Bonn(y)dée

  • Revue 2021: un bon cru

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    IMG_4708.jpgCette cuvée 2021 de la Revue était très attendue après une année « blanche », pandémie oblige, et un changement au niveau de la production, Frédéric Hohl ayant repris les rênes de cette institution genevoise. 

    Après un prologue sur les vicissitudes que connaît le Casino-Théâtre de Genève concernant son piteux état (on est toujours aussi mal assis, mais des travaux sont prévus prochainement, avec notamment le changement des sièges, alléluia), cette 129ème édition démarre très fort avec une intervention…d’Alain Berset sur un écran géant qui recommande, entre autres, au public de ne pas rire pour éviter la transmission du virus. Il n’y a bien sûr rien de mieux pour que ce dernier s’éclaffe, et ce d’autant plus que le Conseiller fédéral est joué par un Laurent Deshusses génial. Il l’est d’ailleurs tout au long du spectacle, que ce soit quand il joue Guy Parmelin qui reçoit Poutine et Biden ou quand il imite les différents numéros du cirque Knie dans un monologue à couper le souffle, au sens propre et figuré. Laurent Deshusses est une raison à lui tout seul d’aller voir cette Revue 2021. 

    Mais il y en a d’autres. Relevons tout d’abord que l’ensemble des sketchs est de bonne facture quand bien même ceux qui ont trait au sexisme (harcèlement, langage inclusif, 50 ans du vote des femmes) ne sont pas vraiment aboutis. La mise en scène, des décors ingénieux, les chorégraphies, les costumes et une distribution de grande qualité sont à la hauteur de ce qu’on peut attendre d’un tel spectacle. 

    Et puis, le rythme est excellent, voilà qui change de certaines éditions précédentes qui traînaient inutilement en longueur. Si cette Revue 2021 est plus sociétal que politique, plusieurs scènes mêlant habilement les deux, nos politiciennes et politiciens sont, comme il se doit, égratignés. A commencer par la toute nouvelle Conseillère d’Etat Fabienne Fischer qui fait une entrée remarquée dans la Revue ! 

    Enfin, on ne saurait conclure cette critique sans parler de Manuela, le personnage bien connu de nettoyeuse espagnole. Elle est le fil rouge de cette Revue pour le plus grand bonheur du public. Portée par sa créatrice au mieux de sa forme, Claude-Inga Barbey chante en plus fort bien, elle est synonyme d’éclats de rire à chacune de ses nombreuses apparitions. Il est même carrément impossible de retenir ses larmes (de rire) dans le sketch « Un bon coup de balai s’impose ! » 

    En résumé, cette Revue 2021 permet de passer une bonne soirée. Par les temps qui courent, il serait dommage de s’en priver !  

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  • Du grand au petit écran : un programme varié

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    IMG_4693.jpgJean-Michel Rouche est un critique littéraire reconnu qui anime une émission télévisuelle consacrée à la littérature. Un jour, il reçoit sur son plateau la veuve d’un auteur totalement inconnu. Le manuscrit de son mari a été découvert par hasard par une jeune éditrice dans une étrange bibliothèque en Bretagne. Publié, il connaît un énorme succès. Mais Jean-Michel Rouche ne croit pas une seule seconde qu’un pizzaïolo breton a pu écrire ce roman. Il décide alors de mener son enquête pour prouver qu’il a raison.

    A mi-chemin entre la comédie et le film policier - on ne parlera pas ici de « thriller » car on ne peut pas dire que l’intrigue mette le spectateur sous tension et il n’y a pas à proprement parler de suspense, mais tout de même un intérêt à connaître la vérité - « Le Mystère Henri Pick » permet de passer un bon moment. 

    Porté par Fabrice Luchini et Camille Cottin qui évoluent tous les deux dans le registre d’une sobriété bienvenue, ce n’est en effet pas leur marque de fabrique, le film est divertissant et les rebondissements, bien que légers, permettent de garder le spectateur en éveil du début à la fin, même si le tout manque un peu de folie.

    Inédit. 3 étoiles. « Le Mystère Henri Pick ». RTS 1, lundi 11 octobre, 20h45.

