Bonn(y)dée - Page 9

  • Taxer les billets d’avion, le moment ou jamais

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    Le peuple suisse est plus raisonnable que ses élu.e.s ! Un sondage publié dans la SonntagZeitung le 30 décembre dernier révèle que près de 70% des Suisses seraient favorables à une taxe sur les billets d’avion d’un montant de 12 à 50 francs. Ce n’est à vrai dire pas une surprise, car un sondage paru au moins d’août allait exactement dans le même sens.

    Ce soutien populaire supposé n’a toutefois pas été suffisant pour qu’une telle taxe soit votée par le Conseil national le 10 décembre dernier, dans le cadre de la loi sur le CO2, puisqu’elle a été refusée par 93 voix contre 88. Pourtant, le trafic aérien est responsable de 18% de l’impact climatique causé par l’homme et il est en pleine croissance en Suisse (+6 % de passagers par an et les distances ont presque doublé en cinq ans).

    Il est donc urgent de limiter cet impact dans le cadre de la sauvegarde du climat en mettant en œuvre des mesures concrètes. Une taxe sur les billets d’avion, dont les recettes seraient utilisées pour des projets en lien avec la protection de l’environnement, en fait partie. Rappelons que les transports aériens ne sont assujettis ni à la taxe sur les huiles minérales, ni à la TVA et que les pays voisins de la Suisse l’ont déjà introduite.

    Est-il normal qu’un trajet Genève-Paris en avion, dont les émissions de CO2 correspondent à 269 kg par personne, soit la plupart du temps moins cher qu’un billet de train pour le même trajet dont les émissions de CO2 correspondent à 17kg par personne ? Poser la question, c’est y répondre !

    Mais tout n’est pas perdu, puisque c’est au tour du Conseil des Etats de se pencher sur la loi sur le CO2. Dans le cadre des débats sur cette loi, une proposition de taxe environnementale sur les billets d’avion pourrait avoir une chance d’être acceptée, le poids du PLR et de l’UDC, pour lesquels la sauvegarde du climat est le cadet de leur souci, étant moins important qu’au Conseil national. Et si tel ne devait pas être le cas, les Verts lanceront alors une initiative dans ce sens.

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  • « Une femme d’exception » : un magnifique combat pour l’égalité (et 10 autres films à l’affiche)

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    IMG_5245.jpgL’année cinématographique 2019 commence bien avec un très bon film qui s’attache au parcours et aux combats de Ruth Bader Ginsburg, juge à la Cour suprême des Etats-Unis depuis 1993, entre le milieu des années 50 et 70. Vingt années semées d’embûches pour lutter contre les discriminations faites aux femmes et faire évoluer les lois en direction de l’égalité. Elle est considérée comme l’une des figures les plus progressistes des Etats-Unis. Elle s’est notamment impliquée dans plus de 300 procès pour discrimination.

    1956. Ruth Bader Ginsburg intègre l’école de droit de Harvard. Elle est l’une des neuf femmes dans une volée comptant plus de 500 hommes. Autant dire qu’il est fort difficile de faire sa place dans le machisme ambiant. Heureusement, Ruth peut compter sur le soutien sans faille de son mari, et vice versa, qui fait les mêmes études. Bien que première de sa classe, Ruth ne trouve pas d’embauche dans un cabinet parce qu’elle est une femme. Elle doit se contenter dans les années 60 d’enseigner le droit jusqu’au jour où sa vie va basculer quand elle va plaider avec son mari une affaire fiscale qui discrimine…un homme.

