14/10/2018

Du grand au petit écran : Bond, Cottillard et Rampling à l’affiche

IMG_4396.jpg« Skyfall », le précédent James Bond, avait fixé la barre tellement haute que les attentes pour ce vingt-quatrième épisode de la saga étaient fortes. Sans doute trop. « 007 Spectre » ne restera en effet pas dans les annales de la série.

Après un début tonitruant très réussi à Mexico lors de la fête des Morts où James Bond fait étalage de tout son talent, notamment en pilotant un hélicoptère en perdition au-dessus d’une foule impressionnante, le soufflé retombe très vite après le générique.

L’enquête du plus célèbre agent secret de sa Majesté pour découvrir qui se cache derrière l’organisation criminelle Spectre, déjà apparue dans sept épisodes précédents, n’est pas vraiment passionnante. Entre les différentes scènes d’actions attendues et peu originales (poursuite en voiture, poursuite avion-voiture, bataille dans un train) qui font voyager le spectateur à Mexico, à Rome, dans les Alpes autrichiennes, à Tanger et à Londres, l’histoire tire en longueur et l’ennui n’est jamais très loin.

Daniel Graig fait le job, sans plus, Monica Bellucci fait une apparition, Léa Seydoux ne paraît pas très concernée, et le méchant (Christoph Waltz) ne fait pas peur. Certes, la dernière demi-heure est palpitante, mais c’est un peu mince pour le James Bond le plus cher de l’Histoire (300 à 350 millions de dollars !).

2 étoiles. « 007 Spectre ».  France 2, dimanche 13 octobre, 21h.

IMG_4397.jpgIl y a une bonne raison de regarder « Mal de pierres » : Marion Cotillard. Elle est formidable dans le rôle de Gabrielle, cette femme en avance sur son époque, le film se déroule dans la France rurale des années 50, qui rêve de vivre le grand amour alors que son entourage ne pense qu’à la marier selon les conventions en vigueur. Et c’est ce que sa famille va faire en donnant Gabrielle à José, un ouvrier agricole.

Quant au film en lui-même, il ne soulève pas l’enthousiasme. C’est certes bien fait, avec une mention particulière à la magnifique photographie, mais le tout manque d’émotions, ce qui est paradoxal en regard du sujet du film.

Lent à démarrer, on frôle l’ennui dans les trente premières minutes, « Mal de pierres » prend son envol quand Gabrielle commence sa cure thermale et qu’elle a le coup de foudre pour ce lieutenant français de retour de la guerre d’Indochine bien mal en point (Louis Garrel, à la hauteur du rôle). Cette passion va conduire Gabrielle au bord de la folie, comme la dernière partie du film le fera comprendre dans un retournement de situation peu crédible, mais aussi lui permettre de rebondir grâce à un mari bien plus aimant qu’on aurait pu l’imaginer. La dernière scène du film est à cet égard touchante.

2 étoiles. « Mal de pierres ».  RTS DEUX, jeudi 18 octobre, 21h05.

IMG_4398.jpgEt si tout ce qui avait été construit pendant 45 ans de vie de couple ne reposait que sur du sable ? C’est cette question à laquelle Kate va être confrontée à la veille des festivités prévues pour fêter ses 45 ans de mariage avec Geoff, après que ce dernier ait reçu une lettre lui apprenant que le corps de son premier amour a été retrouvé prisonnier dans la glace dans les Alpes. Tout d’abord compréhensive face au choc que cette nouvelle déclenche chez son mari, Kate va petit à petit découvrir que cette femme, disparue il y a 50 ans, a en fait toujours été présente dans leur vie, à son insu.

« 45 ans » raconte avec tact, mais aussi par moment avec trop de lenteur, la vie de ce vieux couple bousculé dans ses certitudes, dans sa confiance l’un envers l’autre pendant la semaine qui précède son anniversaire de mariage. Le film, dont l’action se déroule dans une Angleterre de carte postale, est très classique dans sa forme et fait la part belle à ses deux excellents acteurs principaux, Tom Courtenay et Charlotte Rampling. Nommée pour l’Oscar 2015 de la meilleure actrice, sa décomposition au fur et à mesure que l’histoire avance est du grand art. Elle connaît son apogée au cours d’un dernier quart d’heure très réussi où le contraste entre la fête qui bat son plein et ses tourments intérieurs est saisissant.

