Bonn(y)dée - Page 15

  • Une fonction exposée et indispensable

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    Concernant les candidatures à la candidature au Conseil administratif de la Ville de Genève, on peut lire sous la plume de Pascal Décaillet dans le GHI de cette semaine que chez les Verts « il sera bientôt plus simple de dénombrer les membres de ce parti n’étant pas candidats, que les postulants. » Ces propos, connaissant le journaliste indépendant genevois, ne sont bien évidemment pas à prendre au premier degré.

    Ils me permettent toutefois, en tant que co-président des Verts Ville de Genève, de saluer les 3 femmes et 5 hommes, qui représentent moins de...2% des membres de la section, qui sont prêt.e.s à assumer sous les couleurs vertes la fonction très exposée et indispensable de Conseiller.ère administratif.ive de la Ville de Genève.

    Et encore plus spécialement lors de la prochaine législature où rien ne leur sera pardonné après l’épisode des notes de frais! 

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  • Du grand au petit écran : « A United Kingdom », une histoire porteuse d’espoir

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    IMG_5651.jpgUn film qui, une fois de plus, démontre que la réalité dépasse la fiction, puisqu'il raconte l'histoire vraie d'un couple qui grâce à son amour indéfectible a renversé des montagnes. Un destin incroyable pour deux personnes assurément hors du commun.

    Londres 1947. Sereste Khama, héritier du trône du Bechuanaland (Botswana actuel), un protectorat britannique, et Ruth Williams, tombent follement amoureux l'un de l'autre. Mais tout s'oppose à leur amour : leur couleur de peau, leur famille, les lois ségrégationnistes et un contexte géopolitique très défavorable. Mais malgré ces obstacles de taille, le couple n'a pas l'intention de reculer et va se battre contre vents et marées pour défier les diktats de l'apartheid.

    « A United Kingdom » peut être qualifié de « beau film » : mise en scène soignée, images superbes - le contraste entre la ville de Londres grise et le Bechuanaland à la terre ocre couleur de feu est saisissant - moments d'émotions, acteurs excellents, bref du bel ouvrage. Un peu trop sans doute. Le film manque en effet de folie et par moment d'énergie. Mais pas de quoi toutefois passer son chemin, car l'histoire qu'il raconte est édifiante et pleine d'espoir pour notre monde qui a toujours et encore beaucoup de peine à accepter la différence.

    3 étoiles. « A United Kingdom ». RTS UN, lundi 4 mars, 20h45.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • « Jusqu’à la garde » : un drame qui prend à la gorge (et 7 films à l’affiche)

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    IMG_5636.jpgLes films qui vous laissent KO debout à la fin de la projection ne sont pas si nombreux. « Jusqu’à la garde » en fait partie. Sorti il y a une année dans un relatif anonymat, le premier film de Xavier Legrand a été mis sous les feux des projecteurs à l’occasion de la récente remise des César où il a obtenu 4 récompenses dont celles très convoitées de « meilleur film » et « meilleure actrice » pour Léa Drucker.

    Grâce à cette reconnaissance de la profession cinématographique française, « Jusqu’à la garde » est ressorti sur les écrans genevois cette semaine donnant ainsi l’occasion à celles et ceux qui l’avaient manqué de se rattraper. J’en faisais partie ayant trop tardé à aller voir un film au sujet difficile : les violences domestiques.

    Dès la première scène, qui dure une dizaine de minutes et magistralement filmée en gros plan, la tension est palpable : Miriam et Antoine Besson font face à la juge qui doit décider si elle accèdera à la demande de garde partagée du père pour leur fils Julien âgé de 11 ans alors que Miriam l’accuse d’être violent. Obligé finalement par la juge à voir son père un week-end sur deux, Julien va tout faire pour empêcher son père de s’approcher de sa mère quitte à essuyer les foudres de ce dernier.

