17/06/2018

Du grand au petit écran : « The Danish Girl » et « Magic in the moonlight »

IMG_2816.jpgHistoire vraie. « The Danish Girl » raconte la très belle histoire d’amour entre Gerda Wegener qui a épousé Einar Wegener qui au fil des événements de sa vie va laisser naître celle qu’il est vraiment : Lili Elbe. Elle est connue comme la première personne à avoir subi, au péril de sa vie, une chirurgie pour que son corps soit en harmonie avec son cerveau en 1930.

Le film décrit avec justesse, en grande partie grâce au talent des deux acteurs principaux (les sourires en coin d’Eddie Redmayne agacent tout de même un peu sur la longueur), mais aussi de celui des seconds rôles tous excellents, la relation entre ces deux êtres d’exception, au demeurant tous les deux peintres, ce qui renforce encore plus les liens entre eux. « The Danish Girl » permet d’adopter tour à tour le point de vue des deux protagonistes dans leur cheminement vers la liberté. Un film esthétiquement magnifique et d’une grande sensibilité.

4 étoiles. « The Danish Girl ». RTS UN, lundi 18 juin, 20h40.

IMG_2817.jpgSophie Baker est-elle vraiment medium ? C’est à cette question que Stanley Crawford, magicien désabusé et qui ne croit qu’en la science, devra répondre. Ses certitudes vont être mises à dure épreuve au contact de la jeune et belle medium (Emma Stone, convaincante). Film léger à l’image très soignée dont l’action se passe en 1928 dans le beau décor du sud de la France, ce Woody Allen n’est pas un chef d’œuvre, mais à l’instar de son héros (Colin Firth, excellent), le spectateur, d’abord sur ses gardes, succombe petit à petit à son charme. Plaisant, sans plus.

2 étoiles, « Magic in the moonlight », France 2, dimanche 17 juin, 20h55.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

 

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03/06/2018

Du grand au petit écran : « Démolition »

IMG_2775.jpg« Démolition » traite du thème, très souvent porté à l’écran, de la rédemption ou comment toucher le fond pour mieux rebondir. Pas d’une originalité folle a priori. Si ce n’est que la reconstruction de Davis Mitchell va passer par une phase de démolition réelle de ce qu’il a construit les dernières années. Tout y passe, y compris la maison, symbole de ce foyer qui n’a plus de sens et qu’il n’a pas autant investi qu’il l’avait imaginé. Le décès accidentel de son épouse va petit à petit lui permettre d’en prendre conscience, sa réaction à ce drame étant inhabituelle. La rencontre d’une femme et de son fils adolescent, qui va comme par effet de miroir chercher à se faire démolir pour savoir qui il est réellement, vont l’aider à repartir sur de nouvelles bases.

« Démolition » est porté par une excellente distribution, à commencer par Jake Gyllenhall qui joue à la perfection son rôle de veuf borderline. La première partie du film est originale et peu conventionnelle dans sa manière d’aborder le deuil. Les accès de destruction massive de Davis Mitchell ont quelque chose de jubilatoires, même s’ils finissent par lasser par leurs répétitions excessives. La rencontre avec l’adolescent, bien que pas assez développée, est bien trouvée, mieux que celle avec sa mère (touchante Naomi Watts) plutôt convenue. Malheureusement, dans le dernier tiers du film, la douce folie qui fait indéniablement le charme de « Démolition » disparaît petit à petit pour s’achever avec une fin qu’on aurait aimée plus osée. Dommage. A quoi bon en effet tout démolir si c’est pour reconstruire à peu près la même chose ?

3 étoiles. « Démolition ». RTS UN, lundi 4 juin, 20h40

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23/05/2018

Du grand au petit écran: "Les Innocentes" et "L'Hermine"

IMG_2555.jpgDeux très bons films à voir sur la RTS jeudi soir dont l'un diffusé à une heure tellement tardive que l'on pourrait facilement le manquer dans le programme, ce qui serait bien dommage. En effet, "Les Innocentes" est un film non seulement bouleversant de la première à la dernière minute de par son histoire inspirée de faits réels, mais il est également remarquablement filmé et joué.

Pologne, décembre 1945. Mathilde Beaulieu est une jeune interne de la Croix-Rouge française. Sa mission consiste à soigner les rescapés français avant leur retour au pays. Un jour, une religieuse polonaise paniquée fait irruption dans l’hôpital pour lui demander secours. Réticente à donner son aide dans un premier temps, elle va finir par suivre en secret cette sœur dans son couvent. Elle va découvrir que la plupart d’entre elles sont enceintes, et proche du terme, après un viol collectif commis par des soldats russes à la libération.