    IMG_4694.jpgNeïla Salah a grandi dans la banlieue et aimerait devenir avocate. Inscrite dans une université parisienne réputée, elle va être confrontée dès le premier jour à Pierre Mazard, professeur de droit cynique et coutumier de provocations et dérapages plus que limites. Sous la menace d’un renvoi de l’université, il va alors, pour tenter de se racheter une conduite, prendre sous son aile, à son cœur défendant, Neïla pour la préparer au concours d’éloquence.

    « Le Brio » s’appuie sur un schéma cinématographique bien connu, à savoir la confrontation entre deux personnages que tout oppose, mais qui vont petit à petit s’apprivoiser avec des hauts et des bas. En cela, il n’est pas très original et le scénario n’évite pas toujours l’écueil de la facilité et de certains clichés, comme par exemple avec la scène finale décevante. 

    Mais ce défaut n’est de loin pas rédhibitoire, car les dialogues sont très bien écrits, ce qui est quand même mieux pour un film qui parle de l’art de la rhétorique. Ils sont également fort bien interprétés par Daniel Auteuil, au mieux de sa forme dans un rôle de professeur qu’on adore détester, et par Camélia Jordana, plus connue jusqu’ici en tant que chanteuse, qui lui donne la réplique à la fois avec de l’aplomb, mais aussi avec une grande finesse. La mise en scène, plutôt inventive pour éviter au spectateur de se lasser de ces joutes verbales, et de l’émotion bien dosée font de « Le Brio » un film tout à fait recommandable. 

    4 étoiles. « Le Brio ».  France 2, dimanche 10 octobre, 21h05.

    La planète des singes.jpgDans le volet final de cette trilogie débutée en 2011, César, leur très charismatique chef, doit défendre les Singes contre une armée humaine prête à tout, y compris à sacrifier les siens, pour les exterminer. De l’issue de cet affrontement dépendra non seulement la survie de chaque espèce, mais aussi l’avenir de la planète. « La Planète des Singes – Suprématie » est un film sombre. Il donne une large place aux démons intérieurs qui agitent non seulement César, qui tente toujours de faire la part des choses entre le bien et le mal malgré le drame personnel qu’il endure au début du film, mais aussi le Colonel à la personnalité bien plus complexe qu’il en a l’air. 

    Cette approche psychologique intéressante, déjà bien présente dans l’épisode précédent, a pourtant son revers de la médaille : elle ralentit par moment trop l’action. En effet, si le début du film est très réussi, son milieu connaît un sacré coup de mou. Heureusement, la dernière partie est un bon équilibre entre psychologie et action. Dommage donc que « La Planète des Singes – Suprématie » pêche par sa longueur (2h20) et quelques invraisemblances scénaristiques, car autrement c’est un film de qualité : les effets spéciaux sont toujours aussi bluffants – les singes sont plus…humains que jamais avec un jeu du regard des acteurs formidable, mention particulière à Andy Serkis dans le rôle de César – les décors, la photographie, la bande-son et bien évidemment la mise en scène sont remarquables.

    3 étoiles. « La Planète des Singes – Suprématie ». C8, lundi 11 octobre, 21h20.

    Nous finirons ensemble.jpgDéprimé, Max tente de se ressourcer dans sa maison au bord de mer avec sa nouvelle compagne. Sa bande d’amis, qu’il n’a pas vu depuis plus de trois ans, débarque pour lui faire une surprise à l’occasion de son soixantième anniversaire. Et le moins que l’on puisse écrire est que l’accueil est glacial. 

    Le ton est plus grave dans cette suite des « Petits mouchoirs ». Guillaume Canet a voulu que « Nous finirons ensemble » soit plus cynique. Le réalisateur fait un état des lieux plutôt morose, une partie des potes de la bande ayant perdu leurs illusions. Mais ce n’est pas pour autant que le film est déprimant. 

    En effet, on rit souvent, mais un peu plus jaune, et on est touché par « ces personnages imparfaits, enfermés dans leur problème », selon la définition de Guillaume Canet, qui vont malgré tout essayer de surmonter tous ensemble les blessures du passé. Evidemment, c’est sans doute plus facile de le faire dans un endroit idyllique et quand l’argent n’est pas un problème aussi important qu’il en a l’air, faiblesse certaine d’un scénario qui évacue un peu facilement cette problématique.

