05/11/2017

La pollution, cette catastrophe tout sauf naturelle

IMG_0766.jpg9 millions de morts par année, dont 500 000 en Europe et 3000 en Suisse, à cause de la pollution ! Cela représente 16% des décès dans le monde. Un fléau qui demande des mesures urgentes pour diminuer drastiquement le taux des particules fines dans l’air qui sont responsables à elles toutes seules des quatre cinquièmes des décès en Europe.

La prise de conscience des pouvoirs politiques sur cette catastrophe, tout sauf naturelle et bien moins spectaculaire que des ouragans, des inondations, des glissements de terrain ou encore des feux de forêts (liste non exhaustive), se fait lentement mais, espérons-le, sûrement. Il y a bien évidemment les cas désespérés et désespérants, dont la figure emblématique se nomme Donald Trump, qui adoptent la politique du « après moi le déluge », mais il y a aussi des politicien.ne.s responsables qui s’engagent pour lutter contre la pollution atmosphérique et le changement climatique.

C’est ainsi que le 23 octobre dernier, une douzaine de maires de grandes villes dont Paris, Los Angeles, Mexico, Londres ou encore Milan ont signé un engagement pour qu’une partie importante de ces villes soient des zones à zéro émission à l’horizon 2030.

Qu’en est-il à Genève? Et bien cette semaine les Verts ont lancé leur initiative « De l’air, moins de bruit. Préservons notre santé face à la pollution » (1) qui demande à l’Etat :

- de réduire durablement la pollution à travers des actions concrètes et efficaces afin d’atteindre le niveau des tolérances fédérales d’ici 2030: modération de la circulation motorisée, système de chauffage plus efficient, assainissement des bâtiments, réduction des émissions des chantiers, de l’industrie, de l’aéroport.

- de réagir rapidement aux pics de pollution pour protéger sans attendre la santé de la population puisque les seuils d’alerte sont régulièrement dépassés, tout particulièrement en hiver. L’initiative exige des mesures urgentes lors de ces pics telles que la gratuité des transports publics, la modération de la vitesse ou encore la limitation des véhicules les plus polluants.

A noter que le Conseiller d’Etat chargés des transports, Luc Barthassat, a déposé au lendemain du lancement de cette initiative un projet de loi visant, lors des pics de pollution, à restreindre de manière temporaire la circulation, dans des zones définies, des véhicules les plus polluants. Un pas dans la bonne direction, quand bien même la lutte contre la pollution doit se faire en tout temps et pas uniquement lors de pics, à condition bien évidemment que le Grand Conseil vote cette loi, ce qui est loin d’être une évidence.

- d’informer la population en tous points du canton des risques liés à la pollution afin que cette dernière puisse agir en conséquence en intervenant auprès de l’Etat pour lui demander de respecter le droit constitutionnel de disposer d’un environnement sain que cette initiative entend concrétiser avec ces mesures concrètes.

Gageons que cette loi obtiendra facilement le nombre de signatures requises et qu’elle sera ensuite votée par le Grand Conseil, car que l’on soit de gauche, de droite ou du centre vivre dans un environnement sain devrait être une priorité pour tout le monde !

(1) Texte de l’initiative à télécharger ici : https://www.verts-ge.ch/signer/initiatives/item/4462-de-l...

 

 

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06/10/2017

Non aux deux-roues motorisés sur les trottoirs !

Luc Barthassat, qui prône le pragmatisme pour lutter contre l’incessante guerre des transports qui sévit à Genève, a pourtant mis de l’huile sur le feu cet été avec une nouvelle brochure réalisée par son département  à destination des usagers de deux-roues motorisés.  On peut y lire que le parking de ces véhicules sur les trottoirs est toléré, moyennant un passage de 1m50 pour les piétons.

Réaction immédiate de l’Association Transports et Environnement (ATE) qui dénonce une mesure qui met en danger les piétons, entrave leur circulation et qui ne respecte pas le droit suisse qui réserve cette possibilité aux vélos (ordonnance sur la circulation routière, article 41). Dans la foulée,  l’ATE a lancé une pétition, qui peut être signée en cliquant sur le lien suivant : https://www.change.org/p/pour-la-s%C3%A9curit%C3%A9-des-p....

Le procureur général Olivier Jornot a de son côté rappelé à l’ordre Luc Barthassat en dénonçant l’illégalité de cette tolérance.

Et comme il fallait, hélas, s’y attendre, les milieux qui soutiennent une politique de la motorisation à outrance, en l’occurrence le TCS,  ont lancé une contre-pétition.  Le TCS  soutient la mesure du Conseiller d’Etat qui  « s’impose comme une évidence et une mesure de bon sens élémentaire » étant donné le manque de places pour les deux-roues motorisés.

Est-ce une raison suffisante pour envahir les trottoirs de motos et de scooters au détriment des piétons ? Evidemment que non. La solution est à trouver dans les parkings souterrains qui regorgent de places inoccupées en supprimant, d’une part, en surface des places de parking pour les voitures en faveur des deux roues, motorisés ou non, et, d’autre part, en favorisant le parking des deux roues également en sous-sol.

L’idéal étant bien sûr de recourir le plus possible à la marche, aux transports publics et au vélo, électrique ou non, qui, pour reprendre les termes de la pétition du TCS, occupent moins d’espace sur la voirie et diminuent les bouchons journaliers considérables existants.

