17/07/2018

« Les Indestructibles 2 » : de l’action et de l’humour du début à la fin

IMG_3055.jpgL’énorme succès de la saga des Indestructibles est indéniablement dû au fait qu’avant d’être une histoire de super-héros, c’est « l’histoire d’une famille dont chaque membre apprend à équilibrer sa vie personnelle et l’amour qu’il porte aux autres », comme le précise fort à propos son réalisateur Brad Bird.

Le soin apporté aux relations familiales, en toute simplicité et sans aucune mièvrerie, est indéniablement la grande réussite du film. Les personnages sont crédibles dans leur univers de science-fiction. On rit souvent avec une mention toute particulière au génial bébé Jack-Jack craquant, espiègle et très drôle.IMG_3056.jpg

Quant à l’histoire, elle suit les rebondissements habituels des films d’espionnage - le réalisateur dit d’ailleurs s’être inspiré des « James Bond », la musique et le générique de fin  s’y réfèrent de manière évidente, consciemment ou pas, et des « Mission impossible » - et de ceux de super-héros. On pense inévitablement aux Avengers en visionnant « Les Indestructibles 2 ».  

Le scénario a toutefois la bonne idée d’inverser les rôles « habituels », puisque c’est madame qui va sauver le monde pendant que monsieur s’occupe tant bien que mal de la famille et doit mettre son ego de côté. Et il faut bien reconnaître que malgré la longueur exceptionnelle pour ce genre de film, 1h58, on ne s’ennuie pas une seconde. Il y a de l’action du début à la fin, mais du coup guère de place pour l’émotion, à tel point qu’on est tout étonné au moment du générique de fin que deux heures soient passées. Un très bon divertissement qui plaira à un large public. (4 étoiles)

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15/07/2018

« À la dérive »: entre hallucinations et réalité

EB09FDE3-F48E-429B-B542-3B1D8C277E8C.jpegHistoire vraie. En 1983, Tami Oldham Ashcraft et son fiancé Richard Sharp se retrouvent pris au piège de l’ouragan Reymond sur leur voilier en plein Pacifique. Ils n’ont pas d’autre choix que de l’affronter. La tempête passée, le bateau est dans un bien triste état et ses occupants condamnés à lutter pour leur survie entre hallucinations et réalité. 

L’originalité de « À la dérive » réside avant tout dans le fait que le récit ne respecte pas la chronologie des événements, puisque le film commence par la scène qui voit Tami reprendre ses esprits dans la cabine d’un voilier dévasté par ce qu’on imagine être une énorme tempête. À l’aide de flashbacks et de scènes qui décrivent en temps réel cette dérive synonyme de lutte contre la mort, le film reconstitue cette aventure humaine hors du commun en réservant une surprise de taille peu avant la fin, justifiant ainsi ce récit construit avec des allers et retours.

Si l’on peut regretter le recours à de trop nombreux flashbacks et encore plus leur romantisme parfois à la limite de la mièvrerie, force est de constater que ce parti pris évite l’ennui, qui est un risque bien réel quand on assiste à la dérive d’un voilier pendant des semaines, et ménage le suspense. La réalisation est soignée, avec une scène de l’ouragan spectaculaire, les décors, majoritairement naturels, magnifiques et les deux acteurs principaux convaincants. Un film de bonne facture. (3 étoiles)

Toujours à l'affiche

4 étoiles. « Ocean’s 8 ». « Spin-off », on appelle ça une bouture en botanique, de la série à succès « Ocean’s 11, 12, 13 », on y retrouve les mêmes éléments qui ont fait le succès de la série : humour, mise en scène énergique, rythme, raffinement, surprises de dernière minute, entre autres. Il y a toutefois une grande différence : les héros sont remplacés par des héroïnes et on n’y perd pas au change. Debbie Ocean, la sœur de Danny Ocean interprété par George Clooney dans la trilogie, a élaboré un plan pour dérober un collier estimé à 150 millions dollars au cours de son incarcération. Le vol devra avoir lieu durant le très renommé Met Ball de New-York. Mais pour arriver à ses fins, Debbie doit s’entourer de complices très qualifiées dans des domaines bien différents. La première partie du film se concentre sur la composition de cette équipe de choc alors que la seconde fait la part belle aux péripéties en lien avec ce vol audacieux. Et il y a également un prologue qui tient les spectateurs en haleine jusqu’au bout. Le casting exclusivement féminin donne indéniablement un nouveau souffle à la série. Les actrices sont en effet impeccables. C’est glamour, stylé et élégant, mais pas gratuit car s’inscrivant parfaitement dans l’esprit du film. On ne s’ennuie pas une seconde dans « Ocean’s 8 », un divertissement au final très plaisant.

