20/05/2017

"The Lost City of Z": magique (et 6 autres films à l'affiche)

FullSizeRender.jpgS’inspirant de l’histoire vraie de l’explorateur et militaire britannique Percy Fawcett, « The lost City of Z » est un film d’aventure, mais rien à voir toutefois avec un « Indiana Jones ». L’atmosphère de la découverte en milieu à la fois hostile, mais également fascinant, est en effet privilégiée à des rebondissements plus spectaculaires les uns que les autres.

En 1906, la Société géographique royale d’Angleterre propose à Percy Fawcett de partir en Amazonie afin de cartographier les frontières entre le Brésil et la Bolivie. Tout d’abord décontenancé par cette mission qu’il considère comme peu en rapport avec ses ambitions, mais n’ayant pas vraiment le choix, il va s’embarquer, en laissant femme et enfants derrière lui pour plusieurs années, dans une aventure dont il ne reviendra pas indemne. Persuadé d’avoir découvert les vestiges d’une cité perdue, il n’aura de cesse au cours d’autres voyages de prouver son existence au risque de se perdre, au sens propre et figuré.

Alternant les moments entre l’Amazonie et l’Angleterre, avec une incursion dans les tranchées de la guerre de 14-18, « The lost City of Z » brosse en finesse le portrait d’un homme à la personnalité complexe. Tiraillé entre son sens du devoir paternel et militaire et son obsession quasi mystique de découvrir cette cité perdue, le personnage de Percy Fawcett ne laisse pas indifférent. Le film aux images magnifiques et à la réalisation soignée prend son temps, sans doute un petit peu trop par moment, et fait son chemin jusqu’à une fin à la hauteur des espoirs du colonel Percy Fawcett : magique. (4 étoiles)

Toujours à l’affiche

5 étoiles. « Moonlight ». Chiron vit dans un quartier noir très défavorisé de Miami avec une mère toximane. Il se fait harceler par ses camarades parce que son physique, sa démarche ou encore sa manière de jouer au football ne correspondent pas aux « attentes ». Puis arrive l’adolescence, la confirmation d’une orientation sexuelle différente et une brève expérience avec Kevin, celui qui est son seul ami depuis l’enfance. Mais Kevin ne résistera pas à la pression du groupe et blessera, au propre et au figuré, Chiron que l’on retrouve une dizaine d’années plus tard, métamorphosé, en apparence tout du moins. Malgré son sujet dramatique et des scènes dures, « Moonlight » est un film lumineux grâce à sa photographie, sa distribution de très haut niveau et quelques scènes d’une beauté et/ou d’une intensité incroyable filmées avec une grande sensibilité. « Moonlight », Oscar 2017 du meilleur film, fait partie de ces rares films qui vous donne encore plus de plaisir après la projection : il grandit en vous jour après jour à l’image de son héros dont on suit avec émotion, effroi et empathie la quête d’identité.

5 étoiles. « Lion » raconte l’histoire vraie de Saroo, âgé de 5 ans dans les années 80, qui se retrouve seul dans un train qui le conduit à Calcutta, à des milliers de kilomètres de chez lui. Perdu dans cette mégapole, Saroo va survivre comme il peut dans un milieu hostile avant d’être recueilli dans un orphelinat et d’être adopté par un couple d’Australiens. 20 ans plus tard, Saroo pense toujours à sa famille qu’il veut tenter de retrouver à l’aide de ses rares souvenirs et de Google Earth. Le film, six nominations aux Oscars, comporte donc deux parties plus ou moins d’égale longueur. Dans la première, on fait la connaissance d’un enfant de 5 ans espiègle, débrouillard et issu d’un milieu très modeste. Sunny Pawar qui joue le rôle de Saroo enfant est absolument génial. La deuxième partie se concentre sur la quête de Saroo pour retrouver ses racines et les difficultés pour y arriver aussi bien sur un plan opérationnel qu’émotionnel. Si l’on peut reprocher quelques petites longueurs dans cette seconde partie, elles n’enlèvent toutefois en rien l’intense émotion qui est présente pratiquement à chaque seconde. A tel point qu’il est quasiment impossible de retenir ses larmes tant le film vous touche en plein cœur. A ne pas manquer.

