Cinéma

  • « Mon inconnue » : à découvrir (et 7 films à l’affiche)

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    IMG_5867.jpgLes comédies romantiques trainent derrière elles la réputation d’être la plupart du temps, au mieux, « gentillettes » et, au pire, nulles. Et il faut bien dire que cette réputation, à quelques exceptions près, n’est pas vraiment imméritée. Autant le dire tout de suite, « Mon inconnue » fait partie des exceptions.

    Hugo Gélin, le réalisateur avait pour ambition de raconter une histoire « dont la part fantastique est très réaliste. Ainsi parler des choses les plus simples et les plus humaines qui soient prend une ampleur et une dimension particulièrement cinématographique. Le challenge était donc de faire adhérer le spectateur à cette part surnaturelle, de le surprendre et de l’entraîner plus loin. »

    Pari réussi, car l’histoire de Raphaël, auteur de science-fiction à succès, qui se retrouve plongé du jour au lendemain dans un monde parallèle où il est un « simple » professeur de lettres et n’a jamais rencontré sa femme qui est, par effet de miroir, une pianiste célèbre, est la plupart du temps jubilatoire.

    Le scénario est intelligent, à part quelques petites facilités, notamment vers la fin, mais c’est aussi ce qui donne le label « comédie romantique » au film, on rit souvent de bon cœur, les dialogues sont percutants, il y a de l’émotion, la réalisation est convaincante et les trois acteurs principaux (le craquant François Civil, la délicate Joséphine Japy et le drôlissime Benjamin Lavernhe) sont excellents. De quoi passer un très bon moment et sortir de la salle avec la banane. (4 étoiles)

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  • « Boy Erased » : froid dans le dos (et 7 films à l’affiche)

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    78F47B00-06E5-4E69-8B97-334D0BB16A3C.jpegAdapté des mémoires de Garrard Conley publiées en 2016, « Boy Erased » raconte l'histoire de Jared, jeune homme de 19 ans et fils de pasteur dans une petite ville américaine, qui apprend à ses parents qu'il est homosexuel. Ne voulant pas être rejeté par sa famille et sa communauté religieuse, il accepte de suivre un programme de thérapie de conversion.

    Par ce film, le réalisateur-comédien Joel Edgerton souhaitait relancer le débat aux USA autour des thérapies de conversion qui sont autorisées dans 36 Etats et de très nombreux pays. Le réalisateur espère que le message du film « sera entendu par des parents en proie à ce genre de questionnement et de tourment face à leur enfant. L'orientation sexuel ne peut pas être changée ou "guérie", mais heureusement, on peut apprendre à accepter.»

    L'acceptation est d'ailleurs au cœur du film: celle de Jared d'être celui qu'il est et celle de ses parents d'avoir un fils comme lui. Mais pour peut-être en arriver là, le chemin sera parsemé d'embûches et notamment ce programme de conversion qui fait froid dans le dos. L'objectif du film est donc largement atteint sur ce plan-là.

    On n'en dira toutefois pas autant sur celui de l'émotion. Les allers et retours entre passé et présent rendent en effet le récit par moment hâché et empêchent l'émotion de s'installer, à l'exception des très belles scènes finales entre mère et fils et père et fils portées par les excellents Lucas Hedges, Nicole Kidman et Russel Crowe. Un film nécessaire, mais pas complètement abouti. (3 étoiles)

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  • « Le mystère Henri Pick » : en quête d’identité (et 5 films à l’affiche)

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    IMG_5744.jpgTiré du livre éponyme de David Foenkinos, « Le Mystère Henri Pick » est une comédie policière dont l’intrigue, son déroulement et son atmosphère font inévitablement penser aux romans d’Agatha Christie et à son héros masculin, Hercule Poirot.

    Jean-Michel Rouche est un critique littéraire reconnu qui anime une émission télévisuelle consacrée à la littérature. Un jour, il reçoit sur son plateau la veuve d’un auteur totalement inconnu. Le manuscrit de son mari a été découvert par hasard par une jeune éditrice dans une étrange bibliothèque en Bretagne. Publié, il connaît un énorme succès. Mais Jean-Michel Rouche ne croit pas une seule seconde qu’un pizzaïolo breton a pu écrire ce roman. Il décide alors de mener son enquête pour prouver qu’il a raison.

