Former, un investissement pour l'avenir (03/07/2013)

Un des arguments « massue » pour voter en faveur de la nouvelle Constitution était qu’elle contenait l’obligation de formation jusqu’à 18 ans. Alors que le canton avait jusqu’en 2017 pour mettre sur pied cette réforme, il l’a déjà engagée pour la prochaine rentrée scolaire, comme cela était annoncé dans l’édition du printemps de « Les clés pour l’école » et a été confirmé hier sur les ondes de la RTS. Des centaines de jeunes, leurs parents et celles et ceux qui ont soutenu la nouvelle Constitution lui sauront gré.

C’est ainsi qu’un mineur ne pourra plus quitter sa formation en cours d'année sans un autre projet concret. Actuellement, ce sont 400 à 500 mineurs qui décrochent au cours de l’année scolaire. Afin de remédier à ce problème, le DIP envisage deux options : mieux accompagner les jeunes dans leur classe ou leur offrir une nouvelle procédure de formation dans un lieu adapté.

A ce propos, la question de prévoir deux rentrées scolaires a été soulevée. Je suis personnellement très favorable à cette idée et à ce qu’elle soit étudiée sérieusement. Des alternatives telles qu’un stage de langue à l'étranger, un stage prolongé dans une entreprise ou encore un apprentissage commencé en cours d'année sont également possibles. L’important étant qu’il n’y ait plus aucun jeune de moins de 18 ans hors du système de formation.

Pour les élèves en grandes difficultés scolaires, sociales ou psychiques, une centaine par année, le DIP mettra en place dès janvier 2014 une nouvelle structure qui permettra d’accueillir, pour quelques semaines ou quelques mois, des jeunes gens fragilisés dans leur formation et dans leur vie pour leur offrir un accompagnement personnalisé.

Enfin, les acquis de formation seront mieux reconnus. Ainsi, par exemple, un élève qui passerait deux ans au collège, mais qui n'aurait pas le niveau pour poursuivre dans cette filière pourra en intégrer une autre sans repartir de zéro.

Et pour finir, la question que tout le monde va se poser : combien ?

D’après M. Rudaz, directeur de l'enseignement post-obligatoire, des redistributions de moyens à l'intérieur du DIP pourraient compenser en partie les charges dues à ces mesures, quand bien même des prévisions budgétaires précises n’ont pas encore été établies. Pour le syndicat des enseignants du secondaire, 100 à 150 postes en plus seront nécessaires.

Au moment où la question budgétaire sera soulevée, les politiques devront bien avoir en tête que laisser des jeunes hors du système de formation peut coûter très cher par la suite à la société. Dépenser de l’argent pour la formation, c’est investir pour l’avenir.

Et ça n’a pas de prix.

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