Air du temps

  • Sept c’est assez, dix c’est trop ?

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    IMG_1991.jpgEn cas de « contact à haut risque » avec une personne infectée par la COVID-19, les personnes concernées sont en principe mises en quarantaine pour dix jours. En principe, car il y a des exceptions.

    C’est ainsi que les HUG s’appuient dorénavant sur une dérogation fédérale, qui permet d’alléger la quarantaine pour les personnes asymptomatiques revenant d’un pays classé en zone rouge ou ayant côtoyé un.e malade si leur activité est considérée comme essentielle au bon fonctionnement de l’Etat, pour éviter à leurs collaboratrices et collaborateurs la case « quarantaine ».

    Outre le fait qu’il est difficile d’estimer qui est essentiel ou non au bon fonctionnement de l’Etat, cette dérogation crée une confusion supplémentaire dans les esprits concernant les mesures prises pour lutter contre le virus et donne la désagréable impression que ces dernières sont à géométrie variable.

    En effet, ladite dérogation crée une inégalité de traitement entre les habitantes et les habitants du canton qui ne comprennent plus rien. Entre une quarantaine de dix jours et une autre à zéro, on pourrait pourtant imaginer un moyen terme qui serait à même d’apporter une certaine sérénité sur cette question : passer à une quarantaine de sept jours au lieu de dix.

    Le Conseiller d’Etat en charge de la santé, Mauro Poggia, se montre d’ailleurs en faveur de cette solution. Il a déclaré dans la Tribune de Genève du 29 septembre à propos d’une quarantaine ramenée à sept jours que « des éléments médicaux résultant de l’observation de ces derniers mois nous permettent de considérer que le risque de voir une positivité apparaître après sept jours pour les personnes en quarantaine après un contact étroit est réduit à 0.5%. C’est un risque que l’on doit pouvoir prendre socialement. » A noter que la France et la Belgique ont décidé récemment de ramener la quarantaine à sept jours en se basant sur l’expertise des scientifiques et que la task force fédérale COVID-19 en discute actuellement.

    Dès lors, la question se pose pour nos autorités d’envisager sérieusement de ramener le délai de quarantaine de dix à sept jours.

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  • Il s’en est fallu de si peu…

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    IMG_1975.jpgUn dimanche de votations presque parfait ! Et il faut le souligner, c’est plutôt rare ! En ce dimanche hivernal, la Suisse a fait preuve d’ouverture, montrer sa capacité à évoluer sur le plan sociétal, refuser de tomber dans le piège du loup et de l’arnaque fiscale. Il n’a manqué que 8670 voix pour que ce dimanche de votations soit totalement parfait. 8670 voix qui donnent un chèque en blanc de 6 milliards pour la sécurité aérienne du ciel helvétique, puisqu’on ne connaît ni le nombre d’avions, ni le type et encore moins le nom du constructeur et son pays d’origine. Il aura fallu ce manque de transparence de la part du Conseil fédéral pour lui éviter un nouveau camouflet après le vote sur l’achat des Gripen en 2014.

    Le Conseil fédéral a donc obtenu de justesse du peuple suisse de lui faire confiance sans répondre aux questions liées aux frais d’exploitation et d’entretien des avions, à leur utilité ou encore à leur empreinte écologique (les forces aériennes suisses utilisent entre 40 et 45 millions de litres de carburant par année, les émissions de CO2 d’un F/A 18 s’élèvent à 12200 kg par heure de vol, à titre de comparaison un voyage en train Zürich-Paris émet 16kg de CO2 par personne).

    En démocratie, une voix d’écart suffit pour faire une majorité. Dont acte. Mais cette victoire « limite » rappelle à bon escient que l’armée n’est plus la vache sacrée qu’elle était. La majorité de droite du Parlement, qui soit dit en passant s’est ramassée une belle claque sur les déductions fiscales pour enfants en chargeant le bateau, devrait s’en rappeler avant de voter des budgets pharaoniques pour notre défense alors que la priorité aujourd’hui est d’investir dans la transition écologique et la justice sociale !

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  • COVID-19 : où est la cohérence ?

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    IMG_1924.jpgLa situation dans laquelle se trouve notre pays, avec cette crise sanitaire qui n’en finit pas, est compliquée à gérer pour nos autorités. Entre intérêts économiques et préoccupations sanitaires, le pilotage à vue semble de mise. L’inscription cette semaine sur la liste rouge de certaines régions de France, et pas du pays dans son ensemble, en est une preuve évidente.