3 étoiles. « Love, Simon ». Pour son réalisateur, Greg Berlanti, l’originalité de « Love, Simon » tient dans son personnage principal, car « jamais jusqu’ici un gros film de studio n’avait eu un jeune héros gay au cœur d’une histoire de passage à l’âge adulte. » On peut effectivement s’en réjouir, mais également regretter qu’il ait fallu attendre 2018 pour qu’un tel film existe. Simon est un ado qui a une vie « normale », entouré d’une famille qu’il adore et d’amis formidables. Mais il a un secret : il est gay et ne l’a dit à personne. Une rencontre en ligne avec un inconnu va bouleverser sa vie pour le pire et en fin de compte surtout pour le meilleur. On aurait pu craindre qu’à partir de cette trame plutôt convenue, hormis l’orientation sexuelle du personnage principal, « Love, Simon » ne soit qu’un film d’adolescents parmi d’autres. Ce n’est pas vraiment le cas grâce à ses personnages très attachants, parfaitement incarnés par de jeunes acteurs excellents, son humour par moment ravageur (la scène où des parents s’effondrent en apprenant que leur enfant est hétéro est à hurler de rire), mais également grâce à une sensibilité qui sonne le plus souvent juste. Alors, certes, les ficelles sont parfois un peu grosses pour susciter l’émotion à tout prix, mais c’est rafraichissant, positif et au final ça fait du bien.

3 étoiles. « Désobéissance ». Ronit est photographe et vit à New-York, loin de ses origines juives-orthodoxes. Un coup de fil lui apprend que son père, rabbin très respecté avec lequel elle n’avait plus de contact, est décédé. Elle décide malgré tout de se rendre à ses funérailles. Sa venue ne soulève pas l’enthousiasme au sein d’une communauté qui n’apprécie guère qu’elle ait choisi de vivre sa vie en dehors d’elle. Au cours de son séjour, elle va retrouver Esti, son amour de jeunesse, dorénavant mariée avec leur meilleur ami d’enfance et successeur désigné du rabbin. Les sentiments qu’éprouvent les deux femmes l’une envers l’autre leur donneront-ils la force nécessaire pour vivre leur amour malgré le poids de la religion et des traditions ? Au travers de cette histoire d’amour apparemment impossible, « Désobéissance » aborde les thèmes de la liberté, de la transgression, des rapports à la religion, du deuil et de l’homosexualité. C’est fait avec délicatesse, tendresse et bienveillance. Le jeu des acteurs est à l’image du film, tout en finesse. Il y a certes quelques longueurs et le film peine malheureusement à trouver sa conclusion. Des défauts qui ne doivent toutefois pas empêcher d’aller le voir.

2 étoiles. « Everybody knows» emprunte les codes du thriller psychologique pour mettre en scène un secret familial, pas si secret que ça d’ailleurs, d’où le titre du film, qui va éclater au grand jour à l’occasion d’un mariage. L’action de situe en Espagne dans un village où tout se sait, mais sans forcément se dire. C’est sur ce principe de réalité qu’ « Everybody knows » est construit, ce qui permet au scénario de jouer sur les sentiments, souvent contradictoires, entre les (trop) nombreux personnages, mais aussi d’y inclure des rebondissements. Pas très original. Ce ne serait pas très grave si ces derniers donnaient un rythme soutenu à l’action et qu’ils étaient un tant soit peu crédibles. Or, force est de constater que le film a des longueurs. Elles sont dues au fait que l’action manque par moment de clarté et de crédibilité. Le dénouement dans la précipitation de l’intrigue et une fin bâclée en sont d’ailleurs la parfaite illustration. Ceci étant dit, la mise en scène est réussie, la photographie magnifique et la distribution est excellente avec une mention toute particulière pour Javier Bardem qui crève l’écran. C’est déjà pas si mal, mais tout de même insuffisant pour effacer le sentiment de déception qui domine.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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10/07/2018

« Love, Simon »: résolument optimiste

IMG_2995.jpgAdapté d’un roman pour jeunes adultes de Becky Albertalli, Moi, Simon, 16 ans, Homo sapiens, « Love, Simon » s’adresse donc plutôt à un public jeune. Mais les plus âgés pourront également trouver du plaisir à voir ce film sans grandes surprises dans son déroulement très américain, mais agréable grâce à son esprit résolument optimiste.

Pour son réalisateur, Greg Berlanti, l’originalité de « Love, Simon » tient dans son personnage principal, car « jamais jusqu’ici un gros film de studio n’avait eu un jeune héros gay au cœur d’une histoire de passage à l’âge adulte. » On peut effectivement s’en réjouir, mais également regretter qu’il ait fallu attendre 2018 pour qu’un tel film existe.

