Bon sang, encore raté ! (29/11/2017)

Depuis le 1er juillet, et à condition toutefois qu’ils n’aient pas eu de relations sexuelles au cours des…douze derniers mois, les hommes ayant des relations avec des hommes peuvent donner leur sang.

Mais ce qui peut apparaître de prime abord comme un progrès, ne l’est en fait pas. En effet, pourquoi faire une différence avec les hétérosexuels à qui il « suffit » d’avoir été fidèles au cours des quatre derniers mois pour donner leur sang ? C’est d’autant plus discriminatoire que sur les 550 infections annuelles au VIH, la moitié (53% très exactement en 2015) concerne les hétérosexuels.

Cette décision avait, heureusement, déplu bien au-delà des personnes concernées. C’est ainsi que le 2 mai dernier le Conseil national avait voté à une courte majorité de 97 voix contre 89 une motion de Rosmarie Quadranti (PBD) demandant de supprimer toutes les restrictions frappant les homosexuels dans le don du sang.

Ce vote devait être encore confirmé par celui du Conseil des Etats. Hélas, ce dernier ne l’a pas fait puisque mardi 22 élu.e.s s’y sont opposé.e.s emportant ainsi la majorité. Pink Cross, Fédération suisse des gays, a réagi dans un communiqué de presse en rappelant que par son vote « le Conseil des États a choisi d’ignorer de nombreuses recommandations d’institutions du domaine de la santé, telle que l’organisation de Transfusion de la CRS, et de la Cour de justice de l’Union européenne, qui soutiennent que le critère d’exclusion doit se baser sur les comportements à risque et non pas sur l’orientation sexuelle. »

C’est la raison pour laquelle l’association demande au Conseil fédéral d’assumer ses responsabilités et que la question sur l’orientation sexuelle soit immédiatement éliminée du questionnaire que les donneurs doivent remplir. Et d’ajouter que celui-ci « contient de toute façon une question sur le comportement à risque d’infection par le VIH et, à chaque don, le sang est analysé pour dépister différentes maladies, y compris le VIH. La sécurité est donc toujours garantie. »  

Le Conseil des Etats a manqué une belle occasion de mettre fin à une discrimination, mais aussi d’augmenter le nombre de donneurs qui sont insuffisants, en fermant la porte à une procédure en matière de don du sang qui devrait se baser non pas sur l’orientation sexuelle, mais sur le comportement de chacune et chacun au nom de l’égalité des droits pour toutes et tous. Bon sang, encore raté !

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