27/11/2018

« Le Jeu » : dérapage (presque) incontrôlé (et 7 autres films à l’affiche)

LIMG_4869.jpge temps d’un dîner, des amis décident de jouer à un jeu qui consiste à poser son téléphone portable au milieu de la table. A chaque fois qu’une notification sera envoyée, le message devra être partagé avec les autres. Un jeu qui va se révéler très dangereux pour les participants et virer petit à petit à un jeu de massacre.

Après un démarrage un peu lent avec l’arrivée échelonnée des invités, le film prend son rythme de croisière quand il est l’heure de passer à table. Il s’emballe quand le jeu commence. Il y a du rythme, de l’action, c’est drôle et l’on se réjouit à l’avance de la catastrophe qui ne va pas manquer d’arriver avec les premiers messages. Et l’on n’est pas déçu. Le rire devient alors jaune, c’est grinçant à souhait, un régal. Les acteurs sont excellents avec une mention spéciale à Gregory Gadebois, le seul célibataire présumé de la bande, et Suzanne Clément, géniale dans ses excès.

« Le Jeu » part du principe que les invités ont tous des choses à se reprocher et/ou à cacher et…les spectateurs dans la salle également. Ils en sont du coup également les acteurs et se demandent forcément au fur et à mesure que le jeu dérape si toute vérité est bonne à dire…Le film, et sa fin décevante en forme de pirouette, se garde d’ailleurs bien de prendre position en rattrapant in extremis ses personnages au bord du gouffre. Dommage que le dérapage ne soit pas incontrôlé jusqu’au bout. (3 étoiles).

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25/11/2018

Du grand au petit écran : « The Revenant » avec Di Caprio et « Dheepan »

IMG_4866.jpgIrréprochable au niveau du jeu - Leonardo Di Caprio a enfin décroché l’Oscar du meilleur acteur avec ce film - de la réalisation et de la mise en scène - Alejandro Gonzalez Inarritu a reçu pour la deuxième fois et consécutivement l’Oscar du meilleur réalisateur - et de la photographie absolument superbe et également « oscarisée, « The Revenant » est une indéniable réussite sur le plan de la performance cinématographique.

« The Revenant », c’est l’histoire d’un trappeur grièvement blessé par un ours qui va chercher à se venger parce qu’il a été abandonné par ses équipiers. Quelques scènes, comme la charge des Indiens au début du film, l’attaque de l’ours ou encore la poursuite à cheval, sont d’une maîtrise technique à couper le souffle. Elles sont de plus tournées dans de superbes paysages.

Mais c’est paradoxalement également la faiblesse du film qui tire en longueur et qui est sans cesse dans la démonstration, qui plus est le plus souvent violente. Certaines scènes sont en effet d’une grande sauvagerie, le sang gicle même sur la caméra, sans que cela apporte nécessairement un plus. Un film qui, en définitive, privilégie à l’excès la prouesse technique à l’émotion, à l’image de son héros increvable à tel point que cela en devient risible, et finit par tourner à vide.

2 étoiles. « The Revenant ». RTS UN, lundi 26 novembre, 20h45.

IMG_4867.jpgDheepan est un ancien soldat qui veut fuir l’horreur de la guerre civile au Sri Lanka. Pour augmenter ses chances de trouver l’asile en Europe, il fait passer une jeune femme et une fillette, rencontrées dans un camp de réfugiés, pour des membres de sa famille. Arrivé en France, Dheepan trouve un emploi de gardien dans une cité glauque où des voyous règnent en maître. C’est dans cette atmosphère lourde, où un petit rien peut mettre le feu aux poudres à n’importe quel moment, que Dheepan et sa famille fictive vont tenter de se (re)construire et, pourquoi pas, former un vrai foyer.

« Dheepan », Palme d’or 2015 du Festival de Cannes, est un film constamment sous tension, avec tout de même quelques longueurs, où peut surgir à chaque instant le pire comme le meilleur. Les personnages qui le composent sont des êtres écorchés vifs et par conséquent prêts à tout faire exploser si on les chatouille de trop prêts. Remarquablement bien joué, avec une mention pour Antonythasan Jesuthasan qui joue un Dheepan qui porte en lui toutes les épreuves qu’il a traversées, « Dheepan » est un film parfaitement maîtrisé aux allures de rédemption et de nouveau départ.

3 étoiles. « Dheepan ». France 2, dimanche 25 novembre, 21h00.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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24/11/2018

« Les Chatouilles » : bouleversant, mais jamais pesant (et 6 autres films à l’affiche)

IMG_4843.jpgJe n’avais pas vraiment envie d’aller voir un film qui parle de pédophilie, trop dur. Et puis, en m’informant, j’ai cru comprendre que « Les Chatouilles » était aussi un film sur la reconstruction de soi-même après avoir subi un tel traumatisme dans son enfance. Je me suis donc décidé à y aller et je ne l’ai pas regretté, que d’émotions !

