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  • Du grand au petit écran : « La Ch'tite famille », « The Square » (et 2 autres films)

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    IMG_0147.jpgValentin et Constance forment un couple BCBG très à la mode dans le monde parisien de l'architecture moderne. Tout ce beau monde ignore toutefois que Valentin a menti sur ses origines prolétaires et ch'tis. La vérité va éclater lors d'un vernissage d'une rétrospective qui lui est consacrée quand sa famille débarque par surprise.

    A la lecture de ce synopsis, on aura deviné que ce choc des cultures va occasionner des situations comiques, des quiproquos et des rebondissements en cascade, par moment jusqu'à l'excès. Et c'est bien là le plus gros reproche que l'on peut faire au film : il ne fait pas dans la dentelle, tout particulièrement dans une première partie lourdingue où à force de grossir le trait sur les Ch'tis, mais aussi sur le milieu BCBG parisien, cela en devient grotesque et même gênant.

    Heureusement, la seconde partie est plus digeste et on rit par moment de bon cœur, l'accent ch'ti étant cette fois-ci utilisé comme un simple ressort comique et non comme une caricature. Il y a même de l'émotion avec une fin certes convenue, mais plutôt originale dans sa conception. Les acteurs sont à la hauteur avec une mention à Laurence Arné qui donne beaucoup d'humanité à son rôle et à Pierre Richard, émouvant dans sa maladresse. Au final, une comédie pas « chi » pire mais qui, malgré la reprise de certains ingrédients qui avaient fait son énorme succès, n’est de loin pas aussi réussie que « Bienvenue chez les Ch'tis ».

    Inédit. 2 étoiles. « La Ch'tite famille ». RTS 1, lundi 17 février, 20h40.

    IMG_0148.jpgQualifié de film dramatique et satirique par son auteur qui « voulait faire un film élégant en se servant de dispositifs visuels et rhétoriques pour bousculer le spectateur et le divertir », « The Square » est certes bien emballé, mais le paquet est vide.

    L’histoire de ce conservateur de musée contemporain bien sous tous rapports qui va devoir sortir de sa zone de confort après s’être fait voler son portable et son portefeuille s’apparente à une succession de sketchs qui sont autant d’occasions pour le réalisateur d’aborder des thèmes comme la responsabilité et la confiance, la richesse et la pauvreté, le pouvoir et l’impuissance ou encore l’individu et la communauté.

    Alors, certes, quelques scènes attirent l’attention comme celle de l’homme qui fait le chimpanzé lors d’un dîner de gala ou celle de l’enfant qui réclame des comptes au conservateur parce qu’il se sent injustement accusé. Mais elles sont bien trop rares pour faire oublier que c’est avant tout un profond ennui qui domine. Comment dès lors comprendre que « The Square » ait reçu la Palme d’or, le prix du meilleur film européen et de la meilleure comédie européenne de 2017 ? Mystère. (1 étoile)  

    Inédit. 1 étoile. « The Square ». RTS 1, jeudi 20 février, 23h05.

    IMG_0149.jpgAdapté de l’ouvrage autobiographique de Jon Krakauer, « Everest » raconte l’histoire d’une expédition tragique sur le toit du monde au printemps 1996. Film catastrophe, « Everest » en emprunte les codes, à commencer par une exposition des différents personnages qui vont se retrouver pris dans la tourmente, au sens propre et figuré. Ce n’est pas vraiment passionnant, mais à moins d’avoir lu le livre auparavant, difficile de se faire une idée sur ce qu’il va advenir des différents personnages, ce qui est un bon point pour le suspense.

    Après cette mise en place, l’ascension peut commencer et avec elle un nombre impressionnant d’obstacles qui vont se dresser devant les alpinistes. Si le film n’était pas basé sur une histoire vraie, on serait tenté de dire que c’est presque trop ou quand la réalité dépasse la fiction. « Everest » se laisse voir : les images sont magnifiques et impressionnantes sur le grand écran, ce sera forcément moins le cas à la télévision. La majorité des scènes ont réellement été tournées au Népal, mais c’est le moins que l’on puisse attendre d’un film qui se déroule dans ce décor splendide. Les acteurs sont tous à la hauteur, c’est le cas de le dire, et certaines scènes sont poignantes.

