23/09/2018

Coup de pédale pour le vélo

Les voies cyclables seront donc mentionnées dans la Constitution, au même titre que les chemins et sentiers de randonnée pédestre le sont depuis…40 ans, ainsi en a décidé le peuple suisse à une écrasante majorité, et l’on ne peut que s’en réjouir.

Les citoyennes et citoyens de ce pays n’ont pas manqué l’occasion de donner un grand coup de pédale, que l’on espère décisif, à nos autorités pour que le vélo occupe la place qu’il mérite dans la mobilité. A ce propos, il faut rappeler que 50% des trajets en voiture et 80% des trajets en bus et en tram sont inférieurs à 5 km. Le potentiel de croissance de la petite reine est énorme. Selon les prévisions de la Confédération, la progression du vélo d’ici 2040 sera deux fois plus importante que celle du trafic individuel motorisé.

Suite à ce vote, la Confédération pourra ainsi soutenir les cantons lors de l’aménagement de voies cyclables de qualité, ce qui permettra une pratique plus attrayante et sûre du vélo. Et l’on sait que c’est une condition très importante pour que le nombre de personnes qui optent pour le vélo, moyen de locomotion très peu énergivore, respectueux de l’environnement et excellent pour la santé, augmente.

Il semblerait d’ailleurs que les intentions du Conseiller d’Etat genevois en charge de la question des transports, Serge Dal Busco, soient prometteuses pour le développement des pistes cyclables. Le plébiscite du corps électoral genevois (plus de 80% de OUI!) et le phénoménal succès de la Voie verte sont un encouragement incontestable à poursuivre une politique des transports qui privilégie la mobilité douce. A suivre.

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21/09/2018

Chronique du sexisme ordinaire

Le sexisme a encore de « beaux » jours devant lui si je prends en exemple la manière dont un restaurant genevois différencie les toilettes « hommes » et les toilettes « femmes ».

A la fin du repas, je me rends donc aux toilettes dudit restaurant et je découvre devant moi deux portes où les symboles « habituels » permettant de reconnaître le genre auquel elles sont attribuées sont remplacés par du texte, enfin si j’ose dire. Sur une des portes, il est écrit « Bla » et sur l’autre « Bla, bla, bla, bla » à de nombreuses reprises (cf. photo).

Interpellé, je réfléchis deux secondes avant de pousser finalement la porte avec le seul « Bla », faisant l’hypothèse que le cliché consistant à dire que les femmes parlent plus que les hommes pour ne rien dire se cachait probablement derrière les « bla, bla, bla,…. Et j’ai eu, hélas, raison ! Le contraire aurait justement permis de casser ce cliché débile et aurait même pu être, à la limite, amusant.

Remonté par ce sexisme ordinaire de mauvais goût, je suis allé m’adresser au patron pour lui dire ce que je pensais de sa manière hyper sexiste de différencier les toilettes « hommes » et « femmes ». Apparemment surpris par ma réaction, il n’a rien pu me répondre d’autre qu’il avait voulu faire quelque chose de drôle. Et c’est bien triste.

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17/09/2018

« Première année »: profondément humain

IMG_4161.jpgAprès « Hippocrate » et « Médecin de campagne », Thomas Lilti, ancien médecin, persiste et signe avec un troisième film qui a également comme contexte le milieu médical. Mais à la différence des deux premiers, pas de patients et de docteurs dans « Première année », mais des étudiants qui entament leur cursus pour devenir médecin dans un environnement compétitif et sans pitié.

Antoine recommence sa première année de médecine pour la troisième fois. Il est persuadé que c’est sa vocation et s’accroche tant et plus. Benjamin est fils de chirurgien. Il n’est pas particulièrement motivé, mais cherche la reconnaissance de son père. Il réalise très rapidement que sa facilité pour les études ne sera pas suffisante et qu’il va devoir bosser dur. Complémentaires, Antoine et Benjamin vont unir leur destin, pour le meilleur et pour le pire, pour tenter de passer cette première année.

