18/02/2018

Du grand au petit écran : « Imitation Game » et « Mia Madre »

IMG_1711.jpgFilm basé sur une histoire vraie, « Imitation Game » raconte l’histoire d’Alan Turing, mathématicien de génie, spécialiste en cryptologie, qui se voit confier au début de la seconde guerre mondiale par le gouvernement britannique la mission de percer avec sa petite équipe le secret d’Enigma, la machine de cryptage allemande réputée inviolable.

Si le film relate logiquement les différentes étapes de cette quête, entre espoir et désespoir, il s’attache tout particulièrement à la personnalité d’Alan Turing, être aussi brillant qu’emprunté dans ses relations sociales. L’action se déroule principalement pendant la guerre. Mais plusieurs scènes de son passé de collégien et l’enquête à laquelle il est soumise au début des années 50, liée à son homosexualité, viennent éclairer à bon escient cette période de la vie d’Alan Turing et permettent ainsi de mieux comprendre le personnage.

Remarquablement interprété, avec une mention spéciale à Benedict Cumberbatch, « Imitation Game » réussit à la fois à brosser avec subtilité le portrait d’Alan Turing et à raconter une histoire non dénuée de suspense avec un montage très réussi. On regrettera toutefois que dans la toute dernière partie du film la descente aux enfers d’Alan Turing soit trop précipitée et manque par conséquent de consistance. Mais ce bémol mis à part, ce film est à recommander.

4 étoiles, « Imitation Game ». RTS UN, lundi 19 février, 20h40.

IMG_1712.jpgLe film raconte l’histoire de Margherita, réalisatrice en plein tournage d’un film qui ne se fait pas tout seul, notamment en raison de son acteur principal américain (John Turturro, excellent) qui lui donne du fil à retordre. Elle se voit confrontée dans sa vie privée à la maladie de sa mère et à la crise d’adolescence de sa fille, ce qui pourrait la remettre en question dans son rôle de fille et de mère.

Ce n’est de fait pas vraiment le cas et c’est sans doute pour cette raison que l’on a de la peine à entrer dans le film et à s’attacher à ce personnage, pourtant fort bien joué par Margherita Buy, qui va de l’avant en ne se préoccupant guère de son entourage et de ce qu’il peut penser d’elle. A l’image de son personnage principal, la mère étant clairement un second rôle contrairement à ce que le titre laisse penser, le film dégage peu d’émotions.

Les scènes comiques du tournage du film dans le film sont plutôt réussies, celle dans la voiture est hilarante, bien qu’un peu trop répétitives. Mais n’est-ce pas paradoxal de mettre en avant les scènes qui ne sont pas directement en lien avec le sujet principal du film qui est censé en premier lieu raconter l’histoire d’une fille et de sa mère mourante ? Au bout du compte, difficile de savoir avec « Mia Madre » où Nanni Moretti a voulu emmener le spectateur qui reste sur sa faim.

2 étoiles. « Mia Madre »RTS UN, jeudi 22 février, 23h55.

 

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

 

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30/01/2018

Du grand au petit écran : « Fatima », César 2016 du meilleur film

IMG_1438.jpgLe film raconte l’histoire de Fatima, une femme de ménage d’origine algérienne vivant en France, qui élève seule ses deux filles. La première est âgée de 15 ans et est en pleine révolte, notamment parce que sa mère est au service des autres et se plie en quatre pour que sa deuxième fille, âgée de 18 ans, puisse commencer des études de médecine. C’est pour Fatima à la fois une fierté, mais également une difficulté, parce que ça la renvoie à ses frustrations, notamment le fait qu’elle maîtrise mal le français oral, qu’elle ne l’écrit et ne le lit pas ou encore qu’elle est mal considérée par ceux qui l’emploient, voire son voisinage.

Cette thématique, certes intéressante dans une France qui se pose beaucoup de questions sur sa manière d’intégrer les étrangers, a suffi à l’Académie des César pour le couronner comme le meilleur film français sorti en 2015. Que le film ressemble plus à un documentaire qu’à une œuvre de fiction, qu’il ne fasse preuve d’aucune originalité sur le plan cinématographique ou que certains acteurs jouent très mal n’a apparemment eu aucune importance aux yeux de la majorité des votants qui s’est réfugiée derrière le politiquement correct. Incompréhensible.

Pour une fois, on ne regrettera donc pas l’heure tardive de diffusion de ce film.

1 étoile. « Fatima ». RTS UN, jeudi 1er février, 23h35.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

 

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21/01/2018

Du grand au petit écran: « Money Monster »

IMG_1408.jpgCouverture de la semaine du GuideTV, « Money Monster » de Jodie Foster, avec Julia Roberts et George Clooney, vaut-il la peine d’y consacrer sa soirée TV de lundi soir?

Lee Gates est un présentateur de télévision qui anime une émission sur la bourse et donne des conseils pour placer son argent. Il a tendance à n’en faire qu’à sa tête, au plus grand désespoir de sa productrice, et est du genre arrogant. Un jour, il est pris en otage en direct sur le plateau par Kyle, un téléspectateur qui a perdu tout son argent en suivant ses conseils. Commence alors une course contre la montre pour tenter de faire renoncer Kyle de tout faire sauter en appuyant sur le détonateur qui déclenchera la ceinture explosive qu’il a mise sur Lee.

Pour tenir en haleine le spectateur, le scénario ne manque pas de rebondissements. Certains ne surprennent guère, mais d’autres sont très réussis et même jouissifs. Mais il n’est pas non plus exempt de défauts, car en voulant dénoncer les dérives du capitalisme, les profiteurs du système ou encore le cynisme de la télé réalité en emballant le tout dans un film qui oscille sans cesse entre le thriller, la satire et la comédie, « Money Monster » reste superficiel. Il n’en demeure pas moins que le film de Jodie Foster est un agréable divertissement. Et ce n’est déjà pas si mal.

