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  • « Les Crevettes pailletées » : pour le pire et le meilleur (et 6 films à l’affiche)

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    IMG_6369.jpgInspiré de la véritable équipe de water-polo gay dont est membre le co-réalisateur Cédric Le Gallo, le film a pour ambition, selon ses deux metteurs en scène, de défendre les valeurs de liberté, de droit à la différence et à l’outrance et de faire triompher la légèreté sur la gravité de la vie. Pas étonnant par conséquent que « Les Crevettes pailletées » partent dans tous les sens, pour le pire et le meilleur.

    Commençons par le pire. Les clichés sur les gays sont légions, mais aussi sur les lesbiennes : le match entre « Les Crevettes pailletées » et « Les Déménageuses » est de mauvais goût. Certains gags sont exploités jusqu’à ne plus avoir envie de rire du tout, à l’image de celui du tatouage de l’anus qui finit par être vulgaire ou encore de l’interminable scène de débauche à la piscine. Quant au niveau des acteurs, il est loin d’être homogène. L’impression qu’ils sont en roue libre et donc pas ou peu dirigés par les réalisateurs domine. Enfin, le scénario, à l’exception de la fin, est cousu de fil blanc et fait beaucoup référence à « Priscilla, folle du désert » ou encore au « Grand Bain ».

    Passons à présent au meilleur. « Les Crevettes pailletées » est une comédie et, à ce titre, des personnages poussés jusqu’à la caricature, ça n’a rien de surprenant et ça peut faire rire. Et tel est bien le cas, surtout dans la première partie, mais avec les réserves émises plus haut sur l’accumulation exagérée des clichés. Mais, heureusement, plus le film avance et plus le côté attachant et touchant des personnages et leur droit à la différence est mis en avant. On sourit alors plus qu’on rit et on est même ému dans une scène finale inattendue qui trouve le bon équilibre pour mettre en avant les valeurs que les réalisateurs souhaitaient défendre.  

    En conclusion, un film qui est constamment à la limite de la sortie de route, voilà qui est bien normal pour un road-movie, mais qui l’évite le plus souvent grâce à ses personnages certes trop caricaturaux, mais également attachants et touchants. (2.5 étoiles)

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  • « Nous finirons ensemble » : les illusions perdues (et 6 films à l’affiche)

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    IMG_6362.jpgAller voir la suite d’un film qu’on a aimé a de grandes chances de décevoir. Il est rare, en effet, que le second volet soit à la hauteur du premier. Et dans ce cas précis, on se demande comment vont se passer les retrouvailles, huit ans plus tard, avec les potes de Max, le toujours aussi excellent François Cluzet.

    Déprimé, Max tente de se ressourcer dans sa maison au bord de mer avec sa nouvelle compagne. Sa bande d’amis, qu’il n’a pas vu depuis plus de trois ans, débarque pour lui faire une surprise à l’occasion de son soixantième anniversaire. Et le moins que l’on puisse écrire est que l’accueil est glacial. Les relations et les situations des uns et des autres ont bien changé au cours de ces dernières années et il n’est plus question pour Max de faire semblant. Il est donc temps de se dire ses quatre vérités et de voir si après cela il est encore possible de finir ensemble.

    A la lecture de ce synopsis, on aura compris que le ton est plus grave dans cette suite. Guillaume Canet a voulu que « Nous finirons ensemble » soit plus cynique. Le réalisateur fait un état des lieux plutôt morose, une partie des potes de la bande ayant perdu leurs illusions. Mais ce n’est pas pour autant que le film est déprimant.

    En effet, on rit souvent, mais un peu plus jaune, et on est touché par « ces personnages imparfaits, enfermés dans leurs problèmes », selon la définition de Guillaume Canet, qui vont malgré tout essayer de surmonter tous ensemble les blessures du passé. Evidemment, c’est sans doute plus facile de le faire dans un endroit idyllique et quand l’argent n’est pas un problème aussi important qu’il en a l’air, faiblesse certaine d’un scénario qui évacue un peu facilement cette problématique.

    En résumé, si on retrouve dans cette suite une bonne partie des ingrédients qui ont fait le succès des « Petits mouchoirs », il est à ce propos nettement préférable d’avoir bien en tête le premier volet pour mieux apprécier certaines situations, certains regards, certains gestes, ils sont plutôt intelligemment recyclés. Certes, tout n’est pas parfait, notamment l’apparition du personnage joué par José Garcia qui n’apporte pas grand-chose à l’histoire et une fin un peu trop facile, mais il n’en demeure pas moins que l’on passe un bon moment. (3 étoiles) 

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  • « L’Adieu à la nuit » : sujet complexe abordé avec sensibilité (et 5 films à l’affiche)

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    IMG_6344.jpgRetrouvant pour la huitième fois Catherine Deneuve derrière sa caméra, André Téchiné met en scène Muriel et son petit-fils Alex qui vient passer quelques jours chez elle avant de partir vivre au Canada. Mais la grand-mère réalise assez rapidement qu’Alex lui ment et qu’il a un autre projet qui n’a rien à voir avec un départ à Montréal. Bouleversée par sa découverte, elle se met alors en tête de le sauver malgré lui.

    André Téchiné s’est inspiré du livre de David Thomson « Les Français jihadistes », recueil d’entretiens très bruts de jeunes Français partis en Syrie faire le jihad, pour donner vie aux personnages d’Alex, de Lila ou encore de Bilal. Il y a ajouté le regard d’une personne d’une autre génération pour mettre cette problématique, ô combien complexe, en perspective.

