10/04/2018

Jamais content!

Les comptes 2017 de la Ville de Genève sont largement bénéficiaires et tout le monde devrait s’en réjouir! Et bien non! La droite municipale, oui celle qui voulait faire des coupes pour 2,5 millions dans ce même budget et qui s’est faite renvoyée à ses études par le peuple le 4 mars dernier, ne peut bien évidemment pas afficher sa satisfaction sans quoi toute sa stratégie du « je coupe pour couper » s’effondrerait d’un seul coup.

Et cela reviendrait également à reconnaître que la Ville de Genève est fort bien gérée depuis de très nombreuses années par la Conseillère administrative socialiste, et candidate au Conseil d’Etat, Sandrine Salerno. Voilà qui en est trop pour cette majorité qui, année après année, voit ses prévisions catastrophiques être démenties par la réalité des chiffres qui est têtue. Ne reste donc plus que la mauvaise foi pour affirmer au PDC « qu'il n’y a pas de quoi pavoiser » ou encore au PLR que « l’excédent est  construit sur des recettes artificielles ou fictives ».

En attendant, les citoyennes et citoyens de la Ville de Genève sauront sans doute, eux, apprécier que les comptes présentent un boni de 33,5 millions, supérieur de 32,1 millions à ce qui était budgété, et pourront entonner en pensant à la droite municipale la chanson d’Alain Souchon « Jamais content»! 

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01/04/2018

Demandez le programme!

Période plutôt creuse en ce moment au niveau des sorties cinématographiques. L’occasion est idéale pour une séance de rattrapage, car il y a de très bons films qui sont toujours à l’affiche, comme « Call me by your name », « Moi, Tonya », « 3 Billboards » ou encore « Les heures sombres ».

IMG_1851.jpg5 étoiles. « Call me by your name». Eté 1983, Lombardie. Elio, 17 ans, passe ses vacances dans une magnifique villa en compagnie de ses parents dont il est proche. Son père est un éminent professeur spécialiste de la culture gréco-romaine et sa mère traductrice. Il a grandi dans un milieu ouvert aux autres et a reçu une excellente éducation. Au cours de cet été, il va s’éveiller au désir de l’autre. Ce sera tout d’abord avec son amie Marzia, puis de manière de plus en plus irrésistible avec le séduisant Oliver, étudiant américain venu travailler auprès de son père. A partir de cette histoire simple adaptée du roman éponyme d’André Aciman, James Ivory a tiré un scénario, récompensé d’un Oscar, d’une très grande finesse et sensibilité. Magnifiquement mis en scène par Luca Guadagnino, « Call me by your name » est un film lumineux, dans tous les sens du terme. Quant à l’interprétation, elle est irréprochable, avec une mention toute particulière pour le jeune Timothée Chalamet d’une justesse incroyable jusqu’au dernier plan d’une folle intensité émotionnelle. Mais cette scène finale n’est, et de loin, pas la seule à bouleverser. En résumé, « Call me by your name » est beau, bouleversant, délicat, émouvant, érotique, fin, humain, intense, juste, lumineux, romantique, sensible, sensuel, solaire, subtile et plus encore. Une réussite.

IMG_1893.jpg4 étoiles. « Moi, Tonya ». Janvier 1994, le championnat américain de patinage artistique va désigner les concurrentes qui défendront les couleurs des USA aux Jeux olympiques de Lillehammer en février. C’est alors que Nancy Kerrigan, la favorite, se fait agresser avec une barre de fer qui va l’empêcher de disputer la compétition. Les soupçons se tournent rapidement en direction de sa principale adversaire, Tonya Harding, à la réputation sulfureuse. Mais comment a-t-on pu en arriver à cette extrémité ? Tourné sous la forme d’un docu-fiction, avec des interviews des proches de Tonya Harding et de la patineuse elle-même qui entrecoupent des flashbacks, « Moi, Tonya » est un petit bijou de tragi-comédie à suspense. Plus les minutes passent plus le film devient captivant avec un réel attachement à ses personnages pourtant loin d’être sympathiques. La réalisation est à la hauteur avec des scènes de patinage à couper le souffle. Mais toutes ces qualités seraient quasiment inutiles si « Moi, Tonya » n’était pas porté par d’excellents interprètes, à commencer par Margot Robbie qui met formidablement en valeur l’arrogance, la vulgarité, la vulnérabilité, la naïveté, mais aussi le courage et la ténacité du personnage qu’elle interprète. A ses côtés, Allison Janney, Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle, est géniale dans son rôle de mère méprisante, violente, mais également désireuse que sa fille réussisse. Un film passionnant et inventif qui vaut la peine d’être vu.