5 étoiles. « Ma vie de Courgette ». Ce film d’animation, doublement récompensé aux César, est un vrai bijou. Techniquement bien sûr, mais aussi au niveau de son scénario intelligent, des dialogues percutants prononcés par des voix formidablement bien choisies et de la bande son tout aussi remarquable. Rien n’est laissé au hasard, le film est soigné dans ses moindres détails aussi bien du point de vue de la psychologie et de l’apparence des personnages que de leur environnement. C’est un plaisir visuel immense de faire une nouvelle découverte pratiquement à chaque plan. « Ma vie de Courgette » véhicule, avec finesse, tendresse et humour, beaucoup d’émotions, sans pathos. Tous les enfants qui fréquentent ce foyer, lieu d’apaisement qui protège des agressions du monde extérieur, et les adultes qui gravitent autour d’eux sont extrêmement attachants. « Ma vie de Courgette » est un film tout public. Mais le travail d’orfèvre qu’il a fallu accomplir pour le réaliser prend probablement encore une autre dimension avec des yeux d’adulte. Cour(g)ez-y !

4 étoiles. « M. et Mme Adelman » raconte l’histoire de Sarah et Victor, de leur rencontre en 1971 à la mort de ce dernier, première scène du film, durant les 45 ans où ils se sont côtoyés. On la découvre au travers d’une interview-vérité que donne Sarah à un journaliste après les funérailles de Victor, écrivain célèbre, qui n’était peut-être pas en fin de compte celui que le public imaginait. Amours, secrets, trahisons, ambitions et retournements de situation se bousculent dans ce film mené, la plupart du temps, tambours battants avec des moments jouissifs : les rencontres familiales, la chasse, le gigolo pour n’en citer que quelques uns sans dévoiler une partie de l’intrigue. Nicolas Bedos et Doria Tillier, co-auteurs du film, sont convaincants en Victor et Sarah et fort bien entourés. En résumé, une première partie à pleurer de rire, à condition toutefois d’apprécier l’humour noir et par moment très second degré, et une deuxième plus émouvante où les francs éclats de rire du début laissent petit à petit la place à un rire plus jaune, parfois à la limite, il est vrai. Une comédie romantique au vitriol que les amateurs du genre apprécieront.

4 étoiles. « Sage femme ». Claire (Catherine Frot), mère célibataire d’un fils étudiant en médecine, approche la cinquantaine. Elle est passionnée par son métier de sage-femme, mais mène une vie sans éclat jusqu’au jour où le passé frappe à sa porte sous la forme de Béatrice (Catherine Deneuve), une ancienne maîtresse de son père décédé qui s’est enfuie du jour au lendemain quand Claire était adolescente, lui faisant beaucoup de mal. Claire pourra-t-elle pardonner pour renouer les liens avec cette femme égoïste, fantasque et gravement malade ? Dans « Sage femme », il est question de transmission et d’opposition entre deux femmes que tout sépare, si ce n’est ce bout de passé en commun. Ce duo est magnifiquement interprété par Catherine Frot et Catherine Deneuve. Leur jeu est très complémentaire, un vrai plaisir. Quant au film en lui-même, on peut sans doute lui reprocher d’être un peu long et parfois répétitif, mais rien de bien grave en comparaison avec la délicatesse et la subtilité dont il fait preuve. Il est de plus fort bien écrit avec d’excellents dialogues et quelques scènes d’une intense émotion. Un film français de qualité.

