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  • Du grand au petit écran : « Tu ne tueras point »

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    IMG_0486.jpgEnvie de voir un film qui vous prend aux tripes ? Alors, « Tu ne tueras point » est pour vous. A une condition toutefois : ne pas être une âme sensible, car les scènes de bataille de la deuxième partie du film sont d'un réalisme hallucinant, par moment à la limite du supportable.

    Basé sur une histoire vraie, « Tu ne tueras point » raconte l'histoire de Desmond Doss, un jeune homme qui veut absolument s'engager dans l'armée américaine pour servir son pays au cours de la seconde guerre mondiale tout en refusant de porter une arme, sa foi le lui interdisant.

    La première partie du film est consacrée à l'enfance de Desmond, ce qui permet de comprendre les fondements de son objection de conscience, et à sa rencontre avec la femme de sa vie. Elle va être à l'origine, de par son métier d'infirmière, de l'engagement que Desmond souhaite avoir au sein de l’armée : soldat sanitaire pour sauver des vies. Seulement, même dans cette fonction, refuser de porter une arme revient à être un objecteur de conscience. Avant de pouvoir aller sur les champs de bataille, Desmond va tout d'abord devoir se battre, sans violence, contre les idées reçues de ses camarades et les instances militaires qui veulent s'en débarrasser. Vainqueur de ce combat, Desmond pourra alors, dans la deuxième partie du film, remplir la mission qu'il s'est fixée avec l'aide de Dieu.

    « Tu ne tueras point » est un film qui ne laisse pas indifférent, et ce bien au-delà de la dureté des scènes de bataille qui montrent bien l'horreur de la guerre. Il questionne sur la foi qui peut renverser les montagnes, sur la violence intériorisée et ce que l'on peut en faire, sur le besoin de s'engager malgré sa différence, sur l'absurdité de la guerre. Le film de Mel Gibson, 6 nominations aux Oscars 2017, n'est pas parfait. On peut lui reprocher quelques longueurs, un brin de manichéisme et d'appuyer un peu trop sur la foi de Desmond.

    Mais ces défauts sont largement compensés par des images à couper le souffle, une mise en scène qui ne laisse rien au hasard, un montage brillant, des acteurs excellents, à commencer par Andrew Garfield qui donne toute sa crédibilité à ce soldat venu d'ailleurs, un suspense par moment insoutenable et des émotions tout au long du film qui finissent par vous clouer sur votre siège au moment du générique de fin.

    Inédit. 4 étoiles. « Tu ne tueras point ». France 3, jeudi 26 mars, 21h05.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran : « 3 Billboards » (« Les panneaux de la vengeance »)

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    IMG_0467.jpg« 3 Billboards » (en français « Les panneaux de la vengeance » alors qu’il n’est aucunement question de vengeance dans le film…), César 2019 du meilleur film étranger, mêle à la fois tragédie et comédie, ce qui est souvent un pari risqué. En effet, si la sauce ne prend pas, le film peut vite devenir indigeste.

    Autant le dire tout de suite, et à quelques détails près, le mélange des genres est réussi dans « 3 Billboards » grâce à un scénario inventif, une mise en scène qui ne laisse rien au hasard, des images magnifiques et une distribution exceptionnelle à la tête de laquelle on retrouve Frances McDormand (Oscar 2018 de la meilleure actrice), Sam Rockwell (Oscar 2018 du meilleur acteur dans un second rôle) et Woody Harreslon.

    Le film raconte l’histoire de Mildred Hayes qui, lassée que l’enquête sur la mort de sa fille violemment assassinée n’avance pas, décide un beau jour de louer 3 panneaux publicitaires immenses et abandonnés à l’entrée de la ville afin d’interpeller la police sur son inaction. Cette initiative va mettre le feu, au sens propre et figuré, dans cette petite ville du Missouri qui cumule les travers d’une Amérique réactionnaire, à savoir, entre autres, bêtise, violence, racisme, homophobie et alcoolisme, caractérisée par le personnage du policier Jason Dixon (génial Sam Rockwell).