3 étoiles. « Money Monster ». RTS UN, lundi 22 janvier, 20h40.

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16/01/2018

Du grand au petit écran : Catherine Frot est une géniale « Marguerite »

IMG_1371.jpgParis, 1920. Marguerite Dumont se produit régulièrement devant un cercle d’habitués de la haute bourgeoisie pour donner des récitals. Elle chante tragiquement faux, mais personne n’a jamais osé le lui dire, et surtout pas son mari qui n’en peut plus. Tout cela ne serait pas si grave si un jour Marguerite, flattée par deux jeunes qui la manipulent, ne se mettait pas en tête de se produire devant un vrai public où la vérité pourrait bien alors lui sauter à la...gorge.

Le film se déroule en cinq actes et commence sous des airs de comédie et d’opéra (entendre chanter faux le fameux air de la Reine de la nuit de « La flûte enchantée » est drôle, mais tout de même éprouvant pour les oreilles) avec la découverte du personnage hors du commun qu’est Marguerite Dumont.

Mais au fur et à mesure que l’action évolue, le rire laisse la place à l’émotion et le spectateur s’attache de plus en plus au personnage de Marguerite. Il en est d’ailleurs de même pour son proche entourage, à commencer par son mari qui pourtant avec les années s’est éloignée d’elle, qui se laisse gagner par la douce folie de Marguerite et la soutient dans son rêve de se produire sur scène au risque qu’elle bascule alors complètement dans la folie.

« Marguerite » est un film soigné avec une superbe lumière. Les costumes et les décors sont somptueux. La distribution est excellente, sans doute tirée par le haut par une Catherine Frot, César 2016 mérité de la meilleure actrice pour ce rôle, merveilleusement émouvante en Marguerite. Librement inspirée de l’histoire de l’américaine Florence Foster Jenkins, dont la vie a été portée depuis lors à l’écran avec Meryl Streep et Hugh Grant, « Marguerite » est à l’image de la fleur qui porte son nom : on l’aime d’abord un peu, puis beaucoup et enfin passionnément.

4 étoiles. « Marguerite ». RTS DEUX, jeudi 18 janvier, 21h15.

 

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07/01/2018

Du grand au petit écran : « Still Alice » avec une bouleversante Julianne Moore

IMG_1331.jpgProfesseur de linguistique réputée, mariée, mère de trois grands enfants, épanouie, Alice Howard présente les premiers signes de la maladie d’Alzheimer alors qu’elle vient de fêter ses 50 ans. Cette nouvelle va bien évidemment bouleverser sa vie et celle de son entourage. Luttant avec toute son énergie, son intelligence, le soutien plus ou moins efficace des siens et également la technologie moderne, Alice va mener ce combat, perdu d’avance, avec une grande dignité pour qu’on n’oublie pas qu’au-delà de sa perte de mémoire, elle demeure une personne à part entière.

Le film ne réserve guère de surprises dans son déroulement. Il est classique dans sa forme et les seconds rôles, le mari et les trois enfants, ne sont pas suffisamment développés. Mais il a une immense qualité qui vaut à elle seule la peine de le voir : Julianne Moore. Fort justement récompensée par l’Oscar de la meilleure actrice, elle est bouleversante de bout en bout. Voir à l’écran son regard s’éteindre petit à petit au fur et à mesure que la mémoire la quitte est du très grand art. Une performance qui vous scotche sur votre fauteuil au moment du générique de fin et qui fera sans nul doute date dans l’Histoire du cinéma.

3 étoiles. « Still Alice ». RTS UN, lundi 8 janvier, 20h40.

A voir également à la télévision cette semaine

Jusqu’où Andrew acceptera-t-il d’être rabaissé et humilié par son professeur pour réaliser son rêve de devenir un musicien d’exception ? Le film est porté par deux acteurs remarquables, une mise en scène qui ne laisse rien au hasard et un montage tiré au cordeau. Le face à face entre le professeur et son élève atteint par moment des sommets d’intensité incroyables avec en particulier un dernier quart d’heure qui vous laisse scotché sur votre fauteuil au moment du générique de fin. Le film de Damien Chazelle, le réalisateur de « La La Land », vaut le détour.

5 étoiles. « Whiplash ». France 4, dimanche 7 janvier, 22h55.

Vacances familiales dans les Alpes, pause déjeuner sur la terrasse du restaurant et tout à coup une avalanche qui s’approche dangereusement. Panique à bord. Tomas, le père, s’enfuit alors que la mère se retrouve seule pour protéger ses deux enfants. Plus de peur que de mal, l’avalanche s’est arrêtée au pied du restaurant. Mais elle a tout de même fait de gros dégâts au sein de la famille : le père a failli dans sa mission de protecteur et a perdu la confiance de son épouse et de ses enfants. « Snow Therapy » est une comédie grinçante – la marque de fabrique de Ruben Ostlund, également réalisateur du décevant « The Square », Palme d’or 2017 – par moment jouissive par son côté cruel, qui s’attaque aux clichés de la famille « idéale », mais aussi au rôle de l’homme dans notre société occidentale. « Snow Therapy » est un film qui dérange. Il ne s’oublie pas une fois qu’il est terminé quand bien même on regrettera une fin ratée.

3 étoiles. « Snow Therapy ». RTS UN, jeudi 11 janvier, 23h25

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

 

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