30/11/2018

« Amanda » : tout en douceur (et 7 autres films à l’affiche)

IMG_4875.jpgSuite au décès brutal de sa sœur dont il est très proche, David, 24 ans, se retrouve en charge de sa nièce de 7 ans, car mis à part une grand-tante vieillissante, la petite Amanda ne peut compter que sur son oncle. Ce dernier sera-t-il capable non seulement de faire face à ce défi de devenir « père » malgré lui, mais aussi de surmonter et de faire surmonter à sa nièce la perte de l’être cher ?

« Amanda » est un film sur la construction et la reconstruction. Construction d’une relation entre un jeune adulte qui se cherche encore et une enfant qui voit son monde s’écrouler en une nuit, et reconstruction après un deuil d’une grande brutalité. La relation entre Amanda et David est donc au cœur du film. Il est dès lors essentiel qu’elle fonctionne à l’écran.

Tel est bien le cas grâce à Isaure Multrier qui joue, selon le vœu du réalisateur Mikhaël Hers, une Amanda « très juvénile et poupon, mais avec un petit côté adulte ». Et bien sûr grâce à Vincent Lacoste à qui le réalisateur a confié le rôle car « son visage, sa façon de parler, sa douceur, sa grâce, sa beauté un peu gauche » étaient d’indéniables atouts pour jouer David et on ne peut que lui donner raison. Son jeu est d’une grande finesse aussi bien dans les rires – le sujet grave d’ « Amanda » n’empêche pas le film d’avoir de nombreux moments plus légers à l’image de la vie – que dans les larmes.

Malgré quelques petites longueurs par-ci, par-là et une fin un peu trop démonstrative, « Amanda » est un film plein de douceur, de bienveillance, de justesse et de délicatesse. En un mot, émouvant. (4 étoiles)

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28/11/2018

Le Conseil des États s’arrête à mi-chemin

Lors de sa séance du 7 novembre, la commission des affaires juridiques du Conseil des Etats avait emboîté le pas au Conseil national qui, au mois de septembre, avait approuvé à une large majorité de compléter la norme pénale antiraciste afin de permettre de combattre l’homophobie et la transphobie. Mais le vote de la commission était extrêmement serré, puisque c’était la voix de la présidence qui avait été décisive pour trancher en faveur du "oui" (6 voix contre 6 et 1 abstention).

Cette décision, à l'arraché, était un signal important contre les crimes, les délits de haine et les discriminations dont sont encore trop souvent victimes les personnes homosexuelles, bisexuelles, transgenres et intersexuées, mais laissait de fait une grande incertitude sur le vote final du Conseil des États.

Et malheureusement le Conseil des Etats n’a transformé qu’à moitié l’essai, puisque s’il a accepté à une large majorité cette modification dans le Code pénal, c’est en l’amputant de la référence à l’identité de genre, ce qui a fait réagir les associations faîtières LGBTI (lesbienne, gay, bi, trans*, intersexe) dans le communiqué presse ci-dessous.

Quelques mois après le Conseil national, le conseil des États a aujourd’hui également approuvé une partie de l’élargissement de la norme pénale contre le racisme. Les discours haineux ainsi que les discriminations basées sur l’orientation sexuelle pourront désormais faire l’objet de poursuites pénales mais pas ceux contre des personnes transgenres ou intersexes.
Le Conseil des Etats a par 32 voix contre 10 (0 abstentions) approuvé l’initiative parlementaire « Lutter contre les discriminations basées sur l’orientation sexuelle ». Cette initiative de Mathias Reynard (PS) propose l’extension de la disposition existante du Code pénal luttant contre la discrimination raciale. Selon le Conseil des Etats, les discriminations basées sur l’orientation sexuelle doivent être punies, mais pas celles concernant l’identité de genre. Avec cette position le Conseil des états est clairement à la traîne par rapport au Conseil National qui a lors de sa dernière session accepté les deux modifications.
 
Les organisations faîtières LGBTI Suisses condamnent cette demi-mesure
 « La décision du Conseil des Etats exclue les personnes intersexes et transgenres et les marginalise encore davantage. C’est scandaleux » s’énerve Alecs Racher, responsable juridique du Transgender Network Switzerland (TGNS). « Nous nous réjouissons bien entendu pour les personnes lesbiennes, bisexuelles et homosexuelles. Elles vont bénéficier de meilleures protections juridiques, mais l’article 261 bis ne sera pas complet tant qu’il ne condamnera pas les discriminations basées sur l’identité de genre. Nous encourageons le Conseil national à rester ferme sur sa position et espérons que le Conseil des Etats ne va pas continuer à encourager une politique discriminante ».
 
La disposition de l’art. 261bis CP actuelle ne réprime que les crimes de haine du fait de la race, de l’ethnie ou de la religion. L’extension à l’identité de genre et à l’orientation sexuelle avait été approuvée par les commissions juridiques du Conseil des États et par le Conseil national. Cette adaptation de la norme pénale était également fortement encouragée à l’international. Suite à la décision du Conseil des Etats, le Conseil national va à nouveau traiter le sujet le 3 décembre.

Les associations LGBTI suisses l’encouragent fortement à rester ferme sur ses postions !

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27/11/2018

« Le Jeu » : dérapage (presque) incontrôlé (et 7 autres films à l’affiche)

LIMG_4869.jpge temps d’un dîner, des amis décident de jouer à un jeu qui consiste à poser son téléphone portable au milieu de la table. A chaque fois qu’une notification sera envoyée, le message devra être partagé avec les autres. Un jeu qui va se révéler très dangereux pour les participants et virer petit à petit à un jeu de massacre.

Après un démarrage un peu lent avec l’arrivée échelonnée des invités, le film prend son rythme de croisière quand il est l’heure de passer à table. Il s’emballe quand le jeu commence. Il y a du rythme, de l’action, c’est drôle et l’on se réjouit à l’avance de la catastrophe qui ne va pas manquer d’arriver avec les premiers messages. Et l’on n’est pas déçu. Le rire devient alors jaune, c’est grinçant à souhait, un régal. Les acteurs sont excellents avec une mention spéciale à Gregory Gadebois, le seul célibataire présumé de la bande, et Suzanne Clément, géniale dans ses excès.

« Le Jeu » part du principe que les invités ont tous des choses à se reprocher et/ou à cacher et…les spectateurs dans la salle également. Ils en sont du coup également les acteurs et se demandent forcément au fur et à mesure que le jeu dérape si toute vérité est bonne à dire…Le film, et sa fin décevante en forme de pirouette, se garde d’ailleurs bien de prendre position en rattrapant in extremis ses personnages au bord du gouffre. Dommage que le dérapage ne soit pas incontrôlé jusqu’au bout. (3 étoiles).

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25/11/2018

Du grand au petit écran : « The Revenant » avec Di Caprio et « Dheepan »

IMG_4866.jpgIrréprochable au niveau du jeu - Leonardo Di Caprio a enfin décroché l’Oscar du meilleur acteur avec ce film - de la réalisation et de la mise en scène - Alejandro Gonzalez Inarritu a reçu pour la deuxième fois et consécutivement l’Oscar du meilleur réalisateur - et de la photographie absolument superbe et également « oscarisée, « The Revenant » est une indéniable réussite sur le plan de la performance cinématographique.

« The Revenant », c’est l’histoire d’un trappeur grièvement blessé par un ours qui va chercher à se venger parce qu’il a été abandonné par ses équipiers. Quelques scènes, comme la charge des Indiens au début du film, l’attaque de l’ours ou encore la poursuite à cheval, sont d’une maîtrise technique à couper le souffle. Elles sont de plus tournées dans de superbes paysages.

Mais c’est paradoxalement également la faiblesse du film qui tire en longueur et qui est sans cesse dans la démonstration, qui plus est le plus souvent violente. Certaines scènes sont en effet d’une grande sauvagerie, le sang gicle même sur la caméra, sans que cela apporte nécessairement un plus. Un film qui, en définitive, privilégie à l’excès la prouesse technique à l’émotion, à l’image de son héros increvable à tel point que cela en devient risible, et finit par tourner à vide.

2 étoiles. « The Revenant ». RTS UN, lundi 26 novembre, 20h45.

IMG_4867.jpgDheepan est un ancien soldat qui veut fuir l’horreur de la guerre civile au Sri Lanka. Pour augmenter ses chances de trouver l’asile en Europe, il fait passer une jeune femme et une fillette, rencontrées dans un camp de réfugiés, pour des membres de sa famille. Arrivé en France, Dheepan trouve un emploi de gardien dans une cité glauque où des voyous règnent en maître. C’est dans cette atmosphère lourde, où un petit rien peut mettre le feu aux poudres à n’importe quel moment, que Dheepan et sa famille fictive vont tenter de se (re)construire et, pourquoi pas, former un vrai foyer.

« Dheepan », Palme d’or 2015 du Festival de Cannes, est un film constamment sous tension, avec tout de même quelques longueurs, où peut surgir à chaque instant le pire comme le meilleur. Les personnages qui le composent sont des êtres écorchés vifs et par conséquent prêts à tout faire exploser si on les chatouille de trop prêts. Remarquablement bien joué, avec une mention pour Antonythasan Jesuthasan qui joue un Dheepan qui porte en lui toutes les épreuves qu’il a traversées, « Dheepan » est un film parfaitement maîtrisé aux allures de rédemption et de nouveau départ.

3 étoiles. « Dheepan ». France 2, dimanche 25 novembre, 21h00.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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24/11/2018

« Les Chatouilles » : bouleversant, mais jamais pesant (et 6 autres films à l’affiche)

IMG_4843.jpgJe n’avais pas vraiment envie d’aller voir un film qui parle de pédophilie, trop dur. Et puis, en m’informant, j’ai cru comprendre que « Les Chatouilles » était aussi un film sur la reconstruction de soi-même après avoir subi un tel traumatisme dans son enfance. Je me suis donc décidé à y aller et je ne l’ai pas regretté, que d’émotions !

Adapté de la pièce d’Andréa Bescond et d’Eric Métayer, qui sont passés pour la première fois à la réalisation, « Les Chatouilles » raconte l’histoire d’Odette basée sur la vie d’Andréa Bescond qui tient le rôle principal dans le film. Abusée dans son enfance par un ami très proche de ses parents, Odette décide une fois devenue adulte d’aller déposer ce fardeau qui l’empêche d’avancer dans la vie auprès d’une psychologue. En libérant la parole, elle va recoller les morceaux de son puzzle intérieur qui a explosé lors de son enfance en raison des agressions sexuelles qu’elle a connues.

Cette reconstruction de longue haleine prend différentes formes, à l’image des morceaux du puzzle, dans le film : des flashbacks, des souvenirs imaginaires, des entretiens avec la psychologue et la réalité de la vie d’adulte d’Odette. Le tout est incroyablement vivant. Le spectateur passe régulièrement des rires aux larmes, de la joie à la haine ou encore de la compréhension à l’incompréhension, à l’instar de l’état psychologique d’Odette. Les ruptures sont parfois surprenantes, mais l’ascenseur émotionnel n’en souffre jamais. Un véritable exploit pour un film qui part dans tous les sens, mais seulement en apparence, tant son propos est cohérent.

Pour qu’un film sur un sujet aussi délicat puisse emporter l’adhésion, il est indispensable d’avoir une distribution à la hauteur. Et tel est bien le cas. Andréa Bescond étale avec brio toute la palette de ses sentiments, Karin Viard est remarquable dans le rôle de cette mère qui ne comprend pas sa fille, Clovis Cornillac est touchant dans celui du père qui n’a rien vu venir et enfin Pierre Deladonchamps joue tout en finesse un pédophile à qui l’on donnerait le bon Dieu sans confession. Au final, un film bouleversant, mais jamais pesant, et porteur d’espoir. Magnifique. (5 étoiles)

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