08/12/2018

Du grand au petit écran : « Fritz Bauer », « Demain » et le Bon Dieu

IMG_4986.jpgPeut-on aller de l’avant en faisant table rase du passé ? D’un passé particulièrement douloureux, celui du nazisme. Cette question est présente tout au long de « Fritz Bauer, un héros allemand » qui raconte l’histoire de ce procureur allemand juif qui voulait poursuivre les nazis non pas par esprit de vengeance, mais par souci de mémoire.

Dans cette Allemagne de la fin des années 50 soucieuse de tourner la page de la seconde guerre mondiale, le combat de Fritz Bauer n’est pas vu d’un bon œil. Il faut dire qu’un bon nombre d’anciens nazis occupent des postes à responsabilité, même très proche du pouvoir. Ceci explique pourquoi Fritz Bauer aura toutes les peines du monde tout d’abord à prouver qu’Adolf Eichmann vit en Argentine, puis à essayer de le faire extrader en Allemagne après des péripéties dignes d’un thriller.

La traque que Fritz Bauer mène contre Adolf Eichmann est l’occasion de découvrir la personnalité complexe du procureur. Solitaire, bourru et têtu, il a également eu dans le passé des démêlés avec la police danoise en raison de son penchant pour les hommes que ses adversaires seraient ravis d’utiliser dans une Allemagne qui punit sévèrement l’homosexualité.

« Fritz Bauer, un héros allemand » est un film prenant de bout en bout. Porté par une excellente distribution, un rythme qui va crescendo et une mise en scène certes classique mais qui colle bien avec l’ambiance du film, « Fritz Bauer, un héros allemand » est non seulement un film « utile », mais aussi un bon moment de cinéma.

4 étoiles. « Fritz Bauer, un héros allemand ». RTS UN, jeudi 13 décembre, 23h50.

IMG_4985.jpgCe documentaire qui a reçu le César 2016 dans sa catégorie, rassemble différentes initiatives prises dans le monde en matière d’agriculture, d’énergie, d’économie, d’éducation et de démocratie. Elles montrent que face aux dangers qui menacent chaque jour un peu plus la survie de notre planète, des solutions existent. Un film qui tranche avec les documentaires alarmistes qui traitent d’habitude de l’état de plus en plus dégradé de la Terre.

Certes, tout n’est pas parfait, les chapitres sur l’éducation et la démocratie participative ne sont pas très convaincants au contraire de celui sur les énergies renouvelables, par exemple. Il n’en demeure pas moins que « Demain » est un film plein d’espoir, ce qui explique probablement en grande partie le million d’entrées en France, un immense succès pour un documentaire.

3 étoiles. « Demain ». France 2, dimanche 9 décembre, 22h50.

 

IMG_4987.jpgLe succès populaire du cinéma français de l’année 2014 avec plus de 12 millions d’entrées manie avec bonheur, c’était pourtant casse-gueule, les pires clichés sur les Noirs, les Juifs, les Arabes, les Asiatiques et les Français petits bourgeois. Les acteurs, avec à leur tête un Christian Clavier qui n’en fait pour une fois pas des tonnes et une Chantal Lauby délicieusement dépressive, sont excellents. On y rit de bon cœur. La suite « Qu’est-ce qu’on a encore fait au Bon Dieu » sort sur les écrans le 30 janvier prochain.

4 étoiles. « Qu’est qu’on a fait au Bon Dieu ? ». TF1, dimanche 9 décembre, 21h00.

 

 

 

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

 

22:00 Publié dans Télévision | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

02/12/2018

Du grand au petit écran: « Insaisissables 2 » et « The Revenant »

0E5273BF-5315-4AC3-BAEA-7B31553AAB4E.jpegIl est bien connu que les suites sont très rarement à la hauteur du premier épisode.  Les magiciens d’« Insaisissables 2 » ferait-il partie des exceptions comme par…magie ?

