20/01/2019

Du grand au petit écran : « Free Love », « Juste la fin du monde », « Money Monster »

IMG_5305.jpgInspiré de faits réels, « Free Love » raconte l’histoire de Laurel Hester et Stacie Andree un couple de femmes « menant une vie ordinaire, qui se sont retrouvées dans une situation extraordinaire et qui y ont fait face de manière extraordinaire » comme le décrit le scénariste du film, Ron Nyswaner.

Début des années 2000. Laurel Hester est une excellente inspectrice de police du New Jersey, respectée par tout le monde. Elle est lesbienne, mais elle le cache si bien que personne n’est au courant, même pas son fidèle partenaire avec lequel elle travaille depuis 12 ans. Un jour, elle fait la connaissance d’une jeune femme dont elle va tomber amoureuse et réciproquement. Une nouvelle vie commence, malheureusement vite interrompue par la découverte d’un cancer en phase terminale chez Laurel. Cette tragique nouvelle va amener les deux femmes à se battre pour que Stacie puisse avoir les mêmes droits que n’importe quelle épouse quand Laurel décédera.

Film sans surprise dans sa forme très classique, « Free Love » dégage une émotion intense grâce à son sujet très fort, tout en évitant le pathos, et à ses interprètes. A commencer par Julianne Moore, encore une fois parfaite, et Ellen Page, également très convaincante. Mais on ne saurait passer sous silence les performances de Michael Shannon, extrêmement touchant dans le rôle du collègue policier, et de Steve Carrel en avocat activiste Juif et gay à l’énergie débordante et comique. « Free Love » est un combat pour l’égalité des droits porté par la force de l’amour qui peut renverser bien des montagnes. Un film qui sonne juste, qui bouleverse et qui méritait une heure de diffusion bien moins tardive !

4 étoiles. « Free Love ».  RTS UN, Vendredi 25 janvier, 00h05.

IMG_5307.jpgRécompensé à Cannes par le Grand Prix du jury, « Juste la fin du monde » met en scène les cinq membres d’une famille qui au cours d’un après-midi vont s’engueuler, s’insulter, se déchirer, hurler, pleurer rendant impossible toute communication entre eux. Et pourtant Louis, après douze ans d’absence, a décidé de se confronter une dernière fois à sa famille pour leur faire une communication de la plus haute importance : il va mourir.

« Juste la fin du monde » est une grande déception. Pas, ou très peu, d’émotion, une violence entre les personnages qui tourne le plus souvent à une hystérie vulgaire, une incompréhension du comment cette famille en est arrivée à ce point de non-retour. Certes, les cinq stars jouent plutôt bien leur partition, mais difficile de s’attacher à leur personnage dans un contexte aussi apocalyptique. « Juste la fin du monde » est un huis-clos étouffant et pénible.

 

1 étoile. « Juste la fin du monde ». RTS UN, Lundi 21 janvier, 20h40.

LIMG_5306.jpgee Gates (George Clooney qui fait le job, sans plus) est un présentateur de télévision qui anime une émission sur la bourse et donne des conseils pour placer son argent. Il a tendance à n’en faire qu’à sa tête, au plus grand désespoir de sa productrice (Julia Roberts, convaincante), et est du genre arrogant. Un jour, il est pris en otage en direct sur le plateau par Kyle, un téléspectateur qui a perdu tout son argent en suivant les conseils de Lee. Commence alors une course contre la montre pour tenter de faire renoncer Kyle de tout faire sauter en appuyant sur le détonateur qui déclenchera la ceinture explosive qu’il a mise sur Lee.

Pour tenir en haleine le spectateur, le scénario ne manque pas de rebondissements. Certains ne surprennent guère, mais d’autres sont très réussis et même jouissifs. Mais il n’est pas non plus exempt de défauts, car en voulant dénoncer les dérives du capitalisme, les profiteurs du système ou encore le cynisme de la télé réalité en emballant le tout dans un film qui oscille sans cesse entre le thriller, la satire et la comédie, « Money Monster » reste superficiel. Il n’en demeure pas moins que le film de Jodie Foster est un agréable divertissement.