    En résumé, on retrouve dans cette suite une bonne partie des ingrédients, plutôt intelligemment recyclés, qui ont fait le succès des « Petits mouchoirs ». Certes, tout n’est pas parfait, notamment l’apparition du personnage joué par José Garcia qui n’apporte pas grand-chose à l’histoire et une fin un peu trop facile, mais il n’en demeure pas moins que l’on passe un bon moment. 

    3 étoiles. « Nous finirons ensemble ». M6, mardi 12 octobre, 21h05.

    Hippocrate.jpgComme son titre l’indique, il est question de médecine dans ce film et plus particulièrement du premier stage comme interne de Benjamin Barois (Vincent Lacoste convaincant à l’image de toute la distribution du film avec une mention spéciale pour Reda Kateb) dans le service de son père. Face à la dure réalité de la vie hospitalière, Benjamin va se trouver rapidement confronté à ses limites, à ses craintes, mais également à celles de ses patients, de leur famille et de ses collègues écrasés par de lourdes responsabilités que le manque de moyens ne fait qu’exacerber.

    On est loin d’« Urgences » (avec tout de même un petit clin d’œil au générique de la célèbre série médicale américaine), de « Grey’s anatomy » ou encore de « Docteur House », que le personnel regarde à la TV, dans « Hippocrate ». La réalité est décrite sans fioritures et c’est une véritable immersion dans le monde hospitalier auquel a le droit le spectateur pour le meilleur, le soulagement de la vieille dame dans sa douleur par exemple, et pour le pire, la couverture d’une erreur médicale due à un matériel défectueux, autre exemple. 

    Certes, le film n’est pas parfait, tout particulièrement dans sa dernière partie où les rebondissements s’enchainent de manière cette fois peu réalistes, mais cela ne doit pas gâcher l’envie de le voir.

    3 étoiles. « Hippocrate ». ARTE, mercredi 13 octobre, 20h55.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Soutien individuel aux locataires en raison de la crise COVID-19

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    Mon intervention du 8 octobre au Grand Conseil genevois sur le soutien individuel aux locataires risquant la résiliation de leur bail en raison des effets de la crise du COVID-19 sur leurs revenus.

    C8F373A6-958B-44C8-A765-2E7F542DFAC9.jpegMesdames les députées, 
    Messieurs les députés,

    Le projet de loi 12889 (1) a été co-signé par sept Vertes et Verts démontrant que le soutien individuel aux locataires risquant la résiliation de leur bail en raison des effets de la crise du COVID-19 sur leurs revenus était une préoccupation importante pour le groupe écologiste. 
    Toutefois, à la fin des travaux de commission, ses deux commissaires ont refusé le projet de loi sans aucun état d’âme, tant il avait été dénaturé par la droite. 
    Et pourtant, la gauche qui, rappelons-le, ne détient que six sièges sur quinze en commission, a fait preuve d’ouverture dès le début de l’examen de ce projet de loi pour que ce dernier ne soit pas, comme c’est trop souvent le cas à la commission des affaires sociales, balayé par la majorité. 

    C’est ainsi que pour tenter de trouver une majorité, elle a tendu la main au MCG pour que, je résume, cette aide ne soit pas une source de surendettement pour les bénéficiaires et que ces derniers aient leur domicile sur le territoire et la République de Genève. Principes auxquels la gauche aurait sans doute pu se rallier si la machine parlementaire ne s’était pas emballée avec une pluie d’amendements, merci le PLR, visant à vider de toutes substances le projet de loi jusqu’à le rendre inacceptable pour tout le monde après huit séances de commission, comme Mme Haller l’a démontré de manière magistrale dans son rapport. 

    Mais pour les locataires qui auraient eu besoin d’un soutien individuel pour éviter la résiliation de leur bail tout n’est pas perdu : grâce à l’initiative du PLR et de la majorité de droite qui l’a soutenu lors de la session du mois de juillet, ils n’auront plus de toit mais pourront participer à une fête « post Covid ». 

    Elle n’est pas belle la vie ? 

    Compte tenu de ce qui précède, vous aurez compris que la députation verte entrera en matière sur le projet de loi tel qu’il avait été déposé.

    P.S. Le projet de loi a été refusé par 49 voix (UDC, MCG, PLR, PDC) contre 37 (EAG, PS, Verts).

