Bonn(y)dée - Page 3

  • « Roxane » : des poules bluffantes (et 6 films à l’affiche)

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    IMG_6766.jpgRaymond est un paysan romantique qui est sur le point de perdre son exploitation agricole. Mais loin de se résigner, il décide d’attirer l’attention de la France entière, et même au-delà, avec les moyens d’aujourd’hui en cherchant à créer le « buzz ». Et pour y parvenir, il va mettre en scène, face caméra, sa passion pour le théâtre et celle des grands textes avec sa poule Roxane.  

    Pour Mélanie Auffret, la réalisatrice, cette histoire lui « permettait aussi de mettre en image la magnifique relation que tissent ces paysans avec leurs bêtes. Moi, cela m’amusait de décaler ce binôme en faisant de Roxane, la poule domestique de Raymond. Et puis, les gallinacées sont de magnifiques actrices ! » On ne dira pas le contraire, les poules sont les véritables héroïnes de ce film et leur « jeu » est totalement bluffant.

    Elles sont à vrai dire irrésistibles, à tel point que toutes les scènes où elles sont absentes frisent le plus souvent l’ennui. La faute à un scénario dont on devine à l’avance les péripéties, qui se répète et à une image idéalisée de la campagne qui finit par tomber à plat.

    Alors, certes, « Roxane » s’apparente à une fable, mais à force d’invraisemblances l’intérêt pour les aventures de ce paysan poète se perd en route. Et on a d’ailleurs l’impression qu’il en est de même pour les interprètes de « Roxane », Guillaume de Tonquédec en tête, qui donnent l’impression de s’ennuyer au contraire des poules qui sauvent le film à elles toutes seules. (2 étoiles)

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  • Multiplication urgente de petits ruisseaux

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    IMG_3833.JPGLes émissions de CO2 ont augmenté de 2% dans le monde en 2018, la hausse la plus forte observée depuis 2011. Cette mauvaise nouvelle est passée totalement inaperçue en Suisse la semaine dernière. Elle a été mise en avant dans un rapport sur l’énergie du…géant pétrolier BP. Ses conclusions vont dans le même sens que celles qui ont été faites en 2018 par l’agence internationale de l’énergie qui révélait que les émissions mondiales de CO2 liées à la production et à la combustion de toutes les énergies avaient progressé de 1,7%.

    Cette augmentation record est due à une demande énergétique en progression de 2,9% en une année. Si 14,5% de cette augmentation a été couverte par des énergies renouvelables, ce qui est une bonne performance par rapport aux autres années, il n’en demeure pas moins que l’équilibre entre les différentes sources d’énergie reste inchangé dans le monde. Les Etats-Unis, la Chine et l’Inde représentent à eux trois plus des deux tiers de la croissance mondiale de la demande en énergie.

    Pourquoi une telle augmentation des émissions de CO2 en 2018 alors qu’elle avait progressé lentement, voire stagné, depuis sept ans ? Elle serait due, selon le rapport BP, au dérèglement climatique, lui-même dû au taux de CO2 dans l’air, qui a comme conséquence une augmentation du nombre de jours très froids et très chauds entraînant une demande accrue de climatisation et de chauffage. Un cercle vicieux infernal qui mène droit à la catastrophe.

    Il est donc une fois de plus urgent d’agir au niveau mondial pour limiter les émissions de CO2 et sauver notre planète. Le Conseil des Etats aura l’occasion en septembre de montrer l’exemple en repêchant la loi sur le CO2 qui avait été rejetée par le Conseil national et qui contenait, notamment, une proposition de taxe environnementale sur les billets d’avion. Ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières, mais dans le cas d’espèce il est urgentissime qu’ils se multiplient avant qu’il ne soit trop tard !

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  • « Venise n’est pas en Italie » : un voyage plutôt réussi (et 7 films à l’affiche)

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    IMG_6649.jpgIvan Calbérac adapte à l’écran son propre roman du même nom sorti en 2015 qui avait auparavant donné lieu à une pièce de théâtre. Le titre du film est tiré d’une chanson de Serge Reggiani sur un couple qui n’a pas les moyens d’aller en vacances : « Venise n’est pas là où tu crois, Venise aujourd’hui c’est chez toi, c’est où tu vas, c’est où tu veux, c’est l’endroit où tu es heureux. » Le réalisateur déclare « aimer cette façon de signifier que le bonheur est en nous, et non à l’extérieur, on passe pourtant sa vie à le chercher. »

    Dans la famille Chamodot, rien n’est impossible ! Emile, 14 ans, va une fois de plus s’en rendre compte quand ses parents décident de partir en famille avec leur caravane à Venise afin qu’Emile puisse assister au concert que sa camarade de classe Pauline, dont il est tombé amoureux, donnera là-bas. Mais voyager avec la famille Chamodot n’est pas de tout repos et arriver à rejoindre Venise n’est pas gagné d’avance.

    « Venise n’est pas en Italie » prend son temps pour démarrer. La faute à un scénario qui insiste un peu trop sur le côté fantasque d’Annie et Bernard Chamodot avec des scènes qui se répètent, ce qui n’empêche toutefois pas de rire de bon cœur à quelques-unes d’entre elles, notamment quand Valérie Bonneton chante tellement faux « elle voulait qu’on l’appelle Venise » de Julien Clerc en passant l’aspirateur.

    Et puis, le film prend une autre dimension à partir du moment où la famille Chamodot se retrouve sur la route. Si les occasions de rire sont toujours bien présentes, les relations interpersonnelles se complexifient et prennent le dessus sur la simple comédie, notamment grâce à des passagers qui font des apparitions plus ou moins longues et réussies durant le trajet. Les membres de la famille Chamodot deviennent alors beaucoup plus attachants et touchants. Ils emportent petit à petit l’adhésion bienveillante du spectateur jusqu’à la fin de leurs aventures.

    La distribution joue également un rôle important vers ce glissement plus sensible et romantique du film dans sa seconde partie grâce à un Benoît Poelvoorde et une Valérie Bonneton qui n’en font heureusement pas trop et surtout au jeune comédien Hélie Thonnat, remarquable. « Venise n’est pas en Italie » est donc plus qu’une simple comédie et prendre la route avec ses personnages est synonyme d’un voyage plutôt réussi. (3 étoiles)

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  • Du grand au petit écran : des femmes combattantes

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    Pour la journée de la grève des femmes du 14 juin, la RTS programme simultanément deux très bons films, dont un inédit, dans des genres très différents avec des personnages féminins qui luttent contre le patriarcat et le machisme.

    IMG_6648.jpgDès le tout début, avec un générique qui vous plonge avec des images d'archives et de la musique de l'époque dans le tourbillon du tournant des années 60-70, le spectateur est dans le film. Puis, survient la voix off de l'héroïne qui prononce cette phrase mémorable : "En 1971, le monde était en pleine mutation, mais ici en Suisse, le temps semblait s'être arrêté."

    Le contraste avec les premières secondes est saisissant et donne immédiatement le ton du film : Nora et ses amies vont devoir soulever des montagnes, suisses bien évidemment, pour lutter contre cette société patriarcale et machiste qui est à la veille de décider si elle donnera le droit de vote et d'éligibilité aux femmes. 

    Pour raconter les semaines qui précèdent cette votation qui deviendra historique, le film de la réalisatrice Petra Volpe reconstitue à la perfection cette ambiance du début des années septante de cette Suisse fermée sur elle-même : décors, costumes, coiffures, mœurs, attitudes de la gente masculine, tout y est. C'est à la fois jouissif et consternant de voir où en étaient les droits des femmes au niveau national il y a moins de 50 ans. Le film est d'ailleurs à l'image de ce constat, puisqu'il comporte des scènes franchement drôles et tendres qui alternent avec d'autres où l'on rit jaune, voire où l'on pleure de tristesse ou de joie.

