18/03/2017

On peut vraiment y croire!

Que le système politique suisse est complexe! À peine avait-on eu le temps de se réjouir du vote début février de la commission des affaires juridiques du Conseil national, qui mandatait l’administration pour présenter un projet de modification de la loi pour rendre punissables les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre, que tout pouvait être remis en question en raison d'un délai non tenu pour traiter l'initiative parlementaire de Mathias Reynard à l'origine de cette décision.

Il s'agissait, en effet, lors de la session du Conseil national de vendredi d'octroyer un délai supplémentaire de deux ans pour mettre sous toit cette initiative. La nouvelle composition plus à droite du parlement allait-elle le refuser et ainsi classer l'affaire au mépris de la lutte contre l'homophobie et la transphobie?

Cette crainte était finalement infondée, puisque c'est à une large majorité (126 voix contre 49 et 20 abstentions) que les conseillers nationaux ont prolongé de deux ans le délai. Un vote très net qui laisse augurer d'une issue heureuse à cet objet qui aurait pour conséquence d’ajouter l’orientation sexuelle et l’identité de genre à l’article 261bis du Code pénal qui punit pour l'instant uniquement les actes discriminatoires en lien avec la race, l'ethnie et la religion.

Une nouvelle victoire d'étape donc pour que la loi protège enfin toutes les citoyennes et tous les citoyens indépendamment de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre. Vivement la victoire finale, car on peut à présent vraiment y croire, même s'il faut encore s'armer de patience!

 

 

 

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05/03/2017

Faut-il sauver le SlowUp?

FullSizeRender2.jpgQue d’agitations pour la suppression d’une journée consacrée à la mobilité douce dans le canton où les automobilistes perdent le plus de temps dans les embouteillages ! Un peu paradoxal, non ? En fait, pas tant que ça.

Le canton de Genève est en effet également le champion parmi ceux qui ne savent pas ce qu’ils se veulent. Il crée un appel d’air pour encore plus de bouchons en voulant construire une traversée du lac dont il n’a pas les moyens, tout en hurlant haut et fort quand une manifestation telle que le SlowUp est supprimée.

Le Conseiller d’Etat en charge des transports Luc Barthassat incarne à lui tout seul ce paradoxe : il est en faveur de ce pont ou tunnel hors de prix, mais trouve scandaleux la suppression du SlowUp, histoire de mettre un peu de vert dans son programme à une année des élections. Mais il est vrai que c’est le même qui veut laisser les motos emprunter les voies de bus au détriment de la sécurité des vélos tout en faisant la promotion de la journée sans ma voiture. C’est la méthode Barthassat pour essayer de faire plaisir à tout le monde.

La suppression du SlowUp pour éponger une toute petite partie de l’édition catastrophique du Geneva Lake Festival est lamentable. S’attaquer au seul événement de ces fêtes qui soit positif pour les Genevoises et Genevois montre à quel point on se moque de celles et ceux qui paient avec leurs impôts une partie de cette kermesse géante, car ce sont bien celles et ceux qui vivent et travaillent en Ville de Genève qui financent les prestations en nature telles que la remise en ordre des parcs qui sont détruits en moins de temps qu’il faut pour le dire.

Alors oui, il faut essayer de sauver le SlowUp, mais pas juste pour donner bonne conscience à des politiciens à la recherche de voix. Il faut le faire en l’accompagnant d’une promotion digne de ce nom de la mobilité douce par les collectivités publiques et les associations qui la défendent tout au long du parcours. Exit les sponsors dont le fond de commerce est avant tout la voiture !

Si les Genevois ne veulent plus à l’avenir être les habitants du canton numéro 1 des bouchons, ils doivent absolument repenser leur manière de se déplacer. Et il appartient à nos politiciens de les aider en mettant en place les conditions nécessaires à ce transfert modal. Mais pour ça, il faut faire des choix qui ne feront forcément pas plaisir à tout le monde…

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01/03/2017

Après les signatures, au tour du quorum?

Le Grand Conseil a donc finalement décidé la semaine dernière d’abaisser le nombre de signatures à récolter pour les initiatives et les référendums adoptant une loi proposée par Ensemble à gauche et le MCG et soutenue par les Verts et les socialistes.

Si le peuple donne également son aval, il est obligatoire étant donné qu’il s’agit d’un changement de la Constitution, une proportion de 2% du corps électoral sera suffisante pour faire aboutir un référendum ou une initiative législative (3% actuellement, soit 7697 signatures) et une proportion de 3% pour une initiative constitutionnelle (4% actuellement, soit 10293 signatures).

