Bonn(y)dée - Page 12

  • « L’Adieu à la nuit » : sujet complexe abordé avec sensibilité (et 5 films à l’affiche)

    Imprimer

    IMG_6344.jpgRetrouvant pour la huitième fois Catherine Deneuve derrière sa caméra, André Téchiné met en scène Muriel et son petit-fils Alex qui vient passer quelques jours chez elle avant de partir vivre au Canada. Mais la grand-mère réalise assez rapidement qu’Alex lui ment et qu’il a un autre projet qui n’a rien à voir avec un départ à Montréal. Bouleversée par sa découverte, elle se met alors en tête de le sauver malgré lui.

    André Téchiné s’est inspiré du livre de David Thomson « Les Français jihadistes », recueil d’entretiens très bruts de jeunes Français partis en Syrie faire le jihad, pour donner vie aux personnages d’Alex, de Lila ou encore de Bilal. Il y a ajouté le regard d’une personne d’une autre génération pour mettre cette problématique, ô combien complexe, en perspective.

    Et c’est bien le regard que porte la grand-mère sur son petit-fils et ses agissements qui donne tout son intérêt au film dans une seconde partie passionnante. On n’en dira pas autant de la première qui manque de rythme et ne donne pas assez de profondeur au personnage d’Alex, ses motivations étant plus suggérées que développées, le spectateur devant se contenter des quelques indices qui lui sont donnés.

    Mais ce défaut prend moins d’importance dès que le scénario se concentre plus particulièrement sur la grand-mère (excellente Catherine Deneuve) et ce qu’elle va essayer de faire pour ramener son petit-fils à la raison, quitte à la perdre elle-même. Au final, « L’Adieu à la nuit » aborde avec sensibilité un sujet difficile et renvoie à chacun la question suivante : qu’aurais-je fait à sa place ? (3 étoiles)   

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Cinéma 0 commentaire
  • Conscience écologique? Tu parles!

    Imprimer

    Le PLR et le PDC ont démontré, sans surprise à vrai dire, que leur conscience écologique était de la poudre aux yeux purement électoraliste, puisque ces deux partis ont refusé pratiquement d’une seule voix (24 non, 2 oui et 3 abstentions au PDC et 25 non au PLR) la motion du conseiller national socialiste Thomas Hardegger qui voulait charger le Conseil fédéral, pour diminuer l'impact négatif du trafic aérien sur l'environnement, de fixer un objectif de transfert des vols de courte distance à d'autres modes de transport, notamment le rail. Les voix négatives de ces deux partis, ajoutées à celles de l’UDC, ont eu comme conséquence que la motion a été clairement refusée par 111 voix contre 66. 

    L'impact négatif du trafic aérien sur la population et l'environnement est pourtant colossal. Il est responsable de plus de 18% des émissions de CO2 en Suisse et, si rien n’est entrepris, ce secteur deviendra le plus important dans le bilan climatique de la Suisse en 2030. Le transport aérien est exonéré de l’impôt sur le carburant, de la TVA et de la taxe CO2.

    L’augmentation du trafic aérien est constante alors que 46 pour cent de l'ensemble des vols sont à destination des pays voisins. Les passagers bénéficient de billets bon marché, mais la somme qu'ils paient ne couvre pas la totalité des coûts externes liés au trafic aérien, loin s'en faut. Les destinations les plus prisées des vols de courte distance sont desservies jusqu'à 30 fois par jour rien que depuis Zurich, ce qui démontre l'énorme potentiel de transfert du trafic aérien vers le rail.

    Mais la preuve est faite par ce vote que le PLR et le PDC, qui tentent par de vagues promesses de verdir leur programme à l’approche des élections fédérales de cet automne, n’en ont en fait rien à cirer de l’urgence climatique. Ces deux partis illustrent de manière caricaturale ce qui ressort du sondage paru dans le Temps le 9 mai, à savoir que les trois quarts de la population pensent que les politiques ne sont pas à la hauteur de la tâche en matière d’environnement.

    Le peuple suisse aura l’occasion de rectifier le tir le 20 octobre en élisant des femmes et des hommes politiques pour lesquels l’environnement n’est pas juste un effet de mode, mais une réelle préoccupation afin d’assurer un avenir aux générations futures.  

    Lien permanent Catégories : Verts 1 commentaire
  • Pour une politique vraiment incitative

    Imprimer

    IMG_3548.JPGMercredi prochain, nous aurons une meilleure idée sur les intentions des uns et des autres en matière de politique environnementale. Le vernis vert du PDC et du PLR est-il réel ou tient-il du simple enfumage à l’approche des élections fédérales de cet automne ?

    Ces deux partis auront l’occasion de passer des paroles aux actes au cours du débat qui aura lieu au Conseil national à propos d’une motion socialiste qui demande au Conseil fédéral de fixer des objectifs pour transférer les vols de courte distance vers d’autres modes de transport, tout particulièrement le train.

    Faut-il rappeler que le trafic aérien est responsable de plus de 18% des émissions de CO2 en Suisse et que si rien n’est entrepris, ce secteur deviendra le plus important dans le bilan climatique de la Suisse en 2030 ? Le transport aérien est exonéré de l’impôt sur le carburant, de la TVA et de la taxe CO2, ce qui a comme conséquences des prix très bas et une constante augmentation de la demande.