    Mais ce n’est qu’un exemple parmi d’autres de l’incohérence qui règne actuellement en matière de mesures liées au COVID-19. Ainsi, passer ses vacances dans le canton de Vaud (151 cas par 100 000 habitants, record suisse) ne coïncide pas avec quarantaine à son retour. Par contre, se rendre à Paris, où l’incidence est pratiquement la même (144 cas par 100 000 habitants), signifie devoir rester dix jours en quarantaine à son retour.

    Et puis, en vivant dans le canton de Genève, où l’incidence est de 117 cas par 100 000 habitants soit deux fois plus que la norme acceptable par la Confédération pour ne pas être mis en quarantaine à son retour d’un pays sur liste rouge, tout va bien. Toutefois, si on suivait la logique jusqu’au bout, toute la population genevoise devrait être mise en quarantaine pendant dix jours…On comprend bien les raisons pour lesquelles ce scénario n’est pas envisageable d’un point de vue économique. Et ce d’autant plus que nos autorités n’arrêtent pas de répéter qu’en gardant ses distances, en portant un masque et en se lavant les mains régulièrement, il y a peu de risques d'attraper le virus.

    Mais alors pour quelle raison mettre en quarantaine d’office les personnes qui reviennent de pays sur liste rouge alors que plusieurs cantons de Suisse devraient l'être également (Vaud, Fribourg, Genève et Zürich) ? Ne suffirait-il pas qu’elles gardent leurs distances, qu’elles portent le masque et se lavent les mains régulièrement ?  Il est difficile de trouver de la cohérence dans toutes ces mesures. Et il ne faut dès lors pas s’étonner que la population se pose de plus en plus de questions à son sujet.

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  • NON à un vote la tête dans le sac!

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    Un chèque en blanc de 6 milliards, voilà la proposition soumise par le Conseil fédéral en votation le 27 septembre pour la sécurité aérienne du ciel helvétique. On ne connaît ni le nombre d’avions, ni le type et encore moins le nom du constructeur et son pays d’origine. Rappelons qu’en 2014, la population avait refusé l’achat de 22 avions de type Gripen pour la moitié de cette somme !

    Le Conseil fédéral demande donc au peuple suisse de lui faire confiance, de voter la tête dans le sac et sans répondre à des questions, liste non exhaustive, pourtant essentielles :

    Quid des frais d’exploitation, d’entretien et de la modernisation des avions, qui s’ajouteraient à leur achat, et qui se monteraient au bout du compte à 24 milliards de francs ?

    Quid de l’utilité de ces avions alors qu’on pourrait prolonger l’engagement des F/A-18 jusqu’en 2035 et par la suite investir dans des avions légers bien moins chers que les modèles proposés ?

    Quid de la crise sanitaire que nous vivons et qui devraient redéfinir les priorités en termes de dépenses publiques ?

    Quid de la transition écologique (les forces aériennes suisses utilisent entre 40 et 45 millions de litres de carburant par année, les émissions de CO2 d’un F/A 18 s’élèvent à 12200 kg par heure de vol, à titre de comparaison un voyage en train Zürich-Paris émet 16kg de CO2 par personne) et des efforts qui sont demandés à toute la population pour la réussir si l’on veut encore pouvoir à l’avenir respirer correctement ?

    Trop de questions sans réponses ne peuvent logiquement que déboucher sur un refus d’acheter les yeux bandés ces nouveaux avions de combat !

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  • Patienter, encore et toujours

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    Grande déception mardi dernier en apprenant que la Commission des affaires juridiques du Conseil des États reportait la décision sur le mariage civil pour toutes et tous suite à la décision de sa majorité de procéder à des auditions. Certes, c’est son droit.

    Mais quand on sait que l’initiative parlementaire date de 2013, que la Commission des affaires juridiques du Conseil national a dès lors eu tout le temps, c’est un euphémisme, de se pencher dans le détail sur le sujet et que le Conseil national a voté en juin dernier de manière claire et nette en faveur d’un mariage égalitaire par 132 voix contre 52 et 13 abstentions, on ne peut s’empêcher de penser que la Commission fait de la résistance.

    Les plus optimistes penseront que cet énième report, le vote final au Conseil des Etats devrait intervenir en décembre alors que sans ces demandes d’audition il aurait eu lieu en septembre, permettra de « bétonner » la position du Conseil des Etats.

    Ce dernier se ralliera alors à un mariage égalitaire avec l’ouverture du don de sperme aux couples de femmes et la filiation automatique envers les parents d’un couple de même sexe dès la naissance de l’enfant. Peut-être. Mais en attendant, les partisans de l’égalité des droits pour toutes et tous devront patienter. Encore et toujours.

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