Adapté de la pièce d’Andréa Bescond et d’Eric Métayer, qui sont passés pour la première fois à la réalisation, « Les Chatouilles » raconte l’histoire d’Odette basée sur la vie d’Andréa Bescond qui tient le rôle principal dans le film. Abusée dans son enfance par un ami très proche de ses parents, Odette décide une fois devenue adulte d’aller déposer ce fardeau qui l’empêche d’avancer dans la vie auprès d’une psychologue. En libérant la parole, elle va recoller les morceaux de son puzzle intérieur qui a explosé lors de son enfance en raison des agressions sexuelles qu’elle a connues.

Cette reconstruction de longue haleine prend différentes formes, à l’image des morceaux du puzzle, dans le film : des flashbacks, des souvenirs imaginaires, des entretiens avec la psychologue et la réalité de la vie d’adulte d’Odette. Le tout est incroyablement vivant. Le spectateur passe régulièrement des rires aux larmes, de la joie à la haine ou encore de la compréhension à l’incompréhension, à l’instar de l’état psychologique d’Odette. Les ruptures sont parfois surprenantes, mais l’ascenseur émotionnel n’en souffre jamais. Un véritable exploit pour un film qui part dans tous les sens, mais seulement en apparence, tant son propos est cohérent.

Pour qu’un film sur un sujet aussi délicat puisse emporter l’adhésion, il est indispensable d’avoir une distribution à la hauteur. Et tel est bien le cas. Andréa Bescond étale avec brio toute la palette de ses sentiments, Karin Viard est remarquable dans le rôle de cette mère qui ne comprend pas sa fille, Clovis Cornillac est touchant dans celui du père qui n’a rien vu venir et enfin Pierre Deladonchamps joue tout en finesse un pédophile à qui l’on donnerait le bon Dieu sans confession. Au final, un film bouleversant, mais jamais pesant, et porteur d’espoir. Magnifique. (5 étoiles)

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22/11/2018

Pourquoi être candidat au Conseil national?

Lors de son assemblée générale du 21 novembre, les Verts ont désigné leurs candidat.e.s pour les élections fédérales d'octobre 2019. Lisa Mazzone est candidate au Conseil des Etats et au Conseil national où elle siège depuis 2015. Pour l'accompagner sur la liste du Conseil national, 11 autres personnes ont été élues pour constituer une liste paritaire de 6 femmes et 6 hommes:

• Nicolas Walder, président des Verts genevois et maire de Carouge
• Ruth Bänziger, conseillère administrative d’Onex
• Didier Bonny, co-président des Verts Ville de Genève
• Philippe de Rougemont, président de Sortir du Nucléaire
• Valentin Dujoux, co-président des Jeunes Vert.e.s Genève
• Pierre Eckert, député
• Alfonso Gomez, conseiller municipal
• Uzma Khamis Vannini, Conseillère municipale et cheffe de groupe
• Delphine Klopfenstein Broggini, députée
• Isabelle Pasquier-Eichenberger, députée
• Frédérique Perler, députée et vice-présidente des Verts genevois

Chaque candidat.e avait 90 secondes pour se présenter et convaincre la centaine de membres présents de le/la retenir sur la liste (17 candidatures pour 12 places). Voici ma présentation:

Chères Vertes,
Chers Verts,

Si je me présente devant vous ce soir pour figurer sur la liste du Conseil national, c’est parce que je pense que mes engagements écologique, solidaire et égalitaire, mon expérience politique, mon énergie et les liens tissés dans le monde associatif et celui de l’éducation, où j’ai fait toute ma carrière professionnelle, permettront de participer le 20 octobre prochain à la fête que nous ne manquerons pas de faire pour célébrer le ou les sièges que nous aurons gagnés. En plus, ça tombe bien, le 20 octobre est la date de mon anniversaire :-) !

Si je me présente devant vous ce soir, c’est aussi parce que depuis un an et demi que je suis membre des Verts, je m’y sens particulièrement bien. J’ai été porté par l’élan d’une campagne enthousiasmante et réussie pour le Grand Conseil et j'ai été élu au mois de juin dernier à la co-présidence des Verts Ville de Genève.

Si je me présente devant vous ce soir, c’est encore parce que mes engagements associatifs présents – je suis, et notamment, co-président des Fédération genevoise et romande des associations LGBT et membre du comité de l’ATE depuis dix ans – et passés – notamment président du Groupe sida Genève et co-président de l’association nationale Pro Aequalitate – Pour l’égalité des droits – sont des atouts dans une campagne où il s’agit de mettre en avant les points forts des 12 candidates et candidats de la liste.

Si je me présente devant vous ce soir, c’est enfin parce que j’entends défendre tout particulièrement une cause dont l’enjeu est national, qui sera d’une brûlante actualité en 2019, qui fait partie de l’ADN des Verts et pour laquelle je m’engage depuis plus de quinze ans au sein des associations LGBT : l’égalité des droits pour toutes et tous. Merci de votre soutien!

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18/11/2018

Du grand au petit écran: « Dans les forêts de Sibérie », « Stefan Zweig », « Mia Madre »

851732CB-F4AC-471E-AD1E-6A05CCA6DFBA.jpegUn film qui traite de la solitude sans pour autant que l’on s’y ennuie en le visionnant, c’est le pari réussi de « Dans les forêts de Sibérie ». Adapté librement du récit de Sylvain Tesson, qui raconte les quelques mois que l’aventurier a vécus en ermite dans une cabane isolée du reste du monde en Sibérie, le film suit logiquement la même trame.

