Un « Rouge » qui fait tache (24/08/2021)

Rouge.jpgLe réalisateur Farid Bentoumi a pris comme point de départ un fait réel, à savoir une usine qui rejette ses déchets toxiques dans la Méditerranée. Le gouvernement et la préfecture demandent depuis des années aux propriétaires d’arrêter cette pollution, sans aucun effet. Il faut préciser que cette usine employant 500 personnes, ce qui n’est pas rien dans une région marquée par le chômage, on devine que les autorités ne font pas preuve d’une grande fermeté… 

Farid Bentoumi a souhaité que son film se déroule dans un lieu naturel, en l’occurrence la montagne, afin que le rouge symbolisant, notamment, la salissure, le sang et la blessure fasse tache, comme la pollution. L’héroïne du film porte à plusieurs reprises des habits rouges.

Nour est infirmière. Grâce au soutien de son père, elle vient d’être embauchée comme infirmière dans l’usine où il travaille depuis trente ans. C’est un pivot de l’entreprise, il est délégué syndical. Alors que l’usine subit un contrôle sanitaire, Nour découvre que les visites de santé du personnel sont pour ainsi dire inexistantes. Dans le même temps, une journaliste mène l’enquête sur la gestion des déchets, mais peine à obtenir des preuves sur la toxicité de ces derniers. Les deux jeunes femmes vont se rapprocher et petit à petit découvrir que cette usine, pilier de l’économie locale, cache bien des secrets. Nour se trouve alors confrontée à un dilemme : se taire ou trahir son père pour faire éclater la vérité. 

La relation père-fille est au cœur du film. Certes, les rebondissements liés à l’enquête tiennent en haleine, tout spécialement dans la seconde partie, mais l’évolution des rapports entre les deux personnages donne tout son intérêt à ce thriller politique, social et écologique. 

Si on peut reprocher au film un certain manque de rythme dans sa première partie et un côté un peu trop didactique dans son déroulement, on ne manquera pas de souligner le côté visuel très réussi, la remarquable interprétation de Zita Hanrot et Sami Bouajila avec une fin à la hauteur de cette relation père-fille très touchante. (3 étoiles) 

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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