Cinéma

  • « La Belle Epoque » : tendre, drôle et romanesque (et 8 films à l’affiche)

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    IMG_9162.jpgAntoine est un entrepreneur d’un genre particulier : il offre la possibilité à chacun de ses clients de se replonger dans le passé. Pour y parvenir, il reconstitue avec son équipe (habilleurs, décorateurs, machinistes, assistants, comédiens) des décors de cinéma dans lesquels ses clients vont pouvoir se projeter dans une époque qu’ils auraient voulu vivre ou revivre. C’est ce qui va arriver à Victor. Sexagénaire désabusé, au chômage et aux relations conflictuelles avec son épouse, il va être projeté dans les années 70 où il va revivre la première rencontre avec celle qui deviendra sa femme jouée par une comédienne qui ne va pas le laisser indifférent.

    « La Belle Epoque » mélange avec bonheur réalité et fiction. C’est le plus souvent ludique et par moment carrément jouissif. On a en effet beaucoup de plaisir à suivre Victor dans son retour vers le passé et de partager avec lui des moments à la fois empreints d’une grande nostalgie, mais également source d’un nouveau départ. Si le film fonctionne très bien, malgré quelques scènes un peu répétitives, il le doit à son originalité, à son inventivité, à une réalisation fluide qui ne perd jamais le spectateur en route, à d’excellents dialogues et à la très grande qualité de ses interprètes.

    C’est ainsi que Daniel Auteuil est formidable. Pour Nicolas Bedos, choisir Daniel Auteuil était une évidence : « je cherchais un homme dont l’âge « mûr » ne rendrait pas pour autant pathétique ou grotesque ce retour à sa jeunesse, aux costumes cintrés des années 70 ! Un homme sans âge qui nous ferait croire à son histoire d’amour avec une très jeune femme, sans que cela paraisse libidineux, prosaïque. » Le reste de la distribution est à la hauteur, à commencer par Fanny Ardent qui a toujours la grande classe et Pierre Arditi qui est génialement facétieux. Un film tendre, drôle et romanesque. (4 étoiles)

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  • « Matthias et Maxime » : une amitié mise à rude épreuve

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    IMG_9147.jpgMatthias est un avocat qui a tout pour faire carrière. Il est en couple avec Lisa. Maxime s’occupe de sa mère pleine de problèmes, vit chichement et se prépare à partir pour deux ans en Australie à la recherche d’un avenir incertain. Matthias et Maxime sont des amis d’enfance. Un jour, ils sont amenés à s’embrasser pour les besoins d’un court métrage. Un baiser de cinéma anodin aux conséquences pourtant dévastatrices.

    Huitième long métrage de Xavier Dolan, dans lequel il tient fort bien un des deux rôles principaux aux côtés de Gabriel D’Almeida Freitas également très convaincant, « Matthias et Maxime » raconte une histoire d’amitié qui prend une tournure inattendue. Leur relation va être mise à rude épreuve et l’issue incertaine jusqu’au dernier plan. Ce suspense émotionnel, si on ose dire, est d’ailleurs le point fort du film : plus les minutes avancent et plus on s’attache aux deux personnages principaux.

    Mais pour finir par s’intéresser vraiment à leur histoire, il faut supporter un début qui part dans tous les sens, extrêmement bavard, trop long et une caméra brouillonne. Limite pénible, à vrai dire. Heureusement, tout s’arrange dans une seconde partie qui laisse la place aux doutes qui habitent Matthias et Maxime. Xavier Dolan se concentre alors sur l’essentiel et le film prend une autre direction : celle de l’émotion. (3 étoiles)

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  • « Hors normes» : à ne pas manquer (et 7 films à l'affiche)

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    186B86E9-B974-4FD9-978F-E399F09A885B.jpegLes deux réalisateurs d'« Intouchables», Eric Toledano et Olivier Nakache, ont réussi à faire encore plus fort avec « Hors normes». Si le film n'atteindra sans doute pas les sommets de fréquentation de son prédécesseur, il n'a par contre rien à lui envier sur le plan des émotions qui est…hors normes !

    La genèse du film remonte à 25 ans quand les deux réalisateurs ont rencontré, dans le cadre de leur formation de directeur de colonies de vacances, Stéphane Benhamou, le créateur de l'association Le Silence des Justes, spécialisée dans l'accueil et l'insertion des enfants et adolescents autistes. Ils racontent « qu'ils ont été profondément impactés par l'énergie et l'humanité que Stéphane et son équipe dégageaient. L'alchimie entre jeunes référents et jeunes en situation de handicap les a complètement bouleversés. » Et le moins que l'on puisse écrire est qu'ils ont parfaitement réussi à transposer à l'écran ce qu'ils ont ressenti.