IMG_1381.jpg4 étoiles. « 3 Billboards » mêle à la fois tragédie et comédie, ce qui est souvent un pari risqué. Autant le dire tout de suite, et à quelques détails près, le mélange des genres est réussi dans « 3 Billboards » grâce à un scénario inventif, une mise en scène qui ne laisse rien au hasard, des images magnifiques et une distribution exceptionnelle. Le film raconte l’histoire de Mildred Hayes, lassée que l’enquête sur la mort de sa fille violemment assassinée n’avance pas, qui décide un beau jour de louer 3 panneaux publicitaires immenses et abandonnés à l’entrée de la ville afin d’interpeller la police sur son inaction. Cette initiative va mettre le feu, au sens propre et figuré, dans cette petite ville du Missouri qui cumule les travers d’une Amérique réactionnaire, à savoir, entre autres, bêtise, violence, racisme, homophobie et alcoolisme. Si le trait est volontairement forcé, ce qui permet de jouer sur un humour noir du meilleur effet, c’est pour mieux questionner les notions de justice et de pardon, mais aussi la capacité de l’être humain d’évoluer dans un contexte qui bouge à l’image d’une fin très réussie. « 3 Billboards » est parfois déroutant, jamais ennuyeux malgré son rythme relativement lent et, au final, souvent jouissif. A voir.

Les heures sombres.jpg4 étoiles. « Les heures sombres ». Mai 1940. Les Alliés concèdent défaites sur défaites face aux troupes nazies. Plus de 300 000 soldats britanniques sont piégés à Dunkerque et la menace d’une invasion du Royaume-Uni par Hitler est réelle. C’est dans ce contexte explosif que Winston Churchill est nommé le 10 mai Premier ministre suite à la démission de Neville Chamberlain. Mais c’est en fait une nomination par défaut, car seul Churchill est à même de rallier les voix de l’opposition sur sa personne alors que son propre parti, ainsi que le roi George VI, préféreraient un autre candidat. La grande force de « Les heures sombres » est d’en faire un film à suspense alors qu’on connaît déjà la fin et que l’action tourne principalement autour des discours de Churchill et de ses relations plutôt conflictuelles avec son entourage. On pourrait craindre l’ennui durant les plus de deux heures que durent le film, mais il n’en est rien. Le mérite en revient en premier lieu à l’extraordinaire performance de Gary Oldman, Oscar du meilleur acteur. L’apparence de Churchill a également été très soignée. Ce souci du détail se voit aussi dans les décors et dans la lumière. Alors, certes, le film tire parfois un peu trop sur la corde du patriotisme, mais il n’y a là rien de rédhibitoire, tant le film est passionnant de bout en bout.

IMG_1918.jpg2 étoiles. « La Ch'tite famille ». Valentin D. et Constance Brandt forment un couple BCBG très à la mode dans le monde parisien de l'architecture moderne. Tout ce beau monde ignore toutefois que Valentin a menti sur ses origines prolétaires et ch'tis. La vérité va éclater lors d'un vernissage d'une rétrospective qui lui est consacrée quand sa famille débarque par surprise. A la lecture de ce synopsis, on aura deviné que ce choc des cultures va occasionner des situations comiques, des quiproquos et des rebondissements en cascade, par moment jusqu'à l'excès. Et c'est bien là le plus gros reproche que l'on peut faire au film: il ne fait pas dans la dentelle, tout particulièrement dans une première partie lourdingue où à force de grossir le trait sur les Ch'tis, mais aussi sur le milieu BCBG parisien, cela en devient grotesque et même gênant.Heureusement, la seconde partie est plus digeste et on rit par moment de bon cœur, l'accent ch'ti étant cette fois-ci utilisé comme un simple ressort comique et non comme une caricature. Il y a même de l'émotion avec une fin certes convenue, mais plutôt originale dans sa conception. Les acteurs sont à la hauteur avec une mention à Laurence Arné qui donne beaucoup d'humanité à son rôle et à Pierre Richard, émouvant dans sa maladresse. Au final, une comédie pas « chi » pire, même si on en attendait plus.

IMG_1747.jpg2 étoiles. « La forme de l’eau ». Elisa est nettoyeuse dans un laboratoire gouvernemental ultrasecret en pleine guerre froide à la fin des années 50. Sa vie va basculer lorsqu’elle va tomber amoureuse d’une créature emprisonnée au sein de ce laboratoire et en danger de mort en raison des expériences qui sont faites sur elle. Conte fantastique érigé en hymne (trop) appuyé à la tolérance (l’héroïne est muette, son colocataire est homosexuel, sa meilleure amie noire et son amoureux une créature à la E.T., n’en jetez plus la coupe est pleine), « La forme de l’eau » a un défaut rédhibitoire : après dix minutes de film, on devine ce qui va arriver jusqu’à la dernière minute. La conséquence est que l’ennui n’est jamais bien loin et qu’on peine franchement à s’intéresser aux péripéties de ce couple hautement improbable. Alors, certes, c’est bien joué et plutôt agréable à regarder avec des couleurs qui font inévitablement penser à « Amélie Poulain ». Mais cela ne suffit toutefois pas à susciter ce qui fait la marque des grands films : l’émotion. Tout est tellement prévisible et fait pour tirer sur la corde sensible du spectateur que cela en devient artificiel. Mais apparemment pas pour tout le monde puisque ce film très politiquement correct et emprunt d’une nostalgie romantique dégoulinante a remporté l’Oscar du meilleur film…

sans-titre.png2 étoiles. « Pentagon Papers », nom du document de 7000 pages émanant du département de la défense détaillant l’implication politique et militaire américaine dans la guerre du Vietnam, raconte l’histoire de Katharine Graham, directrice du Washington Post, et de son rédacteur en chef Ben Bradlee qui vont se retrouver confronter au gré des circonstances à un dilemme monumental : publier ou non des extraits dans le journal de ce document au risque de tout perdre, y compris leur liberté. Résumé de cette manière, on imagine que « Pentagon Papers » fera la part belle au drame avec une énorme tension et un suspense par moment insoutenable. Tel est bien le cas, mais hélas seulement dans la deuxième moitié du film. Avant d’y parvenir, il aura fallu affronter une mise en place du contexte qui à vouloir être trop démonstrative et didactique (que de paroles !) en devient laborieuse et franchement ennuyeuse. Mais heureusement, le film décolle et devient franchement intéressant quand il entre dans le vif du sujet. On se met alors à apprécier la mise en scène, la reconstitution minutieuse d’une rédaction du début des années 70 et le côté résolument féministe du film incarné par une Meryl Streep comme toujours excellente. Au final, et malgré cette seconde partie plutôt réussie, le bilan est globalement décevant pour un film dont on attendait beaucoup plus sur le…papier.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

 

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29/03/2018

Un engagement de longue date en faveur des personnes LGBT

Texte publié sur le site de la Fédération genevoise des associations LGBT qui à l’occasion des élections cantonales a souhaité présenter deux de ses membres: Didier Bonny et Yves de Matteis.

Tous deux sont candidats au Grand Conseil sur la liste Les Verts et s’engagent depuis des années, notamment au sein des associations LGBT, dans la prévention et la lutte contre les discriminations et les violences en raison de l’orientation sexuelle et/ou de l’identité de genre et pour l’égalité sociale et juridique des personnes LGBT. Nous vous invitons à faire plus ample connaissance avec eux.

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23/03/2018

Voter, c’est si facile. Enfin, presque. Mode d’emploi.

ABF95533-1104-474A-9B2C-BCDBA321CDBF.jpegLes bulletins de vote pour élire le 15 avril un nouveau Grand Conseil de 100 député.e.s sont entrain d’arriver dans les boîtes. Mais comment ces 100 sièges sont-ils attribués ? La répartition se fait en deux temps. Tout d’abord, on attribue le nombre de sièges par liste proportionnellement aux nombres de suffrages que chacune d’entre elles a obtenus. Ensuite, ce sont les candidat.e.s de chaque liste qui ont le plus de voix qui occupent ces sièges. Une liste doit atteindre au minimum 7% pour obtenir des sièges.

 

Concrètement…

Votre liste préférée est, au hasard :-), la 2, celle des Verts. Vous la glissez telle quelle dans votre enveloppe, elle rapporte 100 suffrages au parti et une voix à chaque candidat.e qui est sur la liste. C’est ce qu’on appelle le vote compact.

Vous souhaitez biffer quelques candidat-e-s sur votre liste préférée. Elle rapporte 100 suffrages au parti et une voix à chaque candidat.e qui n’est pas biffé.e.

Vous n’aimez pas biffer, mais vous voulez avantager un.e ou des candidat.e.s d’une même liste. Il est possible alors de prendre la liste officielle et d’écrire le/la ou les noms de ces candidat.e.s en mentionnant en haut le nom et/ou le numéro de la liste. Ce vote rapporte également 100 suffrages au parti et une voix aux candidat.e.s inscrit.e.s sur le bulletin de vote.

Votre voisin.e se présente sur une autre liste que celle qui a votre préférence et vous aimeriez bien voter pour elle/lui. Vous pouvez l’ajouter sur la liste. A ce moment-là, la liste ne rapportera que 99 suffrages au parti et 1 suffrage sera donné à la liste sur laquelle se présente votre voisin.e. Chaque candidat.e (non biffé.e bien évidemment, car vous pouvez à la fois ajouter et biffer des candidat.e.s) est crédité.e d’une voix. 

Vous n’avez que faire d’une liste de parti, vous voulez faire votre propre Grand Conseil avec des candidat.e.s de plusieurs horizons. Vous prenez la liste officielle et vous écrivez jusqu’à un maximum de 100 noms. Chaque candidat.e sur cette liste aura une voix et rapportera également un suffrage au parti dont il défend les couleurs.

Vous voulez voter pour une seule personne. Vous prenez la liste officielle, vous inscrivez son nom et mettez le nom et/ou le numéro de la liste sur laquelle elle se présente. Si vous ne le faites pas, vous n’utiliserez alors qu’un seul de vos 100 suffrages. Cette personne aura certes une voix pour elle, mais elle ne lui sera d’aucune utilité si son parti n’a pas de siège pour qu’elle puisse s’asseoir dessus!

Ce qu’il ne faut pas faire…           

  • Remplir ou modifier un bulletin de vote autrement qu’à la main ;
  • Ajouter des remarques ou des signes ;
  • Utiliser un bulletin qui ne soit pas l’officiel ou celui d’un parti ;
  • Mettre 2 fois le même nom ;
  • Inscrire au verso des bulletins quoique ce soit, ce n’est pas pris en considération ;
  • Inscrire plus de 100 noms ;
  • NE PAS VOTER !

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17/03/2018

« La Ch'tite famille »: pas « chi » pire (et 10 autres films à l’affiche)

IMG_1918.jpgTrès attendu au contour, Dany Boon, champion du box-office français avec pratiquement tous ses films, avait de grandes chances de décevoir en reprenant certains ingrédients qui avaient fait l'énorme succès de "Bienvenue chez les Ch'tis" il y a dix ans. Et c'est bien le cas, même si tout n'est pas à jeter dans "La Ch'tite famille" qui a engrangé 2,5 millions d'entrées en France lors de sa première semaine d'exploitation!

Valentin D. et Constance Brandt forment un couple BCBG très à la mode dans le monde parisien de l'architecture moderne. Tout ce beau monde ignore toutefois que Valentin a menti sur ses origines prolétaires et ch'tis. La vérité va éclater lors d'un vernissage d'une rétrospective qui lui est consacrée quand sa famille débarque par surprise.

A la lecture de ce synopsis, on aura deviné que ce choc des cultures va occasionner des situations comiques, des quiproquos et des rebondissements en cascade, par moment jusqu'à l'excès. Et c'est bien là le plus gros reproche que l'on peut faire au film: il ne fait pas dans la dentelle, tout particulièrement dans une première partie lourdingue où à force de grossir le trait sur les Ch'tis, mais aussi sur le milieu BCBG parisien, cela en devient grotesque et même gênant.

Heureusement, la seconde partie est plus digeste et on rit par moment de bon cœur, l'accent ch'ti étant cette fois-ci utilisé comme un simple ressort comique et non comme une caricature. Les scènes où Valentin essaye de perdre son accent ch'ti, après l'avoir retrouvé suite à un accident qui l'a rendu amnésique, et celles où, au contraire, Constance essaye de l'attraper, sont très drôles. Il y a même de l'émotion avec une fin certes convenue, mais plutôt originale dans sa conception. Les acteurs sont à la hauteur avec une mention à Laurence Arné qui donne beaucoup d'humanité à son rôle et à Pierre Richard, émouvant dans sa maladresse. Au final, une comédie pas « chi » pire, même si on en attendait plus. (2 étoiles)

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