    La grande force du film tient à son couple d’acteurs principaux, Felicity Jones et Armie Hammer, qui crève l’écran. Leur complicité est formidable. Les rôles secondaires sont d’ailleurs également fort bien investis. Cette brillante distribution fait oublier le côté un peu trop académique du film, ce qui ne l’empêche toutefois pas d’être passionnant et de terminer en apothéose avec un monologue final de plus de cinq minutes de Ruth Ginsburg qui laisse sans voix. Et montre le chemin parcouru et celui qui est encore à parcourir pour que l’égalité entre les femmes et les hommes soit complètement réalisée. (4 étoiles)

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  • « Au bout des doigts » : un scénario lourdingue (et 9 autres films à l’affiche)

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    IMG_5214.jpg« Au bout des doigts » fait partie des ces films qui procurent un certain plaisir lors de leur visionnement, mais qui à regarder de plus près sont pourtant plein de défauts. C’est le choc des cultures entre les tripes et le mental et suivant qui l’emporte sur l’autre, on appréciera le film ou pas.

    Mathieu Malinski est un jeune de banlieue qui a une passion pour la musique classique dont il ne parle pas à ses potes avec lesquels il s’adonne parfois à des actes illicites. Pour assouvir son besoin de musique, il joue du piano dans les gares où l’instrument est en accès libre. C’est là qu’un jour le directeur du Conservatoire National Supérieur de Musique, Pierre Geitner, le rencontre. Mais pas question pour Mathieu de frayer avec ce milieu qui n’est pas le sien jusqu’au jour où un cambriolage tourne mal. Pierre Greitner vient alors à sa rescousse en proposant au juge des heures d’intérêt général au Conservatoire à la place de la prison.

    A partir de là, et comme on peut s’y attendre, la « success story » est en route. Evidemment, les obstacles seront nombreux pour y parvenir et, à ce titre, le scénario ne nous en épargne aucun. Les clichés s’alignent comme des noix sur un bâton. Mais le défaut principal du film est que l’on ne croit pas une seconde au personnage de Mathieu « petite frappe » alors qu’il est tout à fait crédible dans celui d’apprenti virtuose. La faute à un manque total d’explication sur l’enfance et l’adolescence de Mathieu.

    Il n’est donc pas étonnant que les scènes en lien avec la musique soient les plus réussies. Et pour être juste, elles procurent même des moments d’intenses émotions avec en particulier un dernier quart d’heure, quand bien même là encore le scénario en rajoute des couches, plutôt réussi. Au final, un film qui donne surtout envie d’écouter le Concerto n°2 de Rachmaninov. Ce n’est déjà pas si mal. (2 étoiles)

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  • Mes 20 films préférés de 2018

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    J’ai vu plus de septante films au cours de l’année 2018 au cinéma. J’ai mis aux cinq premiers de mon classement la note maximale de 5 étoiles (à voir absolument) et aux quinze suivants la note de 4 étoiles (chaudement recommandé). Puis, je les ai classés de 1 à 20.

