29/05/2018

Dix ans d'engagement pour les jeunes LGBT

IMG_2537.jpgDiscours de la co-présidence de la Fédération genevoise des associations LGBT prononcé à l'occasion des 10 ans de Totem, groupe de rencontre, de soutien et d'écoute pour les jeunes LGBT ou tout jeune qui se questionne sur son orientation sexuelle ou son identité de genre, le 18 mai dernier.

La Fédération a été créée dans le but de renforcer le poids politique des associations LGBT genevoise face aux interlocuteurs étatiques, mais aussi pour mener des projets que les associations seules ne pouvaient pas mener par manque de moyens financiers et/ou humains. Totem a été l’un des premiers projets de la Fédération depuis sa création en 2008, car il manquait cruellement un lieu où les jeunes LGBT pouvaient se retrouver en toute sécurité et en toute confiance pour discuter et s’entraider. Il était donc nécessaire de développer un lieu pour les jeunes, mais aussi géré par les jeunes ou celles-ci et ceux-ci pourraient se retrouver entre eux-elles.

Ainsi, grâce au travail bénévole des premiers animateurs.trices, le projet a pu voir le jour et il s’est développé de manière très importante. Totem est un projet essentiel de la Fédération dont nous sommes fier.e.s et que nous chérissons. Le paysage des questions LGBT à Genève a passablement changé en 10 ans. Nous avons avancé de manière très significative sur le plan de notre implication dans l’éducation et nous avons développé un partenariat solide avec le DIP pour des formations d’enseignant.e.s et des interventions dans des établissements scolaires. Au début, c’était surtout les animateurs.trices de Totem qui assuraient ces interventions et nous les en remercions, car ces premières expériences positives ont apporté la confiance entre la Fédération et le DIP.

Nous sommes donc fier.e.s aujourd’hui de nous réunir pour fêter les 10 ans de Totem et de remercier toute personne qui, de près ou de loin, a contribué à son succès. Nous tenons toutefois à remercier tout particulièrement Federica et Julien, deux piliers de Totem, qui par leur engagement et leur pugnacité ont amélioré sans cesse ce projet, avec le soutien indispensable de Delphine, qui se porte bien aujourd’hui. Federica et Julien ont su semer la culture de l’engagement et ont inspiré d’autres animateurs.trices. Leur engagement est précieux pour les jeunes qui fréquentent Totem mais aussi pour elles-eux, car c’est une expérience précieuse de solidarité, d’empathie, de fraternité et de sororité.

Nous sommes sûr.e.s que si nous pouvions donner la parole à chacun.e des jeunes LGBT qui sont passés par Totem, nous nous rendrions compte de plus près de tout ce que cela leur a apporté, à commencer très certainement par la confiance et l’estime de soi.

En 2016, des modifications de la gouvernance de Totem ont été approuvées avec, notamment, la création d’un poste de référente pour l’équipe des animateurs.trices occupée par Fatou, qui s’est également beaucoup engagée pour Totem ces dernières années. Ce poste renforce l’équipe et lui donne plus de cohésion. C’est grâce à la subvention de la Ville de Genève, notre partenaire indéfectible, que ce poste a pu voir le jour.

Une Ville de Genève, représentée ce soir par Guillaume Mandicourt, que nous remercions chaleureusement pour son engagement non seulement pour Totem, mais également pour la Fédération et pour ses associations membres (Lestime, Dialogai, Think Out, Parents d’homo, 360) bien évidemment indissociables de la Fédération, sans lesquelles elle n’existerait pas, qui apportent également leur soutien à Totem.

Longue vie à Totem !

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Lorena Parini et Didier Bonny, co-président.e de la Fédération

(photo Bettina Jacot-descombes)

 

 

 

Pour en savoir plus sur Totem:

http://www.federationlgbt-geneve.ch/projets/totem-jeunes-...

Pour en savoir plus sur la Fédération genevoise des associations LGBT: 

http://www.federationlgbt-geneve.ch/

 

20:15 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

27/05/2018

Très chers médicaments

J’ai franchi le pas. Pour la première fois, je suis allé avec mon ordonnance en France voisine. La différence de prix est tellement énorme que cela vaut la peine de prendre le « risque » de ne pas se faire rembourser par son assurance au cas où la franchise, surtout quand elle est élevée, serait dépassée au cours de l’année. 

La preuve? Ou plutôt les preuves?

90 pilules pour lutter contre le rhume des foins: 

- En Suisse, 52 francs 10 auxquels il faut ajouter les 7 francs et des poussières de taxes en pharmacie.

- En France, 11 euros 40, soit presque 5 fois moins cher! 

Un spray nasal contre les allergies:

- En Suisse, 42 francs 10.

- En France, 6 euros et 72 centimes, soit presque 6 fois moins cher! 

Qui dit mieux ou pire, suivant le point de vue? 

Rien de neuf quant au constat que le prix des médicaments en Suisse est très élevé, mais dans des proportions pareilles, c’est vraiment scandaleux. A quand la possibilité de se faire rembourser par son assurance les médicaments achetés à l'étranger pour faire pression sur les prix en Suisse et ainsi agir sur les primes maladie? 

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26/05/2018

« Everybody knows» : un sentiment de déception

IMG_2562.jpgFilm d’ouverture du Festival de Cannes, difficile de trouver mieux pour lancer la compétition que le couple star Penélope Cruz – Javier Bardem, « Everybody knows » emprunte les codes du thriller psychologique pour mettre en scène un secret familial, pas si secret que ça d’ailleurs, d’où le titre du film, qui va éclater au grand jour à l’occasion d’un mariage.

L’action de situe en Espagne dans un village où tout se sait, mais sans forcément se dire. C’est sur ce principe de réalité qu’ « Everybody knows » est construit, ce qui permet au scénario de jouer sur les sentiments, souvent contradictoires, entre les (trop) nombreux personnages, mais aussi d’y inclure des rebondissements. Pas très original. Ce ne serait pas très grave si ces derniers donnaient un rythme soutenu à l’action et qu’ils étaient un tant soit peu crédibles.

Or, force est de constater que le film a des longueurs. Elles sont dues au fait que l’action manque par moment de clarté et de crédibilité et qu’il n’est pas toujours facile de savoir où le réalisateur veut en venir. Le dénouement dans la précipitation de l’intrigue et une fin bâclée en sont d’ailleurs la parfaite illustration.

Ceci étant dit, la mise en scène est réussie, la photographie magnifique et la distribution est excellente avec une mention toute particulière pour Javier Bardem qui crève l’écran. C’est déjà pas si mal, mais tout de même insuffisant pour effacer le sentiment de déception qui domine. (2 étoiles)

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23/05/2018

Du grand au petit écran: "Les Innocentes" et "L'Hermine"

IMG_2555.jpgDeux très bons films à voir sur la RTS jeudi soir dont l'un diffusé à une heure tellement tardive que l'on pourrait facilement le manquer dans le programme, ce qui serait bien dommage. En effet, "Les Innocentes" est un film non seulement bouleversant de la première à la dernière minute de par son histoire inspirée de faits réels, mais il est également remarquablement filmé et joué.

Pologne, décembre 1945. Mathilde Beaulieu est une jeune interne de la Croix-Rouge française. Sa mission consiste à soigner les rescapés français avant leur retour au pays. Un jour, une religieuse polonaise paniquée fait irruption dans l’hôpital pour lui demander secours. Réticente à donner son aide dans un premier temps, elle va finir par suivre en secret cette sœur dans son couvent. Elle va découvrir que la plupart d’entre elles sont enceintes, et proche du terme, après un viol collectif commis par des soldats russes à la libération.

Ce sujet difficile, et malheureusement toujours d’actualité tant les femmes sont toujours et encore victimes de la barbarie des hommes lors des conflits, qui pourrait donner une raison, à tort, de ne pas voir le film, est remarquablement traité par la réalisatrice Anne Fontaine. Si « Les Innocentes » est d’une intensité dramatique rare, il ne tombe en effet jamais dans le pathos ou la violence gratuite et est très intelligemment écrit.