Cette décision du Grand Conseil facilite donc le recours aux outils de la démocratie, ce qui amènera peut-être nos élus à faire plus d’efforts pour trouver des solutions consensuelles afin d’éviter d’aller devant le peuple suite à un référendum.

Mais le Grand Conseil ne devrait pas s’arrêter en si bon chemin, car si renforcer les droits populaires au moyen des initiatives et référendums, c’est bien, il faudrait également le faire en augmentant la représentation des sensibilités politiques au sein du parlement.

Et pour y arriver, il faut baisser le quorum (l’idéal étant qu’il y en ait pas du tout, mais à l’idéal nul n’est tenu…) qui est malheureusement resté fixé à 7% dans la nouvelle Constitution. Il a été question au cours des débats de mettre la barre à 5%, ce qui est déjà élevé, mais la majorité ne l’a pas voulu pour éviter de perdre du pouvoir.

Mais inutile de refaire l’Histoire, il s’agit de se projeter dans le futur. Et puisqu’il y a eu une majorité plutôt confortable pour abaisser le nombre de signatures, pourquoi cette même majorité ne déposerait-elle pas un projet de loi pour abaisser le quorum qui permettrait également d’ouvrir un peu plus le jeu démocratique ?

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03/02/2017

Un vote réjouissant contre les discriminations

FullSizeRender.jpgTotalement inattendu le vote de la commission des affaires juridiques du Conseil national !

Alors que l’on n’était même pas sûr que les commissaires donneraient leur feu vert pour mandater l’administration pour préparer un projet de modification de la loi pour rendre punissables les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle, ne voilà-t-il pas qu’ils sont non seulement entrés en matière sur ce point, mais qu’ils ont également ajouté l’identité de genre !

Incroyable et tellement réjouissant pour celles et ceux qui se battent jour après jour pour faire comprendre à nos politiciennes et politiciens que les discriminations basées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre vont de pair.

La commission a donc, au cours de sa séance du vendredi 3 février, examiné les options d’application de l’initiative parlementaire Reynard à laquelle les commissions des affaires juridiques du Conseil national et du Conseil des Etats avaient donné suite précédemment. Par 15 voix contre 9 et 1 abstention, les commissaires ont décidé d’ajouter l’orientation sexuelle et l’identité de genre à l’article 261bis du Code pénal allant plus loin que l’initiative parlementaire qui ne mentionnait que l’orientation sexuelle.

Selon le communiqué de presse de la commission, cette dernière « considère qu’il est important de lutter contre les discriminations liées à ces deux critères. Elle estime également qu’il est nécessaire d’anticiper et d’appliquer les recommandations faites sur le plan international. Elle relève que cela a déjà été introduit dans certains pays voisins. »

Ce vote est une belle victoire pour que la loi protège enfin toutes les citoyennes et tous les citoyens indépendamment de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre. Il ne s’agit toutefois que d’une victoire d’étape qui demande à être confirmée. Mais en attendant, ne boudons pas notre plaisir !

 

 

 

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13/01/2017

Chat échaudé craint l'eau froide

pIXAEE2OA_uTG3ce7KV2XacriuM.jpgA entendre les défenseurs de la RIE III, un NON le 12 février coûterait plus cher qu’un OUI. Vraiment ? Il est de fait très difficile de savoir qui dit vrai sur cet objet de votation fort complexe. A gauche, on prétend que cette réforme va coûter près de 4 milliards de francs et à droite on affirme que 5 milliards de recettes sont en jeu. Qui croire ?

Comment se faire une opinion autrement qu’en suivant le mot d’ordre du parti dont on se sent proche ? Et encore ! Un électeur ou une électrice de l’UDC doit-il voter OUI, comme le parti le recommande, alors que cette réforme de l’imposition des entreprises est la conséquence de pressions de l’Union européenne tant honnie par celles et ceux qui votent UDC ? Que penser à ce titre de Céline Amaudruz qui déclare qu’ « avec cette réforme, la Suisse préserve ses intérêts au niveau international » ? Plutôt contradictoire…

Comment croire que l’argent économisé par les entreprises sera réinvesti pour la relance alors que le canton de Lucerne qui connaît la fiscalité des entreprises la plus basse connaît d’énormes problèmes budgétaires ? Ne doit-on pas plutôt s’attendre à une forte diminution des prestations et/ou une augmentation des impôts afin de combler le manque à gagner ?

Enfin, que faut-il penser des conséquences de la réforme précédente, RIE II, votée de justesse en 2008 et qui avait coûté finalement 7 fois plus que les 900 millions annoncés faussement au « bon peuple » ? En sera-t-il de même avec RIE III ? Faut-il prendre le risque de se faire avoir une deuxième fois ?

Chat échaudé craint l’eau froide !

 

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