    Si le trait est volontairement forcé, ce qui permet de jouer sur un humour noir du meilleur effet, c’est pour mieux questionner les notions de justice et de pardon, mais aussi la capacité de l’être humain d’évoluer dans un contexte qui bouge à l’image d’une fin très réussie. « 3 Billboards » est parfois déroutant, jamais ennuyeux malgré son rythme relativement lent et, au final, souvent jouissif.

    Inédit. 4 étoiles. « 3 Billboards » (« Les panneaux de la vengeance »). RTS 1, lundi 23 mars, 20h45.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran : « Happy Birthdead » et « Ant-Man »

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    IMG_0437.jpgTree revit sans cesse sa journée d’anniversaire qui se termine quoiqu’elle fasse par sa mort, d’où le titre du film. Et pas n’importe quel mort, puisqu’elle est assassinée de manière toujours brutale par un mystérieux meurtrier masqué avant de se réveiller le lendemain matin et de revivre son cauchemar jusqu’à ce qu’elle découvre finalement qui veut sa mort.

    Si utilise certains codes du film d’horreur - les cris, des bruits stridents, une musique angoissante, une héroïne tout juste sortie de l’adolescence et la romance qui va inévitablement avec, les armes blanches - le film est avant tout un thriller qui lorgne du côté du fantastique et avec pas mal d’humour.

    Le point fort du film est incontestablement le fait de ne pas ennuyer le spectateur malgré son côté répétitif et de l’impliquer dans l’histoire à la recherche d’indices pour tenter de découvrir l’assassin. Il y a même un côté jouissif à anticiper le meurtre de l’héroïne et la retrouver dans le plan suivant se réveiller une nouvelle fois pour affronter une « même » journée avec une autre stratégie pour démasquer, au sens propre et figuré, son meurtrier.

    Si le scénario est donc très efficace dans les scènes d’action, on n’en dira pas autant dans celles qui développent les relations entre les personnages d’une platitude certaine, frôlant même parfois la mièvrerie. Pas de quoi toutefois renoncer à voir le film si on est un amateur du genre.

    Inédit. 3 étoiles. « Happy Birthdead ». RTS 1, nuit du vendredi 20 au samedi 21 mars, 00h45.

    IMG_0439.jpgDoté de pouvoirs qui lui permettent de se faire aussi petit qu'une fourmi, mais avec une force inversement proportionnelle à sa taille, « Ant-Man » va devoir affronter le méchant de service, lui aussi en possession de cette technologie, pour l'empêcher de la vendre à des fins guerrières. Rien de bien neuf par rapport au film de ce genre sur le fond, mais on n'en dira pas autant sur le forme.

    En effet, l'humour est omniprésent et on rit franchement à plusieurs reprises. Les clins d'œil aux Avengers, la bande de copains déjantée de Scott ou encore les effets comiques dus au contraste « grand-petit » sont très drôles. Les effets spéciaux sont formidables. Ils sont au service du film et non le contraire, ce qui n'est pas toujours le cas dans ce genre de production. Au final, un divertissement de bonne facture et bienvenu dans cette période compliquée.

    3 étoiles. « Ant-Man ». RTS 2, vendredi 20 mars, 23h20.

     

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

     

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  • Du grand au petit écran : deux films de haut vol

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    IMG_0383.jpgAdapté à l’écran un roman de près de 600 pages qui a été récompensé par le Prix Goncourt en 2013, tout en gardant son esprit sans en faire pour autant un film fleuve, relevait du défi. Albert Dupontel, devant et derrière la caméra, l’a relevé avec brio en s’associant avec l’auteur du livre, Pierre Lemaitre.

    Edouard Péricourt et Albert Maillard se sont connus dans les tranchées de la première guerre mondiale sous le commandement de l’ignoble lieutenant Pradelle. Edouard, dessinateur de talent, est gravement blessé au visage lors d’une bataille peu avant l’armistice. Albert, à qui Edouard a sauvé la vie juste avant sa blessure, va alors faire tout son possible pour soutenir son ami au plus mal physiquement et moralement jusqu’au jour où Edouard a l’idée de monter une arnaque aux monuments aux morts qui va déclencher des rebondissements en cascade.