    "L'ordre de divin" est un film très bien écrit que ce soit au niveau de son scénario ou de ses personnages auxquels on s'attache rapidement. Il faut dire que la distribution est excellente et donne toute la crédibilité voulue à cette histoire pourtant par moment d'autant plus incroyable qu'elle est proche de la réalité.

    5 étoiles. « L’ordre divin ». RTS UN, vendredi 14 juin, 21h.

    IMG_6647.jpgDiana est la fille de la reine des Amazones et vit sur une île paradisiaque à l’abri des regards. Elle est entraînée durement pendant sa jeunesse afin de devenir une guerrière imbattable au cas où les Amazones seraient attaquées, ce que craint sa mère qui lui a caché ses véritables origines. Mais avant de régler ses comptes avec le passé, Diana va affronter le monde réel et utiliser ses super pouvoirs au service de la paix.

    « Wonder Woman » commence gentiment dans une ambiance kitsch assumée pour souligner le côté mythologique des origines des Amazones, puis prend tout son sens au fur et à mesure que l’histoire avance rendant d’autant plus jubilatoire l’arrivée totalement décalée de Diana dans le Londres très masculin de 1918. Femme libérée et en tenue légère, Diana se trouve plongée dans un monde qui est son exact opposé, ce qui donne lieu à des scènes fort drôles tout en permettant à l’intrigue d’avancer d’un bon pas. On ne s’ennuie en effet pas une seconde durant les deux heures et vingt minutes que dure le film, les rebondissements étant nombreux et parfois inattendus. Le seul reproche que l’on peut faire est que la confrontation finale pourrait durer facilement cinq minutes de moins.

    Pour le reste, les effets spéciaux sont à la hauteur de ce que l’on peut attendre d’un film de super héroïne, les scènes d’action sont captivantes et s’intègrent fort bien avec des scènes plus intimes sans mièvrerie, les personnages secondaires sont très sympathiques ou très inquiétants et enfin Gal Gadot est une Wonder Woman très crédible et à la plastique irréprochable, comme il se doit pour le personnage. « Wonder Woman » est donc un très bon divertissement.

    4 étoiles. « Wonder Woman ».  RTS DEUX, vendredi 14 juin, 21h.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • « Ni une ni deux » : superficiel et léger (et 7 films à l’affiche)

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    IMG_6637.jpgIl y a des films que l’on prend plaisir à regarder tout en se disant après coup que, finalement, en exerçant son œil critique, il y a de quoi (mé)dire. « Ni une ni deux » fait partie de cette catégorie de films calibrés pour le dimanche soir sur TF1 qui, d’ailleurs, le co-produit.

    Suite à une allergie consécutive à une opération de chirurgie esthétique, une comédienne célèbre fait appel à un sosie pour la remplacer sur son prochain tournage qui est censé relancer sa carrière sur le déclin. Mis à part leur physique identique, tout oppose ces deux femmes au caractère et à la trajectoire de vie très différente qui vont devoir se fréquenter et finalement découvrir la vérité sur leur passé.

    Le « suspense » sur cette vérité n’est pas le moteur du film puisque le spectateur est rapidement mis dans la confidence, au contraire de la comédienne qui ne veut pas voir ce qui saute aux yeux. C’est la manière dont cette vérité va être petit à petit mise à nu qui est au centre de « Ni une ni deux ».

    Et il faut bien reconnaître que malgré un scénario le plus souvent très prévisible, on se prend au jeu pour une seule et unique raison : l’excellente double performance d’actrice de Mathilde Seigner à la fois drôle, touchante, vulnérable, tendre et exécrable. Elle tient à elle toute seule sur ses épaules un film qui égratigne un univers cinématographique où la superficialité règne en maître. Et ce n’est pas le moindre des paradoxes que de constater que « Ni une ni deux » renforce cette image, car s’il n’est pas désagréable à voir, il n’est pas indispensable. (2 étoiles)

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