Succès surprise mérité de l’été 2013, les quatre cavaliers magiciens/cambrioleurs, avec un seul changement dans la distribution, reprennent donc du service en s’attaquant à un as de la technologie à la tête d’une organisation criminelle. Cet homme d’affaire a toutefois toujours un coup d’avance sur les 4 magiciens et va les entraîner dans un piège et les spectateurs avec !

L’intrigue à tiroirs et aux rebondissements multiples aussi invraisemblables les uns que les autres est en effet un simple prétexte à mettre en scène des numéros de magie finalement trop rares et qui tirent parfois en longueur. Certes, on ne s’ennuie pas vraiment, il y a tout de même quelques scènes réussies et un peu d’humour, mais on peine vraiment à comprendre où les scénaristes veulent en venir et la révélation finale tombe complètement à plat.

On y perd petit à petit ses illusions, ce qui est tout de même un comble pour un film qui met la magie au centre. Il faudra que les scénaristes d’ « Insaisissables 3 », qui est d’ores et déjà annoncé, réalisent des miracles pour qu’on y retourne…

2 étoiles. « Insaisissables 2». RTS UN, lundi 3 décembre, 20h45.

FFD2AA69-9E8E-4ED9-B912-148EECADF691.jpegIrréprochable au niveau du jeu - Leonardo Di Caprio a enfin décroché l’Oscar du meilleur acteur avec ce film - de la réalisation et de la mise en scène - Alejandro Gonzalez Inarritu a reçu pour la deuxième fois et consécutivement l’Oscar du meilleur réalisateur - et de la photographie absolument superbe et également « oscarisée, « The Revenant » est une indéniable réussite sur le plan de la performance cinématographique. 

« The Revenant », c’est l’histoire d’un trappeur grièvement blessé par un ours qui va chercher à se venger parce qu’il a été abandonné par ses équipiers. Quelques scènes, comme la charge des Indiens au début du film, l’attaque de l’ours ou encore la poursuite à cheval, sont d’une maîtrise technique à couper le souffle. Elles sont de plus tournées dans de superbes paysages. 

Mais c’est paradoxalement également la faiblesse du film qui tire en longueur et qui est sans cesse dans la démonstration, qui plus est le plus souvent violente. Certaines scènes sont en effet d’une grande sauvagerie, le sang gicle même sur la caméra, sans que cela apporte nécessairement un plus. Un film qui, en définitive, privilégie à l’excès la prouesse technique à l’émotion, à l’image de son héros increvable à tel point que cela en devient risible, et finit par tourner à vide.

2 étoiles. « The Revenant ». France 2, dimanche 2 décembre, 21h00.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

00:10 Publié dans Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

25/11/2018

Du grand au petit écran : « The Revenant » avec Di Caprio et « Dheepan »

IMG_4866.jpgIrréprochable au niveau du jeu - Leonardo Di Caprio a enfin décroché l’Oscar du meilleur acteur avec ce film - de la réalisation et de la mise en scène - Alejandro Gonzalez Inarritu a reçu pour la deuxième fois et consécutivement l’Oscar du meilleur réalisateur - et de la photographie absolument superbe et également « oscarisée, « The Revenant » est une indéniable réussite sur le plan de la performance cinématographique.

« The Revenant », c’est l’histoire d’un trappeur grièvement blessé par un ours qui va chercher à se venger parce qu’il a été abandonné par ses équipiers. Quelques scènes, comme la charge des Indiens au début du film, l’attaque de l’ours ou encore la poursuite à cheval, sont d’une maîtrise technique à couper le souffle. Elles sont de plus tournées dans de superbes paysages.

Mais c’est paradoxalement également la faiblesse du film qui tire en longueur et qui est sans cesse dans la démonstration, qui plus est le plus souvent violente. Certaines scènes sont en effet d’une grande sauvagerie, le sang gicle même sur la caméra, sans que cela apporte nécessairement un plus. Un film qui, en définitive, privilégie à l’excès la prouesse technique à l’émotion, à l’image de son héros increvable à tel point que cela en devient risible, et finit par tourner à vide.