    Pour inverser cette tendance, il n’y a pas trente-six mille solutions : il faut augmenter le prix de l’avion et parallèlement rendre le transport ferroviaire attrayant aussi bien en termes d’argent, de temps que de confort. Un nombre important de voyageurs seraient prêts à prendre le train si le prix du billet était concurrentiel avec celui de l’avion.

    La semaine dernière, en déplacement à Marseille (Genève-Marseille, 3h30 en TGV, 60 euros en première classe, gare située au centre-ville), j’ai discuté avec un couple qui venait de Liège. Au cours de la discussion, j’apprends qu’ils sont venus en avion. Je leur demande la raison pour laquelle ils n’ont pas pris le train. La réponse a fusé : le prix nettement moins cher du billet d’avion. Sans cela, ils étaient prêts à se poser la question du train compte tenu de l’éloignement de l’aéroport de leur domicile et du lieu de destination, le fait qu’il ait fallu laisser trois jours la voiture au parking payant de l’aéroport ou encore le temps d’attente avant de prendre les vols.

    Il convient donc de faire pression sur nos autorités pour qu’elles mettent urgemment en place une politique incitative digne de ce nom afin que ce transfert modal devienne rapidement un questionnement pour une partie des utilisateurs de ces vols courte distance, puis finalement une évidence.

    Avant qu’il ne soit trop tard.

    Lien permanent Catégories : Verts 1 commentaire
  • « Avengers : Endgame » : « best of » héroïque (et 6 films à l’affiche)

    Imprimer

    IMG_6004.jpgPeu emballé par « Avengers : Infinity War » (1), je suis pourtant allé voir la suite et fin « Avengers : Endgame ». Masochisme ? Et ce d’autant plus quand on sait que le film dure…3 heures ? Plus simplement curiosité en me disant que ça pouvait difficilement moins me plaire que l’épisode précédent. Pari gagné, car le 22ème et dernier film de la saga Marvel (on a peine à y croire…) retrouve ce qui lui manquait cruellement dans l’opus précédent : sa dimension humaine.

    Rappelons qu’à la fin de « Avengers : Infinity War », le terrifiant Thanos avait anéanti la moitié de l’univers et donc 50% des Avengers. Celles et ceux qui ont survécu (Iron Man, Ant Man, Captain America, Thor, Hulk, Black Widow pour n’en citer que quelques-uns) cherchent alors une solution pour voyager dans le temps et tenter d’annuler le claquement de doigt de Thanos, qui a conduit à la disparition de la moitié de l’humanité, en récupérant les Pierres de l’Infini. Une mission ardue même pour nos superhéros qui ne sortiront pas tous indemnes de cette ultime aventure.

    Le film comporte trois parties et un épilogue. La première se concentre sur le deuil des Avengers qui ont survécu et qui tentent de réagir. Elle est un peu longue, mais parfois touchante et drôle, la palme revenant à Thor devenu l’ombre de lui-même. La deuxième partie est consacrée au voyage dans le temps. Cette remontée dans le passé permet des rencontres inattendues plutôt réussies et tient la route du point de vue du scénario malgré la multiplication des lieux où se déroule l’action. Le rythme est soutenu.

    Quant à la troisième partie, elle fait feu de tout bois avec un déluge d’excellents effets spéciaux et de superhéros et d’omniprésentes superhéroïnes. Hélas, le combat, comme c’est trop souvent le cas dans ce genre de film, s’éternise à force de vouloir en mettre plein la figure au spectateur et sa conclusion est tirée par les cheveux. Mais reconnaissons toutefois que l’issue de la bataille n’est pas forcément celle qu’on attendait. Elle débouche sur un épilogue qui laisse la place à la nostalgie pour celles et ceux qui ont suivi de près, ou en tout cas de pas trop loin, au cours de ces dix dernières années les superhéros de l’Univers Cinématographique Marvel.

    Un dernier épisode en forme de « best of » qui n’est pas sans défaut, mais qui se laisse voir avec un certain plaisir. (3 étoiles)

    (1) http://independance.blog.tdg.ch/archive/2018/05/10/avengers-infinity-war-une-surenchere-qui-paye-292035.html

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Cinéma 0 commentaire
  • Pride 2019 à Genève: « Défilement de dégénérés mentaux »

    Imprimer

    IMG_5989.JPGL’aboutissement du référendum de l’UDF contre la loi qui étend la norme pénale antiraciste aux actes homophobes a un « bon » côté: il a permis à celles et ceux qui se berçaient d’illusions de prendre conscience que rien n’est jamais acquis en matière de lutte contre l’homophobie en Suisse.

    Pour illustrer ce propos, il suffit de lire ci-dessous un texte, fautes de français comprises, publié sur le site internet d’un mouvement patriotique qui fait froid dans le dos. Il est en relation avec la Pride 2019 qui aura lieu à Genève le 6 juillet (https://www.genevapride.ch/).

    Ce texte démontre une fois de plus que, d’une part, les marches des fiertés sont toujours d’actualité 50 ans après les émeutes de Stonewall (https://fr.wikipedia.org/wiki/Émeutes_de_Stonewall) et que, d’autre part, l’extension de la norme pénale antiraciste aux actes homophobes est une nécessité, car la liberté d'expression ce n’est pas pouvoir insulter qui je veux, quand je veux! Soyons toutes et tous nombreuses et nombreux à le dire haut et fort le 6 juillet prochain!

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Air du temps 24 commentaires