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    1. « Call me by your name». Eté 1983, Lombardie. Elio, 17 ans, passe ses vacances dans une magnifique villa en compagnie de ses parents dont il est proche. Au cours de cet été, il va s’éveiller au désir de l’autre. « Call me by your name » est beau, bouleversant, délicat, émouvant, érotique, fin, humain, intense, juste, lumineux, romantique, sensible, sensuel, solaire, subtile et plus encore. Une réussite.
    2. « Les Chatouilles ». Abusée dans son enfance, Odette décide une fois devenue adulte d’aller déposer ce fardeau qui l’empêche d’avancer dans la vie auprès d’une psychologue. En libérant la parole, elle va recoller les morceaux de son puzzle intérieur. Le spectateur passe régulièrement des rires aux larmes, de la joie à la haine ou encore de la compréhension à l’incompréhension, à l’instar de l’état psychologique d’Odette. Au final, un film bouleversant, mais jamais pesant, et porteur d’espoir. Magnifique.
    3. « The Guilty ». Déplacé au centre d’appels des urgences de la police danoise où il répond de mauvaise grâce aux téléphones qu’il reçoit, Asger est mis en communication avec une femme qui dit être victime d’un enlèvement. Il va mener l’enquête avec comme seules armes la représentation qu’il se fait de la situation et son téléphone. On ne s’ennuie pas une seule seconde grâce à une mise en scène efficace et à de nombreux rebondissements vocaux qui conduisent à une fin à grand suspense et pleine d’émotions. Epatant.
    4. « En guerre » est un film dans lequel s’affrontent la dimension humaine et la dimension économique au moment de l’annonce de la fermeture d’une usine, pourtant rentable. « En guerre » est un film coup de poing qui va crescendo jusqu’à une fin d’une radicalité extrême. Un film pour celles et ceux qui aiment la politique dans le sens étymologique du terme, à savoir le cadre général dans lequel une population est gérée par ses dirigeants.
    5. « First Man » retrace l’histoire de celui qui restera à tout jamais le plus célèbre des astronautes, Neil Amstrong. Le film prend le parti d’explorer sa part de fragilité qui va le pousser à se donner corps et âme dans cette quête lunaire. Si « First Man » est ce qu’on appelle une « grosse production », il est également un film à maints égards intimistes et le mélange des deux fonctionne fort bien. C’est sa grande force.
    6. « Girl » raconte l’histoire de Lara, 15 ans, qui rêve de devenir danseuse étoile. Mais il y a un obstacle de taille pour qu’elle y parvienne : elle est née dans un corps de garçon. L’émotion est présente tout au long du film grâce au formidable talent de Victor Polster. Il exprime avec une justesse incroyable les tourments de Lara. Ils sont magnifiés par une caméra virtuose qui filme Lara au plus près, notamment dans les scènes de danse parfaitement maîtrisées. « Girl » est ce que l’on peut appeler « un beau film ».
    7. « Moi, Tonya ». Janvier 1994, le championnat américain de patinage artistique va désigner les concurrentes qui défendront les couleurs des USA aux Jeux olympiques de Lillehammer en février. La favorite se fait agresser avec une barre de fer qui va l’empêcher de disputer la compétition. Les soupçons se tournent rapidement en direction de sa principale adversaire, Tonya Harding. Tourné sous la forme d’un docu-fiction, « Moi, Tonya » est un petit bijou de tragi-comédie à suspense. Un film passionnant et inventif.
    8. « Sauvage ». Léo est un jeune prostitué en quête d'amour, dont il a tant besoin. Cet amour, il aimerait le trouver auprès d'Ahd, également un prostitué, qui a une vision toutefois bien différente de son métier. « Sauvage » est un film par moment éprouvant. Si l’on souffre littéralement avec son héros auquel on s'attache dès la première scène, on partage également avec émotion les moments de sérénité. Félix Maritaud incarne avec une extraordinaire justesse son personnage qui évolue de manière cohérente jusqu'à la magnifique scène finale.
    9. « Première année ». Antoine recommence sa première année de médecine pour la troisième fois. Il est persuadé que c’est sa vocation. Benjamin n’est pas particulièrement motivé, mais plutôt doué. Il réalise rapidement que sa facilité pour les études ne sera pas suffisante et qu’il va devoir bosser dur. Complémentaires, Antoine et Benjamin vont unir leur destin pour tenter de passer cette première année. Porté par son remarquable duo, formé de Vincent Lacoste et William Lebghil, « Première année » est un film profondément humain.
    10. « Pupille ». Le film raconte les deux premiers mois de la vie de Théo qui est remis à l’adoption par sa mère biologique le jour de sa naissance. Les services de l’aide sociale à l’enfance et d’adoption prennent en charge Théo en le plaçant dans une famille d’accueil et en entreprenant parallèlement les démarches pour lui trouver, le cas échéant, une famille adoptive. « Pupille » est un film intelligent, lumineux, émouvant, sensible et délicat.
