10/03/2018

Du grand au petit écran : « Good Luck Algeria », « Dheepan » et « Everest »

IMG_1909.jpgSam et Stéphane, joués par Sami Bouajila et Frank Gastambide qui forment un duo qui passe très bien à l’écran, fabriquent des skis de fond dans les Alpes françaises, mais les affaires vont mal. Pour sauver l’entreprise, ils prennent la décision d’essayer de qualifier Sam, franco-algérien, pour représenter l’Algérie au Jeux Olympiques et ainsi réaliser un formidable coup de pub. Ce défi complètement dingue va non seulement conduire Sam à se dépasser sur le plan physique, mais également à renouer avec ses racines.

« Good Luck Algeria » est inspiré de faits réels, à savoir l’histoire du frère du réalisateur qui a participé aux Jeux Olympiques d’hiver de 2006 pour l’Algérie. Si dans le film il est bien question de sport, c’est surtout la rencontre entre deux cultures qui lui donne tout son intérêt. Elle est symbolisée par le personnage du père de Sam qui a épousé une Française (Hélène Vincent) et vit en France, mais dont le cœur est resté en Algérie. Il est remarquablement joué avec justesse, pudeur et émotion par Bouchakor Chakor Djaltia, dont c’est le premier rôle au cinéma à 82 ans !

« Good Luck Algeria » est certes un film à la mise en scène classique, mais il bénéficie d’une excellente distribution et de très bons dialogues qui savent à la fois faire rire et émouvoir. Un fin dosage qui permet de passer un bon moment.

3 étoiles. « Good Luck Algeria ». RTS UN, lundi 12 mars, 20h40.

IMG_1910.jpgDheepan est un ancien soldat qui veut fuir l’horreur de la guerre civile au Sri Lanka. Pour augmenter ses chances de trouver l’asile en Europe, il fait passer une jeune femme et une fillette, rencontrées dans un camp de réfugiés, pour des membres de sa famille. Arrivé en France, Dheepan trouve un emploi de gardien dans une cité glauque où des voyous règnent en maître. C’est dans cette atmosphère lourde, où un petit rien peut mettre le feu aux poudres à n’importe quel moment, que Dheepan et sa famille fictive vont tenter de se (re)construire et, pourquoi pas, former un vrai foyer.

« Dheepan », Palme d’or 2015 du Festival de Cannes, est un film constamment sous tension, avec tout de même quelques longueurs, où peut surgir à chaque instant le pire comme le meilleur. Les personnages qui le composent sont des êtres écorchés vifs et par conséquent prêts à tout faire exploser si on les chatouille de trop prêts. Remarquablement bien joué, avec une mention pour Antonythasan Jesuthasan qui joue un Dheepan qui porte en lui toutes les épreuves qu’il a traversées, « Dheepan » est un film parfaitement maîtrisé aux allures de rédemption et de nouveau départ.

3 étoiles. « Dheepan ». RTS UN, jeudi 15 mars. 23h45.

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04/03/2018

Du grand au petit écran : « Everest » et « Marguerite »

IMG_1849.jpgAdapté de l’ouvrage autobiographique de Jon Krakauer, « Everest » raconte l’histoire d’une expédition tragique sur le toit du monde au printemps 1996.

Film catastrophe, « Everest » en emprunte les codes, à commencer par une exposition des différents personnages qui vont se retrouver pris dans la tourmente, au sens propre et figuré. Ce n’est pas vraiment passionnant, mais à moins d’avoir lu le livre auparavant, difficile de se faire une idée sur ce qu’il va advenir des différents personnages, ce qui est un bon point pour le suspense.

Après cette mise en place, l’ascension peut commencer et avec elle un nombre impressionnant d’obstacles qui vont se dresser devant les alpinistes.

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18/02/2018

Du grand au petit écran : « Imitation Game » et « Mia Madre »

IMG_1711.jpgFilm basé sur une histoire vraie, « Imitation Game » raconte l’histoire d’Alan Turing, mathématicien de génie, spécialiste en cryptologie, qui se voit confier au début de la seconde guerre mondiale par le gouvernement britannique la mission de percer avec sa petite équipe le secret d’Enigma, la machine de cryptage allemande réputée inviolable.

Si le film relate logiquement les différentes étapes de cette quête, entre espoir et désespoir, il s’attache tout particulièrement à la personnalité d’Alan Turing, être aussi brillant qu’emprunté dans ses relations sociales. L’action se déroule principalement pendant la guerre. Mais plusieurs scènes de son passé de collégien et l’enquête à laquelle il est soumise au début des années 50, liée à son homosexualité, viennent éclairer à bon escient cette période de la vie d’Alan Turing et permettent ainsi de mieux comprendre le personnage.

Remarquablement interprété, avec une mention spéciale à Benedict Cumberbatch, « Imitation Game » réussit à la fois à brosser avec subtilité le portrait d’Alan Turing et à raconter une histoire non dénuée de suspense avec un montage très réussi. On regrettera toutefois que dans la toute dernière partie du film la descente aux enfers d’Alan Turing soit trop précipitée et manque par conséquent de consistance. Mais ce bémol mis à part, ce film est à recommander.

4 étoiles, « Imitation Game ». RTS UN, lundi 19 février, 20h40.

IMG_1712.jpgLe film raconte l’histoire de Margherita, réalisatrice en plein tournage d’un film qui ne se fait pas tout seul, notamment en raison de son acteur principal américain (John Turturro, excellent) qui lui donne du fil à retordre. Elle se voit confrontée dans sa vie privée à la maladie de sa mère et à la crise d’adolescence de sa fille, ce qui pourrait la remettre en question dans son rôle de fille et de mère.

Ce n’est de fait pas vraiment le cas et c’est sans doute pour cette raison que l’on a de la peine à entrer dans le film et à s’attacher à ce personnage, pourtant fort bien joué par Margherita Buy, qui va de l’avant en ne se préoccupant guère de son entourage et de ce qu’il peut penser d’elle. A l’image de son personnage principal, la mère étant clairement un second rôle contrairement à ce que le titre laisse penser, le film dégage peu d’émotions.

Les scènes comiques du tournage du film dans le film sont plutôt réussies, celle dans la voiture est hilarante, bien qu’un peu trop répétitives. Mais n’est-ce pas paradoxal de mettre en avant les scènes qui ne sont pas directement en lien avec le sujet principal du film qui est censé en premier lieu raconter l’histoire d’une fille et de sa mère mourante ? Au bout du compte, difficile de savoir avec « Mia Madre » où Nanni Moretti a voulu emmener le spectateur qui reste sur sa faim.

2 étoiles. « Mia Madre »RTS UN, jeudi 22 février, 23h55.

 

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

 

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30/01/2018

Du grand au petit écran : « Fatima », César 2016 du meilleur film

IMG_1438.jpgLe film raconte l’histoire de Fatima, une femme de ménage d’origine algérienne vivant en France, qui élève seule ses deux filles. La première est âgée de 15 ans et est en pleine révolte, notamment parce que sa mère est au service des autres et se plie en quatre pour que sa deuxième fille, âgée de 18 ans, puisse commencer des études de médecine. C’est pour Fatima à la fois une fierté, mais également une difficulté, parce que ça la renvoie à ses frustrations, notamment le fait qu’elle maîtrise mal le français oral, qu’elle ne l’écrit et ne le lit pas ou encore qu’elle est mal considérée par ceux qui l’emploient, voire son voisinage.

Cette thématique, certes intéressante dans une France qui se pose beaucoup de questions sur sa manière d’intégrer les étrangers, a suffi à l’Académie des César pour le couronner comme le meilleur film français sorti en 2015. Que le film ressemble plus à un documentaire qu’à une œuvre de fiction, qu’il ne fasse preuve d’aucune originalité sur le plan cinématographique ou que certains acteurs jouent très mal n’a apparemment eu aucune importance aux yeux de la majorité des votants qui s’est réfugiée derrière le politiquement correct. Incompréhensible.

Pour une fois, on ne regrettera donc pas l’heure tardive de diffusion de ce film.

1 étoile. « Fatima ». RTS UN, jeudi 1er février, 23h35.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

 

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21/01/2018

Du grand au petit écran: « Money Monster »

IMG_1408.jpgCouverture de la semaine du GuideTV, « Money Monster » de Jodie Foster, avec Julia Roberts et George Clooney, vaut-il la peine d’y consacrer sa soirée TV de lundi soir?

Lee Gates est un présentateur de télévision qui anime une émission sur la bourse et donne des conseils pour placer son argent. Il a tendance à n’en faire qu’à sa tête, au plus grand désespoir de sa productrice, et est du genre arrogant. Un jour, il est pris en otage en direct sur le plateau par Kyle, un téléspectateur qui a perdu tout son argent en suivant ses conseils. Commence alors une course contre la montre pour tenter de faire renoncer Kyle de tout faire sauter en appuyant sur le détonateur qui déclenchera la ceinture explosive qu’il a mise sur Lee.

Pour tenir en haleine le spectateur, le scénario ne manque pas de rebondissements. Certains ne surprennent guère, mais d’autres sont très réussis et même jouissifs. Mais il n’est pas non plus exempt de défauts, car en voulant dénoncer les dérives du capitalisme, les profiteurs du système ou encore le cynisme de la télé réalité en emballant le tout dans un film qui oscille sans cesse entre le thriller, la satire et la comédie, « Money Monster » reste superficiel. Il n’en demeure pas moins que le film de Jodie Foster est un agréable divertissement. Et ce n’est déjà pas si mal.

3 étoiles. « Money Monster ». RTS UN, lundi 22 janvier, 20h40.

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