Bonn(y)dée - Page 14

  • « Boy Erased » : froid dans le dos (et 7 films à l’affiche)

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    78F47B00-06E5-4E69-8B97-334D0BB16A3C.jpegAdapté des mémoires de Garrard Conley publiées en 2016, « Boy Erased » raconte l'histoire de Jared, jeune homme de 19 ans et fils de pasteur dans une petite ville américaine, qui apprend à ses parents qu'il est homosexuel. Ne voulant pas être rejeté par sa famille et sa communauté religieuse, il accepte de suivre un programme de thérapie de conversion.

    Par ce film, le réalisateur-comédien Joel Edgerton souhaitait relancer le débat aux USA autour des thérapies de conversion qui sont autorisées dans 36 Etats et de très nombreux pays. Le réalisateur espère que le message du film « sera entendu par des parents en proie à ce genre de questionnement et de tourment face à leur enfant. L'orientation sexuel ne peut pas être changée ou "guérie", mais heureusement, on peut apprendre à accepter.»

    L'acceptation est d'ailleurs au cœur du film: celle de Jared d'être celui qu'il est et celle de ses parents d'avoir un fils comme lui. Mais pour peut-être en arriver là, le chemin sera parsemé d'embûches et notamment ce programme de conversion qui fait froid dans le dos. L'objectif du film est donc largement atteint sur ce plan-là.

    On n'en dira toutefois pas autant sur celui de l'émotion. Les allers et retours entre passé et présent rendent en effet le récit par moment hâché et empêchent l'émotion de s'installer, à l'exception des très belles scènes finales entre mère et fils et père et fils portées par les excellents Lucas Hedges, Nicole Kidman et Russel Crowe. Un film nécessaire, mais pas complètement abouti. (3 étoiles)

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  • « Le mystère Henri Pick » : en quête d’identité (et 5 films à l’affiche)

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    IMG_5744.jpgTiré du livre éponyme de David Foenkinos, « Le Mystère Henri Pick » est une comédie policière dont l’intrigue, son déroulement et son atmosphère font inévitablement penser aux romans d’Agatha Christie et à son héros masculin, Hercule Poirot.

    Jean-Michel Rouche est un critique littéraire reconnu qui anime une émission télévisuelle consacrée à la littérature. Un jour, il reçoit sur son plateau la veuve d’un auteur totalement inconnu. Le manuscrit de son mari a été découvert par hasard par une jeune éditrice dans une étrange bibliothèque en Bretagne. Publié, il connaît un énorme succès. Mais Jean-Michel Rouche ne croit pas une seule seconde qu’un pizzaïolo breton a pu écrire ce roman. Il décide alors de mener son enquête pour prouver qu’il a raison.

    A mi-chemin entre la comédie et le film policier - on ne parlera pas ici de « thriller » car on ne peut pas dire que l’intrigue mette le spectateur sous tension et il n’y a pas à proprement parler de suspense, mais tout de même un intérêt à connaître la vérité - « Le Mystère Henri Pick » permet de passer un bon moment.

    Porté par Fabrice Luchini et Camille Cottin qui évoluent tous les deux dans le registre d’une sobriété bienvenue, ce n’est en effet pas leur marque de fabrique, le film est divertissant et les rebondissements, bien que légers, permettent de garder le spectateur en éveil du début à la fin, même si le tout manque un peu de folie. (3 étoiles)

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  • Traversée du lac : référendum ou pas ?

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    Faut-il lancer un référendum suite à l’acceptation par le Grand Conseil d’un crédit d’étude de 6,3 millions pour le serpent de mer genevois que représente la traversée du lac ? Faut-il combattre une loi qui découle logiquement du vote du peuple de juin 2016 acceptant à plus de 60% le principe d’une traversée du lac ?

    Ne serait-ce pas être mauvais joueur que de mettre les bâtons dans les roues (des voitures principalement) de la volonté du peuple ? Lancer un référendum pour « seulement » 6,3 millions, est-ce bien raisonnable ? Ça demande de l’énergie pour récolter les signatures et des moyens financiers pour un résultat qui est loin d’être gagné d’avance et qui pourrait même se retourner contre les opposants en cas de plébiscite dans les urnes de ce crédit d’étude. Et puis, ça aurait pu être pire, puisque le crédit voté par la commission des transports était de 24 millions.

