28/05/2017

Du grand au petit écran : « Selma », « Snow Therapy » et « Saint Laurent »

Les amateurs de cinéma sur petit écran pourront découvrir cette semaine trois films inédits sur RTS UN et ARTE. Critiques pour donner envie de les voir, ou pas.

FullSizeRender.jpg3 étoiles. « Selma ».  Il y a un peu plus de 50 ans des hommes et des femmes, avec à leur tête le Dr Martin Luther King, ont risqué leur vie, et l’ont parfois perdue, pour que tous les citoyens puissent avoir le droit de voter. « Selma » raconte cette campagne décisive de la conquête des droits civiques pour tous. Centré sur le personnage de Martin Luther King, « Selma » fait la part belle au contexte politique de l’époque. Les hésitations du président Johnson sur la conduite à adopter, alors que son pays est confronté aux yeux du monde entier à des affrontements raciaux d’une rare violence, sont très révélatrices de ce contexte. Au même titre que la stratégie de Martin Luther King qui, à un moment donné, préfère reculer, et affronter l’incompréhension de ses troupes, pour mieux sauter. Le film a donc des vertus pédagogiques indéniables, ce qui fait à la fois sa force et sa faiblesse, car à trop vouloir démontrer il en perd par moment un peu de son intérêt. Un reproche toutefois insuffisant pour ne pas voir ce film qui rappelle, si cela était encore nécessaire, que pour obtenir l’égalité des droits, il faut toujours lutter.

RTS UN, lundi 29 mai, 20h40

 

FullSizeRender.jpg3 étoiles. « Snow Therapy ». Vacances familiales dans les Alpes, pause déjeuner sur la terrasse du restaurant et tout à coup une avalanche qui s’approche dangereusement. Panique à bord. Tomas, le père, s’enfuit alors que la mère se retrouve seule pour protéger ses deux enfants. Plus de peur que de mal, l’avalanche s’est arrêtée au pied du restaurant. Mais elle a tout de même fait de gros dégâts au sein de la famille : le père a failli dans sa mission de protecteur et a perdu la confiance de son épouse et de ses enfants. « Snow Therapy » est une comédie grinçante, par moment jouissive par son côté cruel, qui s’attaque aux clichés de la famille « idéale », mais aussi au rôle de l’homme dans notre société occidentale. Le spectateur et la spectatrice sont forcément bousculés par ce qu’ils découvrent à l’écran et invités à se questionner sur eux-mêmes : qu’auraient-ils fait dans une situation comme celle-ci ? « Snow Therapy » est un film qui dérange et ne s’oublie pas une fois qu’il est terminé, quand bien même on regrettera une fin pas à la hauteur du reste.

ARTE, lundi 29 mai, 20h50

 

FullSizeRender.jpg2 étoiles. « Saint Laurent ». Le film de Bertrand Bonello - à ne pas confondre avec le « Yves Saint-Laurent » de Jalil Lespert avec Pierre Niney dans le rôle titre sorti également en 2014 - se penche sur la vie du célèbre couturier durant la décennie 1967 - 1976. Les scénaristes voulaient se centrer sur les moments les plus importants de la vie du couturier, justement concentrés durant cette période. « Saint Laurent », malgré d’indéniables qualités, laisse dans l’ensemble de marbre, à l’image de la photographie superbe, mais glacée, comme son héros pourtant remarquablement joué par Gaspard Ulliel. Les enchainements entre les différentes scènes sont abrupts et le film tire en longueur (2h37). A noter une magnifique scène avec Valéria Bruni Tedeschi qui se transforme en suivant les conseils d’Yves Saint-Laurent. Pas franchement désagréable donc, mais pas indispensable.

ARTE, mercredi 31 mai, 20h55

 

 

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

 

27/05/2017

Manifestation le 11 juin pour dire NON à la violation des droits humains

IMG_8779.PNGA vomir. Les révélations sur la persécution des homosexuels en Tchétchénie sont dignes d’un film d’horreur. Vingt-six d’entre eux auraient été assassinés, des dizaines d’autres torturés dans des baraquements qui ont été détruits pour faire disparaître les preuves avec comme conséquence un déplacement des « prisonniers » dans un centre de formation militaire, auquel le comité d’enquête approuvé par Vladimir Poutine n’a pas pu accéder. C’est tout dire !

Cette situation est insupportable. La mobilisation internationale est de plus en plus grande au fur et à mesure que les témoignages de victimes qui ont pu échapper à cet enfer sont connus (voir à ce sujet l’article de Cathy Macherel dans la Tribune de Genève du week-end).

C’est ainsi que des plaintes ont été déposées devant la Cour pénale internationale contre le dirigeant tchétchène Ramzan Kadyrov, que des politiciennes et politiciens, dont Angela Merkel, ont appelé la Russie à faire toute la lumière sur cette sordide affaire ou encore que de nombreux « people », mais aussi beaucoup d’anonymes, se sont engagés dans des actions diverses pour que la pression ne retombe pas sur cette gravissime atteinte aux droits humains. Atteinte qui n’est d’ailleurs pas l’apanage de la Tchétchénie comme les 83 coups de bâtons reçus par deux homosexuels en Indonésie cette semaine l’ont hélas démontré.

C’est dans ce contexte dramatique qu’Amnesty International Groupe UniGenève et Think Out aux côtés des associations membres de la Fédération genevoise LGBT (lesbiennes, gays, personnes bi et trans) appellent à se mobiliser le dimanche 11 juin de 16h à 19h sur la Place des Nations à Genève pour dénoncer cette barbarie, la violation des droits humains et interpeller l’ONU pour qu’elle prenne des mesures à l’égard du gouvernement tchétchène. Cette manifestation a aussi  pour but d’appeler le Conseil fédéral à condamner avec toute la fermeté requise ces agissements intolérables.

Les personnes présentes, espérons fort nombreuses, pourront également témoigner de leur soutien à toutes les personnes LGBT - environ un demi-milliard de la population mondiale tout de même - qui sont persécutées dans le monde.

 

21/05/2017

TPG: privilégier l'intérêt général malgré le NON

Est-ce qu'on se rend compte dans ce canton qu'il y a des personnes qui gagnent moins de 3000 francs par mois pour un plein temps, qui prennnent les TPG tous les jours et pour lesquelles une augmentation de 10% de l'abonnement annuel est juste de trop?

Ces personnes n'ont pas voté pour ou contre des transports publics plus ou moins efficaces, mais tout simplement pour qu'ils soient le moins cher possible. Ont-elles pris la mesure du "risque" que leur NON pourrait avoir sur l'offre global des TPG? Peut-être, mais ce n'était pas là leur principale préoccupation, surtout après avoir déjà dit deux fois NON récemment!

Faut-il dès lors "punir" ces personnes en diminuant l'offre des TPG, et par là-même celles qui ont voté OUI dont je fais partie? Évidemment que non! Le pouvoir politique ne doit pas adopter une attitude revancharde et faire ce qu'il faut pour trouver ces 8 millions, car il est dans l'intérêt général de développer les transports publics.

En sera-t-il capable, à commencer par le Conseiller d'Etat Luc Barthassat en charge de cette question? Il est hélas permis d'en douter quand ce dernier déclare dans l'émission Forum de dimanche soir qu'une augmentation de 8 millions aurait pour conséquence qu'il faudrait les prendre sur le chômage ou la formation.

Un raisonnement, si l'on ose dire, qui est celui d'un mauvais perdant incapable de prendre de la hauteur, comme on serait en droit de l'attendre de la part d'un Conseiller d'Etat. Espérons cependant qu'une fois la déception passée, tel sera finalement le cas.