    11. « BlacKkKlansman » est une adaptation de l’autobiographie de Ron Stallworth, policier afro-américain qui au début des années 70 a infiltré le Ku Klux Klan avec l’un de ses collègues. Comment un policier noir a-t-il pu réaliser une prouesse pareille ? C’est ce que le film nous apprend dans une première partie qui s’apparente à une comédie. Puis, il devient plus dramatique, en gardant toutefois une certaine légèreté. Au final, un film qui n’a pas peur des ruptures de ton, ce qui fait sa force, et qui tient en haleine du début à la fin dans une atmosphère seventies très réussie et avec d’excellents acteurs.
    12. « Les heures sombres ». Mai 1940. Les Alliés concèdent défaites sur défaites face aux troupes nazies et plus de 300 000 soldats britanniques sont piégés à Dunkerque. C’est dans ce contexte explosif que Churchill est nommé Premier ministre. La grande force de « Les heures sombres » est d’en faire un film à suspense alors qu’on connaît déjà la fin. On pourrait craindre l’ennui durant les plus de deux heures que durent le film, mais il n’en est rien. Le mérite en revient en premier lieu à l’extraordinaire performance de Gary Oldman.
    13. « Sans un bruit ». Une famille tente de survivre sous la menace de mystérieuses créatures qui ressemblent à des fourmis géantes aveugles. Elles vous attaquent au moindre bruit. Facile d’imaginer qu’il va être compliqué pour ces parents et leurs trois enfants d’éviter tout bruit au risque d’être immédiatement tué, et encore plus spécialement quand la maman va bientôt accoucher. Réussiront-ils à s’en sortir et à trouver une solution pour se débarrasser de ces créatures maléfiques? Réponse après 90 minutes d’un suspense par moment insoutenable. Une réussite dans le genre.
    14. « Le Grand Bain ». Cinq hommes mal dans leur peau partagent leur mal-être deux fois par semaine en s’adonnant à la natation synchronisée, sport féminin par excellence. Ils se moquent des railleries dont ils sont l’objet, car ensemble ils vont trouver un but qui va les mener bien plus loin qu’ils avaient pu l’imaginer. La grande force du film est de ne jamais être ridicule, alors qu’il aurait été si facile de l’être avec un sujet pareil. Un film très touchant dans lequel on plonge avec bonheur entre drame et comédie.
    15. « Amanda ». Suite au décès brutal de sa sœur dont il est très proche, David, 24 ans, se retrouve en charge de sa nièce de 7 ans. Ce dernier sera-t-il capable non seulement de faire face à ce défi de devenir « père » malgré lui, mais aussi de surmonter et de faire surmonter à sa nièce la perte de l’être cher ? Film sur la construction et la reconstruction, « Amanda » est un long-métrage plein de douceur, de bienveillance, de justesse et de délicatesse. En un mot, émouvant.
    16. « 3 Billboards » Mildred Hayes, lassée que l’enquête sur la mort de sa fille violemment assassinée n’avance pas, décide un beau jour de louer 3 panneaux publicitaires immenses et abandonnés à l’entrée de la ville afin d’interpeller la police sur son inaction. Oscillant entre tragédie et comédie, « 3 Billboards » est parfois déroutant, jamais ennuyeux malgré son rythme relativement lent et, au final, souvent jouissif.
    17. « God’s Own Country ». Fils d’un fermier handicapé, Johnny se retrouve à devoir gérer seul le domaine familial. Frustré par cette vie très dure, il se saoule tous les soirs et connaît des aventures sans lendemain avec des inconnus. Mais quand Georghe débarque à la ferme pour donner un coup de main, Johnny va alors éprouver des sentiments jamais ressentis auparavant. « God’s Own Country » invite le spectateur à partager l’univers des deux hommes grâce à une caméra toujours installée entre les personnages pour qu’ils ne puissent jamais se soustraire au regard de celui-ci. Pari totalement réussi grâce à deux acteurs bouleversants de vérité.
    18. « Ocean’s 8 ». « Spin-off » de la série à succès « Ocean’s 11, 12, 13 », on y retrouve les mêmes éléments qui ont fait le succès de la série : humour, mise en scène énergique, rythme, raffinement, surprises de dernière minute, entre autres. Il y a toutefois une grande différence : les héros sont remplacés par des héroïnes et on n’y perd pas au change. C’est glamour, stylé et élégant, mais pas gratuit car s’inscrivant parfaitement dans l’esprit du film. On ne s’ennuie pas une seconde, un divertissement très plaisant.
    19. « Mission: Impossible ». Rares sont les séries qui ne s'essoufflent pas déjà au deuxième épisode, alors quand on en est au sixième…Pourtant, « Mission: Impossible » échappe à cette règle. Ce sixième opus est sans doute plus dramatique que les précédents, Ethan Hunt se retrouvant à plusieurs reprises confronté à son passé et à ses sentiments. Cela n'empêche toutefois pas des notes d'humour, également caractéristiques de la série. Tom Cruise est fidèle à lui-même et toujours très crédible dans son rôle. On ne voit pas passer les 2h30 du film, c'est tout dire.
    20. « Les Indestructibles 2 ».  Le soin apporté aux relations familiales, en toute simplicité et sans aucune mièvrerie, est indéniablement la grande réussite du film. Les personnages sont crédibles dans leur univers de science-fiction. On rit souvent avec une mention toute particulière au génial bébé Jack-Jack craquant, espiègle et très drôle. Le scénario a la bonne idée d’inverser les rôles « habituels », puisque c’est madame qui va sauver le monde pendant que monsieur s’occupe tant bien que mal de la famille et doit mettre son ego de côté. Un très bon divertissement destiné à un large public.