    Mais au final, on reste un peu sur sa faim, l’émotion n’étant pas suffisamment au rendez-vous, comme si les éléments naturels finissaient par vous rattraper et vous glacer le sang.

    2 étoiles. « Everest ». RTS 1, samedi 15 février, 20h55.

    2 étoiles. « Everest ». FRANCE 2, Mardi 18 février, 21h05.

    IMG_0150.jpgD’après l’histoire vraie de James Donovan (excellent Tom Hanks) recruté contre sa volonté par la CIA pour donner l’illusion d’une défense à un espion russe et qui va se retrouver bien malgré lui à devoir accomplir une mission quasi impossible en pleine guerre froide. Brillamment mis en scène par Steven Spielberg, dans une atmosphère parfaitement reconstituée de cette fin des années 50 synonyme de haute tension entre l’Ouest et l’Est, « Le Pont des espions » est un film de haute voltige à l’image des négociations menées par son héros, qui n’a pourtant rien fait pour en être un. Prenant du début à la fin.

    4 étoiles. « Le Pont des espions », W9, dimanche 16 février, 21h05.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran : Ocean’s 8 (et 3 autres films)

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    IMG_0057.jpg« Spin-off », on appelle ça une bouture en botanique, de la série à succès « Ocean’s 11, 12, 13 », on y retrouve les mêmes éléments qui ont fait le succès de la série : humour, mise en scène énergique, rythme, raffinement, surprises de dernière minute, entre autres. Il y a toutefois une grande différence : les héros sont remplacés par des héroïnes et on n’y perd pas au change.

    Debbie Ocean, la sœur de Danny Ocean interprété par George Clooney dans la trilogie, a élaboré un plan pour dérober un collier estimé à 150 millions dollars au cours de son incarcération. Le vol devra avoir lieu durant le très renommé Met Ball de New-York. Mais pour arriver à ses fins, Debbie doit s’entourer de complices très qualifiées dans des domaines bien différents.

    La première partie du film se concentre sur la composition de cette équipe de choc alors que la seconde fait la part belle aux péripéties en lien avec ce vol audacieux. Et il y a également un prologue qui tient les spectateurs en haleine jusqu’au bout. Le casting exclusivement féminin donne indéniablement un nouveau souffle à la série. Les actrices sont en effet impeccables. C’est glamour, stylé et élégant, mais pas gratuit car s’inscrivant parfaitement dans l’esprit du film. On ne s’ennuie pas une seconde, un divertissement très plaisant.

    Inédit. 4 étoiles. « Ocean’s 8 ». RTS 1, lundi 10 février, 20h45.

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  • Du grand au petit écran : « L’un dans l’autre » et « La fille du train »

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    IMG_9916.jpgPierre travaille avec Eric, qui est son bras droit. Eric est pacsé avec Pénélope qui est aussi la maîtresse de Pierre. Eric et Pénélope veulent se marier pour augmenter leur chance d’adopter un enfant, ce qui pousse Pénélope et Pierre à rompre, la situation devenant intenable. Mais c’est sans compter avec le réveil de leur dernière nuit d’amour où Pierre se réveille dans le corps de Pénélope et vice versa.

    Ce synopsis de pièce de boulevard va déboucher bien évidemment sur de nombreux quiproquos et des situations plus ou moins gênantes pour Pierre et Pénélope. Si le film fonctionne sur le même ressort comique du début à la fin et n’évite pas toujours les clichés – c’est évidemment Pénélope qui conduit mal, qui est végétarienne et affectueuse et Pierre qui se comporte parfois comme le pire des machos – il faut bien reconnaître que le rythme est soutenu de bout en bout et qu’on y rit de bon cœur. Il y a même des scènes à hurler de rire, comme celle où Pierre, qui est dans le corps de Pénélope, se retrouve chez sa femme dentiste qui lui fait des révélations sous la ceinture croyant se confier à Pénélope.

    On l’aura compris, « L’un dans l’autre » ne fait pas toujours dans la dentelle. Mais il remplit avec satisfaction sa mission – notamment grâce à Stéphane De Groodt qui n’abuse pas de son côté féminin qui aurait pu vite tourner à la caricature – de faire passer un moment divertissant à celles et ceux qui sont venus voir le film. Ni plus. Ni moins.

    3 étoiles. « L’un dans l’autre ». RTS 1, lundi 27 janvier, 20h40.

    IMG_9915.jpgRachel prend tous les jours le même train et passe devant la même maison. Dévastée par son divorce, elle fantasme sur le couple qui y vit et imagine une vie parfaite…jusqu’au jour où elle est le témoin d’un événement extrêmement choquant et se retrouve malgré elle étroitement mêlée à un angoissant mystère.

    Tiré du roman à succès de Paula Hawkins, le film est très proche du livre en ce qui concerne la trame. Par contre, on n’y retrouve pas l’ambiance plus sombre, plus glauque qui se dégage à la lecture du roman et qui fait sa grande force. Le personnage principal de Rachel, pourtant fort bien joué par Emily Blunt - on n’en dira pas autant des seconds rôles, surtout masculins, pas très convaincants - est beaucoup moins torturé, cette remarque étant d’ailleurs valable pour tous les autres personnages qui sont bien plus lisses.

    Cela a une influence sur tout le film qui manque de souffle avec comme conséquence que la tension n’atteint pas celle ressentie lors de la lecture du livre. Il n’en demeure pas moins que cette adaptation est honnête et qu’elle a toutes les chances de plaire aux amateurs de thrillers qui ne feront pas la comparaison avec le roman.

    3 étoiles. « La fille du train », France 2, dimanche 26 janvier, 21h05.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran: « Ôtez-moi d’un doute »

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    983995E2-37DD-4E78-9CE2-0B6E5B3E8A78.jpegErwan est démineur. Cette profession n’a pas été choisie au hasard par la réalisatrice Carine Tardieu, puisqu’Erwan va voir sa vie littéralement exploser quand il va apprendre que son père n’est pas son père biologique. En recherchant son géniteur, alors que dans le même temps sa fille enceinte refuse de lui dire qui est le père de son enfant, Erwan va devoir gérer un conflit de loyauté entre celui qui l’a élevé et celui qui lui a donné la vie. Et ce n’est pas tout, puisqu’il va lui falloir gérer sa relation avec Anna, fille de son père biologique, qui ignore tout de la situation et qui a flashé sur lui.

    La lecture de ce synopsis fait penser à une pièce de boulevard et à une comédie bien lourde dont le cinéma français a le secret. Mais en fait, il n’en est (presque) rien. Malgré le côté « tiré par les cheveux » du scénario, particulièrement la fin qui est décevante, le film est agréable à regarder de bout en bout grâce à l’alternance de scènes tendres, voire émouvantes, et d’autres drôles, voire hilarantes grâce à Esteban qui, dans le rôle de Didier, est franchement génial.

    D’ailleurs, il vaut la peine d’aller voir le film rien que pour lui. Le reste de la distribution est également à la hauteur des attentes : François Damiens, André Wilms et Guy Marchand sont très touchants et Cécile de France apporte son énergie habituelle qui évite au film de tomber par moment dans le mélo. « Ôtez-moi d’un doute » n’est certes pas la comédie du siècle, mais c’est loin d’être désagréable.

    3 étoiles. « Ôtez-moi d’un doute ». France 2, dimanche 19 janvier, 21h05.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran : quatre (très) bons films

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    IMG_9770.jpgMae est engagée chez The Circle, le groupe de nouvelles technologies et de médias sociaux le plus puissant du monde. Elle va petit à petit gravir les échelons au sein de l’entreprise et en devenir une figure emblématique en permettant aux internautes de suivre sa vie en direct grâce à une caméra branchée sur elle en permanence. Cela ne sera pas sans conséquence pour elle-même, pour ses proches et pour ses patrons.

    Faisant inévitablement penser à « The Truman Show » (1998) avec Jim Carrey, mais aussi à « Le prix du danger » (1983) d’Yves Boisset avec Gérard Lanvin, « The Circle » n’est toutefois pas aussi fort sur le plan dramatique que ces deux films. Il n’en demeure pas moins que le sujet est d’une brûlante actualité et qu’il interpelle sur les limites à ne pas dépasser en matière de protection de ses données personnelles et donc de sa sphère privée.

    A ce propos, quelques scènes du film font froid dans le dos et les nombreux commentaires des internautes incrustés directement sur l’écran font rire jaune au même titre que le cynisme du big boss de l’entreprise (Tom Hanks qui fait des apparitions) ou encore la fin plutôt réussie.

    Certes, « The Circle » démarre un peu trop lentement et sa facture est très classique. Il ne creuse pas assez son passionnant sujet, à l’image des seconds rôles insuffisamment développés et exploités, mais il est plutôt efficace, se laisse voir sans déplaisir et fait même un peu réfléchir.

    Inédit. 3 étoiles. « The Circle ». RTS 1, lundi 6 janvier, 20h45.

    IMG_9771.jpgPourquoi Tom est-il aussi agressif envers Damien qui fréquente la même classe que lui au point d’en venir aux mains ? Est-ce une question de différence de classe ? Tom est en effet le fils adopté d’un couple d’agriculteurs alors que la maman de Damien est médecin et son père militaire de carrière. Est-ce parce que Tom habite dans la montagne et qu’il marche plusieurs heures par jour pour se rendre à l’école alors que Damien habite en ville et que c’est sa mère qui l’accompagne en voiture ? Est-ce une question de couleur de peau, Tom étant métis ? Et si cette violence traduisait la peur, celle d’un désir inavouable ?

    Le film d’André Téchiné brosse avec pudeur, émotion, justesse et beauté le portrait de deux adolescents qui se cherchent, au sens propre et figuré, dans le décor magnifique des Pyrénées, le temps de l’année scolaire. Il est porté par deux jeunes acteurs excellents, avec une mention spéciale pour Kacey Mottet Klein dont la palette pour exprimer ses sentiments est impressionnante. Sandrine Kiberlain, qui a le très beau rôle de mère à la fois bienveillante, mais également cadrante quand il le faut, est également à la hauteur. Si le film comporte des longueurs, quelques scènes et personnages secondaires n’apportent pas grand-chose de plus à l’histoire, il n’en demeure pas moins que « Quand on a 17 ans » est globalement une réussite.

    Inédit. 4 étoiles. « Quand on a 17 ans ». RTS 1, jeudi 9 janvier, 23h20.

    IMG_9772.jpgFaire entrer le spectateur dans le film en une fraction de seconde n’est pas courant. C’est pourtant le cas de « La loi du marché » qui s’ouvre sur un plan de profil de Thierry qui fait part pendant quelques minutes à son placeur, le plus souvent hors champ, de son désarroi après sa période de chômage qui s’approche gentiment de la fin. Le ton du film est donné avec cette première scène : criant de vérité.

    Et ce sera le cas durant tout le film, à tel point d’ailleurs que par moment l’on a plus l’impression de voir un reportage qu’un film de fiction. Impression renforcée par le jeu des acteurs qui jouent leur propre rôle face au formidable professionnel qu’est Vincent Lindon, récompensé par le prix d’interprétation au Festival de Cannes.

    Mais « La loi du marché » est bel et bien une fiction, certes « réaliste », avec une tension dramatique dans sa deuxième partie quand Thierry retrouve un emploi de vigile dans un supermarché. Confronté de par sa nouvelle fonction à une certaine détresse humaine qui le renvoie à sa situation personnelle et à un dilemme moral, Thierry sera-t-il prêt à tout pour garder son emploi ? C’est tout l’enjeu de ce film hautement recommandable.

    4 étoiles. « La Loi du marché », France 3, jeudi 9 janvier, 21h05.

    IMG_9773.jpgSandra, Marion Cotillard bouleversante, a deux jours et une nuit pour convaincre la majorité de ses 16 collègues de renoncer à leur prime de 1000 euros pour qu’elle ne soit pas licenciée. Entre espoir et désespoir, le film tient en haleine le spectateur tout en l’interpellant à chaque fois que l’héroïne rencontre un.e de ses collègues : qu’aurais-je fait à sa place ? A noter une fin à la hauteur de ce film vraiment excellent à voir ou à revoir.

    5 étoiles. « Deux jours, une nuit ». Arte, mercredi 8 janvier, 21h00.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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