    Drame qui prend au fur et à mesure que l’intrigue avance des allures de thriller, « Jusqu’à la garde » prend petit à petit à la gorge et la serre de plus en plus jusqu’à un final qui, logiquement, laisse sans voix et sans souffle. Un film coup de poing, sur une réalité endurée hélas par de trop nombreuses familles, qui doit beaucoup à sa mise en scène qui met constamment le spectateur sous tension et à ses trois interprètes principaux – Léa Drucker, Denis Ménochet (à l’affiche actuellement de « Grâce à Dieu » où il est également remarquable) et le jeune Thomas Gioria – bouleversants de vérité. (5 étoiles)

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  • Du grand au petit écran : « Lion », « Aquarius », « La Famille Bélier »

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    IMG_5628.jpg« Lion » raconte l’histoire vraie de Saroo, âgé de 5 ans dans les années 80, qui se retrouve seul dans un train qui le conduit à Calcutta, à des milliers de kilomètres de chez lui. Perdu et seul dans cette mégapole, Saroo va survivre comme il peut dans un milieu hostile avant d’être recueilli dans un orphelinat et d’être adopté par un couple d’Australiens. 25 ans plus tard, Saroo est un jeune homme qui semble bien dans sa peau. Apparence trompeuse, car il pense toujours à sa famille qu’il veut tenter de retrouver à l’aide de ses rares souvenirs et de Google Earth. 

    Le film comporte donc deux parties plus ou moins d’égale longueur. Dans la première, on fait la connaissance d’un enfant de 5 ans espiègle, débrouillard, admirateur de son frère aîné et issu d’un milieu très modeste. Sunny, le bien nommé, Pawar qui joue le rôle de Saroo est absolument génial. On rit, on pleure, on se réjouit, on tremble avec lui. Sentiment renforcé par la caméra qui le filme souvent en gros plan et à sa hauteur dans des décors qui mettent bien en avant l’Inde de cartes postales et celle de la grande pauvreté.  

    La deuxième partie, qui se déroule vingt ans plus tard en Australie, se concentre sur la quête de Saroo pour retrouver ses racines et les difficultés pour y arriver aussi bien sur un plan opérationnel qu’émotionnel. La crainte d’heurter ses parents adoptifs, qu’il aime profondément, est en effet une vraie préoccupation. Dev Patel, le héros de « Slumdog Millionnaire », exprime avec finesse ce conflit intérieur qui donne lieu à une scène magnifique entre lui et sa mère adoptive (Nicole Kidman, émouvante). 

    Si l’on peut reprocher quelques petites longueurs dans cette seconde partie, elles n’enlèvent toutefois en rien l’intense émotion qui est présente pratiquement à chaque seconde. A tel point qu’il est quasiment impossible de retenir ses larmes. Un film optimiste et bouleversant jusqu’aux ultimes images où l’on découvre le vrai Saroo. A ne pas manquer.

    5 étoiles. « Lion ». RTS UN, lundi 25 février, 20h40.

    IMG_5630.jpgPot de terre contre pot de fer ou encore David contre Goliath. C’est le type de combat que va mener Clara, la soixantaine épanouie, contre des promoteurs qui vont tout tenter pour l’obliger à vendre l’appartement qu’elle occupe depuis toujours, ou presque, dans l’Aquarius, un immeuble où elle est la dernière habitante à résister. 

    Portrait magnifique d’une femme, porté par la performance exceptionnelle de Sonia Braga, actrice très connue dans son pays, qui porte le film de bout en bout, « Aquarius » est aussi une critique du Brésil, pays où la corruption est reine et les inégalités sociales bien présentes. 

    « Aquarius » est un film avec du suspense, malgré une deuxième partie trop longue où l’histoire peine à avancer. Malgré ce bémol, on suit avec intérêt et beaucoup d’empathie le combat entre passé et présent de cette femme attachante de la bonne société, ce qui ne l’empêche pas d’être rebelle dans ses actes ou dans ses relations avec son entourage qu’elle n’hésite pas à remettre à sa place. 