    « Au revoir là-haut » est un film de grande qualité grâce à son scénario - qui mêle comédie, tragédie et poésie - son esthétisme, sa lumière, ses décors, sa mise en scène, ses masques magnifiques, qui permettent à Edouard le défiguré d’exprimer ses sentiments, sa créativité et bien évidemment ses personnages, tous remarquablement interprétés, qui ne laissent pas indifférents qu’ils soient du côté des « gentils » ou des « méchants ».

    Mis à part quelques longueurs par-ci, par-là qui font parfois retomber l’émotion, « Au revoir là-haut » est un film magnifique aussi bien du point de vue du fond, d’une grande actualité malgré que l’action se passe il y a un siècle, que de celui de la forme très réussie.

    Inédit. 4 étoiles. « Au revoir là-haut ». RTS UN, lundi 9 mars, 21h00.

    IMG_0384.jpgMai 1940. 400 000 soldats anglais sont pris en tenaille entre la mer du Nord et l’armée allemande sur les plages de Dunkerque. Pour éviter un massacre à grande échelle et rapatrier les troupes de sa Majesté, il va falloir compter sur les troupes françaises pour qu’elles empêchent le plus longtemps possible la Wehrmacht d’avancer, sur la Royal Air Force pour combattre les avions de chasse allemands prêts à larguer leurs bombes et enfin sur la flotte militaire et…civile anglaise.

    Pour raconter cet épisode relativement peu connu de la seconde guerre mondiale, Christopher Nolan, le réalisateur, entre autres, de la trilogie Batman, d’Inception et d’Interstellar, a pris trois angles d’attaque avec des espace-temps différents qui se rejoindront à la fin du film : une semaine pour les événements qui se déroulent sur terre, un jour pour ceux qui ont lieu sur mer et une heure pour ceux qui ont comme décor le ciel.

    Ce choix de départ donne une très grande densité à l’action de la première seconde du film à sa quasi fin, cette dernière n’étant pas tout à fait à la hauteur du reste avec un côté héroïque qui s’accorde mal avec un film qui, justement, ne met pas particulièrement en avant un personnage plutôt qu’un autre. Il n’y a pas de temps mort dans « Dunkerque » et très peu de dialogues. Le film met en scène avec brio, et par moments émotion, ces soldats pris au piège sur terre et sur mer, le danger venant en premier lieu du ciel. A ce propos, les combats aériens sont à couper le souffle.

    « Dunkerque » est un blockbuster, mais avec toutefois l’ambition d’être également un film d’auteur. Ambition réussie grâce à une maîtrise technique époustouflante, une mise en scène qui ne laisse rien au hasard, une narration originale et, pour couronner le tout, une très belle distribution. Impressionnant.

    4 étoiles. « Dunkerque ». France 2, dimanche 8 mars, 21h05.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran : « Jusqu’à la garde », « Numéro Une » et 3 autres films

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    IMG_0306.jpgRécompensé par 4 César en 2019, dont ceux très convoités de « meilleur film » et « meilleure actrice » pour Léa Drucker, « Jusqu’à la garde » vous laisse KO debout à la fin de la projection.

    Dès la première scène, qui dure une dizaine de minutes et magistralement filmée en gros plan, la tension est palpable : Miriam et Antoine Besson font face à la juge qui doit décider si elle accèdera à la demande de garde partagée du père pour leur fils Julien âgé de 11 ans alors que Miriam l’accuse d’être violent. Obligé finalement par la juge à voir son père un week-end sur deux, Julien va tout faire pour empêcher son père de s’approcher de sa mère quitte à essuyer les foudres de ce dernier.

    Drame qui prend au fur et à mesure que l’intrigue avance des allures de thriller, « Jusqu’à la garde » prend petit à petit à la gorge et la serre de plus en plus jusqu’à un final qui, logiquement, laisse sans voix et sans souffle. Un film coup de poing, sur une réalité endurée hélas par de trop nombreuses familles, qui doit beaucoup à sa mise en scène qui met constamment le spectateur sous tension et à ses trois interprètes principaux – Léa Drucker, Denis Ménochet et le jeune Thomas Gioria – bouleversants de vérité. A ne pas manquer.

    Inédit. 5 étoiles. « Jusqu’à la garde ». RTS 1, lundi 2 mars, 20h40.

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