    Avant d'écrire le scénario de leur film, Eric Toledano et Olivier Nakache se sont immergés au sein de deux associations. Toutes les scènes du film ont été vécues par les réalisateurs dans la réalité, y compris la plus stressante dont on ne parlera pas ici pour ne rien dévoiler. Pour faire leur casting, ils ont recruté des acteurs au sein d'une compagnie artistique qui travaille avec des personnes présentant différents troubles. C'est ainsi que, notamment, Benjamin Lesieur, qui est formidable dans le rôle de Joseph, a été engagé.

    « Hors normes», c'est donc l'histoire de Bruno (Vincent Cassel absolument génial dans un rôle à contre-emploi) et de Malik (Reda Kateb impeccable, comme d'habitude) qui au sein de leurs deux associations respectives forment des jeunes issus de milieux défavorisés pour encadrer des enfants et adolescents qui souffrent d'un grave trouble et dont les institutions publiques ne savent pas que faire. La manière dont ces jeunes sont pris en charge sort des sentiers battus et va leur occasionner des difficultés avec l'administration.

    « Hors normes» est un film d'un grand réalisme rendu encore plus palpable par le fait qu'il a été tourné caméra à l'épaule, avec une scène introductive haletante qui donne le ton. Il est également d'une très forte intensité sur le plan émotionnel, difficile en effet de retenir par moment ses larmes. Ce ne sont pas des larmes de tristesse, ni de joie, quand bien même on rit aussi souvent dans le film, mais des larmes d'optimisme, de courage, d'empathie, de subtilité, en un mot d'humanité. A voir absolument. (5 étoiles)

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  • « Joker» : du cinéma avec un grand C (et 5 films à l'affiche)

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    IMG_9087.jpgUn film de super-héros tiré d’une bande dessinée qui reçoit le Lion d’or à Venise, voilà qui peut surprendre. Après avoir vu « Joker », la surprise n’est plus de mise tant le film est exactement l’inverse de ce que Hollywood a pu produire en matière de films de super-héros : il est sombre, parfois violent, sans concession et même subversif. Il est tout sauf politiquement correct.

    Arthur Fleck vit avec sa mère dans un immeuble délabré et gagne péniblement sa vie en faisant le clown pour des enfants malades ou des enseignes en mal de publicité, tout en rêvant de devenir un comédien célèbre. Suite à différents événements, ce fragile équilibre va être rompu et le côté sombre d’Arthur va alors éclater au grand jour, à l’image de la société mal en point dans laquelle il vit.

    « Joker » est très éloigné du rêve américain que nous renvoie régulièrement Hollywood. Il met en scène avec brio la folie de son personnage principal en s’attaquant aux médias et aux élites et en fait, malgré lui, la figure emblématique d’un mouvement social qui se révolte contre une société à deux vitesses. Pour que ce film fonctionne, il fallait un acteur d’exception. Et c’est bien le cas avec la performance de Joaquin Phoenix (qui a perdu 25 kilos pour le rôle !) qui est hallucinante de noirceur, de folie, de tendresse, de désespoir, de violence à l’image d’un film qui fait honneur au cinéma avec un grand C. (5 étoiles)

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  • « Ad Astra » : un film de haut vol (et 8 films à l'affiche)

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    IMG_8814.jpgEvacuons d'entrée les deux petits défauts de ce film pour pouvoir se concentrer ensuite sur l'essentiel. Alors, oui, le film manque par moment un peu de rythme et la scène où Brad Pitt s'infiltre facilement dans un vaisseau spatial qui va décoller est totalement invraisemblable, même pour un film de science-fiction. Mais au fond ça n'a guère d'importance, car…la vérité est ailleurs.

    Roy McBride est astronaute. Il est recruté pour une mission très spéciale : se rendre aux limites du système solaire à la recherche de son père disparu depuis des décennies et pour résoudre par la même occasion un mystère qui menace la survie de la Terre et qui pourrait bien avoir un lien avec la disparition du paternel.

    Sous couvert d’un film d’aventure spatiale, le film ne manque d’ailleurs pas de rebondissements qui tiennent le spectateur en haleine malgré quelques petites baisses de régime, « Ad Astra » retrace avant tout la relation entre un fils et un père absent depuis si longtemps. Cette quête intérieure est superbement filmée, la qualité des images est incroyable, et la bande-son n’est pas en reste. Quant à Brad Pitt il est au sommet de son art, comme il l’avait déjà montré tout récemment dans « Once Upon a Time…in Hollywood ».

    Tout en retenu, souvent en « voix off », l’astronaute McBride nous fait partager sa douleur rentrée et ses émotions, malgré le scaphandre qu’il porte la plupart du temps, jusqu’à une fin dont la symbolique saute certes aux yeux, mais qui est magnifique. Un film de haut vol, du cinéma de première classe. (5 étoiles)

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