3 étoiles. « Money Monster ». TF1, dimanche 20 janvier, 21h00.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

10:29 Publié dans Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

16/01/2019

Après le soutien, la démission?

Pierre Maudet a donc obtenu le soutien du PLR. Soutien certes timide, puisqu’il n’a pas obtenu la majorité absolue en raison des nombreuses abstentions. Mais n’ergotons pas, en démocratie, seules les voix exprimées comptent. 

Fort du soutien de ses pairs, Pierre Maudet peut à présent...démissionner! En effet, lors de la complémentaire qui sera organisée, il pourra à nouveau être le candidat du PLR qui ne va pas se déjuger par rapport à son vote de mardi soir. 

C’est ainsi que les citoyennes et citoyens pourront renouveler ou non leur confiance au Conseiller d’Etat. Par leur vote, ils décideront si le mensonge et la tricherie sont pardonnables ou non à leurs yeux. 

Politique fiction? Évidemment.

Mais notre démocratie mériterait un tel scénario!

19:00 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | | |

15/01/2019

« Les Invisibles » : un bel équilibre entre réalité et fiction (et 9 autres films à l’affiche)

IMG_5276.jpgInspiré du livre de Claire Lajeunie intitulé « Sur la route des invisibles », le film de Louis-Julien Petit se déroule principalement dans un centre d’accueil qui héberge des femmes SDF. Il raconte le quotidien des travailleuses sociales qui viennent en aide à ces femmes au moment où le centre va devoir fermer suite à une décision de la municipalité. Prêtes à tout pour tenter de réinsérer leurs protégées avant la date fatidique, elles ne vont pas hésiter à faire feu de tout bois pour atteindre leur but.

Malgré son thème difficile, le réalisateur a souhaité que son film soit porteur d’espoir et « plonger le spectateur dans le milieu de la grande précarité par le biais de situations drôles et émouvantes, sans jamais éluder la réalité dramatique dont il est question. » Au terme de la projection, force est de constater que l’objectif visé est atteint. Pour arriver à trouver le juste équilibre entre comédie et drame, Louis-Julien Petit a choisi, à deux exceptions près, des actrices non professionnelles pour incarner des femmes SDF. Il souhaitait engager des femmes qui avaient connu la rue et avaient réussi à en sortir ou qui vivaient en foyer d’accueil.

Encadrées par des actrices professionnelles dans les rôles des travailleuses sociales qui leur donnent la réplique sans tirer la couverture à elles, le film prend des allures de docufiction du plus bel effet : le spectateur est confronté à la fois à un univers très proche de la réalité et souvent dure, mais aussi à des histoires individuelles fictives qui procurent rires et émotions. On s’attache facilement à tous les personnages et on suit avec intérêt leur parcours. Le tout est filmé avec délicatesse, humanité et respect à l’image d’une fin qui, là également, trouve le juste équilibre entre fiction et réalité. (4 étoiles)

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21:44 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

13/01/2019

Du grand au petit écran : Jason, Carol et les insaisissables

IMG_5155.jpgToujours traqué par la CIA, qui veut définitivement le faire taire pour éviter que ne soit révélé la manière dont cette dernière surveille tout le monde, et à la recherche d’explications sur son passé, Jason Bourne doit faire face à un méchant XXL qui n’hésite pas à tirer sur tout ce qui bouge pour arriver à ses fins.

Collant de près à l’air du temps avec un scénario qui laisse une large place à la surveillance généralisée, ce quatrième volet de la saga Jason Bourne avec Matt Damon en met plein la vue aux amateurs de films d’action. Les poursuites sont haletantes, même si parfois un poil trop longues, et d’un niveau technique époustouflant. Filmées caméra à l’épaule, elles donnent le tournis, mais dans le bon sens du terme. Une suite donc sans grande surprise, mais qui ravira probablement la majorité des fans de Jason Bourne. Et ça ne devrait pas s’arrêter là, la fin laissant toute latitude à de nouvelles aventures.

4 étoiles. « Jason Bourne ». TF1, dimanche 13 janvier, 21h00.