    (1) https://ge.ch/grandconseil/data/texte/PL12889A.pdf

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  • « Mourir peut attendre » : une sortie réussie pour Daniel Craig

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    Mourir peut attendre.jpgJ’avais 12 ans quand j’ai vu mon premier James Bond, « L’espion qui m’aimait » avec Roger Moore, au cinéma. C’était au Plaza. C’était la première fois que je voyais un film en version originale sous-titrée, à ma plus grande surprise puisque ce n’était pas volontaire. J’en garde, 44 ans plus tard, encore un souvenir lumineux : voir son premier James Bond en anglais dans cette salle magique avec son écran gigantesque, ça ne s’oublie pas ! 

    Depuis lors, j’ai vu tous les James Bond sur grand écran. Alors, après les nombreux reports de « Mourir peut attendre », je ne voulais pas…attendre un jour de plus pour découvrir les nouvelles aventures du plus célèbre agent secret de tous les temps. Et ce malgré le fait que j’avais plutôt été déçu de l’opus précédent « Spectre », qui faisait suite à l’excellent « Skyfall ». 

    Après une entrée en matière sous forme de flashback, qui vous plonge immédiatement dans le film, suivie d’une chasse à l’homme comme il se doit spectaculaire, le générique, qui fait aussi partie de la marque James Bond, offre une première respiration après ce début sur les chapeaux de roue. La demi-heure qui suit sert à mettre en place l’intrigue qui brouille les pistes et, à vrai dire, un peu le spectateur. 

    Mais tout revient dans l’ordre quand on a compris que 007, qui est parti à la retraite, accepte de reprendre du service pour sauver un scientifique qui vient d’être kidnappé. Mais bien évidemment, la mission s’avère bien plus complexe et dangereuse que prévue. James Bond se retrouve à poursuivre le méchant de l’histoire qui détient une arme technologique capable de tuer en se basant sur l’ADN.

    A la lecture du synopsis, pas de doute, les standards d’un James Bond sont respectés. Certes, mais ce vingt-cinquième épisode est plus intimiste, plus noir aussi, dans la lignée de « Skyfall ». Les James Bond girls, à une exception près, sont absentes et la relation de 007 avec Madeleine est au cœur de l’histoire. Les personnages secondaires habituels, M, Q, Monneypenny, sont plus en vue, ce qui renforce ce côté intimiste. L’action est au service du film, bien dosée et plutôt réaliste. On n’oubliera pas de mentionner des pointes d’humour « so british » qui font mouche et bien sûr la musique toujours très attendue dans un James Bond.

    Quant à la fin, après 2h45 que l’on ne voit pas passer, et sans rien dévoiler pour ne pas gâcher le suspense, elle offre une sortie réussie à Daniel Craig qui incarne pour la dernière fois 007. En conclusion, ça valait la peine de ne pas attendre un jour de plus pour découvrir cet opus de très bonne facture ! (4 étoiles)  

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Il était temps!

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    Enfin ! Rare pays d’Europe occidentale à ne pas avoir encore institué le mariage civil pour toutes et tous, la Suisse a franchi le pas. Et avec la manière puisque c’est le peuple, à une large majorité et à l’unanimité des cantons, qui a donné son feu vert. 

    Cette victoire claire et nette démontre que la campagne aux relents homophobes et nauséabonds des référendaires, qui n’ont pas hésité à détourner de manière choquante des images d’enfants pour tenter d’arriver à leurs fins, n’a pas convaincu au-delà du cercle habituel de celles et ceux qui défendent une société bien plus proche du 19ème siècle que du 21ème !

    Ce 26 septembre 2021 est donc à marquer d’une pierre blanche, ou plutôt arc-en-ciel, dans l’avancée pour l’égalité des droits pour toutes et tous dans notre pays. Les couples de même sexe pourront bénéficier des mêmes droits (naturalisation facilitée, accès à la procréation assistée (PMA), adoption) que les couples hétérosexuels. Ni plus. Ni moins. Et sans oublier que des milliers d'enfants qui vivent déjà dans des familles homoparentales seront mieux protégés, ce qui représente un véritable soulagement pour les parents concernés.

    Ainsi, des centaines de milliers de personnes habitant en Suisse ne seront plus dès l’entrée en vigueur de la loi, que l’on espère la plus rapide possible, des citoyennes et citoyens de seconde zone. Il était temps !

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