Ce sujet difficile, et malheureusement toujours d’actualité tant les femmes sont toujours et encore victimes de la barbarie des hommes lors des conflits, qui pourrait donner une raison, à tort, de ne pas voir le film, est remarquablement traité par la réalisatrice Anne Fontaine. Si « Les Innocentes » est d’une intensité dramatique rare, il ne tombe en effet jamais dans le pathos ou la violence gratuite et est très intelligemment écrit.

La foi, la maternité, la loyauté, la mort, l’amour et le rapport au corps pour des femmes dont le vœu de chasteté a été violemment brisé sont principalement au cœur de ce film profondément humain. Bien que l’action se déroule en très grande partie dans un couvent austère par définition, la photographie splendide donne des images lumineuses qui adoucissent ce drame, au même titre que les chants des sœurs d’une grande beauté. La distribution féminine est excellente. Une très grande réussite à l’image d'une fin inattendue et pleine d’espoir.

5 étoiles, "Les Innocentes". RTS UN, jeudi 24 mai, 23h35.

IMG_2554.jpgPrésident de cour d’assises proche de la retraite, redouté et pour le moins peu aimable avec son entourage, Michel Racine va toutefois se montrer sous un autre jour lorsque le hasard remet sur son chemin au cours d’un procès l’anesthésiste dont il était tombé amoureux six ans auparavant. Il va saisir cette seconde chance qui s’offre à lui en tentant de séduire la lumineuse Ditte (magnifique Sidse Babett Knudsen, l’héroïne de « Borgen »), ce qui ne sera pas sans effet sur le déroulement d’un procès où il est question d’un infanticide.

On l’aura compris à l’énoncé de l’intrigue, le film oscille entre ombre et lumière, un procès sombre par opposition aux rencontres plus légères entre Michel Racine et Ditte, dans le cadre très solennel d’un Palais de justice, principal décor de l’action, ce qui n’empêche pas l’émotion.

Fabrice Luchini incarne avec justesse cet homme dont on ne connaît pas grand-chose, si ce n’est qu’il vient de se séparer de sa femme, et qui va se révéler bien plus humain qu’il ne l’a jamais été. « Humain » est d’ailleurs le terme qui pourrait le mieux définir ce film qui fait également la part belle aux seconds rôles, tous excellents. « L’Hermine », référence au col d’hermine de la robe que porte Michel Racine, est un film sur le fil du rasoir où toutes les fins sont envisageables jusqu’à la dernière seconde, ce qui n’est pas pour déplaire.

4 étoiles. "L'Hermine". RTS DEUX, jeudi 24 mai, 21h05.


5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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13/05/2018

Du grand écran au petit : Deneuve, Forestier, Balasko, Lamy et les autres

IMG_2513.jpgConfronté dès son plus jeune âge à la juge pour mineurs, suite à l’incapacité de sa mère de s’en occuper, Malony va avoir à faire à elle régulièrement dès qu’il enchainera les bêtises plus ou moins grosses une fois l’adolescence arrivée. Formidablement bien joué par Rod Paradot, César du meilleur espoir masculin 2015, le personnage de Malony est extrêmement touchant et crédible. Ecorché vif, il se rebelle avec toute personne autre que sa mère, pourtant totalement immature et dépassée, avec une rare violence verbale, voire physique. Malgré tout, la juge et l’éducateur qui est chargé de son suivi vont maintenir sans cesse le lien avec l’adolescent.

« La tête haute » est un film émouvant, et même par moment bouleversant, magnifiquement interprété (Catherine Deneuve, Benoît Magimel et Sara Forestier sont excellents), qui frappe en plein cœur.

5 étoiles. « La tête haute ». France 2, dimanche 13 mai, 21h

IMG_2514.jpgDans son rôle de mère et veuve qui accueille à bras ouverts sa fille de 40 ans contrainte de retourner dans le domicile familial après avoir tout perdu, Josiane Balasko est parfaite. A la fois drôle, émouvante et espiègle, elle donne une grande crédibilité à son personnage de mère dévouée, mais aussi de femme d’un certain âge qui n’entend pas pour autant renoncer à sa vie intime dont ses enfants ignorent tout. Le potentiel comique de cette double vie est fort bien exploité dans le film et conduit à des scènes vraiment très drôles.

Il y a certes des facilités scénaristiques, spécialement la fin digne d’un happy end à l’américaine, et la mise en scène n’est pas très inventive. Mais ces défauts n’empêchent pas de passer un bon moment grâce à des dialogues bien écrits alternant entre humour vache et doux-amer, des scènes à pleurer de rire et des quiproquos bien trouvés. « Retour chez ma mère » est donc une comédie familiale plutôt réussie.

3 étoiles. « Retour chez ma mère ». RTS UN, lundi 14 mai, 20h40

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

 

 

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28/04/2018

Du grand au petit écran: "Ant-Man", "Dalton Trumbo" et "Carol"

0B980D94-D8D9-4B22-9AC3-E27AD300FA50.jpegDoté de pouvoirs qui lui permettent de se faire aussi petit qu'une fourmi, mais avec une force inversement proportionnelle à sa taille, « Ant-Man » va devoir affronter le méchant de service, lui aussi en possession de cette technologie, pour l'empêcher de la vendre à des fins guerrières. Rien de bien neuf par rapport au film de ce genre sur le fond, mais on n'en dira pas autant sur le forme.

En effet, l'humour est omniprésent et on rit franchement à plusieurs reprises. Les clins d'œil aux Avengers, la bande de copains déjantée de Scott ou encore les effets comiques dus au contraste "grand-petit" sont très drôles. Les effets spéciaux sont formidables. Ils sont au service du film et non le contraire, ce qui n'est pas toujours le cas dans ce genre de production. Au final, un divertissement de bonne facture avec, en plus, un excellent casting et une fin qui laisse augurer d'une suite, ce qui sera bel et bien le cas avec une sortie prévue pour cet été.

3 étoiles. «Ant-Man ». Dimanche 29 avril, TF1, 21h.

7FE55009-152E-40A5-B1B5-41A5AF622D95.jpegDalton Trumbo est un scénariste réputé et très bien payé à Hollywood jusqu’au moment où il est rattrapé par ses sympathies pour le parti communiste dont il est devenu membre en 1943. En pleine guerre froide, et alors que la chasse aux sorcières fait rage contre ceux qui prétendument s’adonnent à des activités antiaméricaines, il va le payer très cher en étant mis, avec d’autres artistes, sur la Liste Noire et ainsi être privé de travail.

Le film, qui se base largement sur la biographie de Dalton Trumbo (1905 -1976), reconstitue de manière remarquable cette période trouble et inquiétante de l’Histoire américaine des années 50 et est porté par un brillant casting. On mettra tout spécialement en avant Hellen Mirren détestable à souhait, Diane Lane en épouse dévouée, John Goodman en producteur sans foi ni loi, et bien évidemment Bryan Cranston, le héros de la série « Breaking Bad », dont la performance est bluffante.

Si l’on peut regretter la facture un brin trop académique du film, ce qui a toutefois l’avantage de ne pas perdre le spectateur en route dans un récit d’une grande densité, il n’en demeure pas moins que « Dalton Trumbo » est une histoire dans l’Histoire passionnante du début à la fin et par conséquent un très bon film.

4 étoiles. "Dalton Trumbo". Lundi 30 avril, RTS UN, 20h40.

A20E12C3-456E-4FEC-B850-B527000A5D0D.jpegCarol Aird s’ennuie à mourir dans un mariage bourgeois sans amour. Sa petite fille est son seule rayon de lumière jusqu’au jour où elle fait la connaissance d’une jeune vendeuse (excellente Rooney Mara) qui rêve d’une vie plus trépidante. « Carol » raconte la relation de plus en plus étroite entre ces deux femmes dans le New-York des années 50.

« Carol » est un délice pour les yeux et les oreilles. La photographie, les décors, les costumes sont superbes. La musique accompagne à merveille ce film très esthétique dans lequel jouent avec brio deux magnifiques actrices. Si la forme est donc très réussie, le fond n’est pas tout à fait à la hauteur. Film avant tout d’ambiance, « Carol » n’évite pas certaines longueurs. Ce n’est toutefois pas trop grave, car elles laissent le temps d’admirer la sublissime Cate Blanchett au sommet de sa beauté et de son art. Rien que pour elle, il vaut la peine de voir le film !

3 étoiles. "Carol". Jeudi 3 mai, RTS UN, 23h45.

 

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