Simon est un ado qui a une vie « normale », entouré d’une famille qu’il adore et d’amis formidables. Mais il a un secret : il est gay et ne l’a dit à personne. Une rencontre en ligne avec un inconnu va bouleverser sa vie pour le pire et en fin de compte surtout pour le meilleur.

On aurait pu craindre qu’à partir de cette trame plutôt convenue, hormis l’orientation sexuelle du personnage principal, « Love, Simon » ne soit qu’un film d’adolescents parmi d’autres. Ce n’est pas vraiment le cas grâce à ses personnages très attachants, parfaitement incarnés par de jeunes acteurs excellents, son humour par moment ravageur (la scène où des parents s’effondrent en apprenant que leur enfant est hétéro est à hurler de rire), mais également grâce à une sensibilité qui sonne le plus souvent juste.

Alors, certes, les ficelles sont parfois un peu grosses pour susciter l’émotion à tout prix, mais c’est rafraichissant, positif et au final ça fait du bien. (3 étoiles)

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05/07/2018

« 3 jours à Quiberon »: déprimant

IIMG_2920.jpgnspiré de la dernière interview que Romy Schneider a donné en allemand au magazine Stern quelques mois avant sa mort, « 3 jours à Quiberon » fait revivre la star grâce à l’incroyable performance et ressemblance de Marie Bäumer avec Romy Schneider. C’est troublant et fascinant. C’est indéniablement la grande réussite de ce film en noir et blanc, choix tout à fait pertinent puisque le film passe de l’ombre à la lumière, en privilégiant malheureusement trop souvent le côté sombre.

C’est ainsi qu’au cours de ces trois jours, on découvre une femme qui traverse une crise existentielle et qui ne sait plus comment concilier sa vie privée, son rôle de mère et sa carrière. Elle en parle en toute liberté et sans filtre, dans des scènes souvent trop longues qui conduisent à l’ennui, à un journaliste et un photographe, le plus souvent sous l’emprise de l’alcool et une cigarette constamment allumée. Quand l’interview s’interrompt, l’actrice, bien éméchée, va dormir avec l’aide indispensable de somnifères pour faire taire ses démons intérieurs.

C’est à tel point pathétique que le journaliste va finir par être mal à l’aise et le spectateur avec lui. Il y a heureusement quelques scènes radieuses et empreintes de bienveillance, particulièrement celles avec le photographe et l’amie de Romy venue lui rendre visite, qui évitent de tomber complètement dans la dépression à la sortie du film. On peut comprendre que la fille de Romy Schneider ait peu apprécié. (2 étoiles)

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26/06/2018

« Désobéissance »: délicatesse, tendresse et bienveillance

IMG_2863.jpgAdapté du roman de Naomi Alderman et réalisé par le cinéaste chilien Sebastian Lelio, récompensé par l’Oscar du meilleur film étranger avec « Une femme fantastique », « Désobéissance » raconte l’histoire de deux femmes qui ont grandi ensemble, que la vie a séparé et qui se retrouvent à l’occasion du décès du père d’une d’elles.

Ronit est photographe et vit à New-York, loin de ses origines juives-orthodoxes. Un coup de fil lui apprend que son père, rabbin très respecté avec lequel elle n’avait plus de contact, est décédé. Elle décide malgré tout de se rendre à ses funérailles. Sa venue ne soulève pas l’enthousiasme au sein d’une communauté qui n’apprécie guère qu’elle ait choisi de vivre sa vie en dehors d’elle. Au cours de son séjour, elle va retrouver Esti, son amour de jeunesse, dorénavant mariée avec leur meilleur ami d’enfance et successeur désigné du rabbin. Les sentiments qu’éprouvent les deux femmes l’une envers l’autre leur donneront-ils la force nécessaire pour vivre leur amour malgré le poids de la religion et des traditions ?

 Au travers de cette histoire d’amour apparemment impossible, « Désobéissance » aborde les thèmes de la liberté, de la transgression, des rapports à la religion, du deuil et de l’homosexualité. C’est fait avec délicatesse (la scène où Ronit allume la radio qui passe « Lovesong » de Cure en est la parfaite illustration), tendresse et bienveillance.

Le jeu des acteurs est à l’image du film, tout en finesse. Rachel Weisz, également productrice, est sublime de dignité et forme un duo amoureux très convaincant avec Rachel McAdams. Quant à Alessandro Nivola, il joue avec subtilité le mari à la fois bien ancré dans la tradition, mais aussi attentif aux autres. La scène où il fait l’éloge de la liberté dans la synagogue est bouleversante. Il y a certes quelques longueurs et le film peine malheureusement à trouver sa conclusion. Des défauts qui ne doivent toutefois pas empêcher d’aller le voir. (3 étoiles)

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