3 étoiles. « Le procès du siècle ». Comment peut-on nier l’Holocauste ? Cette question est au centre de « Le procès du siècle », film qui se base sur une histoire vraie, ce qui lui donne une dimension encore plus incroyable. Confrontée à un historien qui lui intente en procès en diffamation parce qu’elle combat ses thèses négationnistes, Deborah Lipstadt, elle-même historienne de la Shoah, va se retrouver dans la situation hallucinante de devoir prouver l’existence des chambres à gaz. Le thème du film est passionnant et soulève la question du «comment bien faire » pour à la fois faire triompher la vérité sans pour autant donner une tribune à un négationniste qui cherche par tous les moyens à propager ses idées nauséabondes. L’élaboration de la stratégie de la défense est sans aucun doute le point fort du film. On y ajoutera également la qualité de ses interprètes et quinze dernières minutes très réussies. Si on peut regretter un certain manque de rythme au début du film et une réalisation très classique, il n’en demeure pas moins que « Le procès du siècle », qui a eu lieu en 2000, est d’une brûlante actualité avec toutes ces vérités alternatives qui circulent sans cesse sur internet et qu’il ne manque pas de pertinence.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

 

17/05/2017

Genève en six photos arc-en-ciel

A l'occasion de la journée mondiale de la lutte contre l'homophobie et la transphobie du 17 mai, la Ville de Genève, sous l'impulsion de sa Conseillère administrative Sandrine Salerno, a montré qu'elle avait toute sa place au sein des "Rainbow cities" et que son engagement pour lutter contre toutes les formes de discrimination était fort.

Quelle fierté, en effet, pour les habitant.e.s de Genève de découvrir au petit matin le Pont du Mont-Blanc pavoisé aux couleurs de l'arc-en-ciel et le soir de voir le Jet d'eau se parer à son tour des mêmes couleurs pour la première fois de sa vie :-) grâce aux prouesses des SIG. Une très belle publicité pour Genève, les portables mitraillant son symbole tout autour de la Rade.

Retour en six photos, le nombre de couleurs de l'arc-en-ciel, sur cette journée magnifique à tout point de vue!

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16/05/2017

La Ville de Genève s'affiche contre la violence homophobe et transphobe

FullSizeRender.jpgDe nombreux homosexuel-le-s et transgenres sont victimes dans le monde d’actes d’une violence inouïe pouvant conduire jusqu’à la mort, comme les derniers événements en Tchétchénie l’ont tristement rappelé. La Suisse et Genève ne sont, hélas, pas épargnées par de tels actes.

C’est le message que la Ville de Genève veut faire passer avec sa campagne d’affichage 2017 intitulée "Des pensées contre l'homophobie et la transphobie" qui s’inspire des travaux de l’artiste Paul Harfleet. Les six affiches contre la violence homophobe et transphobe dans l’espace public sont visibles depuis lundi et le sauront jusqu’au 28 mai.

C’est la cinquième fois que la Ville de Genève, sous l’impulsion de la Conseillère administrative Sandrine Salerno dont les combats pour l’égalité sont connus et reconnus, sensibilise les Genevois.e.s aux discriminations en lien avec l’orientation sexuelle et l’identité de genre aux moyens d’une campagne d’affichage public et d’actions ciblées.

Cette campagne d’affichage 2017 est complétée par d’autres activités (www.17mai-geneve.ch pour découvrir le programme et les visuels) ainsi que par deux actions phare qui auront lieu le mercredi 17 mai, journée internationale contre l’homophobie et la transphobie : le Pont du Mont-Blanc et le Palais Eynard seront pavoisés aux couleurs du drapeau arc-en-ciel et le Jet d’eau éclairé aux six couleurs des communautés LGBT.

A propos de la date du 17 mai, rappelons que c’est le 17 mai 1990 que l’OMS a retiré l’homosexualité de la liste des maladies mentales et que, depuis 12 ans, le 17 mai est la journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie afin de commémorer cette avancée pour les droits humains, mais aussi se rappeler qu’aujourd’hui encore 74 Etats condamnent l’homosexualité et 7 la punissent de mort.

Et ce n’est pas demain la veille que cela va changer. Le 17 mai a encore, hélas, de « belles » années devant lui.