08/03/2017

"Patients": résolument optimiste (et 6 autres films à l'affiche)

FullSizeRender.jpgSympathique, c’est le premier mot qui vient à l’esprit pour qualifier ce film qui traite pourtant d’un sujet difficile, le handicap. Suite à un grave accident, Ben est devenu tétraplégique et va devoir réapprendre les gestes simples du quotidien, sans garantie d’y parvenir, dans un centre de rééducation. Il va faire la connaissance d’autres patients, certains encore plus mal en point que lui. Ils vont ensemble tenter de se donner de l’espoir en affrontant des bons et mauvais moments qui ne seront pas sans conséquence sur leurs relations.

Basé sur l’histoire vraie de Grand Corps Malade, co-réalisateur du film, « Patients » possède deux grandes qualités : sa distribution et ses dialogues. Les acteurs, à commencer par Pablo Pauly dans le rôle de Ben dont le charisme fait mouche à chaque plan, sont excellents. Ils font vivre avec justesse et humanité leur personnage. Quant aux dialogues, ils sont percutants, drôles, touchants, vachards et font souvent appel au second degré et à la dérision, un moyen de se protéger dans un milieu aussi complexe que celui-ci.

Mais « Patients » a aussi un défaut : il s’essouffle sur la longueur. La dernière demi-heure n’apporte pas grand-chose de plus et par conséquent le film piétine. Dommage, car il n’était pas nécessaire qu’il dure 1h50. Ceci étant dit, l’impression finale reste positive à l’image d’un film résolument optimiste malgré son sujet. (3 étoiles)

Toujours à l’affiche

5 étoiles. « Lion » raconte l’histoire vraie de Saroo, âgé de 5 ans dans les années 80, qui se retrouve seul dans un train qui le conduit à Calcutta, à des milliers de kilomètres de chez lui. Perdu dans cette mégapole, Saroo va survivre comme il peut dans un milieu hostile avant d’être recueilli dans un orphelinat et d’être adopté par un couple d’Australiens. 20 ans plus tard, Saroo pense toujours à sa famille qu’il veut tenter de retrouver à l’aide de ses rares souvenirs et de Google Earth. Le film, six nominations aux Oscars, comporte donc deux parties plus ou moins d’égale longueur. Dans la première, on fait la connaissance d’un enfant de 5 ans espiègle, débrouillard et issu d’un milieu très modeste. Sunny Pawar qui joue le rôle de Saroo enfant est absolument génial. La deuxième partie se concentre sur la quête de Saroo pour retrouver ses racines et les difficultés pour y arriver aussi bien sur un plan opérationnel qu’émotionnel. Si l’on peut reprocher quelques petites longueurs dans cette seconde partie, elles n’enlèvent toutefois en rien l’intense émotion qui est présente pratiquement à chaque seconde. A tel point qu’il est quasiment impossible de retenir ses larmes tant le film vous touche en plein cœur. A ne pas manquer.

5 étoiles. « Manchester by the sea ». Lee Chandler est concierge à Boston. Il est taciturne, fuit la compagnie et provoque des bagarres dans les bars quand il a trop bu. Lorsque son frère décède subitement d’une crise cardiaque, il doit retourner à Manchester, une heure et demi de voiture de Boston, pour s’occuper des funérailles et apprendre que son frère l’a désigné comme tuteur de son neveu de 16 ans l’obligeant à se confrontant à un passé tragique avec lequel il tente de vivre ou plutôt survivre. La mission que lui a confiée son frère sera-t-elle l’occasion d’un nouveau départ ou y a-t-il des drames dont on ne se remet pas parce qu’ils sont définitivement trop lourds à porter ? « Manchester by the sea » est un film sans aucune fausse note parfaitement écrit, réalisé, monté et photographié. Malgré son sujet difficile, il ne tombe jamais dans le pathos, tout est fait en finesse à l’image du jeu des acteurs tous formidables avec une mention spéciale pour Casey Affleck, justement récompensé par l’Oscar du meilleur acteur, époustouflant et bouleversant. Un film d’une grande humanité qui vous habite encore bien des jours après l’avoir visionné. Absolument remarquable.

5 étoiles. « Ma vie de Courgette ». Ce film d’animation, doublement récompensé aux César, est un vrai bijou. Techniquement bien sûr, mais aussi au niveau de son scénario intelligent, des dialogues percutants prononcés par des voix formidablement bien choisies et de la bande son tout aussi remarquable. Rien n’est laissé au hasard, le film est soigné dans ses moindres détails aussi bien du point de vue de la psychologie et de l’apparence des personnages que de leur environnement. C’est un plaisir visuel immense de faire une nouvelle découverte pratiquement à chaque plan. « Ma vie de Courgette » véhicule, avec finesse, tendresse et humour, beaucoup d’émotions, sans pathos. Tous les enfants qui fréquentent ce foyer, lieu d’apaisement qui protège des agressions du monde extérieur, et les adultes qui gravitent autour d’eux sont extrêmement attachants. « Ma vie de Courgette » est un film tout public. Mais le travail d’orfèvre qu’il a fallu accomplir pour le réaliser prend probablement encore une autre dimension avec des yeux d’adulte. Cour(g)ez-y !

4 étoiles. « Loving ». Richard et Mildred Loving, les biens nommés, s’aiment et souhaitent se marier. Mais en 1958 dans l’Etat de Virginie, c’est interdit quand les futurs époux ne sont pas de la même race. Qu’à cela ne tienne, d’autres Etats l’autorisent. Sauf que de retour en Virginie, ce mariage n’a plus aucune valeur et vivre ensemble sous un même toit est un crime qui conduit tout droit en prison. « Loving » raconte sur une décennie l’histoire vraie de ce couple qui a, presque malgré lui, fait avancer d’un grand pas les droits humains aux Etats-Unis. Le film se concentre principalement sur l’histoire d’amour entre Richard et Mildred Loving, l’aspect judiciaire étant une conséquence de cet amour qu’ils ne peuvent pas vivre librement. Le film est du coup moins spectaculaire et démonstratif qu’il aurait pu l’être, mais il permet de pénétrer avec une grande sensibilité et tendresse dans l’intimité du couple Loving et de ses trois enfants. Le rythme relativement lent du film ne rime absolument pas avec ennui, d’une part parce que la tension est toujours palpable et, d’autre part, parce que la mise en scène et le jeu des acteurs dégagent une formidable finesse.

3 étoiles. « La La Land ». 6 Oscars 2017, mais pas celui de meilleur film, un battage médiatique énorme, des critiques pour la plupart élogieuses et pourtant « La La Land » n’est pas le chef d'œuvre annoncé. Cet hommage aux comédies musicales des années cinquante est esthétiquement une réussite: la photographie, les costumes et les décors nous font replonger dans l'âge d'or des comédies musicales avec un côté moderne puisque l'action se passe de nos jours. La musique, les chansons et les danses sont plutôt entraînantes. Ryan Gosling et Emma Stone sont craquants et très investis dans leur rôle de pianiste de jazz et de comédienne à la poursuite de leur rêve. Mais « La La land » est à l'image de la vie de ses deux héros: il y a des hauts et des bas. Un début sur les chapeaux de roue, puis ça patine dans le mélo avant de reprendre son envol pour se terminer avec une fin qui tire en longueur et qui n’assume pas le conte de fées jusqu'au bout. « La La Land » ne manque donc pas de qualités, sans pour autant susciter un fol enthousiasme. Il y manque indéniablement ce qui fait la marque des tout grands films: de l'émotion.

2 étoiles. « Jackie ». Dallas, 22 novembre 1963, assassinat du président des Etats-Unis John Fitzgerald Kennedy, sous les yeux de son épouse, Jacqueline Kennedy. Le film s’attache à raconter la semaine de la désormais ex-First Lady qui a suivi cet événement particulièrement traumatisant pour elle et son combat pour que son mari ait le droit à des funérailles grandioses pour marquer l’Histoire. Il faut bien reconnaître que le film de Pablo Larrain soigne les détails et est très agréable pour l’œil. Le choix de le tourner en 16 mm pour donner un aspect brut à l’image est une excellente idée qui permet de faciliter l’intégration de séquences d’archives, une belle réussite. Les costumes et les décors sont également à la hauteur. Mais « Jackie » est trop bavard, les allers et retours entre le présent et le passé coupent trop souvent le rythme déjà très lent du film et la musique est par moment insupportable. Mais à ces défauts déjà majeurs, il faut en rajouter un qui est rédhibitoire : le manque d’émotions qui se dégage du film, à l’image de son personnage principal pour lequel on éprouve très peu d’empathie.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

 

05/03/2017

Faut-il sauver le SlowUp?

FullSizeRender2.jpgQue d’agitations pour la suppression d’une journée consacrée à la mobilité douce dans le canton où les automobilistes perdent le plus de temps dans les embouteillages ! Un peu paradoxal, non ? En fait, pas tant que ça.

Le canton de Genève est en effet également le champion parmi ceux qui ne savent pas ce qu’ils se veulent. Il crée un appel d’air pour encore plus de bouchons en voulant construire une traversée du lac dont il n’a pas les moyens, tout en hurlant haut et fort quand une manifestation telle que le SlowUp est supprimée.

Le Conseiller d’Etat en charge des transports Luc Barthassat incarne à lui tout seul ce paradoxe : il est en faveur de ce pont ou tunnel hors de prix, mais trouve scandaleux la suppression du SlowUp, histoire de mettre un peu de vert dans son programme à une année des élections. Mais il est vrai que c’est le même qui veut laisser les motos emprunter les voies de bus au détriment de la sécurité des vélos tout en faisant la promotion de la journée sans ma voiture. C’est la méthode Barthassat pour essayer de faire plaisir à tout le monde.

La suppression du SlowUp pour éponger une toute petite partie de l’édition catastrophique du Geneva Lake Festival est lamentable. S’attaquer au seul événement de ces fêtes qui soit positif pour les Genevoises et Genevois montre à quel point on se moque de celles et ceux qui paient avec leurs impôts une partie de cette kermesse géante, car ce sont bien celles et ceux qui vivent et travaillent en Ville de Genève qui financent les prestations en nature telles que la remise en ordre des parcs qui sont détruits en moins de temps qu’il faut pour le dire.

Alors oui, il faut essayer de sauver le SlowUp, mais pas juste pour donner bonne conscience à des politiciens à la recherche de voix. Il faut le faire en l’accompagnant d’une promotion digne de ce nom de la mobilité douce par les collectivités publiques et les associations qui la défendent tout au long du parcours. Exit les sponsors dont le fond de commerce est avant tout la voiture !

Si les Genevois ne veulent plus à l’avenir être les habitants du canton numéro 1 des bouchons, ils doivent absolument repenser leur manière de se déplacer. Et il appartient à nos politiciens de les aider en mettant en place les conditions nécessaires à ce transfert modal. Mais pour ça, il faut faire des choix qui ne feront forcément pas plaisir à tout le monde…

02/03/2017

"Lion": une folle intensité émotionnelle (et 6 autres films à l'affiche)

FullSizeRender.jpgUne fois de plus la réalité dépasse la fiction. Aucun scénariste n’aurait pu imaginer un conte aussi extraordinaire sans se faire critiquer sur son côté invraisemblable.

Et pourtant, « Lion » raconte l’histoire vraie de Saroo, âgé de 5 ans dans les années 80, qui se retrouve seul dans un train qui le conduit à Calcutta, à des milliers de kilomètres de chez lui. Perdu et seul dans cette mégapole, Saroo va survivre comme il peut dans un milieu hostile avant d’être recueilli dans un orphelinat et d’être adopté par un couple d’Australiens. 25 ans plus tard, Saroo est un jeune homme qui semble bien dans sa peau. Apparence trompeuse, car il pense toujours à sa famille qu’il veut tenter de retrouver à l’aide de ses rares souvenirs et de Google Earth.

Le film, six nominations aux Oscars, comporte donc deux parties plus ou moins d’égale longueur. Dans la première, on fait la connaissance d’un enfant de 5 ans espiègle, débrouillard, admirateur de son frère aîné et issu d’un milieu très modeste. Sunny, le bien nommé, Pawar qui joue le rôle de Saroo est absolument génial. On rit, on pleure, on se réjouit, on tremble avec lui. Sentiment renforcé par la caméra qui le filme souvent en gros plan et à sa hauteur dans des décors qui mettent bien en avant l’Inde de cartes postales et celle de la grande pauvreté.

La deuxième partie, qui se déroule vingt ans plus tard en Australie, se concentre sur la quête de Saroo pour retrouver ses racines et les difficultés pour y arriver aussi bien sur un plan opérationnel qu’émotionnel. La crainte d’heurter ses parents adoptifs, qu’il aime profondément, est en effet une vraie préoccupation. Dev Patel, le héros de « Slumdog Millionnaire », exprime avec finesse ce conflit intérieur qui donne lieu à une scène magnifique entre lui et sa mère adoptive (Nicole Kidman, émouvante).

Si l’on peut reprocher quelques petites longueurs dans cette seconde partie, qui fait penser par moment à une pub pour Google Earth, elles n’enlèvent toutefois en rien l’intense émotion qui est présente pratiquement à chaque seconde. A tel point qu’il est quasiment impossible de retenir ses larmes tant le film vous touche en plein cœur, le processus d’identification fonctionnant pleinement. Un film optimiste et bouleversant jusqu’aux ultimes images où l’on découvre le vrai Saroo. A ne pas manquer. (5 étoiles)

Toujours à l’affiche

5 étoiles. « Manchester by the sea ». Lee Chandler est concierge à Boston. Il est taciturne, fuit la compagnie et provoque des bagarres dans les bars quand il a trop bu. Lorsque son frère décède subitement d’une crise cardiaque, il doit retourner à Manchester, une heure et demi de voiture de Boston, pour s’occuper des funérailles et apprendre que son frère l’a désigné comme tuteur de son neveu de 16 ans l’obligeant à se confrontant à un passé tragique avec lequel il tente de vivre ou plutôt survivre. La mission que lui a confiée son frère sera-t-elle l’occasion d’un nouveau départ ou y a-t-il des drames dont on ne se remet pas parce qu’ils sont définitivement trop lourds à porter ? « Manchester by the sea » est un film sans aucune fausse note parfaitement écrit, réalisé, monté et photographié. Malgré son sujet difficile, il ne tombe jamais dans le pathos, tout est fait en finesse à l’image du jeu des acteurs tous formidables avec une mention spéciale pour Casey Affleck, justement récompensé par l’Oscar du meilleur acteur, époustouflant et bouleversant. Un film d’une grande humanité qui vous habite encore bien des jours après l’avoir visionné. Absolument remarquable.

5 étoiles. « Ma vie de Courgette ». Ce film d’animation, doublement récompensé aux César, est un vrai bijou. Techniquement bien sûr, mais aussi au niveau de son scénario intelligent, des dialogues percutants prononcés par des voix formidablement bien choisies et de la bande son tout aussi remarquable. Rien n’est laissé au hasard, le film est soigné dans ses moindres détails aussi bien du point de vue de la psychologie et de l’apparence des personnages que de leur environnement. C’est un plaisir visuel immense de faire une nouvelle découverte pratiquement à chaque plan. « Ma vie de Courgette » véhicule, avec finesse, tendresse et humour, beaucoup d’émotions, sans pathos. Tous les enfants qui fréquentent ce foyer, lieu d’apaisement qui protège des agressions du monde extérieur, et les adultes qui gravitent autour d’eux sont extrêmement attachants. « Ma vie de Courgette » est un film tout public. Mais le travail d’orfèvre qu’il a fallu accomplir pour le réaliser prend probablement encore une autre dimension avec des yeux d’adulte. Cour(g)ez-y !

4 étoiles. « Loving ». Richard et Mildred Loving, les biens nommés, s’aiment et souhaitent se marier. Mais en 1958 dans l’Etat de Virginie, c’est interdit quand les futurs époux ne sont pas de la même race. Qu’à cela ne tienne, d’autres Etats l’autorisent. Sauf que de retour en Virginie, ce mariage n’a plus aucune valeur et vivre ensemble sous un même toit est un crime qui conduit tout droit en prison. « Loving » raconte sur une décennie l’histoire vraie de ce couple qui a, presque malgré lui, fait avancer d’un grand pas les droits humains aux Etats-Unis. Le film se concentre principalement sur l’histoire d’amour entre Richard et Mildred Loving, l’aspect judiciaire étant une conséquence de cet amour qu’ils ne peuvent pas vivre librement. Le film est du coup moins spectaculaire et démonstratif qu’il aurait pu l’être, mais il permet de pénétrer avec une grande sensibilité et tendresse dans l’intimité du couple Loving et de ses trois enfants. Le rythme relativement lent du film ne rime absolument pas avec ennui, d’une part parce que la tension est toujours palpable et, d’autre part, parce que la mise en scène et le jeu des acteurs dégagent une formidable finesse.

4 étoiles. « Tu ne tueras point ». Basé sur une histoire vraie, "Tu ne tueras point" raconte l'histoire de Desmond Doss, un jeune homme qui veut absolument s'engager dans l'armée américaine pour servir son pays au cours de la seconde guerre mondiale tout en refusant de porter une arme, sa foi le lui interdisant. "Tu ne tueras point" est un film qui ne laisse pas indifférent, et ce bien au-delà de la dureté des scènes de bataille qui montrent bien l'horreur de la guerre. Il questionne sur la foi qui peut renverser les montagnes, sur la violence intériorisée et ce que l'on peut en faire, sur le besoin de s'engager malgré sa différence, sur l'absurdité de la guerre. Le film de Mel Gibson, 6 nominations aux Oscars 2017, n'est pas parfait. On peut lui reprocher quelques longueurs, un brin de manichéisme et d'appuyer un peu trop sur la foi de Desmond. Mais ces défauts sont largement compensés par des images à couper le souffle, une mise en scène et un montage brillants, des acteurs excellents, un suspense par moment insoutenable et des émotions tout au long du film qui vous clouent sur votre siège au moment du générique de fin.

3 étoiles. « La La Land ». 6 Oscars 2017, mais pas celui de meilleur film, un battage médiatique énorme, des critiques pour la plupart élogieuses et pourtant « La La Land » n’est pas le chef d'œuvre annoncé. Cet hommage aux comédies musicales des années cinquante est esthétiquement une réussite: la photographie, les costumes et les décors nous font replonger dans l'âge d'or des comédies musicales avec un côté moderne puisque l'action se passe de nos jours. La musique, les chansons et les danses sont plutôt entraînantes. Ryan Gosling et Emma Stone sont craquants et très investis dans leur rôle de pianiste de jazz et de comédienne à la poursuite de leur rêve. Mais « La La land » est à l'image de la vie de ses deux héros: il y a des hauts et des bas. Un début sur les chapeaux de roue, puis ça patine dans le mélo avant de reprendre son envol pour se terminer avec une fin qui tire en longueur et qui n’assume pas le conte de fées jusqu'au bout. « La La Land » ne manque donc pas de qualités, sans pour autant susciter un fol enthousiasme. Il y manque indéniablement ce qui fait la marque des tout grands films: de l'émotion.

2 étoiles. « Jackie ». Dallas, 22 novembre 1963, assassinat du président des Etats-Unis John Fitzgerald Kennedy, sous les yeux de son épouse, Jacqueline Kennedy. Le film s’attache à raconter la semaine de la désormais ex-First Lady qui a suivi cet événement particulièrement traumatisant pour elle et son combat pour que son mari ait le droit à des funérailles grandioses pour marquer l’Histoire. Il faut bien reconnaître que le film de Pablo Larrain soigne les détails et est très agréable pour l’œil. Le choix de le tourner en 16 mm pour donner un aspect brut à l’image est une excellente idée qui permet de faciliter l’intégration de séquences d’archives, une belle réussite. Les costumes et les décors sont également à la hauteur. Mais « Jackie » est trop bavard, les allers et retours entre le présent et le passé coupent trop souvent le rythme déjà très lent du film et la musique est par moment insupportable. Mais à ces défauts déjà majeurs, il faut en rajouter un qui est rédhibitoire : le manque d’émotions qui se dégage du film, à l’image de son personnage principal pour lequel on éprouve très peu d’empathie.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire