Bonn(y)dée

  • Du grand au petit écran: du rire, de l'émotion et du suspense

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    IMG_2022.jpgAprès le triomphe de « Intouchables », les réalisateurs Olivier Nakache et Eric Toledano ont enchainé avec « Samba ». Comme dans leur précédent film, c’est un duo improbable qui est au centre de l’intrigue. La bande-annonce laissait d’ailleurs à penser que le rire allait jaillir de cette opposition de style. Ce n’est pas vraiment le cas. Il y a certes quelques bons gags dans « Samba », mais l’humour n’est pas au cœur du film qui privilégie l’émotion. Omar Sy et Charlotte Gainsbourg, lui en clandestin sans cesse à l’affût pour sa survie et elle en assistante sociale qui essaye de refaire surface après un burn-out, sont craquants et crédibles, ce qui n’était pas gagné d’avance. « Samba » est donc une comédie romantique et sociale, la dure réalité de la vie quotidienne des clandestins est largement mise en avant dans le film, qui malgré quelques petites longueurs mérite d’être vu.

    3 étoiles. « Samba ». France 2, dimanche 11 octobre, 21h05.

     

    IMG_2023.jpg« Pentagon Papers », nom du document de 7000 pages émanant du département de la défense détaillant l’implication politique et militaire américaine dans la guerre du Vietnam, raconte l’histoire de Katharine Graham, directrice du Washington Post, et de son rédacteur en chef Ben Bradlee qui vont se retrouver confronter au gré des circonstances à un dilemme monumental : publier ou non des extraits dans le journal de ce document au risque de tout perdre, y compris leur liberté.

    Résumé de cette manière, on imagine que « Pentagon Papers » fera la part belle au drame avec une énorme tension et un suspense par moment insoutenable. Tel est bien le cas, mais hélas seulement dans la deuxième moitié du film. Avant d’y parvenir, il aura fallu affronter une mise en place du contexte qui à vouloir être trop démonstrative et didactique (que de paroles !) en devient laborieuse et franchement ennuyeuse.

    Mais heureusement, le film décolle quand il entre dans le vif du sujet et devient franchement intéressant. On se met alors à apprécier la mise en scène, la reconstitution minutieuse d’une rédaction du début des années 70 et le côté résolument féministe du film incarné par une Meryl Streep, comme toujours excellente. Au final, et malgré cette seconde partie plutôt réussie, le bilan est globalement décevant pour un film dont on attendait beaucoup plus sur le…papier.

    2 étoiles. « Pentagon Papers ». France 2, dimanche 11 octobre, 23h05.

    IMG_2024.jpgYassine, jeune étudiant marocain, fait la fierté de sa famille qui s’est cotisée pour qu’il puisse faire des études à Paris. Suite à un malheureux concours de circonstances, Yassine rate son examen et se retrouve dès lors sans statut légal. Pour remédier à cette situation, il se marie avec son meilleur ami Frédéric, pourtant déjà en couple avec sa copine. Soupçonné par un fonctionnaire d’avoir fait un mariage blanc, ils vont alors devoir s’inventer une vraie vie de couple homosexuel pour lui faire croire que leur histoire est vraie.

    Pas difficile d’imaginer à partir de ce synopsis que les quiproquos et les situations loufoques vont s’enchaîner avec de nombreux gags parfois très drôles. Ce n’est certes pas un humour subtil, les clichés sont légions et l’histoire est cousue de fil blanc. Pour ce genre de comédie, plus les traits sont grossiers (à ne pas confondre avec la vulgarité dont le film est pratiquement dépourvu) et plus ça fonctionne. Alors oui, bien sûr, avec cet esprit les gays, mais aussi les immigrés, les aveugles, les obèses, les riches émirs du Qatar, etc., sont outrancièrement caricaturés, mais pas de quoi toutefois crier à l’homophobie. Au final, « Epouse-moi mon pote » est un film qui tient ses promesses : stupide et drôle.

    2 étoiles. « Epouse-moi mon pote ». M6, mardi 13 octobre, 21h05.

    IMG_2025.jpgKenneth Branagh signe cette nouvelle adaptation en jouant également le célèbre détective Hercule Poirot qui apparaît dans plus de 50 nouvelles et la moitié des romans d’Agatha Christie. Le personnage d’Hercule Poirot est particulièrement développé aussi bien sur le plan psychologique que sur celui de l’apparence. Il est d’ailleurs à relever que du point de vue formel, le film n’est pas loin d’être irréprochable avec de magnifiques décors et costumes, des mouvements de caméra spectaculaires et une mise en scène qui tire le maximum de ce huis-clos ferroviaire.

    Mais ce bel emballage ne suffit pourtant pas à susciter un véritable intérêt pour l’enquête que mène le célèbre détective suite au meurtre qui a été commis dans l’Orient-Express. L’ennui guette rapidement et semble contagieux : les actrices et acteurs, pourtant pour la plupart très connus, ne paraissent, eux non plus, guère concernés par les événements. Au moment où la vérité éclate, on se dit qu’on aurait tout aussi bien pu rester sur le quai de gare ou manqué le train tant monté dans cet Orient-Express n’était pas indispensable.

    2 étoiles. « Le crime de l’Orient-Express ». RTS 1, mardi 13 octobre, 21h00.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Sept c’est assez, dix c’est trop ?

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    IMG_1991.jpgEn cas de « contact à haut risque » avec une personne infectée par la COVID-19, les personnes concernées sont en principe mises en quarantaine pour dix jours. En principe, car il y a des exceptions.

    C’est ainsi que les HUG s’appuient dorénavant sur une dérogation fédérale, qui permet d’alléger la quarantaine pour les personnes asymptomatiques revenant d’un pays classé en zone rouge ou ayant côtoyé un.e malade si leur activité est considérée comme essentielle au bon fonctionnement de l’Etat, pour éviter à leurs collaboratrices et collaborateurs la case « quarantaine ».

    Outre le fait qu’il est difficile d’estimer qui est essentiel ou non au bon fonctionnement de l’Etat, cette dérogation crée une confusion supplémentaire dans les esprits concernant les mesures prises pour lutter contre le virus et donne la désagréable impression que ces dernières sont à géométrie variable.

    En effet, ladite dérogation crée une inégalité de traitement entre les habitantes et les habitants du canton qui ne comprennent plus rien. Entre une quarantaine de dix jours et une autre à zéro, on pourrait pourtant imaginer un moyen terme qui serait à même d’apporter une certaine sérénité sur cette question : passer à une quarantaine de sept jours au lieu de dix.

    Le Conseiller d’Etat en charge de la santé, Mauro Poggia, se montre d’ailleurs en faveur de cette solution. Il a déclaré dans la Tribune de Genève du 29 septembre à propos d’une quarantaine ramenée à sept jours que « des éléments médicaux résultant de l’observation de ces derniers mois nous permettent de considérer que le risque de voir une positivité apparaître après sept jours pour les personnes en quarantaine après un contact étroit est réduit à 0.5%. C’est un risque que l’on doit pouvoir prendre socialement. » A noter que la France et la Belgique ont décidé récemment de ramener la quarantaine à sept jours en se basant sur l’expertise des scientifiques et que la task force fédérale COVID-19 en discute actuellement.

    Dès lors, la question se pose pour nos autorités d’envisager sérieusement de ramener le délai de quarantaine de dix à sept jours.

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  • « Petite sœur » : amour fraternel fusionnel (et 7 films à l’affiche)

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    IMG_1989.jpgLe film des réalisatrices lausannoises Stéphanie Chuat et Véronique Reymond a été sélectionné pour représenter la Suisse lors de la cérémonie des Oscars au printemps 2021. Ce n’est pas une première pour elles puisqu’elles avaient déjà connu cet honneur avec « La petite chambre » en 2011.

    « Petite sœur » se concentre sur le personnage de Lisa, sœur jumelle de Sven, qui donne tout ce qu’elle a, y compris sa moelle osseuse, pour aider son frère à combattre sa leucémie et ainsi lui permettre de remonter sur la scène berlinoise dont il a été une figure très en vue au cours de sa carrière. Afin d’accélérer son rétablissement, Lisa emmène Sven à Leysin où vivent ses enfants et son mari qui dirige une école privée. Mais l’état de santé de Sven se péjore rapidement. Lisa remue alors ciel et terre afin qu’il remonte sur scène, persuadée qu’un retour sur les planches le sauvera. Elle se donne corps et âme pour atteindre son objectif, au risque de faire éclater en morceaux sa famille.

    Quand bien même le théâtre occupe une place importante dans le film, on pourrait justement lui reprocher sa forme un peu trop théâtrale avec des scènes qui se multiplient et des personnages secondaires pas assez développés. Par moment, surtout dans la première partie, un sentiment d’éparpillement domine et nuit à la fluidité du récit.

    Mais heureusement, ce défaut est largement atténué grâce à Nina Hoss présente dans pratiquement toutes les scènes. Elle incarne avec justesse et émotions le rôle de Lisa. A ce titre, la scène devant le distributeur de boissons à l’hôpital est bouleversante. La grande qualité de « Petite sœur » est incontestablement sa direction d’acteur et sa distribution. Lars Eidinger, dans un rôle qui s’apparente à celui du clown triste, est lui aussi très émouvant. Grâce à leur performance, leur amour fraternel, qui relève du fusionnel et qui balaie tout sur son passage, sonne juste avec comme point d’orgue une magnifique scène qui mêle leurs deux voix sur une version revisitée de Hansel et Gretel. (3 étoiles)

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  • Il s’en est fallu de si peu…

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    IMG_1975.jpgUn dimanche de votations presque parfait ! Et il faut le souligner, c’est plutôt rare ! En ce dimanche hivernal, la Suisse a fait preuve d’ouverture, montrer sa capacité à évoluer sur le plan sociétal, refuser de tomber dans le piège du loup et de l’arnaque fiscale. Il n’a manqué que 8670 voix pour que ce dimanche de votations soit totalement parfait. 8670 voix qui donnent un chèque en blanc de 6 milliards pour la sécurité aérienne du ciel helvétique, puisqu’on ne connaît ni le nombre d’avions, ni le type et encore moins le nom du constructeur et son pays d’origine. Il aura fallu ce manque de transparence de la part du Conseil fédéral pour lui éviter un nouveau camouflet après le vote sur l’achat des Gripen en 2014.

    Le Conseil fédéral a donc obtenu de justesse du peuple suisse de lui faire confiance sans répondre aux questions liées aux frais d’exploitation et d’entretien des avions, à leur utilité ou encore à leur empreinte écologique (les forces aériennes suisses utilisent entre 40 et 45 millions de litres de carburant par année, les émissions de CO2 d’un F/A 18 s’élèvent à 12200 kg par heure de vol, à titre de comparaison un voyage en train Zürich-Paris émet 16kg de CO2 par personne).

    En démocratie, une voix d’écart suffit pour faire une majorité. Dont acte. Mais cette victoire « limite » rappelle à bon escient que l’armée n’est plus la vache sacrée qu’elle était. La majorité de droite du Parlement, qui soit dit en passant s’est ramassée une belle claque sur les déductions fiscales pour enfants en chargeant le bateau, devrait s’en rappeler avant de voter des budgets pharaoniques pour notre défense alors que la priorité aujourd’hui est d’investir dans la transition écologique et la justice sociale !

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  • Du grand au petit écran : « Le Jeu », « Detroit » et « Blade Runner 2049 »

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    IMG_1969.jpgLe temps d’un dîner, des amis décident de jouer à un jeu qui consiste à poser son téléphone portable au milieu de la table. A chaque fois qu’une notification sera envoyée, le message devra être partagé avec les autres. Un jeu qui va se révéler très dangereux pour les participants et virer petit à petit à un jeu de massacre.

    Après un démarrage un peu lent avec l’arrivée échelonnée des invités, le film prend son rythme de croisière quand il est l’heure de passer à table. Il s’emballe quand le jeu commence. Il y a du rythme, de l’action, c’est drôle et l’on se réjouit à l’avance de la catastrophe qui ne va pas manquer d’arriver avec les premiers messages. Et l’on n’est pas déçu. Le rire devient alors jaune, c’est grinçant à souhait, un régal. Les acteurs sont excellents avec une mention spéciale à Grégory Gadebois, le seul célibataire présumé de la bande, et Suzanne Clément, géniale dans ses excès. 

    « Le Jeu » part du principe que les invités ont tous des choses à se reprocher et/ou à cacher et…les spectateurs dans la salle également. Ils en sont du coup également les acteurs et se demandent forcément au fur et à mesure que le jeu dérape si toute vérité est bonne à dire…Le film, et sa fin décevante en forme de pirouette, se garde d’ailleurs bien de prendre position en rattrapant in extremis ses personnages au bord du gouffre. Dommage que le dérapage ne soit pas incontrôlé jusqu’au bout.

    Inédit. 3 étoiles. « Le Jeu ». RTS 1, lundi 28 septembre, 20h45.

    IMG_1867.jpgEn juillet 1967 et pendant cinq jours, Detroit connaît des émeutes d’une rare violence qui causent la mort de 43 personnes et en blessent 467 autres. L'évènement déclencheur est une descente de police dans un bar clandestin symbole de la culture noire. Les pillages, les incendies et les tirs d'armes à feu prennent une telle ampleur que les forces policières de la ville sont complètement débordées, avec comme conséquence une intervention de l’armée et de la garde nationale du Michigan pour rétablir l’ordre.

    Bien que ces émeutes ne puissent être qualifiées de raciales, puisque des Blancs y ont aussi participé et y ont été tués (10 sur les 43), ces cinq jours de guérilla urbaine ont mis à jour les tensions raciales existantes, notamment du côté de la police qui a pu faire preuve d’une rare brutalité à l’encontre d’Afro-américains.

    En se basant sur des faits réels, « Detroit » illustre ces tensions raciales et cette violence policière gratuite au travers d’un épisode particulièrement violent qui se déroule l’espace d’une nuit dans un motel où trois policiers débarquent à la recherche d’un sniper. Ils vont faire connaître l’horreur à ses occupants.

    Il y a trois parties dans « Detroit ». La première met en scène le contexte des émeutes et les personnages qui se trouveront pris au piège par la suite dans le motel, la deuxième, qui est pour ainsi dire un huis clos, qui raconte les événements de cette nuit d’horreur, et la troisième qui voit se dérouler l’enquête et le procès.

    « Detroit » est un film violent, particulièrement sur le plan psychologique. La tension qui y règne, spécialement dans la deuxième partie, est par moment à la limite du supportable. La manière de filmer de Kathryn Bigelow, 3 ou 4 caméras qui tournent en même temps autour des acteurs en mouvement, et des acteurs irréprochables donnent une impression de réalisme qui fait froid dans le dos. Un film coup de poing, âmes sensibles s’abstenir, formellement irréprochable et essentiel parce qu’il a des résonances politiques toujours bien actuelles aux Etats-Unis.

    4 étoiles. « Detroit ». ARTE, dimanche 27 septembre, 20h55 et jeudi 1er octobre, 23h40.

    IMG_1948.jpgK est chasseur de réplicants (sorte d’esclaves créés par les humains) récalcitrants et lui-même réplicant, mais avec un supplément d’âme qui lui viendrait des souvenirs qu’on lui a fabriqués. Il a pour mission de chercher et d’éliminer la personne qui apparemment serait née de la liaison entre un réplicant et un humain car si cela se vérifiait, alors l’équilibre du monde en serait bouleversé.

    A partir de ce synopsis, on pourrait imaginer que « Blade Runner 2049 » est un film d’action qui se déroule dans un univers futuriste – pourquoi faut-il que cet univers, même s’il est en l’occurrence visuellement réussi, soit toujours sombre, à moitié détruit, que la pluie tombe sans arrêt, que les gens soient sales, pauvres et désespérés et que les voitures volent ? – et qui questionne sur la relation entre les humains et les créatures qu’ils ont créés.

    Or, sur l’extrême longueur du film (2h45), il doit y avoir un tiers, et encore, d’actions et les questions existentielles sont à peine effleurées. C’est le sentiment d’un vide abyssal qui domine, une bonne partie du film consistant à suivre K (Ryan Gosling peu concerné) dans ses déplacements. Les coups de corne de brume exagérément forts qui font office de musique, et à la longue insupportables, tiennent « heureusement » le spectateur éveillé. Il y a bien un sursaut au moment où Harrison Ford fait enfin son apparition après 1h45 (!) de film. C’est à n’en pas douter le meilleur moment de « Blade Runner 2049 » dont la fin est aussi décevante que le reste.

    1 étoile. « Blade Runner 2049 ». France 2, dimanche 27 septembre, 22h50.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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