3 étoiles. « 45 ans ».  RTS UN, jeudi 18 octobre, 23h40.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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02/10/2018

Du grand au petit écran : en vaut-« Elle » la peine ?

IMG_4326.jpgCésar du meilleur film et de la meilleure actrice 2017, succès critique, mais pas vraiment public avec un pleu plus d’un demi-million d’entrées en France, « Elle » est programmée ce jeudi sur RTS DEUX.

Tordu est le mot qui résume probablement le mieux le film de Paul Verhoeven (Basic Instict, Showgirls) avec en vedette Isabelle Huppert, dont on ne compte plus les rôles qui s’accompagnent également de ce qualificatif.

Michèle dirige avec fermeté et sans état d’âme une entreprise de jeux vidéo et fait de même avec son entourage : son raté d’ex-mari, sa mère qui sort avec des hommes beaucoup plus jeunes qu’elle, son fils qui se fait mener par le bout du nez par sa copine et son amant qui est le mari de sa meilleure amie. Et puis, un jour, elle se fait violer chez elle par un homme masqué. Cet événement traumatisant ne va toutefois pas laisser sur Michèle les traces qu’on aurait pu imaginer.

« Elle » oscille entre le thriller, le coupable est déjà démasqué au milieu du film, et la comédie tragi-comique vitriolée, un registre dans lequel Isabelle Huppert excelle une fois de plus. Une fois de trop ? « Elle » est un film dont la perversité atteint des sommets et qui met mal à l’aise. Les scènes de viol, faut en supporter plusieurs au cours du film, qui évoluent en acte sexuel consenti par cette femme de pouvoir qui aiment se faire dominer, bonjour le cliché, sont extrêmement violentes.

Baignant dans une atmosphère glauque, Michèle est la fille d’un meurtrier de la pire espèce, il faut probablement en déduire que son cynisme face à la vie vient de là, « Elle » tire en longueur et laisse sur sa faim. Le film part dans tous les sens, à l’image de ses personnages bien peu vraisemblables, et on s’y perd. Vraiment difficile de comprendre l’enthousiasme quasi unanime de la presse à sa sortie pour ce film malsain.

1 étoile. « Elle ».  RTS UN, jeudi 4 octobre, 21h05.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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09/09/2018

Du grand au petit écran: « Médecin de campagne », « L’Hermine » et « Spotlight »

FE983C37-7677-426D-BF14-92FD555B4507.jpegAlors que le dernier film de Thomas Lilti, « Première année » avec Vincent Lacoste, sort sur les écrans mercredi prochain, RTS Deux diffuse jeudi son film précédent, « Médecin de campagne », qui vaut la peine d’être vu.
 
Le docteur Werner est médecin de campagne. Il va à son tour être rattrapé par la maladie. Cette épreuve va l’obliger de partager, avec un enthousiasme très modéré, son territoire avec une doctoresse nouvellement diplômée. Le grand mérite du film est qu’il sonne juste du début à la fin. Le film est porté par deux excellents acteurs, François Cluzet et Marianne Denicourt qui éclaire merveilleusement bien le côté sombre de son collègue. Les seconds rôles, la mise en scène ainsi que la photographie sont également à la hauteur. A part quelques petites longueurs, « Médecin de campagne » est un film d'une grande humanité tout en évitant avec bonheur la sensiblerie et la facilité dans la relation entre les deux personnages principaux. Un film français comme on les aime.
 
4 étoiles. « Médecin de campagne ». RTS DEUX, Jeudi 13 septembre, 21h05.

465AAA21-2590-4CB1-88D0-CD29897C9DCA.jpegPrésident de cour d’assises proche de la retraite, redouté et pour le moins peu aimable avec son entourage, Michel Racine va toutefois se montrer sous un autre jour lorsque le hasard remet sur son chemin au cours d’un procès l’anesthésiste dont il était tombé amoureux six ans auparavant. Il va saisir cette seconde chance qui s’offre à lui en tentant de séduire la lumineuse Ditte (magnifique Sidse Babett Knudsen, l’héroïne de « Borgen »), ce qui ne sera pas sans effet sur le déroulement d’un procès où il est question d’un infanticide.