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28/07/2017

Traversée du lac: un premier crédit qui sera le dernier?

Le premier crédit pour la traversée du lac a donc été déposé par le Conseil d'Etat: 6,3 millions en guise d'amuse-bouche pour savoir si les Chambres fédérales autoriseront un péage sur cet ouvrage routier.

Sage décision ou enfumage de première classe pour faire avaler la pilule par doses homéopathiques quand on sait que le crédit d'étude d'avant-projet coûtera 25 millions et que le crédit d'étude suivant se montera à quatre fois plus, soit déjà 125 millions de dépensés avant un hypothétique premier coup de pioche? 

Difficile de répondre à cette question avec certitude, car si d'un côté une somme de 6,3 millions diminue les risques de référendum par rapport à 25 millions, d'un autre côté proposer un crédit de plusieurs millions juste pour connaître l'avis de Berne sur la mise en place d'un péage risque d'apparaître comme une (mauvaise) plaisanterie et de mal passer.

Comment peut-on en effet déposer devant le Grand Conseil un projet de loi tel que celui-ci alors que l'Etat répète en boucle qu'il n'a pas ces mêmes millions pour augmenter la subvention aux TPG qui en ont bien besoin pour simplement maintenir l'offre actuelle? Difficilement compréhensible. 

Alors certes, le peuple a voté l'inscription du principe de la traversée du lac dans la Constitution. Le Conseil d'Etat met par conséquent (timidement) à exécution cette volonté en déposant ce crédit qui s'apparente plutôt à un gag. Le gouvernement voudrait faire prendre conscience aux Genevois que ce n'est pas le moment de se lancer dans ces folles dépenses, à moins qu'ils en paient deux fois le prix par leurs impôts et le péage, qu'il n'agirait pas autrement.

De là à penser qu'il ne serait pas mécontent, en cas de vote positif du Grand Conseil, qu'un référendum lancé contre ce premier crédit, qui pourrait ainsi être aussi le dernier, il n'y a qu'un pas qu'on serait bien tenté de franchir...

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19/07/2017

La bagnole d'abord

Et voilà! À peine les premières mesures en faveur de la mobilité douce, pourtant conformes au vote majoritaire de l'année dernière de la population genevoise, sont-elles annoncées par la direction générale des Transports que les milieux pro bagnoles et économiques nous promettent le chaos assuré.

Que les cyclistes soient en danger à chaque fois qu'ils prennent le Pont du Mont-Blanc ou qu'il en soit de même pour les piétons qui empruntent le passage sous voies de la rue des Alpes n'a aucune importance, ce qui compte, c'est l'auto d'abord.

Et ça marche! L'essai qui n'a pourtant rien de révolutionnaire, oui un simple essai, de piste cyclable dans le sens rive droite-rive gauche et d'un partage du trottoir entre piétons et cyclistes dans l'autre sens qui devait avoir lieu dès ce mois de juillet est en effet reporté à l'automne, suite à diverses pressions des milieux pro bagnoles.

Et encore, s'il n'y a pas de recours, ce dont l'on peut bien évidemment douter.

Les cyclistes attendront donc. Comme d'habitude. Désespérant.

 

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18/06/2017

Des mesures en faveur des cyclistes, vraiment?

FullSizeRender.jpgLe diable se cache souvent dans les détails. Annoncer qu’il y aura une onde verte vélo à la rue de la Servette et la création d’une bande cyclable à Plainpalais, suite à la suppression de feux, c’est bien. Mais à y regarder de plus près, ces deux mesures en faveur de la mobilité douce soulèvent des questions et des commentaires.

En ce qui concerne l’onde verte vélo sur la rue de la Servette, le département de l’environnement, des transports et de l’agriculture (DETA) précise que cette dernière aura lieu dans le sens de la descente et qu’elle permettra de gagner deux minutes entre le carrefour du Bouchet et la rue de Lyon avec une vitesse moyenne de 25 km/h.

Empruntant cette rue presque tous les jours à vélo, je peux affirmer qu’il est possible d’atteindre cette vitesse à la seule et unique condition que les scooters et motos ne squattent pas la bande cyclable, empêchant ainsi régulièrement les cyclistes de remonter la file, et ne se mettent pas à la place prévue pour les cyclistes aux feux. Or, ce n’est bien évidemment pas le cas ! Le DETA a-t-il prévu de demander à la police de faire des contrôles réguliers? Si tel n’est pas le cas, cette mesure sera inutile.

Quant à la création d’une bande cyclable à Plainpalais, suite à la suppression de feux à vingt carrefours dans le canton, le DETA précise dans son communiqué de presse (1) qu’elle sera accompagnée de 38 places de parking pour les motos et de…6 places pour les vélos ! On voudrait encourager la circulation des deux roues motorisés au centre ville qu’on ne s’y prendrait pas autrement, alors que c’est la mobilité douce et les transports publics qui doivent l’être.

En conclusion, le DETA poursuit sa politique qui vise à faire plaisir à tout le monde, sans opérer des véritables choix. C’est peut-être payant sur un plan électoral à court terme, mais insuffisant pour encourager les habitant-e-s de ce canton à prendre les transports publics et/ou le vélo. C’est pourtant un enjeu primordial de santé publique quand l’on sait que plus de 3000 Suisses décèdent chaque année des suites de la pollution atmosphérique.

(1) https://demain.ge.ch/actualite/fluidification-flux-circul...

 

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