2 étoiles. « The Revenant ». RTS UN, lundi 26 novembre, 20h45.

IMG_4867.jpgDheepan est un ancien soldat qui veut fuir l’horreur de la guerre civile au Sri Lanka. Pour augmenter ses chances de trouver l’asile en Europe, il fait passer une jeune femme et une fillette, rencontrées dans un camp de réfugiés, pour des membres de sa famille. Arrivé en France, Dheepan trouve un emploi de gardien dans une cité glauque où des voyous règnent en maître. C’est dans cette atmosphère lourde, où un petit rien peut mettre le feu aux poudres à n’importe quel moment, que Dheepan et sa famille fictive vont tenter de se (re)construire et, pourquoi pas, former un vrai foyer.

« Dheepan », Palme d’or 2015 du Festival de Cannes, est un film constamment sous tension, avec tout de même quelques longueurs, où peut surgir à chaque instant le pire comme le meilleur. Les personnages qui le composent sont des êtres écorchés vifs et par conséquent prêts à tout faire exploser si on les chatouille de trop prêts. Remarquablement bien joué, avec une mention pour Antonythasan Jesuthasan qui joue un Dheepan qui porte en lui toutes les épreuves qu’il a traversées, « Dheepan » est un film parfaitement maîtrisé aux allures de rédemption et de nouveau départ.

3 étoiles. « Dheepan ». France 2, dimanche 25 novembre, 21h00.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

12:30 Publié dans Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

18/11/2018

Du grand au petit écran: « Dans les forêts de Sibérie », « Stefan Zweig », « Mia Madre »

851732CB-F4AC-471E-AD1E-6A05CCA6DFBA.jpegUn film qui traite de la solitude sans pour autant que l’on s’y ennuie en le visionnant, c’est le pari réussi de « Dans les forêts de Sibérie ». Adapté librement du récit de Sylvain Tesson, qui raconte les quelques mois que l’aventurier a vécus en ermite dans une cabane isolée du reste du monde en Sibérie, le film suit logiquement la même trame.

A une exception importante près : le personnage principal, interprété par le charismatique Raphaël Personnaz, va être secouru, alors qu’il est perdu dans le blizzard et que la mort est proche, par un Russe qui se cache pour échapper à la justice. De cette rencontre va naître une amitié, mais aussi une opposition entre celui qui a choisi librement de venir vivre dans cette contrée inhospitalière et celui qui l’a fait par obligation.

« Dans les forêts de Sibérie » est donc un film qui questionne sur son rapport à soi-même et à l’autre, car si la solitude voulue donne un indéniable sentiment de liberté, en tout cas pour un temps, il n’en est pas de même quand elle est subie.

Tourné sur les rives gelées du lac Baïkal qui donnent au film un décor à couper le souffle et des images de toute beauté, le tout accompagné d’une musique sublime, « Dans les forêts de Sibérie » réussit à captiver le spectateur du début à la fin. Il s’y passe toujours quelque chose que ce soit au niveau de l’action à proprement parler ou du chemin intérieur que parcourt le héros du film, parfois avec humour, pendant cette année passée en Sibérie. Magnifique dans tous les sens du terme.

4 étoiles. « Dans les forêts de Sibérie »RTS DEUX, jeudi 22 novembre, 21h05.

1C0A239B-FFB4-4C8B-BB6F-BE800B9F0EC9.jpegEn 1936, Stefan Zweig décide de quitter l’Europe. Le film raconte six moments de l’exil du grand écrivain autrichien et juif en Amérique latine, essentiellement au Brésil, et à New-York. 

Ces six tableaux sont d’un intérêt inégal et parfois trop longs. La palme de la réussite revient incontestablement au premier et au dernier qui sont filmés avec une caméra fixe, ce qui leur donne une folle intensité. Six épisodes qui permettent de comprendre toute la difficulté de Stefan Zweig à vivre son déracinement, sa souffrance de voir sa patrie spirituelle se détruire et finalement sa lassitude qui le prive de la force de « recommencer sa vie de fond en comble », malgré l’accueil très chaleureux qu’il a reçu au Brésil, comme il l’écrit dans sa lettre d’adieu déchirante.