Si « Première année » débute de manière classique pour un film de ce genre, Benjamin découvre l’univers de la fac de médecine avec les conseils d’Antoine qui le connaît déjà fort bien, les rôles s’inversent très vite entre les deux étudiants. Pour Thomas Lilti, « c’est le cœur du film. Montrer l’inégalité au cœur du système éducatif. Benjamin a les codes. Même s’il est nouveau, très vite il se fond dans le moule, se laisse absorber par le système et comprend des choses qu’en deux ans Antoine n’a toujours pas intégrées. Ce n’est pas que Benjamin soit plus intelligent, non. Il a juste compris le système. »

Cette inégalité, dont ils ne sont pas responsables, va mettre à dure épreuve la relation entre les deux étudiants, mais aussi donner toute sa force à leur amitié remarquablement mise en scène par Thomas Lilti qui sait décidément créer de l’émotion à l’écran. Il est bien évidemment aidé par le remarquable duo que forment Vincent Lacoste, dont le talent est déjà bien connu, et William Lebghil, véritable révélation du film. L’humanité de son personnage transpire à chaque seconde grâce à son interprétation toute en finesse.

« Première année » est un film, à quelques exceptions près, rythmé, drôle, tendre, émouvant et avec du suspense. On pourrait lui reprocher une fin un peu téléphonée, mais on le pardonnera aisément au réalisateur, car elle est à l’image du film : profondément humaine. (4 étoiles)

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12/09/2018

« Photo de famille »: frustrant

IMG_4127.jpgComédie tragi-comique, « Photo de famille » raconte entre deux enterrements comment une famille éclatée va essayer de recoller les morceaux malgré les fissures, voire les fossés, qui existent entre ses membres.

Gabrielle (Vanessa Paradis, touchante), Elsa (Camille Cottin qui en fait parfois un peu trop) et Mao (Pierre Deladonchamps, toujours aussi craquant) sont frères et sœurs, mais ne se fréquentent guère en raison d’un passé que l’on découvre petit à petit compliqué. La première est « statue » pour touristes, à la plus grande gêne de son fils ado, la seconde s’énerve fréquemment et désespère de tomber enceinte et enfin le dernier est un créateur de jeux vidéo doué, mais dépressif chronique. On y ajoute un père pas très fin dans l’expression de ses sentiments (Jean-Pierre Bacri qui fait du…Bacri), une mère psy envahissante et gaffeuse (Chantal Lauby, convaincante), une grand-mère qui perd la tête et le tableau, un peu trop caricatural, de la situation familiale est dressé.

« A partir d’un élément déclencheur – la grand-mère qui veut aller mourir dans son village – chaque personnage va enclencher chez lui et chez les autres un processus qui va leur permettre à tous de se réparer » déclare Cecilia Rouaud, réalisatrice et scénariste du film. Et l’on peut deviner sans trop de peine que cela ne se fera pas sans des rires et des larmes et des hauts et des bas qui se ressentent dans le film qui manque par moment cruellement de rythme. C’est en grande partie dû à un nombre invraisemblable de saynètes qui casse trop souvent un élan qu’on aimerait poursuivre, car il y a des magnifiques scènes, drôles, tendres ou encore émouvantes, dans « Photo de famille ».

Un sentiment d’inabouti donc, voire de frustration, car à force de ne pas choisir entre comédie et drame, le film perd le spectateur en route. Dommage. Avec une distribution aussi talentueuse, il y avait mieux à faire. (2 étoiles)

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09/09/2018

Du grand au petit écran: « Médecin de campagne », « L’Hermine » et « Spotlight »

FE983C37-7677-426D-BF14-92FD555B4507.jpegAlors que le dernier film de Thomas Lilti, « Première année » avec Vincent Lacoste, sort sur les écrans mercredi prochain, RTS Deux diffuse jeudi son film précédent, « Médecin de campagne », qui vaut la peine d’être vu.
 
Le docteur Werner est médecin de campagne. Il va à son tour être rattrapé par la maladie. Cette épreuve va l’obliger de partager, avec un enthousiasme très modéré, son territoire avec une doctoresse nouvellement diplômée. Le grand mérite du film est qu’il sonne juste du début à la fin. Le film est porté par deux excellents acteurs, François Cluzet et Marianne Denicourt qui éclaire merveilleusement bien le côté sombre de son collègue. Les seconds rôles, la mise en scène ainsi que la photographie sont également à la hauteur. A part quelques petites longueurs, « Médecin de campagne » est un film d'une grande humanité tout en évitant avec bonheur la sensiblerie et la facilité dans la relation entre les deux personnages principaux. Un film français comme on les aime.
 
4 étoiles. « Médecin de campagne ». RTS DEUX, Jeudi 13 septembre, 21h05.

465AAA21-2590-4CB1-88D0-CD29897C9DCA.jpegPrésident de cour d’assises proche de la retraite, redouté et pour le moins peu aimable avec son entourage, Michel Racine va toutefois se montrer sous un autre jour lorsque le hasard remet sur son chemin au cours d’un procès l’anesthésiste dont il était tombé amoureux six ans auparavant. Il va saisir cette seconde chance qui s’offre à lui en tentant de séduire la lumineuse Ditte (magnifique Sidse Babett Knudsen, l’héroïne de « Borgen »), ce qui ne sera pas sans effet sur le déroulement d’un procès où il est question d’un infanticide.

On l’aura compris à l’énoncé de l’intrigue, le film oscille entre ombre et lumière, un procès sombre par opposition aux rencontres plus légères entre Michel Racine et Ditte, dans le cadre très solennel d’un Palais de justice, principal décor de l’action, ce qui n’empêche pas l’émotion.

Fabrice Luchini incarne avec justesse cet homme dont on ne connaît pas grand-chose, si ce n’est qu’il vient de se séparer de sa femme, et qui va se révéler bien plus humain qu’il ne l’a jamais été. « Humain » est d’ailleurs le terme qui pourrait le mieux définir ce film qui fait également la part belle aux seconds rôles, tous excellents. « L’Hermine », référence au col d’hermine de la robe que porte Michel Racine, est un film sur le fil du rasoir où toutes les fins sont envisageables jusqu’à la dernière seconde, ce qui n’est pas pour déplaire.

4 étoiles. "L'Hermine". FRANCE 2, dimanche 9 septembre, 21h.

C38044A3-4AB0-4762-9770-D6F7785C2729.jpeg« Spotlight » est basé sur des faits réels. En 2002, un réseau pédophile au sein de l’Eglise catholique de Boston est découvert, mais les preuves ne sont pas évidentes. Une équipe de journalistes d’investigation du Boston Globe, baptisée Spotlight, décide de mener sa propre enquête pour faire toute la lumière sur cette sombre affaire et en informer les lectrices et lecteurs du journal. Plus de 600 articles seront publiés sur cette enquête récompensée par le Prix Pulitzer.

« Spotlight », qui a reçu l’Oscar du meilleur film de 2015, raconte donc comment ces reporters, régulièrement confrontés à la loi du silence et aux pressions pour les faire taire tout au long des 12 mois que vont durer leurs investigations, ont fait éclater la vérité sur ces hommes d’Eglise abuseurs d’enfants. Pour les suivre dans leur enquête, « Spotlight » s’appuie sur un scénario très bien écrit, des acteurs tous excellents et une mise en scène classique. C’est rondement mené et efficace. Presque trop. L’émotion est en effet peu présente dans « Spotlight », les enquêteurs s’effaçant devant l’enquête. Mais c’était le but poursuivi par le réalisateur. Objectif atteint.

3 étoiles. « Spotlight ».  ARTE, jeudi 13 septembre, 21h.

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