On l’aura compris à l’énoncé de l’intrigue, le film oscille entre ombre et lumière, un procès sombre par opposition aux rencontres plus légères entre Michel Racine et Ditte, dans le cadre très solennel d’un Palais de justice, principal décor de l’action, ce qui n’empêche pas l’émotion.

Fabrice Luchini incarne avec justesse cet homme dont on ne connaît pas grand-chose, si ce n’est qu’il vient de se séparer de sa femme, et qui va se révéler bien plus humain qu’il ne l’a jamais été. « Humain » est d’ailleurs le terme qui pourrait le mieux définir ce film qui fait également la part belle aux seconds rôles, tous excellents. « L’Hermine », référence au col d’hermine de la robe que porte Michel Racine, est un film sur le fil du rasoir où toutes les fins sont envisageables jusqu’à la dernière seconde, ce qui n’est pas pour déplaire.

4 étoiles. "L'Hermine". FRANCE 2, dimanche 9 septembre, 21h.

C38044A3-4AB0-4762-9770-D6F7785C2729.jpeg« Spotlight » est basé sur des faits réels. En 2002, un réseau pédophile au sein de l’Eglise catholique de Boston est découvert, mais les preuves ne sont pas évidentes. Une équipe de journalistes d’investigation du Boston Globe, baptisée Spotlight, décide de mener sa propre enquête pour faire toute la lumière sur cette sombre affaire et en informer les lectrices et lecteurs du journal. Plus de 600 articles seront publiés sur cette enquête récompensée par le Prix Pulitzer.

« Spotlight », qui a reçu l’Oscar du meilleur film de 2015, raconte donc comment ces reporters, régulièrement confrontés à la loi du silence et aux pressions pour les faire taire tout au long des 12 mois que vont durer leurs investigations, ont fait éclater la vérité sur ces hommes d’Eglise abuseurs d’enfants. Pour les suivre dans leur enquête, « Spotlight » s’appuie sur un scénario très bien écrit, des acteurs tous excellents et une mise en scène classique. C’est rondement mené et efficace. Presque trop. L’émotion est en effet peu présente dans « Spotlight », les enquêteurs s’effaçant devant l’enquête. Mais c’était le but poursuivi par le réalisateur. Objectif atteint.

3 étoiles. « Spotlight ».  ARTE, jeudi 13 septembre, 21h.

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02/09/2018

Du grand au petit écran : « Spotlight » et « Fuocoammare »

A voir cette semaine sur le petit écran deux films qui abordent deux sujets d’une brûlante actualité : la pédophilie au sein de l’Eglise catholique et les migrants qui débarquent sur les côtes européennes.

IMG_4049.jpg« Spotlight » est basé sur des faits réels. En 2002, un réseau pédophile au sein de l’Eglise catholique de Boston est découvert, mais les preuves ne sont pas évidentes. Une équipe de journalistes d’investigation du Boston Globe, baptisée Spotlight, décide de mener sa propre enquête pour faire toute la lumière sur cette sombre affaire et en informer les lectrices et lecteurs du journal. Plus de 600 articles seront publiés sur cette enquête récompensée par le Prix Pulitzer.

« Spotlight », qui a reçu l’Oscar du meilleur film de 2015, raconte donc comment ces reporters, régulièrement confrontés à la loi du silence et aux pressions pour les faire taire tout au long des 12 mois que vont durer leurs investigations, ont fait éclater la vérité sur ces hommes d’Eglise abuseurs d’enfants. Pour les suivre dans leur enquête, « Spotlight » s’appuie sur un scénario très bien écrit, des acteurs tous excellents et une mise en scène classique. C’est rondement mené et efficace. Presque trop. L’émotion est en effet peu présente dans « Spotlight », les enquêteurs s’effaçant devant l’enquête. Mais c’était le but poursuivi par le réalisateur. Objectif atteint.

3 étoiles. « Spotlight ».  RTS UN, lundi 3 septembre, 20h45.

IMG_4048.jpg« Fuocoammare » est un documentaire qui met en scène des habitants de Lampedusa et le drame des réfugiés qui débarquent par milliers sur cette île sans pour autant que les uns et les autres se côtoient. La grande force de « Fuocoammare », c’est de suivre des habitants de Lampedusa, à savoir le docteur, le DJ de la radio locale, Samuele, un garçon de 12 ans, et son entourage, et par leur rôle ou leur regard, de donner un impact d’une force incroyable au drame qui se joue, jour après jour, sous leur yeux, mais sans qu’ils le voient. A l’exception notoire toutefois du docteur qui est présent dans trois scènes particulièrement réussies.

La lumière pâle du film renforce la sensation d’être hors du temps sur cette île pourtant au cœur d’une actualité brûlante qu’explique fort à propos le titre du film « Fuocoammare » qui signifie « la mer en feu » et qui désigne la réalité des migrants, mais aussi pour les habitants de l’île une chanson populaire évoquant l’incendie d’un bateau. Il y a pourtant une scène dans le film qui est tournée sous un ciel bleu éclatant, le réalisateur n’a pas eu le choix, et qui contraste magnifiquement, si l’on ose dire, avec le drame du sauvetage auquel on assiste et qui vous prend aux tripes.

Le film est très intelligemment construit avec des scènes d’une folle intensité, celles qui filment la détresse des migrants bien sûr, mais pas seulement. Il suffit de penser, par exemple, à celle où Samuele joue à faire semblant de tirer en voyant au large des navires de guerre qui sont pourtant là pour sauver des vies. Tourné par un homme seul qui a su tellement bien se fondre dans la réalité avec sa caméra qu’on l’oublie, « Fuocoammare » est un film auquel on pense encore bien longtemps après l’avoir vu.

4 étoiles. « Fuocoammare ».  ARTE, mercredi 5 septembre, 22h45.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

 

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11/08/2018

Du grand au petit écran : Meryl Streep éblouissante dans « Ricki and the Flash »

IMG_3873.jpgFans de Meryl Streep, RTS UN vous gâte ! Une semaine après sa superbe performance en Florence Foster Jenkins, revoilà la brillantissime actrice américaine sur le petit écran. Elle est géniale dans « Ricki and the Flash » et sa seule présence dans le rôle principal est déjà une raison suffisante pour se mettre devant la télévision dimanche soir.

Ricki Rendazzo (Meryl Streep) a quitté son mari (Kevin Kline), remarié depuis, et ses trois enfants devenus adultes, il y a de nombreuses années pour poursuivre son rêve de devenir une rock star. Un rêve qui se concrétise le soir avec son groupe « Ricki and the Flash » en reprenant des standards de la chanson américaine dans un bar de banlieue et la journée en étant caissière dans un supermarché.

Entretenant des relations à distance, au sens propre et figuré, avec ses deux fils et sa fille, Ricki est un jour appelée à l’aide par son ex-mari quand leur fille (Mamie Gummer, la propre fille de Meryl Streep) plonge dans une grave dépression après son divorce. Les retrouvailles avec cette « mauvaise » mère au look improbable et aux manières qui n’ont pas grand-chose à voir avec le milieu bourgeois dans lequel évolue sa famille ne vont évidemment pas se faire facilement.

On l’aura compris, ce n’est pas l’originalité du scénario le point fort du film, mais le jeu des acteurs, tous excellents, et plusieurs scènes très réussies qui le composent. A commencer par celles qui mettent en scène « Ricki and the Flash » dans le bar avec une Meryl Streep qui s’en donne à cœur joie en chantant de manière très convaincante avec sa voie grave faite pour le rock. Les scènes familiales, celle du restaurant est particulièrement jouissive, et celles du mariage, qui concluent en beauté le film, sont également à relever. Un film au final sans grandes surprises, mais qui donne une pêche d’enfer à l’image d’une Meryl Streep plus énergique que jamais et sur laquelle le temps ne semble pas avoir de prise !

4 étoiles, « Ricki and the Flash », RTS UN, dimanche 12 août, 20h35.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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