2 étoiles. « Stefan Zweig: adieu l’Europe ». ARTE, mercredi 21 novembre, 20h55.

 

4DBBB3CB-F090-4C9F-B025-C306D83C6499.jpegLe film raconte l’histoire de Margherita, réalisatrice en plein tournage d’un film qui ne se fait pas tout seul, notamment en raison de son acteur principal américain (John Turturro, excellent) qui lui donne du fil à retordre. Elle se voit confrontée dans sa vie privée à la maladie de sa mère et à la crise d’adolescence de sa fille, ce qui pourrait la remettre en question dans son rôle de fille et de mère. 

Ce n’est de fait pas vraiment le cas et c’est sans doute pour cette raison que l’on a de la peine à entrer dans le film et à s’attacher à ce personnage, pourtant fort bien joué par Margherita Buy, qui va de l’avant en ne se préoccupant guère de son entourage et de ce qu’il peut penser d’elle. A l’image de son personnage principal, la mère étant clairement un second rôle contrairement à ce que le titre laisse penser, le film dégage peu d’émotions. 

Les scènes comiques du tournage du film dans le film sont plutôt réussies, celle dans la voiture est hilarante, bien qu’un peu trop répétitives. Mais n’est-ce pas paradoxal de mettre en avant les scènes qui ne sont pas directement en lien avec le sujet principal du film qui est censé en premier lieu raconter l’histoire d’une fille et de sa mère mourante ? Au bout du compte, difficile de savoir avec « Mia Madre » où Nanni Moretti a voulu emmener le spectateur qui reste sur sa faim.

2 étoiles. « Mia Madre ». ARTE, dimanche 18 novembre, 20h50.

F48ACB7F-6339-4D88-8294-CCA0A69DEEA0.jpeg« Toni Erdmann » plaît par son originalité, son imprévisibilité, ses scènes qui font rire jaune, le plus souvent, ou à gorge déployée (il vaut la peine de voir le film rien que pour le brunch d’anniversaire), sa relation père-fille émouvante, son côté déjanté et loufoque (par exemple la scène de sexe ou quand l’héroïne chante, fort bien d’ailleurs, une chanson de Whitney Houston), sa critique sociale et son couple d’acteurs, à commencer par Peter Simonischek parfaitement crédible dans le rôle très complexe de Toni Erdmann. 

Beaucoup de qualités donc pour un film inclassable qui mélange comédie, satire et drame social. Pourtant, et peut-être à cause de ce mélange des genres, le film ne convainc pas totalement sur sa longueur excessive (2h42), son propos en devenant répétitif. Il n’en demeure pas moins que « Toni Erdmann » est une œuvre cinématographique qui mérite une attention particulière.

3 étoiles. « Toni Erdmann ». ARTE, mercredi 21 novembre, 0h55.

08:04 Publié dans Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

11/11/2018

Du grand au petit écran : « Toni Erdmann », « Nous trois ou rien », « Mapplethorpe »

IMG_4683.jpg« Toni Erdmann » plaît par son originalité, son imprévisibilité, ses scènes qui font rire jaune, le plus souvent, ou à gorge déployée (il vaut la peine de voir le film rien que pour le brunch d’anniversaire), sa relation père-fille émouvante, son côté déjanté et loufoque (par exemple la scène de sexe ou quand l’héroïne chante, fort bien d’ailleurs, une chanson de Whitney Houston), sa critique sociale et son couple d’acteurs, à commencer par Peter Simonischek parfaitement crédible dans le rôle très complexe de Toni Erdmann.

Beaucoup de qualités donc pour un film inclassable qui mélange comédie, satire et drame social. Pourtant, et peut-être à cause de ce mélange des genres, le film ne convainc pas totalement sur sa longueur excessive (2h42), son propos en devenant répétitif. Il n’en demeure pas moins que « Toni Erdmann » est une œuvre cinématographique qui mérite une attention particulière.

3 étoiles. « Toni Erdmann ». ARTE, lundi 12 novembre, 20h55.

 

IMG_4681.jpgLe réalisateur du film, Kheiron, raconte l’histoire de ses parents forcés pour des raisons politiques à quitter l’Iran au moment de la révolution pour rejoindre la France où ils vont par leur éternel optimisme jouer un rôle primordial dans l’amélioration des relations dans la cité dans laquelle ils vivent dorénavant.

Le film aux accents de tragi-comédie dans sa première partie en Iran (était-ce bien nécessaire de faire du Shah d’Iran un demeuré fini ?) se transforme petit à petit en un conte de bienfaisance. Difficile de croire à cette histoire, pourtant vraie, dégoulinante de bons sentiments.

2 étoiles, « Nous trois ou rien ». M6, jeudi 15 novembre, 21h00.

 

 

 

IMG_4682.jpgPrès de 30 ans après sa mort, le célèbre photographe américain Robert Mapplethorpe est l’objet de ce documentaire consacré à sa vie et, bien évidemment, à son œuvre. Une œuvre, avec son parfum de scandale, qui n’a pas laissé indifférent au moment du vivant de l’artiste, mais également après sa mort, la justice ayant même été saisie pour interdire des expositions, ce qui n’a d’ailleurs fait qu’accroître sa notoriété, comme le montre bien le film.

Le grand intérêt de « Mapplethorpe » est de replacer l’artiste dans sa génération et de brosser ainsi également le portrait d’une époque. C’est ainsi que grâce à des témoignages de sa famille, de ses amis, de ses amants et des interviews que Mapplethorpe a données, le spectateur découvre la vie tumultueuse, le talent - l’un et l’autre étant étroitement liés - mais aussi le côté ambitieux et carriériste du photographe qui n’apparaît pas toujours sous son meilleur jour.

Le documentaire, plutôt classique dans sa forme, n’est donc pas à proprement parlé un hommage à Robert Mapplethorpe, mais un éclairage sans complaisance sur un artiste fauché en plein succès par le sida en 1989 et qui a permis à la photographie de trouver sa place au sein de l’art contemporain.

3 étoiles. « Mapplethorpe ». ARTE, vendredi 16 novembre, 22h25.

IMG_4398.jpgEt si tout ce qui avait été construit pendant 45 ans de vie de couple ne reposait que sur du sable ? C’est cette question à laquelle Kate va être confrontée à la veille des festivités prévues pour fêter ses 45 ans de mariage avec Geoff, après que ce dernier ait reçu une lettre lui apprenant que le corps de son premier amour a été retrouvé prisonnier dans la glace dans les Alpes. Tout d’abord compréhensive face au choc que cette nouvelle déclenche chez son mari, Kate va petit à petit découvrir que cette femme, disparue il y a 50 ans, a en fait toujours été présente dans leur vie, à son insu.

« 45 ans » raconte avec tact, mais aussi par moment avec trop de lenteur, la vie de ce vieux couple bousculé dans ses certitudes, dans sa confiance l’un envers l’autre pendant la semaine qui précède son anniversaire de mariage. Le film, dont l’action se déroule dans une Angleterre de carte postale, est très classique dans sa forme et fait la part belle à ses deux excellents acteurs principaux, Tom Courtenay et Charlotte Rampling. Nommée pour l’Oscar 2015 de la meilleure actrice, sa décomposition au fur et à mesure que l’histoire avance est du grand art. Elle connaît son apogée au cours d’un dernier quart d’heure très réussi où le contraste entre la fête qui bat son plein et ses tourments intérieurs est saisissant.

3 étoiles. « 45 ans ».  ARTE, jeudi 14 novembre, 01h05.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

19:00 Publié dans Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |