31/08/2018

« Bonhomme »: un optimisme à toute épreuve

IMG_4017.jpgQu’advient-il si les qualités de la personne qu’on aime se trouvent altérées ou retirées ? C’est à cette question que Marion Vernoux, la réalisatrice, tente de donner une réponse dans « Bonhomme » après avoir construit le personnage principal en s’inspirant d’hommes et de femmes traumatisés crâniens et cérébro-lésés.

La vie de Piotr et Marylin, jeune couple qui vit dans la banlieue lilloise, va être bouleversée suite à un accident de voiture qui occasionne un grave traumatisme crânien à Piotr. S’il n’a aucune séquelle physique, il n’a par contre plus toute sa tête et fait de plus preuve d’une hypersexualité difficilement gérable et fort embarrassante suivant les moments où elle s’exprime. L’amour que Marylin porte à Piotr sera-t-il suffisant pour que le couple surmonte les nombreux obstacles qui se dressent, c’est le cas de le dire, devant lui ?

Tour à tour drôle, tendre, touchant, questionnant, embarrassant voire dérangeant (les scènes de sexe sont sans filtre) et émouvant, « Bonhomme » ne laisse pas indifférent. Le film est porté par un duo d’acteurs remarquable : Nicolas Duvauchelle (César en vue ?) et Ana Girardot qui rendent cette relation pourtant improbable tout à fait crédible.

Certes, tout n’est pas parfait dans « Bonhomme », à commencer par un scénario qui fait trop souvent appel aux mêmes ressorts. L’hypersexualité de Piotr finit par lasser, même si paradoxalement elle a des conséquences auxquelles on ne s’attend pas forcément, et les problèmes de Marylin avec son employeur sont répétitifs. Mais ces défauts n’empêchent pas le film de dégager une incroyable vitalité et un optimisme à toute épreuve qui font le plus grand bien. (3 étoiles)

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29/08/2018

« BlacKkKlansman »: un film militant

IMG_3979.jpgGrand Prix du Festival de Cannes 2018, « BlacKkKlansman » est une adaptation de l’autobiographie de Ron Stallworth, policier afro-américain qui au début des années 70 a infiltré le Ku Klux Klan avec l’un de ses collègues. Comment un policier noir a-t-il pu réaliser une prouesse pareille ?

C’est ce que le film nous apprend dans une première partie qui s’apparente à une comédie, avec de l’ironie et des charges à peine voilées contre Trump. Elles ne cesseront de s’accentuer, avec des « America First » qui ne laissent aucun doute, au fur et à mesure que le suspense augmente et que film devient plus dramatique, en gardant toutefois une certaine légèreté. Légèreté qui disparaît totalement au cours des cinq dernières minutes qui rappellent les événements de Charlottesville en 2017 et ses manifestations d’extrême droite. « BlacKkKlansman » est donc un film militant qui n’évite pas toujours la caricature.

En effet, les membres du Ku Klux Klan en prennent la plupart pour leur grade, mais comment pourrait-il en être autrement quand on est prêt à tuer des gens uniquement en raison de la couleur de leur peau ? La très belle scène en montage alterné, où l’on voit d’un côté les membres du KKK s’enthousiasmer à la vision d’un film muet de 1916 d’un racisme à faire froid dans le dos et de l’autre des étudiants noirs écoutés religieusement un témoin (Harry Belafonte, 91 ans, émouvant) qui raconte les conséquences que ce film a eues sur la condamnation d’un jeune noir en 1917, est à cet égard très explicite.

Au final, un film qui n’a pas peur des ruptures de ton, ce qui fait sa force, et qui tient en haleine du début à la fin dans une atmosphère seventies très réussie et avec d’excellents acteurs. (4 étoiles)

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27/08/2018

Le pape dérape

Le moins que l’on puisse écrire est que les propos du pape ne passent pas inaperçus ! Le lien qu’il a fait entre homosexualité et psychiatrie a déclenché, à juste titre, une avalanche de commentaires scandalisés.