 

IMG_5292.jpgSuccès surprise mérité de l’été 2013, les quatre magiciens/cambrioleurs reprennent donc du service en s’attaquant à un as de la technologie à la tête d’une organisation criminelle. Cet homme d’affaire a toutefois toujours un coup d’avance sur les 4 magiciens et va les entraîner dans un piège et les spectateurs avec.

L’intrigue à tiroirs et aux rebondissements multiples aussi invraisemblables les uns que les autres est en effet un simple prétexte à mettre en scène des numéros de magie finalement trop rares et qui tirent parfois en longueur. Certes, on ne s’ennuie pas vraiment, il y a tout de même quelques scènes réussies et un peu d’humour, mais on peine vraiment à comprendre où les scénaristes veulent en venir et la révélation finale tombe complètement à plat. On y perd petit à petit toutes ses illusions, ce qui est tout de même un comble pour un film qui met la magie au centre.

2 étoiles. « Insaisissables 2 ». M6, lundi 14 janvier, 21h00.

 

IMG_5291.jpgCarol Aird s’ennuie à mourir dans un mariage bourgeois sans  amour. Sa petite fille est son seule rayon de lumière jusqu’au jour où elle fait la connaissance d’une jeune vendeuse (excellente Rooney Mara) qui rêve d’une vie plus trépidante. « Carol » raconte la relation de plus en plus étroite entre ces deux femmes dans le New-York des années 50.

« Carol » est un délice pour les yeux et les oreilles. La photographie, les décors, les costumes sont superbes. La musique accompagne à merveille ce film très esthétique dans lequel jouent avec brio deux magnifiques actrices. Si la forme est donc très réussie, le fond n’est pas tout à fait à la hauteur. Film avant tout d’ambiance, « Carol » n’évite pas certaines longueurs. Ce n’est toutefois pas trop grave, car elles laissent le temps d’admirer la sublissime Cate Blanchett au sommet de sa beauté et de son art. Rien que pour elle, il vaut la peine de voir le film !

3 étoiles. « Carol ». RTS DEUX, Jeudi 17 janvier, 21h10.

 

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

10:36 Publié dans Télévision | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

09/01/2019

Du grand au petit écran : « Moi, Daniel Blake », une Palme en or massif

CE0A1D42-622C-49A9-86CD-D5BCFE2B3695.jpegKen Loach a eu raison de revenir sur la décision qu’il avait prise de ne plus faire de film après Jimmy’s Hall, car « Moi, Daniel Blake » est une incontestable réussite dans la filmographie du réalisateur anglais. Récompensé par la Palme d’or au Festival de Cannes 2016, « Moi, Daniel Blake » a pour thématique principale le poids d’une administration qui au lieu de venir en aide à ses administrés ne fait que de les enfoncer toujours plus dans la précarité.

C’est ainsi que l’on suit les déboires de Daniel Blake qui se voit refuser une rente invalidité après un grave accident cardiaque. Il se retrouve dès lors condamner à s’inscrire au chômage pour toucher des indemnités et à faire des recherches d’emploi alors qu’il a l’interdiction de ses médecins de travailler. Une situation absurde qu’il essaye d’expliquer à des fonctionnaires s’accrochant à leur règlement comme à une bouée de sauvetage et qui ne veulent rien entendre. C’est au cours d’un de ces rendez-vous à l’office du chômage que Daniel Blake va faire la connaissance d’une jeune mère de famille de deux enfants, dans une situation tout aussi précaire que lui, et qu’une forte relation de solidarité va s’instaurer entre eux.

On peut, certes, reprocher au film son côté un brin démagogique et un peu trop manichéen – les fonctionnaires, à l’exception d’une, sont tous des méchants et les pauvres tous des gentils – mais c’est bien le seul reproche qu’on puisse lui faire. « Moi, Daniel Blake » est émouvant, bouleversant même, il dénonce avec force un système dénué de toute humanité et qui dérape. La mise en scène est d’un grand réalisme avec des scènes très variées qui donnent de l’épaisseur à l’histoire et les dialogues sont percutants. Le tout est joué par des acteurs formidables qui vous touchent jusqu’à en avoir les larmes aux yeux.

5 étoiles. « Moi, Daniel Blake ». RTS DEUX, jeudi 10 janvier, 21h05.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

11:38 Publié dans Télévision | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |