Bonn(y)dée - Page 7

  • Je suis en colère !

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    Le Tribunal fédéral a donc annulé la votation de février 2016 sur l’initiative du PDC « contre la pénalisation du mariage ». Et ce n’est pas cette décision qui me met en colère, car elle est parfaitement compréhensible.

    Ce qui me met en colère, c’est l’erreur monumentale du Conseil fédéral qui avait prétendu que seulement 80 000 couples mariés étaient pénalisés par l’impôt fédéral direct alors qu’ils étaient en fait 704 000 !

    Ce qui me met en colère, c’est le texte de l’initiative du PDC qui sous couvert d’égalité fiscale en précise que le mariage est l’union entre un homme et une femme.

    Ce qui me met en colère, c’est la décision du parlement d’avoir validé cette initiative qui ne respecte de toute évidence pas l’unité de la matière.

    Ce qui me met en colère, c’est que sans cette définition du mariage, et malgré l’énorme erreur du Conseil fédéral, cette initiative aurait obtenu un score record et qu’aujourd’hui les couples mariés discriminés en profiteraient déjà.

    Ce qui me met en colère, c’est toute l’énergie mise en vain dans la bataille pour que cette initiative soit refusée afin de ne pas bloquer pour longtemps le mariage civil pour toutes et tous. Et je ne parle même pas de l’argent gaspillé.

    Ce qui me met en colère, c’est que la décision du parlement sur le mariage civil pour toutes et tous sera inévitablement retardée même si on peut espérer qu’une solution soit trouvée pour que le peuple ne revote que sur la partie fiscale de l’initiative ou que le parlement vote rapidement une loi dans ce sens.

    Ce qui me met en colère, c’est qu’après l’aboutissement lundi du référendum contre l’extension de la norme pénale anti-raciste à l’orientation sexuelle, il faut deux jours plus tard se rendre à l’évidence que chaque pas dans notre pays en direction de l’égalité des droits pour toutes et tous est incroyablement difficile.

    Mais ce moment de colère passé, je continuerai de lutter pour qu’un jour toutes les citoyennes et citoyens de ce pays soient sur le même pied d’égalité !

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  • Une journée sombre

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    Le lundi 8 avril 2019 restera comme une journée sombre pour toutes celles et ceux qui luttent contre les crimes, les délits de haine et les discriminations dont sont encore trop souvent victimes les personnes homosexuelles, bisexuelles et trans*. En déposant ce jour son référendum contre la révision de la norme pénale antiraciste qui inclue dorénavant l'orientation sexuelle, l'UDF a une fois encore démontré tout son mépris envers cette minorité. Mais gageons qu'une (grande) majorité du peuple suisse ne la suivra pas dans ce combat d'arrière garde! 

    Pour en savoir plus et soutenir la campagne en faveur de la révision de la loi :

    https://contre-les-discriminations-oui.ch

    Communiqué de presse de la Fédération romande des associations LGBT

    L’Union Démocratique Fédérale (UDF), parti anecdotique et très conservateur d’inspiration chrétienne, a déposé aujourd’hui le référendum qu’il avait lancé contre la révision de la norme pénale antiraciste (article 261bis du Code pénal) qui inclue dorénavant l’orientation sexuelle, mais, hélas, pas l’identité de genre.

    Le lancement du référendum contre cette révision par l’UDF n’était à vrai dire guère surprenant de la part d’un parti s’opposant systématiquement à toutes les avancées en lien avec l’égalité des droits pour les personnes lesbiennes, gay, bi et trans (LGBT).

    Dans notre démocratie, chaque loi peut être attaquée par un référendum et c’est très bien ainsi. Par contre, utiliser des arguments malhonnêtes pour parvenir à ses fins est scandaleux.

    Et c’est ce qu’a fait l’UDF pour obtenir les 50 000 signatures nécessaires en n’hésitant pas dans son argumentaire à détourner l’objectif de la loi en prétendant que « la protection des minorités n’avait pas besoin de censure. » A en croire l’UDF, « cette extension de loi irréfléchie n’est pas la moindre des attaques graves contre des personnes qui s’opposent publiquement à l’idéologie de genre et aux revendications d’associations homosexuelles sur la base de l’éthique chrétienne. » Ce serait donc en résumé les personnes LGBT qui seraient les méchants bourreaux et celles et ceux qui les attaquent les pauvres victimes !

    Des milliers de personnes ont été trompées par des démarcheurs (l’UDF a payé une société pour récolter des signatures) qui n’ont pas hésité à dire aux signataires potentiels que c’était un référendum contre l’homophobie ! Un véritable scandale, une honte pour notre démocratie.

    Il appartiendra donc au peuple de se prononcer sur cette loi, vraisemblablement au mois de novembre. Gageons qu’il ne se fera pas avoir par le discours incroyablement homophobe de l’UDF et qu’il soutiendra largement cette révision qui permettra de poursuivre les crimes, les délits de haine et les discriminations dont sont encore trop souvent victimes les personnes homosexuelles, bisexuelles et bien évidemment trans* que malheureusement la loi ne prend pas en compte.  

    Pour en savoir plus et soutenir la campagne en faveur de la révision de la loi :

    https://contre-les-discriminations-oui.ch

    Pour la Fédération romande des associations LGBT :

    Maya Burkhalter, co-présidente                 Didier Bonny, co-président

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  • Deux candidatures vertes pour le Conseil administratif

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    IMG_5843.PNGLors de son assemblée générale du 4 avril, les Verts Ville de Genève ont désigné une candidate, Frédérique Perler, et un candidat, Alfonso Gomez, pour les représenter à l’élection au Conseil administratif de 2020.

    Les 110 membres présent.e.s ont ainsi suivi à l’unanimité la recommandation du comité de partir avec une double candidature pour les raisons que j’ai évoquées, en son nom en tant que co-président des Verts Ville de Genève, dans le discours suivant :

    Peut-on être à la fois ambitieux et raisonnable ?  Ces deux adjectifs ne sont-ils pas contradictoires ? En apparence peut-être, mais pas pour le comité de la section de la Ville de Genève qui recommande à l’unanimité moins une abstention à cette assemblée d’être justement à la fois ambitieuse et raisonnable.

    Il vous recommande d’être ambitieux et ambitieuse en vous proposant de partir avec deux candidatures, une féminine et une masculine. Mais en quoi partir avec deux candidatures est-il ambitieux alors qu’on pourrait très bien aller jusqu’à cinq ?

    C’est ambitieux, car il ne s’agit pas de présenter deux candidatures vertes au premier tour pour que les électrices et électeurs fassent leur choix entre elles, mais bel et bien de faire élire les deux candidat.e.s qui seront désigné.e.s tout à l’heure et donc de doubler notre présence au Conseil administratif en 2020. Il faudra pour y parvenir s’appuyer sur le nombre important de sièges que nous devrions gagner au Conseil municipal. En effet, si on extrapole sur les résultats obtenus en Ville de Genève lors de l’élection au Grand Conseil de l’année dernière, les Verts obtiendraient cinq à six sièges supplémentaires.

    Cette recommandation du comité fait donc preuve d’ambition, tout en s’appuyant sur un contexte réaliste. Et c’est en cela qu’elle est raisonnable. Elle prend aussi en compte nos partenaires de l’Alternative avec lesquels il s’agira non seulement de garder la confortable majorité actuelle au Conseil administratif, mais aussi de reprendre la majorité au Conseil municipal. En partant unie dès le premier tour pour le Conseil administratif, l’Alternative donnerait un signal très clair dans ce sens. Le choix des socialistes de partir avec une candidate et un candidat ne dit d’ailleurs pas autre chose.

    Ce sont pour toutes ces raisons que le comité vous invite à suivre sa recommandation, à savoir de partir avec une candidate et un candidat.

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  • « Boy Erased » : froid dans le dos (et 7 films à l’affiche)

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    78F47B00-06E5-4E69-8B97-334D0BB16A3C.jpegAdapté des mémoires de Garrard Conley publiées en 2016, « Boy Erased » raconte l'histoire de Jared, jeune homme de 19 ans et fils de pasteur dans une petite ville américaine, qui apprend à ses parents qu'il est homosexuel. Ne voulant pas être rejeté par sa famille et sa communauté religieuse, il accepte de suivre un programme de thérapie de conversion.

    Par ce film, le réalisateur-comédien Joel Edgerton souhaitait relancer le débat aux USA autour des thérapies de conversion qui sont autorisées dans 36 Etats et de très nombreux pays. Le réalisateur espère que le message du film « sera entendu par des parents en proie à ce genre de questionnement et de tourment face à leur enfant. L'orientation sexuel ne peut pas être changée ou "guérie", mais heureusement, on peut apprendre à accepter.»

    L'acceptation est d'ailleurs au cœur du film: celle de Jared d'être celui qu'il est et celle de ses parents d'avoir un fils comme lui. Mais pour peut-être en arriver là, le chemin sera parsemé d'embûches et notamment ce programme de conversion qui fait froid dans le dos. L'objectif du film est donc largement atteint sur ce plan-là.

    On n'en dira toutefois pas autant sur celui de l'émotion. Les allers et retours entre passé et présent rendent en effet le récit par moment hâché et empêchent l'émotion de s'installer, à l'exception des très belles scènes finales entre mère et fils et père et fils portées par les excellents Lucas Hedges, Nicole Kidman et Russel Crowe. Un film nécessaire, mais pas complètement abouti. (3 étoiles)

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  • « Le mystère Henri Pick » : en quête d’identité (et 5 films à l’affiche)

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    IMG_5744.jpgTiré du livre éponyme de David Foenkinos, « Le Mystère Henri Pick » est une comédie policière dont l’intrigue, son déroulement et son atmosphère font inévitablement penser aux romans d’Agatha Christie et à son héros masculin, Hercule Poirot.

    Jean-Michel Rouche est un critique littéraire reconnu qui anime une émission télévisuelle consacrée à la littérature. Un jour, il reçoit sur son plateau la veuve d’un auteur totalement inconnu. Le manuscrit de son mari a été découvert par hasard par une jeune éditrice dans une étrange bibliothèque en Bretagne. Publié, il connaît un énorme succès. Mais Jean-Michel Rouche ne croit pas une seule seconde qu’un pizzaïolo breton a pu écrire ce roman. Il décide alors de mener son enquête pour prouver qu’il a raison.

    A mi-chemin entre la comédie et le film policier - on ne parlera pas ici de « thriller » car on ne peut pas dire que l’intrigue mette le spectateur sous tension et il n’y a pas à proprement parler de suspense, mais tout de même un intérêt à connaître la vérité - « Le Mystère Henri Pick » permet de passer un bon moment.

    Porté par Fabrice Luchini et Camille Cottin qui évoluent tous les deux dans le registre d’une sobriété bienvenue, ce n’est en effet pas leur marque de fabrique, le film est divertissant et les rebondissements, bien que légers, permettent de garder le spectateur en éveil du début à la fin, même si le tout manque un peu de folie. (3 étoiles)

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