09/10/2017

Honte au PLR !

Décidément, en matière d’égalité des droits pour les personnes LGBT, le chemin est long et ardu avec des coups de couteau dans le dos parfois inattendus ! Si on sait en effet depuis longtemps qu’il ne faut rien attendre de l’UDC dans ce domaine, voir le PLR faire de même est une énorme déception.

C’est ainsi que le PLR a rejoint l’UDC pour s’opposer à l’ajout de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre à l’article 261bis du Code pénal qui punit pour l'instant uniquement les actes discriminatoires en lien avec la race, l'ethnie et la religion. Rien ne laissait présager une telle prise de position, puisque pas plus tard qu’au printemps dernier le Conseil national avait à une très large majorité (126 voix contre 49 et 20 abstentions) prolongé de deux ans le délai pour étudier cet objet.

De plus, ce projet a reçu un excellent accueil lors de la consultation faite cet été rendant encore plus incompréhensible ce changement d’attitude du PLR pour qui cette adaptation de la norme antiraciste va trop loin, le Code pénal offrant une protection suffisante en matière d'atteinte à l'honneur ou à l'intégrité physique. Or, les personnes concernées savent très bien que ce n’est pas le cas, puisqu’il est extrêmement difficile, voire impossible, de faire condamner quelqu’un pour des actes homophobes ou transphobes.

Ainsi, alors que l’on pouvait raisonnablement penser que cet ajout au Code pénal passerait largement la rampe, il faudra maintenant compter sur le fait que des parlementaires PLR, et pourquoi pas un ou deux UDC, s’opposent à la position majoritaire de leur parti surtout qu’il pourrait également y avoir des voix discordantes du côté des partis, particulièrement au PDC, qui soutiennent ce projet. Rappelons qu'au Conseil national, le PLR et l'UDC détiennent ensemble une très courte majorité.

Gageons que finalement l’issue du vote sera positive, mais en attendant quelle honte pour le PLR !  

 

 

 

 

08/10/2017

Du grand au petit écran, « American Sniper » et « L’homme qu’on aimait trop »

Deux films de deux grands réalisateurs, Clint Eastwood et André Téchiné, à voir, ou pas, cette semaine sur le petit écran. Tous les deux sont basés sur une histoire vraie, mais c’est le seul point qu’ils ont en commun.

FullSizeRender.jpgDifficile de rester neutre face à ce film, qui raconte l’histoire vraie de Chris Kyle tireur d’élite particulièrement redoutable ayant officié en Irak entre 2004 et 2009, tant les valeurs qui y sont véhiculées peuvent être ressenties très différemment par les uns et les autres. Patriotisme, virilité et héroïsme dans tous les sens du terme pourront sans doute plaire à ceux qui aiment les films de guerre bien réalisés et bien joués, comme c’est le cas d’« American Sniper ». Mais pour les autres, il faudra une fois de plus assister aux scènes où le héros est humilié par ses formateurs, constater que si le tireur d’élite américain protège les siens, celui de l’adversaire est juste le dernier des salopards ou encore entrevoir les failles du héros presqu’aussi vite balayées afin de retourner au combat. Il y a bien ici ou là des réflexions sur l’utilité de la guerre, quelques rares remises en question du héros ou encore quelques scènes qui montrent les suites dévastatrices du combat pour les vétérans, mais elles ne sauraient remettre en question l’impression générale du film : une ode à la grande Amérique. Décevant.

 

 1 étoile. « American Sniper ».

 TF1, dimanche 8 octobre, 21h00.

 

FullSizeRender.jpg« L’homme qu’on aimait trop » d’André Téchiné raconte l’histoire vraie de Renée Leroux, propriétaire du Casino Le Palais de la Méditerranée à Nice, qui s’est battue toute sa vie pour faire condamner par la justice le supposé meurtrier (Guillaume Canet) de sa fille (Adèle Haenel), mystérieusement disparue en novembre 1977, et dont on a jamais retrouvé le corps. Un peu lent à démarrer, le film va crescendo. Le spectateur est au fur et à mesure que l’action avance de plus en plus partie prenante du drame qui se déroule devant lui. Les acteurs principaux n’y sont bien évidemment pas pour rien. Catherine Deneuve est, comme d’habitude ou presque, impériale aussi bien comme patronne de casino que comme mère à la poursuite de la vérité. Il faut la voir vieillie, claudicante, avec le masque de celle qui s’est battue pendant plus de 30 ans pour faire condamner celui qu’elle pense être le responsable de la mort de sa fille, du grand art qui méritait mieux qu’une diffusion à 23h50 !

 

 

3 étoiles. « L’homme qu’on aimait trop ».

RTS UN, jeudi 12 octobre, 23h50.

 

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

 

06/10/2017

Non aux deux-roues motorisés sur les trottoirs !

Luc Barthassat, qui prône le pragmatisme pour lutter contre l’incessante guerre des transports qui sévit à Genève, a pourtant mis de l’huile sur le feu cet été avec une nouvelle brochure réalisée par son département  à destination des usagers de deux-roues motorisés.  On peut y lire que le parking de ces véhicules sur les trottoirs est toléré, moyennant un passage de 1m50 pour les piétons.

Réaction immédiate de l’Association Transports et Environnement (ATE) qui dénonce une mesure qui met en danger les piétons, entrave leur circulation et qui ne respecte pas le droit suisse qui réserve cette possibilité aux vélos (ordonnance sur la circulation routière, article 41). Dans la foulée,  l’ATE a lancé une pétition, qui peut être signée en cliquant sur le lien suivant : https://www.change.org/p/pour-la-s%C3%A9curit%C3%A9-des-p....

Le procureur général Olivier Jornot a de son côté rappelé à l’ordre Luc Barthassat en dénonçant l’illégalité de cette tolérance.

Et comme il fallait, hélas, s’y attendre, les milieux qui soutiennent une politique de la motorisation à outrance, en l’occurrence le TCS,  ont lancé une contre-pétition.  Le TCS  soutient la mesure du Conseiller d’Etat qui  « s’impose comme une évidence et une mesure de bon sens élémentaire » étant donné le manque de places pour les deux-roues motorisés.

Est-ce une raison suffisante pour envahir les trottoirs de motos et de scooters au détriment des piétons ? Evidemment que non. La solution est à trouver dans les parkings souterrains qui regorgent de places inoccupées en supprimant, d’une part, en surface des places de parking pour les voitures en faveur des deux roues, motorisés ou non, et, d’autre part, en favorisant le parking des deux roues également en sous-sol.

L’idéal étant bien sûr de recourir le plus possible à la marche, aux transports publics et au vélo, électrique ou non, qui, pour reprendre les termes de la pétition du TCS, occupent moins d’espace sur la voirie et diminuent les bouchons journaliers considérables existants.