A une exception importante près : le personnage principal, interprété par le charismatique Raphaël Personnaz, va être secouru, alors qu’il est perdu dans le blizzard et que la mort est proche, par un Russe qui se cache pour échapper à la justice. De cette rencontre va naître une amitié, mais aussi une opposition entre celui qui a choisi librement de venir vivre dans cette contrée inhospitalière et celui qui l’a fait par obligation.

« Dans les forêts de Sibérie » est donc un film qui questionne sur son rapport à soi-même et à l’autre, car si la solitude voulue donne un indéniable sentiment de liberté, en tout cas pour un temps, il n’en est pas de même quand elle est subie.

Tourné sur les rives gelées du lac Baïkal qui donnent au film un décor à couper le souffle et des images de toute beauté, le tout accompagné d’une musique sublime, « Dans les forêts de Sibérie » réussit à captiver le spectateur du début à la fin. Il s’y passe toujours quelque chose que ce soit au niveau de l’action à proprement parler ou du chemin intérieur que parcourt le héros du film, parfois avec humour, pendant cette année passée en Sibérie. Magnifique dans tous les sens du terme.

4 étoiles. « Dans les forêts de Sibérie »RTS DEUX, jeudi 22 novembre, 21h05.

1C0A239B-FFB4-4C8B-BB6F-BE800B9F0EC9.jpegEn 1936, Stefan Zweig décide de quitter l’Europe. Le film raconte six moments de l’exil du grand écrivain autrichien et juif en Amérique latine, essentiellement au Brésil, et à New-York. 

Ces six tableaux sont d’un intérêt inégal et parfois trop longs. La palme de la réussite revient incontestablement au premier et au dernier qui sont filmés avec une caméra fixe, ce qui leur donne une folle intensité. Six épisodes qui permettent de comprendre toute la difficulté de Stefan Zweig à vivre son déracinement, sa souffrance de voir sa patrie spirituelle se détruire et finalement sa lassitude qui le prive de la force de « recommencer sa vie de fond en comble », malgré l’accueil très chaleureux qu’il a reçu au Brésil, comme il l’écrit dans sa lettre d’adieu déchirante.

2 étoiles. « Stefan Zweig: adieu l’Europe ». ARTE, mercredi 21 novembre, 20h55.

 

4DBBB3CB-F090-4C9F-B025-C306D83C6499.jpegLe film raconte l’histoire de Margherita, réalisatrice en plein tournage d’un film qui ne se fait pas tout seul, notamment en raison de son acteur principal américain (John Turturro, excellent) qui lui donne du fil à retordre. Elle se voit confrontée dans sa vie privée à la maladie de sa mère et à la crise d’adolescence de sa fille, ce qui pourrait la remettre en question dans son rôle de fille et de mère. 

Ce n’est de fait pas vraiment le cas et c’est sans doute pour cette raison que l’on a de la peine à entrer dans le film et à s’attacher à ce personnage, pourtant fort bien joué par Margherita Buy, qui va de l’avant en ne se préoccupant guère de son entourage et de ce qu’il peut penser d’elle. A l’image de son personnage principal, la mère étant clairement un second rôle contrairement à ce que le titre laisse penser, le film dégage peu d’émotions. 

Les scènes comiques du tournage du film dans le film sont plutôt réussies, celle dans la voiture est hilarante, bien qu’un peu trop répétitives. Mais n’est-ce pas paradoxal de mettre en avant les scènes qui ne sont pas directement en lien avec le sujet principal du film qui est censé en premier lieu raconter l’histoire d’une fille et de sa mère mourante ? Au bout du compte, difficile de savoir avec « Mia Madre » où Nanni Moretti a voulu emmener le spectateur qui reste sur sa faim.

2 étoiles. « Mia Madre ». ARTE, dimanche 18 novembre, 20h50.

F48ACB7F-6339-4D88-8294-CCA0A69DEEA0.jpeg« Toni Erdmann » plaît par son originalité, son imprévisibilité, ses scènes qui font rire jaune, le plus souvent, ou à gorge déployée (il vaut la peine de voir le film rien que pour le brunch d’anniversaire), sa relation père-fille émouvante, son côté déjanté et loufoque (par exemple la scène de sexe ou quand l’héroïne chante, fort bien d’ailleurs, une chanson de Whitney Houston), sa critique sociale et son couple d’acteurs, à commencer par Peter Simonischek parfaitement crédible dans le rôle très complexe de Toni Erdmann. 

Beaucoup de qualités donc pour un film inclassable qui mélange comédie, satire et drame social. Pourtant, et peut-être à cause de ce mélange des genres, le film ne convainc pas totalement sur sa longueur excessive (2h42), son propos en devenant répétitif. Il n’en demeure pas moins que « Toni Erdmann » est une œuvre cinématographique qui mérite une attention particulière.

3 étoiles. « Toni Erdmann ». ARTE, mercredi 21 novembre, 0h55.

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