Interrogé par un journaliste sur ce qu’il dirait à des parents qui découvriraient l’homosexualité de leur enfant, le pape a tout d’abord eu des propos bienveillants en prônant le dialogue et la compréhension. C’est ensuite que cela s’est gâté quand il a précisé que « quand cela se manifeste dès l’enfance, il y a beaucoup de choses à faire par la psychiatrie, pour voir comment sont les choses. C’est autre chose quand cela se manifeste après vingt ans. »

Cette association entre homosexualité et psychiatrie a déclenché un tollé bien au-delà de la communauté LGBT, et cela se comprend parfaitement. Alors qu’il a fallu attendre jusqu’en 1990 pour que l’OMS retire l’homosexualité de la liste des maladies, où elle figurait comme un trouble mental, et qu’aujourd’hui encore 74 pays dans le monde la condamne, dont 13 où elle est passible de la peine de mort, de tels propos de la part d’une autorité spirituelle comme celle du pape sont inacceptables !

Ils reviennent en effet à faire un amalgame entre homosexualité et maladie mentale et à conforter dans leur opinion celles et ceux qui en sont déjà persuadés ou qui se laisseraient facilement convaincre. C’est ce genre d’affirmations qui occasionnent des souffrances et qui conduisent des personnes homosexuelles à devoir consulter, pas l’homosexualité en tant que telle !

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23/08/2018

« Hérédité »: un héritage en demi-teinte

Hérédité.jpgFilm dit d'horreur, toujours à l'affiche le week-end en fin de soirée pour les amateurs du genre, « Hérédité » aborde, comme son titre l'indique, le thème de l'héritage et le fait qu'on peut être prisonnier de sa situation familiale. Dans le cas précis de la famille Graham, l'héritage en question est celui de la grand-mère maternelle. On découvre après son décès des secrets de plus en plus terrifiants sur sa lignée qui ne seront pas sans conséquence sur sa descendance qui se verra, à la fin du film, décapitée au sens propre et figuré.

La grande force du film est de lui imprégner dès son début une atmosphère pesante. Il ne se passe pas grand-chose dans la première partie du film, mais paradoxalement on ne s'ennuie (presque) pas grâce à une mise en scène maîtrisée, une belle photographie et un excellent jeu des acteurs qui semblent tous, et c'est le cas de le dire, possédés par leur rôle.

La seconde partie laisse plus de place à l'action et les sursauts sur son siège guettent. Mais malgré cela, on reste sur sa faim en raison d'un scénario qui devient au fil des minutes de plus en plus incompréhensible, en laissant la folie prendre le dessus sur les esprits, jusqu'à une fin qui frise le n'importe quoi. Au final, un film avec d'indéniables qualités cinématographiques, mais qui se perd en route. (2 étoiles)

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21/08/2018

« Papillon »: une belle histoire d'amitié

Affiche.jpgLe film retrace le destin d'Henri Charrière en s'inspirant de son autobiographie qui est un assemblage d'événements qui se sont déroulés durant sa vie carcérale entre 1931 et 1944. Le livre avait déjà fait l'objet d'une adaptation cinématographique en 1973 avec Steve McQueen et Dustin Hoffman.

Envoyé au bagne de Cayenne en Guyane pour un crime qu'il n'a pas commis, Henri Charrière, voleur des bas-fonds de Paris, va faire la connaissance du faussaire Louis Dega qu'il s'engage à protéger dans ce milieu fort hostile de la prison à condition qu'il l'aide à s'évader. "Papillon", surnommé ainsi en raison du tatouage de cet insecte sur sa poitrine, et Louis vont tenter l'impossible pour essayer d'y parvenir.

Avant d'être un film sur la dure réalité du milieu carcéral, qui peut être un lieu de non-droit absolu comme c'est le cas en Guyane, et les manières d'essayer de s'en évader, "Papillon" raconte une belle histoire d'amitié entre deux hommes, pourtant fort différents, qui vont unir leur destin, le plus souvent pour le pire. Ces deux personnages sont interprétés par Charlie Hunman, qui a perdu 18 kilos et s'est fait enfermer cinq jours dans une cellule pour bien se représenter la solitude dans un silence total, et Rami Malek. Leur complicité fonctionne très bien à l'écran et les rend de plus en attachants au fur et à mesure que le film avance.

Bien que sans grande surprise au niveau de la mise en scène et avec quelques longueurs, "Papillon" est un film qui se laisse voir grâce à l'aventure humaine, bien que romancée, hors norme qu'il raconte avec une certaine émotion. (3 étoiles)

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