Du grand au petit écran : « L’Empereur de Paris » et « Marguerite » (15/11/2020)

IMG_2175.jpgD’après le réalisateur Jean-François Richet, « L’Empereur de Paris » est l’histoire d’un homme qui dit non au déterminisme social. Il est confronté à une situation où nécessité fait loi et très vite se pose la question du prix à payer.

Voilà qui résume fort bien en deux phrases le sort de François Vidocq qui sous le règne de Napoléon est le seul homme à s’être échappé des plus grands bagnes du pays. Laissé pour mort après sa dernière évasion en compagnie d’un autre condamné, Vidocq tente de se faire oublier en menant une existence de commerçant ambulant. Mais il n’est pas si simple de disparaître quand on est une légende des bas-fonds parisiens. Le passé ne va pas tarder à ressurgir et contraindre Vidocq, pour obtenir sa lettre de grâce, à collaborer avec la police.

Polar historique qui se déroule dans un Paris napoléonien très bien reconstitué, les costumes et les décors sont superbes, « L’Empereur de Paris » ne manque pas d’action. Trop à vrai dire. Les moments de répit sont en effet rares et les actes de violence se succèdent les uns après les autres sans que leur justification saute aux yeux. Il est fort dommage que le film ne s’intéresse pas aux méthodes de Vidocq qui ont permis toutes ces arrestations. Cela aurait permis de donner plus d’étoffe à un personnage par trop réduit à son côté « bestial » et dont on se désintéresse petit à petit par la faute d’une intrigue manquant de consistance.

Inédit. 2 étoiles. « L’Empereur de Paris ». RTS 1, lundi 16 novembre, 20h45.

IMG_2176.jpgParis, 1920. Marguerite Dumont se produit régulièrement devant un cercle d’habitués de la haute bourgeoisie pour donner des récitals. Elle chante tragiquement faux, mais personne n’a jamais osé le lui dire, et surtout pas son mari qui n’en peut plus. Tout cela ne serait pas si grave si un jour Marguerite, flattée par deux jeunes qui la manipulent, ne se mettait pas en tête de se produire devant un vrai public où la vérité pourrait bien alors lui sauter à la...gorge.

Le film se déroule en cinq actes et commence sous des airs de comédie et d’opéra (entendre chanter faux le fameux air de la Reine de la nuit de « La flûte enchantée » est drôle, mais tout de même éprouvant pour les oreilles) avec la découverte du personnage hors du commun qu’est Marguerite Dumont. Mais au fur et à mesure que l’action évolue, le rire laisse la place à l’émotion et le spectateur s’attache de plus en plus au personnage de Marguerite.

« Marguerite » est un film soigné avec une superbe lumière. Les costumes et les décors sont somptueux. La distribution est excellente, sans doute tirée par le haut par une Catherine Frot, César 2016 de la meilleure actrice pour ce rôle, merveilleusement émouvante en Marguerite. Librement inspirée de l’histoire de l’américaine Florence Foster Jenkins, « Marguerite » est à l’image de la fleur qui porte son nom : on l’aime d’abord un peu, puis beaucoup et enfin passionnément.

4 étoiles. « Marguerite ». France 3, vendredi 20 novembre, 23h25.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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