    3 étoiles. « Aquarius ». ARTE, mercredi 27 février, 20h55.

    IMG_5631.jpgDans la famille Bélier, tout le monde est sourd sauf Paula, ado de 16 ans qui joue plus souvent qu’à son tour les interprètes indispensables pour ses parents à la tête d’une exploitation agricole. Mais ce bel équilibre familial est menacé quand Paula décide de passer un concours de chant. 

    Le début du film est laborieux et a tous les ingrédients de la comédie française bas de gamme. Karin Viard et François Damiens, les parents de Paula, sont à la limite de la caricature et les préoccupations d’ado de Paula franchement pas passionnantes. Et puis l’histoire prend tout à coup corps quand Paula s’inscrit à la chorale dirigée par un prof désabusé (excellent Eric Elmosnino) qui ne jure que par le répertoire de…Michel Sardou. 

    A partir de là, l’histoire prend une autre dimension en privilégiant, avec bonheur, l’aspect émotionnel plutôt que comique du film. Au final, sans être un chef d’œuvre « la Famille Bélier » est un agréable divertissement qui donne envie à la fin de la projection de réécouter les chansons de Michel Sardou qui n’en demandait sans doute pas tant !

    3 étoiles. « La Famille Bélier ». M6, jeudi 28 février, 21h00.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • « Grâce à Dieu » : en état de grâce (et 8 films à l’affiche)

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    IMG_5587.jpgTourné dans le plus grand secret principalement au Luxembourg et en Belgique pour ne pas ébruiter son sujet, ce qui en dit long sur le pouvoir de l’Eglise catholique, le film s’inspire de l’affaire du Père Preynat, mis en examen en 2016 pour des agressions sexuelles présumées sur des enfants puisque le procès n’a pas encore eu lieu. Les avocats du père Preynat ont d’ailleurs tenté de faire reporter, en vain, la sortie du film au nom de la présomption d’innocence alors que ce dernier se base sur des verbatims qui ont été publiés.

    Mais comme l’a déclaré le réalisateur François Ozon « certaines personnes n’ont pas envie que le film sorte, elles sont dans la continuité de cette omerta du silence. » « Grâce à Dieu » s’attaque à ce fléau du silence qui a fait et fait encore tant de mal aux victimes de ces prêtres pédophiles. Pour le dénoncer, le réalisateur a choisi de prendre le point de vue des victimes en se plaçant résolument du côté humain et non judiciaire ou religieux. Il voulait d’ailleurs à l’origine réaliser un documentaire.

    Pour atteindre son objectif, François Ozon a construit son film autour de trois personnages principaux victimes du père Preynat et aux personnalités et aux parcours de vie très différents. Ils vont chacun à leur manière briser le silence, puis unir leurs forces pour libérer la parole en créant l’association « La Parole libérée ». Ils vont également attaquer l’Eglise pour qu’elle reconnaisse qu’elle a caché ce scandale pendant des décennies.

    Les regards croisés de ces trois hommes, auxquels s’ajoutent ceux d’autres victimes, mais aussi de leur famille, sont le point fort de « Grâce à Dieu ». Chacun joue sa partition à la perfection et donne à l’ensemble une grande cohérence et beaucoup d’émotions sans jamais tomber dans le pathos ou la démonstration, à l’image des flashbacks où tout est suggéré sans pour autant édulcorer le côté insoutenable de l’abus.

    Pour arriver à une telle réussite, il fallait une mise en scène d’une grande maîtrise et des actrices et des acteurs à la hauteur. Toute la distribution, sans exception, mérite des éloges, à commencer bien évidemment par les rôles principaux joués par Melvil Poupaud, Denis Menochet et Swann Arlaud. Mais on n’oubliera pas de mentionner également Bernard Verley, épatant dans le difficile rôle du Père Preynat, ou encore Josiane Balasko et Hélène Vincent, excellentes dans leur rôle de mère d’une victime. Un film en état de grâce. (5 étoiles)    

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