La foi, la maternité, la loyauté, la mort, l’amour et le rapport au corps pour des femmes dont le vœu de chasteté a été violemment brisé sont principalement au cœur de ce film profondément humain. Bien que l’action se déroule en très grande partie dans un couvent austère par définition, la photographie splendide donne des images lumineuses qui adoucissent ce drame, au même titre que les chants des sœurs d’une grande beauté. La distribution féminine est excellente. Une très grande réussite à l’image d'une fin inattendue et pleine d’espoir.

5 étoiles, "Les Innocentes". RTS UN, jeudi 24 mai, 23h35.

IMG_2554.jpgPrésident de cour d’assises proche de la retraite, redouté et pour le moins peu aimable avec son entourage, Michel Racine va toutefois se montrer sous un autre jour lorsque le hasard remet sur son chemin au cours d’un procès l’anesthésiste dont il était tombé amoureux six ans auparavant. Il va saisir cette seconde chance qui s’offre à lui en tentant de séduire la lumineuse Ditte (magnifique Sidse Babett Knudsen, l’héroïne de « Borgen »), ce qui ne sera pas sans effet sur le déroulement d’un procès où il est question d’un infanticide.

On l’aura compris à l’énoncé de l’intrigue, le film oscille entre ombre et lumière, un procès sombre par opposition aux rencontres plus légères entre Michel Racine et Ditte, dans le cadre très solennel d’un Palais de justice, principal décor de l’action, ce qui n’empêche pas l’émotion.

Fabrice Luchini incarne avec justesse cet homme dont on ne connaît pas grand-chose, si ce n’est qu’il vient de se séparer de sa femme, et qui va se révéler bien plus humain qu’il ne l’a jamais été. « Humain » est d’ailleurs le terme qui pourrait le mieux définir ce film qui fait également la part belle aux seconds rôles, tous excellents. « L’Hermine », référence au col d’hermine de la robe que porte Michel Racine, est un film sur le fil du rasoir où toutes les fins sont envisageables jusqu’à la dernière seconde, ce qui n’est pas pour déplaire.

4 étoiles. "L'Hermine". RTS DEUX, jeudi 24 mai, 21h05.


5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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21/05/2018

« En guerre» : poignant et criant de vérité

IMG_2542.jpg« Je ne me fais le porte-parole d’aucun parti ni d’aucun syndicat, je fais simplement le constat d’un système objectivement cohérent d’un point de vue boursier, mais tout aussi objectivement incohérent d’un point de vue humain. Et ce sont ces deux points de vue que le film oppose. »

Voilà le décor de « En guerre » parfaitement planté par son réalisateur Stéphane Brizé qui après l’excellent « La Loi du marché » met à nouveau en scène le remarquable Vincent Lindon dans un film qui voit s’affronter, dans tous les sens du terme, la dimension humaine et la dimension économique au moment de l’annonce de la fermeture d’une usine, pourtant rentable. Les 1100 salariés refusent cette décision d’autant plus brutale qu’elle a été précédée par de lourds sacrifices financiers de la part des employés et un bénéfice record de leur entreprise. Ils vont alors tout tenter pour sauver leur emploi.

C’est cette lutte que raconte « En guerre » dans un film coup de poing où les scènes de négociation, si on peut les appeler comme ça, les désaccords entre grévistes et les coups d’éclat se succèdent à un rythme soutenu avec une tension, soulignée par une musique énergique, qui va crescendo jusqu’à une fin d’une radicalité extrême. C’est poignant et criant de vérité du début à la fin grâce à une manière de tourner qui donne l’impression que tout se passe en direct alors que tout est écrit et préparé dans les moindres détails.

Le scénario et les dialogues sont d’une grande précision, rien n’échappe à la caméra - pour certaines scènes il y avait jusqu’à trois caméras qui tournaient en même temps - et les acteurs non-professionnels, à part Vincent Lindon évidemment, ajoutent à cette sensation de réalité. A ce propos, Stéphane Brizé précise que les comédiens non-professionnels « apportent une vérité au verbe que je leur donne à dire, la vérité de leur vécu. Et ça, c’est colossal. » Et ça crève l’écran, peut-on ajouter.

Un film à ne pas manquer pour celles et ceux qui aiment la politique dans le sens étymologique du terme, à savoir le cadre général dans lequel une population est gérée par ses dirigeants. (5 étoiles)

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