlante qu’explique fort à propos le titre du film « Fuocoammare » qui signifie « la mer en feu » et qui désigne la réalité des migrants, mais aussi pour les habitants de l’île une chanson populaire évoquant l’incendie d’un bateau. Il y a pourtant une scène dans le film qui est tournée sous un ciel bleu éclatant, le réalisateur n’a pas eu le choix, et qui contraste magnifiquement, si l’on ose dire, avec le drame du sauvetage auquel on assiste et qui vous prend aux tripes.

Le film est très intelligemment construit avec des scènes d’une folle intensité, celles qui filment la détresse des migrants bien sûr, mais pas seulement. Il suffit de penser, par exemple, à celle où Samuele joue à faire semblant de tirer en voyant au large des navires de guerre qui sont pourtant là pour sauver des vies. Tourné par un homme seul qui a su tellement bien se fondre dans la réalité avec sa caméra qu’on l’oublie, « Fuocoammare » est un film auquel on pense encore bien longtemps après l’avoir vu.

4 étoiles. « Fuocoammare ».  ARTE, mercredi 5 septembre, 22h45.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

 

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11/08/2018

Du grand au petit écran : Meryl Streep éblouissante dans « Ricki and the Flash »

IMG_3873.jpgFans de Meryl Streep, RTS UN vous gâte ! Une semaine après sa superbe performance en Florence Foster Jenkins, revoilà la brillantissime actrice américaine sur le petit écran. Elle est géniale dans « Ricki and the Flash » et sa seule présence dans le rôle principal est déjà une raison suffisante pour se mettre devant la télévision dimanche soir.

Ricki Rendazzo (Meryl Streep) a quitté son mari (Kevin Kline), remarié depuis, et ses trois enfants devenus adultes, il y a de nombreuses années pour poursuivre son rêve de devenir une rock star. Un rêve qui se concrétise le soir avec son groupe « Ricki and the Flash » en reprenant des standards de la chanson américaine dans un bar de banlieue et la journée en étant caissière dans un supermarché.

Entretenant des relations à distance, au sens propre et figuré, avec ses deux fils et sa fille, Ricki est un jour appelée à l’aide par son ex-mari quand leur fille (Mamie Gummer, la propre fille de Meryl Streep) plonge dans une grave dépression après son divorce. Les retrouvailles avec cette « mauvaise » mère au look improbable et aux manières qui n’ont pas grand-chose à voir avec le milieu bourgeois dans lequel évolue sa famille ne vont évidemment pas se faire facilement.

On l’aura compris, ce n’est pas l’originalité du scénario le point fort du film, mais le jeu des acteurs, tous excellents, et plusieurs scènes très réussies qui le composent. A commencer par celles qui mettent en scène « Ricki and the Flash » dans le bar avec une Meryl Streep qui s’en donne à cœur joie en chantant de manière très convaincante avec sa voie grave faite pour le rock. Les scènes familiales, celle du restaurant est particulièrement jouissive, et celles du mariage, qui concluent en beauté le film, sont également à relever. Un film au final sans grandes surprises, mais qui donne une pêche d’enfer à l’image d’une Meryl Streep plus énergique que jamais et sur laquelle le temps ne semble pas avoir de prise !

4 étoiles, « Ricki and the Flash », RTS UN, dimanche 12 août, 20h35.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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04/08/2018

Du grand au petit écran : Meryl Streep est « Florence Foster Jenkins »

IMG_3740.jpg« Florence Foster Jenkins » se concentre sur les derniers mois de la vie de la riche héritière new-yorkaise, atteinte dans sa santé, en 1944 au moment où elle décide de donner un concert au Carnegie Hall de New-York. Ce n’est certes pas la première fois qu’elle se produirait sur scène, mais jusque-là son entourage avait réussi à faire en sorte que cela se fasse en privé et devant un public averti. Averti que Florence Foster Jenkins chante horriblement faux sans qu’elle en soit apparemment consciente.

Cette situation de départ, qu’on a de la peine à imaginer qu’elle se base sur des faits réels, possède évidemment un fort potentiel comique. Et en effet, on rit en regardant et en écoutant Meryl Streep, comme d’habitude parfaite, chanter si mal. On rit également grâce au talent comique, mais aussi de pianiste car il n’est pas doublé, de Simon Helberg absolument génial dans le rôle de Cosmé MCMoon.

Mais on a aussi plutôt tendance à sourire, et à être parfois ému, en se mettant à la place de St.Clair Bayfield (Hugh Grant, convaincant), compagnon de très longue date de Florence Foster Jenkins, qui par amour ne sait plus que faire pour que « sa » cantatrice ne se trouve pas confrontée à la terrible réalité.

Le film évolue donc du comique au tragi-comique. Il est soigné avec des costumes et des décors somptueux et une distribution excellente. Il lui manque toutefois ce supplément d’âme pour que cette histoire incroyable vous prenne vraiment aux tripes.

3 étoiles, « Florence Foster Jenkins », RTS UN, dimanche 5 août, 20h40.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

 

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