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  • Du grand au petit écran : un festival de films inédits

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    Le moins que l’on puisse écrire est que la RTS gâte ses téléspectatrices et téléspectateurs pour cette fin d’année 2018 et pour le début de la prochaine en matière de films inédits. Il y en a pour tous les goûts et la qualité est dans l’ensemble au rendez-vous, comme c’est le cas avec le remarquable « Ma vie de Courgette » qui ouvre le bal.

    IMG_5154.jpgCe film d’animation, doublement récompensé aux César, est un vrai bijou. Techniquement bien sûr, mais aussi au niveau de son scénario intelligent, des dialogues percutants prononcés par des voix formidablement bien choisies et de la bande son tout aussi remarquable. Rien n’est laissé au hasard, le film est soigné dans ses moindres détails aussi bien du point de vue de la psychologie et de l’apparence des personnages que de leur environnement. C’est un plaisir visuel immense de faire une nouvelle découverte pratiquement à chaque plan.

    « Ma vie de Courgette » véhicule, avec finesse, tendresse et humour, beaucoup d’émotions, sans pathos. Tous les enfants qui fréquentent ce foyer, lieu d’apaisement qui protège des agressions du monde extérieur, et les adultes qui gravitent autour d’eux sont extrêmement attachants. « Ma vie de Courgette » est un film tout public. Mais le travail d’orfèvre qu’il a fallu accomplir pour le réaliser prend probablement encore une autre dimension avec des yeux d’adulte.

     5 étoiles. « Ma vie de Courgette ». RTS UN, samedi 29 décembre, 20h25.

    IMG_5155.jpgToujours traqué par la CIA, qui veut définitivement le faire taire pour éviter que ne soit révélé la manière dont cette dernière surveille tout le monde, et à la recherche d’explications sur son passé, Jason Bourne doit faire face à un méchant XXL qui n’hésite pas à tirer sur tout ce qui bouge pour arriver à ses fins.

    Collant de près à l’air du temps avec un scénario qui laisse une large place à la surveillance généralisée, ce quatrième volet de la saga Jason Bourne avec Matt Damon en met plein la vue aux amateurs de films d’action. Les poursuites sont haletantes, même si parfois un poil trop longues, et d’un niveau technique époustouflant. Filmées caméra à l’épaule, elles donnent le tournis, mais dans le bon sens du terme. Une suite donc sans grande surprise, mais qui ravira probablement la majorité des fans de Jason Bourne. Et ça ne devrait pas s’arrêter là, la fin laissant toute latitude à de nouvelles aventures.

