Traversée du lac: un premier crédit qui sera le dernier? (28/07/2017)

Le premier crédit pour la traversée du lac a donc été déposé par le Conseil d'Etat: 6,3 millions en guise d'amuse-bouche pour savoir si les Chambres fédérales autoriseront un péage sur cet ouvrage routier.

Sage décision ou enfumage de première classe pour faire avaler la pilule par doses homéopathiques quand on sait que le crédit d'étude d'avant-projet coûtera 25 millions et que le crédit d'étude suivant se montera à quatre fois plus, soit déjà 125 millions de dépensés avant un hypothétique premier coup de pioche? 

Difficile de répondre à cette question avec certitude, car si d'un côté une somme de 6,3 millions diminue les risques de référendum par rapport à 25 millions, d'un autre côté proposer un crédit de plusieurs millions juste pour connaître l'avis de Berne sur la mise en place d'un péage risque d'apparaître comme une (mauvaise) plaisanterie et de mal passer.

Comment peut-on en effet déposer devant le Grand Conseil un projet de loi tel que celui-ci alors que l'Etat répète en boucle qu'il n'a pas ces mêmes millions pour augmenter la subvention aux TPG qui en ont bien besoin pour simplement maintenir l'offre actuelle? Difficilement compréhensible. 

Alors certes, le peuple a voté l'inscription du principe de la traversée du lac dans la Constitution. Le Conseil d'Etat met par conséquent (timidement) à exécution cette volonté en déposant ce crédit qui s'apparente plutôt à un gag. Le gouvernement voudrait faire prendre conscience aux Genevois que ce n'est pas le moment de se lancer dans ces folles dépenses, à moins qu'ils en paient deux fois le prix par leurs impôts et le péage, qu'il n'agirait pas autrement.

De là à penser qu'il ne serait pas mécontent, en cas de vote positif du Grand Conseil, qu'un référendum lancé contre ce premier crédit, qui pourrait ainsi être aussi le dernier, il n'y a qu'un pas qu'on serait bien tenté de franchir...

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