    Alors, le référendum à l’eau comme les 6,3 millions puisque tout le monde sait très bien que ce projet ne verra jamais le jour, son financement relevant d’une pure chimère ? Ce serait sans aucun doute l’option « raisonnable » : faire le gros dos, accepter de gaspiller 6,3 millions et attendre que l’Histoire donne raison aux adversaires de la traversée du lac.

    Mais ce serait alors faire fi du changement de mentalité qui s’opère gentiment, mais sûrement, au sein de la population à propos de l’urgence climatique, comme les résultats des élections zurichoises l’ont montré de manière éclatante ce dimanche. L’avenir est à la mobilité douce et aux transports publics et non pas à la construction d’une route qui amènera du trafic supplémentaire et de la pollution, détruira des biotopes et causera d’importantes nuisances aux riverains, tout particulièrement de la rive gauche, qui depuis le vote de 2016 en ont pris conscience.

    Vu sous cet angle, un référendum ne serait-il dès lors pas le bienvenu ? Aucune bataille n’est perdue d’avance.

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  • « Mon bébé » : formidable Sandrine Kiberlain (et 8 films à l’affiche)

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    IMG_5676.jpgGrand Prix au Festival du Film de Comédie de l’Alpe d’Huez, « Mon bébé » est directement inspiré de la réaction que la réalisatrice, Lisa Azuelos, a eue au moment où sa fille a décidé d’aller poursuivre ses études au Canada.

    Et pour que l’inspiration soit totale, c’est sa propre fille, Thaïs Alessandrin, qui incarne à l’écran Jade, la « petite dernière » qui va bientôt partir pour aller étudier à l’étranger. Son frère et sa sœur aînés ayant déjà quitté le cocon familial, Héloïse, la mère divorcée depuis belle lurette et aux relations sans lendemain ou presque, n’a pas d’autre choix que d’affronter cette séparation qui s’annonce.

    A partir de cette trame on ne peut plus simple, et qui ne réserve guère de surprises en cours de route, Lisa Azuelos réalise pourtant un film au charme certain grâce, d’une part, à un montage habile et fluide entre les scènes qui montrent Jade enfant et celles où elle est devenue une jeune femme et, d’autre part, grâce à Sandrine Kiberlain qui porte le film sur ses épaules.

    En effet, elle est à la fois drôle, et même par moment hilarante, touchante, exubérante, agaçante, émouvante, liste non exhaustive. Elle est à tel point indispensable au film que dès qu’elle n’est plus à l’écran, « Mon bébé » connaît des coups de mou, qui heureusement ne durent jamais longtemps, avec des scènes pas indispensables. Au final, une comédie familiale enjouée, avec juste ce qu’il faut de nostalgie, qui se laisse voir avec plaisir. (3 étoiles)

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  • Un référendum aux arguments scandaleux !

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    54255358_635313473576046_1604573853068034048_n.jpgDans notre démocratie, chaque loi peut être attaquée par un référendum et c’est très bien ainsi. Par contre, utiliser des arguments malhonnêtes pour parvenir à ses fins est scandaleux.

    C’est pourtant ce que fait l’UDF (Union Démocratique Fédérale), parti anecdotique et très conservateur d’inspiration chrétienne, qui a lancé un référendum contre la révision de la norme pénale antiraciste (article 261bis du Code pénal) qui inclue dorénavant l’orientation sexuelle, mais malheureusement pas l’identité de genre. C’est ainsi que les crimes, les délits de haine et les discriminations dont sont encore trop souvent victimes les personnes homosexuelles et les bisexuelles seront poursuivis.

    L’UDF est un parti qui s’oppose systématiquement à toutes les avancées en lien avec l’égalité des droits pour les personnes lesbiennes, gay, bi et trans (LGBT) et pour tenter d’obtenir les 50 000 signatures nécessaires à l’aboutissement du référendum, elle n’hésite pas dans son argumentaire à détourner l’objectif de la loi en prétendant que « la protection des minorités n’a pas besoin de censure. Au lieu de criminaliser des opinions légitimes et de risquer des vagues de plaintes, disons non à cette loi de censure inutile ! »

    Insulter des personnes en raison de leur orientation sexuelle est donc une opinion légitime pour l’UDF et ne pas la permettre relèverait de la censure !

    A vomir.

    Le parti met d’ailleurs le mot « censure » en avant sur les feuilles de signatures de telle manière à tromper les personnes qui ne seraient pas très attentives à ce qu’elles signent, comme cela a été rapporté à différentes associations LGBT. Attention donc jusqu’au 8 avril, date de fin du délai référendaire, à ne pas signer par inadvertance ce référendum qui, espérons-le, finira à la poubelle !  

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