01/03/2017

Après les signatures, au tour du quorum?

Le Grand Conseil a donc finalement décidé la semaine dernière d’abaisser le nombre de signatures à récolter pour les initiatives et les référendums adoptant une loi proposée par Ensemble à gauche et le MCG et soutenue par les Verts et les socialistes.

Si le peuple donne également son aval, il est obligatoire étant donné qu’il s’agit d’un changement de la Constitution, une proportion de 2% du corps électoral sera suffisante pour faire aboutir un référendum ou une initiative législative (3% actuellement, soit 7697 signatures) et une proportion de 3% pour une initiative constitutionnelle (4% actuellement, soit 10293 signatures).

Cette décision du Grand Conseil facilite donc le recours aux outils de la démocratie, ce qui amènera peut-être nos élus à faire plus d’efforts pour trouver des solutions consensuelles afin d’éviter d’aller devant le peuple suite à un référendum.

Mais le Grand Conseil ne devrait pas s’arrêter en si bon chemin, car si renforcer les droits populaires au moyen des initiatives et référendums, c’est bien, il faudrait également le faire en augmentant la représentation des sensibilités politiques au sein du parlement.

Et pour y arriver, il faut baisser le quorum (l’idéal étant qu’il y en ait pas du tout, mais à l’idéal nul n’est tenu…) qui est malheureusement resté fixé à 7% dans la nouvelle Constitution. Il a été question au cours des débats de mettre la barre à 5%, ce qui est déjà élevé, mais la majorité ne l’a pas voulu pour éviter de perdre du pouvoir.

Mais inutile de refaire l’Histoire, il s’agit de se projeter dans le futur. Et puisqu’il y a eu une majorité plutôt confortable pour abaisser le nombre de signatures, pourquoi cette même majorité ne déposerait-elle pas un projet de loi pour abaisser le quorum qui permettrait également d’ouvrir un peu plus le jeu démocratique ?

27/02/2017

Oscars 2017: vainqueur surprise

Le grand favori « La La Land » a obtenu 6 Oscars, dont ceux du meilleur réalisateur et de la meilleure actrice, mais pas celui du meilleur film. Une bonne surprise, car sur les quatre films sur neuf nommés qui ont jusqu’à présent été distribués à Genève (« La La Land », « Manchester by the sea », « Tu ne tueras point » et « Lion »), c’est le moins enthousiasmant.

casey_affleck_.jpg« La La Land » ne manque certes pas de qualités, mais il y manque indéniablement ce qui fait la marque des tout grands films: de l'émotion. Tout le contraire de « Manchester by the sea » récompensé par l’Oscar du meilleur acteur pour Casey Affleck (photo), époustouflant et bouleversant, et par celui tout aussi mérité du meilleur scénario original.

En attendant, avec grande impatience, que les cinq autres films nommés, dont le vainqueur surprise « Moonlight », débarquent enfin sur nos écrans, on peut déjà relever que l’année 2016 aura été une grande année pour le cinéma américain avec beaucoup de bons films. Pas forcément d’ailleurs mis en avant par les Oscars si l’on pense, par exemple, à « Loving » ou à « Sully ».

Notons enfin que « notre » Courgette n’a pas réussi le doublé César-Oscar du meilleur film d’animation, remporté par « Zootopia ». Mais à l’impossible nul n’est tenu, une nomination était déjà une belle récompense pour ce film qui véhicule, avec finesse, tendresse et humour, beaucoup d’émotions.

26/02/2017

Fête du cinéma ou tribune politique?

FullSizeRender.jpgCe n'est certes pas la première fois que l'Académie des César choisit de récompenser des films engagés, parfois même au détriment de leur qualité cinématographique comme ce fut, par exemple, le cas l'année dernière avec le calamiteux « Fatima ».

Si cette année le palmarès est globalement décevant, il n'y a toutefois pas de scandale à proprement parlé, même si certains choix de l’Académie des César ont très certainement été influencés par des raisons politiques au sens large du terme (« Divines », « Merci Patron ! », « Moi, Daniel Blake », « Maman(s), « Vers la tendresse »).

Cette hypothèse est renforcée par la manière dont s’est déroulée la cérémonie. Il y a tout d’abord eu un discours très engagé, mais trop virulent et brouillon pour qu’il ait un quelconque impact, de François Ruffin, arborant un t-shirt second degré avec le portrait du décrié patron de Canal+ qui retransmettait la remise des prix, suite à la remise de son César pour le meilleur documentaire « Merci Patron ! ».

Il y a ensuite eu les discours sur la difficulté de faire du cinéma quand on est issu de la banlieue avec, notamment, cette phrase de la réalisatrice de « Vers la tendresse » qui fait remarquer que le César ex-æquo du meilleur court métrage a été remis à « deux Blacks ».

Enfin, on a encore eu droit à la lecture d’une lettre de Ken Loach, vainqueur du César du meilleur film étranger avec « Moi, Daniel Blake », appelant à voter à gauche pour la prochaine présidentielle. Était-ce le lieu pour le faire ? Poser la question, c’est y répondre. Ceci dit, en passant, le choix de récompenser une fois encore ce film engagé, certes excellent, montre bien un certain parti pris de la majorité des votants.

Et puis, on ne saurait passer sous silence la « performance » de George Clooney venu à Paris pour recevoir un César d’honneur. Il a prononcé un discours réaliste de l’Amérique d’aujourd’hui, mais non dénué d’espoir, dénonçant avec finesse les actes de Donald Trump depuis son arrivée au pouvoir sans toutefois le nommer. Sauf que c’est Jean Dujardin qui l’a fait à plusieurs reprises dans une traduction simultanée, certes amusante, mais qui a fait perdre de sa force aux propos de George Clooney qui étaient eux fidèlement sous-titrés.

En définitive, la politique a occupé une (trop) grande place lors de cette 42ème cérémonie des César. Une cérémonie qui devrait avant tout célébrer le cinéma et les émotions qu’il véhicule. Ce fut heureusement tout de même le cas avec des extraits de film en hommage à Michèle Morgan, récemment disparue, et à la présence, pour la première fois, de Jean-Paul Belmondo entouré d’un très beau plateau d’actrices et d’acteurs. Ses paroles très émouvantes ont incontestablement été le point fort de cette remise des César 2017 (http://www.huffingtonpost.fr/2017/02/24/cesar-2017-belmon...).