Bonn(y)dée - Page 2

  • « Les Traducteurs » : raté (et 11 films à l'affiche)

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    IMG_0058.jpgC’est en lisant des articles sur la traduction du livre de Dan Brown « Inferno », qui relataient que douze traducteurs internationaux avaient été enfermés dans un bunker en Italie pour traduire le roman, que Régis Roinsard, le réalisateur, a eu l’idée d’en faire un film.

    Dans « Les traducteurs », ils sont au nombre de neuf et se voient confinés dans un luxueux bunker afin de traduire le troisième tome d’une saga à succès. Mais malgré toutes les précautions prises, les dix premières pages du livre sont dévoilées sur internet et l’éditeur doit faire un choix : il paie 5 millions d’euros dans les prochaines heures, le piratage cesse, il ne paie pas et 100 nouvelles pages seront mises en ligne. Refusant de céder au chantage, l’éditeur met alors la pression sur les neuf traducteurs pour trouver qui est le ou la coupable quitte à utiliser la manière forte.

    Débutant comme un roman d’Aghata Christie, « Les Traducteurs » se transforme en film d’arnaque pour se finir en film de vengeance. Ce mélange des genres assumé par le réalisateur qui « aime bien l’idée de changer de genre dans le même film, mais à condition de jouer avec les codes » est la grande faiblesse du film qui souffre d’un scénario complètement invraisemblable. Et pour tout dire, plus le film progresse, plus c’est du grand n’importe quoi, à l’image du personnage joué par Lambert Wilson qui part en vrille. Les rebondissements s’enchainent les uns après les autres jusqu’à vider complètement de son sens l’intrigue de départ pourtant intéressante sur le papier. Raté. (1 étoile)

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  • Lettre à l’UDF

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    IMG_9249.PNGChère UDF,

    Grâce à ta récolte mensongère de signatures, le peuple suisse a pu s’exprimer ce dimanche sur l’extension de la norme pénale antiraciste aux actes homophobes. Et il l’a soutenue à plus de 63%, ce qui est un score remarquable pour un référendum ! Merci donc d’avoir permis de montrer la maturité du peuple suisse sur cette question sensible.

    Mais soyons francs, quand les partisans de l’extension de cette norme, et tout particulièrement dans leur très grande majorité les personnes concernées, ont su qu’ils devraient se battre pour une chose qui paraissait évidente – la maturité d’une société se reconnaît à sa capacité à protéger ses minorités – ils et elles n’ont pas sauté au plafond. Il fallait mettre une campagne en place, en sachant que les personnes lesbiennes, gays et bisexuelles devaient avant tout devoir compter sur elles-mêmes, trouver des fonds et, surtout, se préparer à affronter ce monstre de l’homophobie qui ne demande qu’à se réveiller à la première occasion en prenant différentes formes plus ou moins avouables telles que la religion, la liberté d’expression ou encore le « et après, ce sera au tour de qui ? » avec des amalgames immondes.

    De ce point de vue-là, il n’y a guère eu de surprises, à tel point d’ailleurs que j’ai décidé, exceptionnellement, de fermer les commentaires sur mon blog en fin de campagne, ayant laissé suffisamment de place aux homophobes anonymes, ils ne sont pas courageux, pour s’exprimer, mais également pour me protéger, les écrits, même quand on y est préparé, pouvant finir par blesser.

    Mais ça, c’est le revers de la médaille, car de l’autre côté, elle a brillé de mille feux : un formidable engagement au travers de tout le pays de nombreuses personnes concernées par cette extension, elles-mêmes souvent soutenues par leur famille, leurs ami.e.s, leurs collègues, mais aussi par des personnes pour lesquelles la haine n’est pas une opinion. Cette belle énergie a également eu des répercussions sur la récolte de fonds qui a donné d’excellents résultats. Une belle campagne, vraiment. Et un bel élan, grâce à toi, pour le prochain défi qui se profile à l’horizon : le mariage civil égalitaire pour toutes et tous que tu ne manqueras pas, bien évidemment, de combattre.

    Dans cette attente, je t’adresse, chère UDF, mes remerciements pas vraiment sincères, pour cette belle campagne qui, sans toi, n’aurait pas pu avoir lieu !

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  • Du grand au petit écran : Ocean’s 8 (et 3 autres films)

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    IMG_0057.jpg« Spin-off », on appelle ça une bouture en botanique, de la série à succès « Ocean’s 11, 12, 13 », on y retrouve les mêmes éléments qui ont fait le succès de la série : humour, mise en scène énergique, rythme, raffinement, surprises de dernière minute, entre autres. Il y a toutefois une grande différence : les héros sont remplacés par des héroïnes et on n’y perd pas au change.

    Debbie Ocean, la sœur de Danny Ocean interprété par George Clooney dans la trilogie, a élaboré un plan pour dérober un collier estimé à 150 millions dollars au cours de son incarcération. Le vol devra avoir lieu durant le très renommé Met Ball de New-York. Mais pour arriver à ses fins, Debbie doit s’entourer de complices très qualifiées dans des domaines bien différents.

    La première partie du film se concentre sur la composition de cette équipe de choc alors que la seconde fait la part belle aux péripéties en lien avec ce vol audacieux. Et il y a également un prologue qui tient les spectateurs en haleine jusqu’au bout. Le casting exclusivement féminin donne indéniablement un nouveau souffle à la série. Les actrices sont en effet impeccables. C’est glamour, stylé et élégant, mais pas gratuit car s’inscrivant parfaitement dans l’esprit du film. On ne s’ennuie pas une seconde, un divertissement très plaisant.

    Inédit. 4 étoiles. « Ocean’s 8 ». RTS 1, lundi 10 février, 20h45.

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  • Votation du 9 février : interdire la haine homophobe (5/5)

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    Une personne homosexuelle ou bisexuelle qui est verbalement attaquée, insultée ou calomniée à titre individuel peut se défendre pénalement en se référant à l’article sur l’atteinte à l’honneur. Cependant, cet article ne s’applique pas dans des cas d’appels publics à la haine ou à la discrimination contre les lesbiennes, les gays et les bisexuel.le.s en tant que groupe. En effet, ces personnes ne sont, à ce jour, pas protégées juridiquement contre des attaques collectives, contrairement à d'autres groupes de personnes qui en seraient la cible en raison de leur religion, de leur race ou de leur ethnie, critères qui sont pris en compte dans l’article 261 bis du code pénal depuis 1995. Le 9 février, le peuple suisse est appelé à se prononcer sur l’extension de cette norme pénale à l’orientation sexuelle, mais malheureusement pas à l’identité de genre.

    Les appels publics à la haine et à la discrimination favorisent un climat propice aux actes homophobes tels que les crachats, les insultes, les déprédations et les agressions physiques, comme un couple d’hommes en a encore fait les frais très récemment à Zürich. Il est donc important de stopper les appels publics à la haine et à la discrimination en amont en apportant son soutien à l’objet soumis en votation populaire le 9 février. Voter OUI, ce n’est pas, contrairement à ce qu’affirment les référendaires de l’UDF et des jeunes UDC, réduire la liberté d’opinion, c’est interdire l’appel public à la haine homophobe.

    La haine n’est pas une opinion ! OUI le 9 février !

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  • Pour que la honte change de camp

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    Il m’aura fallu 14 ans pour rendre public cette lettre anonyme reçue quand j’étais encore enseignant. J’étais en plus sûr que je l’avais jetée ! Je l’ai retrouvée la semaine dernière en faisant de l’ordre dans mes classeurs. Le hasard fait bien les choses, paraît-il. Et force est de constater qu’ici, en pleine campagne sur l’extension de la norme pénale antiraciste aux actes homophobes, tel est bien le cas.

    Il m’aura fallu tout de même plus d’une semaine pour me décider à la publier. Et c’est finalement la campagne des opposants à cette extension, qui nient l’existence de l’homophobie, qui m’a convaincu. Je crois qu’au fond de moi je ressentais une certaine honte d’avoir reçu une telle lettre au même titre, et toutes proportions gardées, que des personnes qui sont victimes d’actes de violence (agressions physiques, violences conjugales, viols, insultes, …) et qui se demandent si finalement elles ne sont pas quand même un peu responsables de ce qui leur arrive.

    Et bien non, ce ne sont pas les victimes les coupables, mais bien les agresseurs ! Est-ce qu’un enseignant hétérosexuel aurait pu recevoir la même lettre où il aurait été écrit « M. X n’aime pas les garçons, il est très dur avec eux. Comme on sait qu’il aime les filles, cela ne doit pas avoir des conséquences sur son comportement avec les enfants » ? Poser la question, c’est y répondre! 

    Il faut absolument que la honte change de camp ! Et à ce titre, un OUI clair et net le 9 février participera à ce changement !

    P.S. J'ai déposé une main courante à l'époque, mais ce ne fut pas une évidence d'aller à la police. La peur d'être jugé. Encore.

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