Du grand au petit écran : Freddie Mercury, un Bonhomme et une Madame (22/08/2021)

IMG_4025.jpg« Bohemian Rhapsody » est un film très sage dans sa mise en scène, à l’exact opposé de celui sur lequel il se centre principalement. Il raconte en quelques épisodes et de manière très linéaire la vie du groupe et de son leader de ses débuts en 1970 jusqu’à sa performance lors du Live Aid de juillet 1985 à Wembley. L’accent est particulièrement mis sur Freddie Mercury, ses excès, ses errances, ses questionnements, notamment sur son orientation sexuelle, mais aussi ses traits de génie, sa générosité et sa recherche de l’amitié et de l’amour. Rami Malek est un Freddie Mercury plus vrai que nature et sa performance est bluffante.

Ce parti pris n’empêche toutefois pas le film de s’intéresser également aux relations au sein du groupe et c’est heureux, car les moments mettant en scène les quatre musiciens sont les plus réussis. On n’en dira pas autant de ceux qui se focalisent sur le chanteur qui frisent parfois le mélo et ont tendance à se répéter. L’ennui guette. Mais grâce à la musique, qui occupe la place attendue dans le film, ces lourdeurs s’effacent rapidement pour laisser la place à des chansons connues par tout le monde, ou presque. Les vingt dernières minutes mettent une pêche d’enfer. 

En résumé, si « Bohemian Rhapsody » est plutôt décevant dans sa partie intimiste, l’hommage à la musique de Queen est réussi. Largement suffisant pour passer un bon moment et donner envie de réécouter illico presto les classiques du groupe.

Inédit. 3 étoiles. « Bohemian Rhapsody ». RTS 1, lundi 23 août, 20h45.

IMG_4026.jpgLa vie de Piotr et Marylin, jeune couple qui vit dans la banlieue lilloise, va être bouleversée suite à un accident de voiture qui occasionne un grave traumatisme crânien à Piotr. S’il n’a aucune séquelle physique, il n’a par contre plus toute sa tête et fait de plus preuve d’une hypersexualité difficilement gérable et fort embarrassante suivant les moments où elle s’exprime. L’amour que Marylin porte à Piotr sera-t-il suffisant pour que le couple surmonte les nombreux obstacles qui se dressent devant lui ?
Tour à tour drôle, tendre, touchant, questionnant, embarrassant voire dérangeant (les scènes de sexe sont sans filtre) et émouvant, « Bonhomme » ne laisse pas indifférent. Le film est porté par un duo d’acteurs remarquable : Nicolas Duvauchelle et Ana Girardot rendent cette relation pourtant improbable tout à fait crédible. 

Certes, tout n’est pas parfait dans « Bonhomme », à commencer par un scénario qui fait trop souvent appel aux mêmes ressorts. L’hypersexualité de Piotr finit par lasser, même si paradoxalement elle a des conséquences auxquelles on ne s’attend pas forcément, et les problèmes de Marylin avec son employeur sont répétitifs. Mais ces défauts n’empêchent pas le film de dégager une incroyable vitalité et un optimisme à toute épreuve qui font le plus grand bien.

Inédit. 3 étoiles. « Bonhomme ». France 3, lundi 23 août, 22h50.

Madame.jpgMadame, c’est Caroline, la grand-mère du réalisateur Stéphane Riethauser. Ils engagent un dialogue cinématographique intergénérationnel très intime sur les thèmes du genre, de la sexualité et de la transmission de l’identité. Grâce à des images d’archives familiales de qualité tournées par Stéphane Riethauser lui-même, qui voulait à la base « simplement » garder des souvenirs de sa grand-mère avant son décès, et par son père qui aurait voulu être cinéaste, « Madame » est bien plus qu’un documentaire. C’est une véritable œuvre cinématographique. 

Comment autrement expliquer le fait que le spectateur est captivé dès la première minute et jusqu’à la dernière par cette histoire d’une grand-mère qui s’est battue toute sa vie durant contre le patriarcat et de son petit-fils qui s’est également battu pour s’accepter en tant qu’homosexuel dans un milieu tout aussi hostile que celui dans lequel sa grand-mère évoluait ? 

Ces deux récits de vie aux croisements multiples sont remarquablement mis en scène grâce à un montage qui mérite toutes les louanges : il permet de tenir en haleine le public alors que les films et les photos de famille des autres lassent en principe très vite leur auditoire, comme le relevait Stéphane Riethauser dans une interview. Et s’il n’en est rien, c’est parce que le film parle à chacune et chacun d’entre nous d’une façon ou d’une autre et qu’il arrive à produire ce qui est la marque d’un grand film : de l’émotion.

5 étoiles. « Madame », RTS 2, lundi 23 août, 23h05.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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