    Et c’est bien le regard que porte la grand-mère sur son petit-fils et ses agissements qui donne tout son intérêt au film dans une seconde partie passionnante. On n’en dira pas autant de la première qui manque de rythme et ne donne pas assez de profondeur au personnage d’Alex, ses motivations étant plus suggérées que développées, le spectateur devant se contenter des quelques indices qui lui sont donnés.

    Mais ce défaut prend moins d’importance dès que le scénario se concentre plus particulièrement sur la grand-mère (excellente Catherine Deneuve) et ce qu’elle va essayer de faire pour ramener son petit-fils à la raison, quitte à la perdre elle-même. Au final, « L’Adieu à la nuit » aborde avec sensibilité un sujet difficile et renvoie à chacun la question suivante : qu’aurais-je fait à sa place ? (3 étoiles)   

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  • Conscience écologique? Tu parles!

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    Le PLR et le PDC ont démontré, sans surprise à vrai dire, que leur conscience écologique était de la poudre aux yeux purement électoraliste, puisque ces deux partis ont refusé pratiquement d’une seule voix (24 non, 2 oui et 3 abstentions au PDC et 25 non au PLR) la motion du conseiller national socialiste Thomas Hardegger qui voulait charger le Conseil fédéral, pour diminuer l'impact négatif du trafic aérien sur l'environnement, de fixer un objectif de transfert des vols de courte distance à d'autres modes de transport, notamment le rail. Les voix négatives de ces deux partis, ajoutées à celles de l’UDC, ont eu comme conséquence que la motion a été clairement refusée par 111 voix contre 66. 

    L'impact négatif du trafic aérien sur la population et l'environnement est pourtant colossal. Il est responsable de plus de 18% des émissions de CO2 en Suisse et, si rien n’est entrepris, ce secteur deviendra le plus important dans le bilan climatique de la Suisse en 2030. Le transport aérien est exonéré de l’impôt sur le carburant, de la TVA et de la taxe CO2.

    L’augmentation du trafic aérien est constante alors que 46 pour cent de l'ensemble des vols sont à destination des pays voisins. Les passagers bénéficient de billets bon marché, mais la somme qu'ils paient ne couvre pas la totalité des coûts externes liés au trafic aérien, loin s'en faut. Les destinations les plus prisées des vols de courte distance sont desservies jusqu'à 30 fois par jour rien que depuis Zurich, ce qui démontre l'énorme potentiel de transfert du trafic aérien vers le rail.

    Mais la preuve est faite par ce vote que le PLR et le PDC, qui tentent par de vagues promesses de verdir leur programme à l’approche des élections fédérales de cet automne, n’en ont en fait rien à cirer de l’urgence climatique. Ces deux partis illustrent de manière caricaturale ce qui ressort du sondage paru dans le Temps le 9 mai, à savoir que les trois quarts de la population pensent que les politiques ne sont pas à la hauteur de la tâche en matière d’environnement.

    Le peuple suisse aura l’occasion de rectifier le tir le 20 octobre en élisant des femmes et des hommes politiques pour lesquels l’environnement n’est pas juste un effet de mode, mais une réelle préoccupation afin d’assurer un avenir aux générations futures.  

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  • Pour une politique vraiment incitative

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    IMG_3548.JPGMercredi prochain, nous aurons une meilleure idée sur les intentions des uns et des autres en matière de politique environnementale. Le vernis vert du PDC et du PLR est-il réel ou tient-il du simple enfumage à l’approche des élections fédérales de cet automne ?

    Ces deux partis auront l’occasion de passer des paroles aux actes au cours du débat qui aura lieu au Conseil national à propos d’une motion socialiste qui demande au Conseil fédéral de fixer des objectifs pour transférer les vols de courte distance vers d’autres modes de transport, tout particulièrement le train.

    Faut-il rappeler que le trafic aérien est responsable de plus de 18% des émissions de CO2 en Suisse et que si rien n’est entrepris, ce secteur deviendra le plus important dans le bilan climatique de la Suisse en 2030 ? Le transport aérien est exonéré de l’impôt sur le carburant, de la TVA et de la taxe CO2, ce qui a comme conséquences des prix très bas et une constante augmentation de la demande.

    Pour inverser cette tendance, il n’y a pas trente-six mille solutions : il faut augmenter le prix de l’avion et parallèlement rendre le transport ferroviaire attrayant aussi bien en termes d’argent, de temps que de confort. Un nombre important de voyageurs seraient prêts à prendre le train si le prix du billet était concurrentiel avec celui de l’avion.

    La semaine dernière, en déplacement à Marseille (Genève-Marseille, 3h30 en TGV, 60 euros en première classe, gare située au centre-ville), j’ai discuté avec un couple qui venait de Liège. Au cours de la discussion, j’apprends qu’ils sont venus en avion. Je leur demande la raison pour laquelle ils n’ont pas pris le train. La réponse a fusé : le prix nettement moins cher du billet d’avion. Sans cela, ils étaient prêts à se poser la question du train compte tenu de l’éloignement de l’aéroport de leur domicile et du lieu de destination, le fait qu’il ait fallu laisser trois jours la voiture au parking payant de l’aéroport ou encore le temps d’attente avant de prendre les vols.

    Il convient donc de faire pression sur nos autorités pour qu’elles mettent urgemment en place une politique incitative digne de ce nom afin que ce transfert modal devienne rapidement un questionnement pour une partie des utilisateurs de ces vols courte distance, puis finalement une évidence.

    Avant qu’il ne soit trop tard.

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