     

     4 étoiles. « Jason Bourne ». RTS UN, dimanche 30 décembre, 20h00.

     

    IMG_5156.jpgVictoria est une superwoman qui évolue sur le fil du rasoir : avocate, deux enfants qu’elle élève seule tant bien que mal et des aventures sans lendemain, il n’en faut pas beaucoup plus pour que ce fragile équilibre soit rompu. Et c’est ce qui arrive quand son ami Vincent se voit accusé de meurtre et que Sam, un ex-dealer qu’elle a jadis défendu avec succès, s’immisce peu à peu dans sa vie.

    La grande force de « Victoria », c’est sa direction d’acteurs. Ils sont tous impeccables qu’ils aient les rôles principaux ou secondaires. On a un plaisir jubilatoire à les voir jouer avec leur langage corporel et des dialogues percutants. Il y a des scènes loufoques et hilarantes, mais aussi d’autres où l’on rit jaune, car le drame n’est jamais très loin à l’image des hauts et des bas de son héroïne. Hauts et bas également présents dans le film avec un début poussif, quelques scènes répétitives et un « happy end » convenu. Mais pas de quoi toutefois gâcher la bonne impression générale.

     3 étoiles. « Victoria ». RTS UN, mardi 1er janvier, 20h10.

     

    IMG_5157.jpg6 Oscars 2017, mais pas celui de meilleur film, un battage médiatique énorme, des critiques pour la plupart élogieuses et pourtant « La La Land » n’est pas le chef d'œuvre annoncé. Cet hommage aux comédies musicales des années cinquante est esthétiquement une réussite: la photographie, les costumes et les décors nous font replonger dans l'âge d'or des comédies musicales avec un côté moderne puisque l'action se passe de nos jours. La musique, les chansons et les danses sont plutôt entraînantes. Ryan Gosling et Emma Stone sont craquants et très investis dans leur rôle de pianiste de jazz et de comédienne à la poursuite de leur rêve.

    Mais « La La land » est à l'image de la vie de ses deux héros: il y a des hauts et des bas. Un début sur les chapeaux de roue, puis ça patine dans le mélo avant de reprendre son envol pour se terminer avec une fin qui tire en longueur et qui n’assume pas le conte de fées jusqu'au bout. « La La Land » ne manque donc pas de qualités, sans pour autant susciter un fol enthousiasme. Il y manque indéniablement ce qui fait la marque des tout grands films: de l'émotion.

    3 étoiles. « La La Land ». RTS UN, mardi 1er janvier, 21h40.

    IMG_5158.jpgDallas, 22 novembre 1963, assassinat du président des Etats-Unis John Fitzgerald Kennedy, sous les yeux de son épouse, Jacqueline Kennedy. Le film s’attache à raconter la semaine de la désormais ex-First Lady qui a suivi cet événement particulièrement traumatisant pour elle et son combat pour que son mari ait le droit à des funérailles grandioses pour marquer l’Histoire.

    Il faut bien reconnaître que le film de Pablo Larrain soigne les détails et est très agréable pour l’œil. Le choix de le tourner en 16 mm pour donner un aspect brut à l’image est une excellente idée qui permet de faciliter l’intégration de séquences d’archives, une belle réussite. Les costumes et les décors sont également à la hauteur. Mais « Jackie » est trop bavard, les allers et retours entre le présent et le passé coupent trop souvent le rythme déjà très lent du film et la musique est par moment insupportable. Mais à ces défauts déjà majeurs, il faut en rajouter un qui est rédhibitoire : le manque d’émotions qui se dégage du film, à l’image de son personnage principal pour lequel on éprouve très peu d’empathie.

     2 étoiles. « Jackie ». RTS DEUX, jeudi 3 janvier, 20h55.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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