    A mi-chemin entre la comédie et le film policier - on ne parlera pas ici de « thriller » car on ne peut pas dire que l’intrigue mette le spectateur sous tension et il n’y a pas à proprement parler de suspense, mais tout de même un intérêt à connaître la vérité - « Le Mystère Henri Pick » permet de passer un bon moment.

    Porté par Fabrice Luchini et Camille Cottin qui évoluent tous les deux dans le registre d’une sobriété bienvenue, ce n’est en effet pas leur marque de fabrique, le film est divertissant et les rebondissements, bien que légers, permettent de garder le spectateur en éveil du début à la fin, même si le tout manque un peu de folie. (3 étoiles)

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  • « Mon bébé » : formidable Sandrine Kiberlain (et 8 films à l’affiche)

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    IMG_5676.jpgGrand Prix au Festival du Film de Comédie de l’Alpe d’Huez, « Mon bébé » est directement inspiré de la réaction que la réalisatrice, Lisa Azuelos, a eue au moment où sa fille a décidé d’aller poursuivre ses études au Canada.

    Et pour que l’inspiration soit totale, c’est sa propre fille, Thaïs Alessandrin, qui incarne à l’écran Jade, la « petite dernière » qui va bientôt partir pour aller étudier à l’étranger. Son frère et sa sœur aînés ayant déjà quitté le cocon familial, Héloïse, la mère divorcée depuis belle lurette et aux relations sans lendemain ou presque, n’a pas d’autre choix que d’affronter cette séparation qui s’annonce.

    A partir de cette trame on ne peut plus simple, et qui ne réserve guère de surprises en cours de route, Lisa Azuelos réalise pourtant un film au charme certain grâce, d’une part, à un montage habile et fluide entre les scènes qui montrent Jade enfant et celles où elle est devenue une jeune femme et, d’autre part, grâce à Sandrine Kiberlain qui porte le film sur ses épaules.

    En effet, elle est à la fois drôle, et même par moment hilarante, touchante, exubérante, agaçante, émouvante, liste non exhaustive. Elle est à tel point indispensable au film que dès qu’elle n’est plus à l’écran, « Mon bébé » connaît des coups de mou, qui heureusement ne durent jamais longtemps, avec des scènes pas indispensables. Au final, une comédie familiale enjouée, avec juste ce qu’il faut de nostalgie, qui se laisse voir avec plaisir. (3 étoiles)

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  • « Jusqu’à la garde » : un drame qui prend à la gorge (et 7 films à l’affiche)

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    IMG_5636.jpgLes films qui vous laissent KO debout à la fin de la projection ne sont pas si nombreux. « Jusqu’à la garde » en fait partie. Sorti il y a une année dans un relatif anonymat, le premier film de Xavier Legrand a été mis sous les feux des projecteurs à l’occasion de la récente remise des César où il a obtenu 4 récompenses dont celles très convoitées de « meilleur film » et « meilleure actrice » pour Léa Drucker.

    Grâce à cette reconnaissance de la profession cinématographique française, « Jusqu’à la garde » est ressorti sur les écrans genevois cette semaine donnant ainsi l’occasion à celles et ceux qui l’avaient manqué de se rattraper. J’en faisais partie ayant trop tardé à aller voir un film au sujet difficile : les violences domestiques.

    Dès la première scène, qui dure une dizaine de minutes et magistralement filmée en gros plan, la tension est palpable : Miriam et Antoine Besson font face à la juge qui doit décider si elle accèdera à la demande de garde partagée du père pour leur fils Julien âgé de 11 ans alors que Miriam l’accuse d’être violent. Obligé finalement par la juge à voir son père un week-end sur deux, Julien va tout faire pour empêcher son père de s’approcher de sa mère quitte à essuyer les foudres de ce dernier.

    Drame qui prend au fur et à mesure que l’intrigue avance des allures de thriller, « Jusqu’à la garde » prend petit à petit à la gorge et la serre de plus en plus jusqu’à un final qui, logiquement, laisse sans voix et sans souffle. Un film coup de poing, sur une réalité endurée hélas par de trop nombreuses familles, qui doit beaucoup à sa mise en scène qui met constamment le spectateur sous tension et à ses trois interprètes principaux – Léa Drucker, Denis Ménochet (à l’affiche actuellement de « Grâce à Dieu » où il est également remarquable) et le jeune Thomas Gioria – bouleversants de vérité. (5 étoiles)

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