Du grand au petit écran : un programme varié (10/10/2021)

IMG_4693.jpgJean-Michel Rouche est un critique littéraire reconnu qui anime une émission télévisuelle consacrée à la littérature. Un jour, il reçoit sur son plateau la veuve d’un auteur totalement inconnu. Le manuscrit de son mari a été découvert par hasard par une jeune éditrice dans une étrange bibliothèque en Bretagne. Publié, il connaît un énorme succès. Mais Jean-Michel Rouche ne croit pas une seule seconde qu’un pizzaïolo breton a pu écrire ce roman. Il décide alors de mener son enquête pour prouver qu’il a raison.

A mi-chemin entre la comédie et le film policier - on ne parlera pas ici de « thriller » car on ne peut pas dire que l’intrigue mette le spectateur sous tension et il n’y a pas à proprement parler de suspense, mais tout de même un intérêt à connaître la vérité - « Le Mystère Henri Pick » permet de passer un bon moment. 

Porté par Fabrice Luchini et Camille Cottin qui évoluent tous les deux dans le registre d’une sobriété bienvenue, ce n’est en effet pas leur marque de fabrique, le film est divertissant et les rebondissements, bien que légers, permettent de garder le spectateur en éveil du début à la fin, même si le tout manque un peu de folie.

Inédit. 3 étoiles. « Le Mystère Henri Pick ». RTS 1, lundi 11 octobre, 20h45.

IMG_4694.jpgNeïla Salah a grandi dans la banlieue et aimerait devenir avocate. Inscrite dans une université parisienne réputée, elle va être confrontée dès le premier jour à Pierre Mazard, professeur de droit cynique et coutumier de provocations et dérapages plus que limites. Sous la menace d’un renvoi de l’université, il va alors, pour tenter de se racheter une conduite, prendre sous son aile, à son cœur défendant, Neïla pour la préparer au concours d’éloquence.

« Le Brio » s’appuie sur un schéma cinématographique bien connu, à savoir la confrontation entre deux personnages que tout oppose, mais qui vont petit à petit s’apprivoiser avec des hauts et des bas. En cela, il n’est pas très original et le scénario n’évite pas toujours l’écueil de la facilité et de certains clichés, comme par exemple avec la scène finale décevante. 

Mais ce défaut n’est de loin pas rédhibitoire, car les dialogues sont très bien écrits, ce qui est quand même mieux pour un film qui parle de l’art de la rhétorique. Ils sont également fort bien interprétés par Daniel Auteuil, au mieux de sa forme dans un rôle de professeur qu’on adore détester, et par Camélia Jordana, plus connue jusqu’ici en tant que chanteuse, qui lui donne la réplique à la fois avec de l’aplomb, mais aussi avec une grande finesse. La mise en scène, plutôt inventive pour éviter au spectateur de se lasser de ces joutes verbales, et de l’émotion bien dosée font de « Le Brio » un film tout à fait recommandable. 

4 étoiles. « Le Brio ».  France 2, dimanche 10 octobre, 21h05.

La planète des singes.jpgDans le volet final de cette trilogie débutée en 2011, César, leur très charismatique chef, doit défendre les Singes contre une armée humaine prête à tout, y compris à sacrifier les siens, pour les exterminer. De l’issue de cet affrontement dépendra non seulement la survie de chaque espèce, mais aussi l’avenir de la planète. « La Planète des Singes – Suprématie » est un film sombre. Il donne une large place aux démons intérieurs qui agitent non seulement César, qui tente toujours de faire la part des choses entre le bien et le mal malgré le drame personnel qu’il endure au début du film, mais aussi le Colonel à la personnalité bien plus complexe qu’il en a l’air. 

Cette approche psychologique intéressante, déjà bien présente dans l’épisode précédent, a pourtant son revers de la médaille : elle ralentit par moment trop l’action. En effet, si le début du film est très réussi, son milieu connaît un sacré coup de mou. Heureusement, la dernière partie est un bon équilibre entre psychologie et action. Dommage donc que « La Planète des Singes – Suprématie » pêche par sa longueur (2h20) et quelques invraisemblances scénaristiques, car autrement c’est un film de qualité : les effets spéciaux sont toujours aussi bluffants – les singes sont plus…humains que jamais avec un jeu du regard des acteurs formidable, mention particulière à Andy Serkis dans le rôle de César – les décors, la photographie, la bande-son et bien évidemment la mise en scène sont remarquables.

3 étoiles. « La Planète des Singes – Suprématie ». C8, lundi 11 octobre, 21h20.

Nous finirons ensemble.jpgDéprimé, Max tente de se ressourcer dans sa maison au bord de mer avec sa nouvelle compagne. Sa bande d’amis, qu’il n’a pas vu depuis plus de trois ans, débarque pour lui faire une surprise à l’occasion de son soixantième anniversaire. Et le moins que l’on puisse écrire est que l’accueil est glacial. 

Le ton est plus grave dans cette suite des « Petits mouchoirs ». Guillaume Canet a voulu que « Nous finirons ensemble » soit plus cynique. Le réalisateur fait un état des lieux plutôt morose, une partie des potes de la bande ayant perdu leurs illusions. Mais ce n’est pas pour autant que le film est déprimant. 

En effet, on rit souvent, mais un peu plus jaune, et on est touché par « ces personnages imparfaits, enfermés dans leur problème », selon la définition de Guillaume Canet, qui vont malgré tout essayer de surmonter tous ensemble les blessures du passé. Evidemment, c’est sans doute plus facile de le faire dans un endroit idyllique et quand l’argent n’est pas un problème aussi important qu’il en a l’air, faiblesse certaine d’un scénario qui évacue un peu facilement cette problématique.

En résumé, on retrouve dans cette suite une bonne partie des ingrédients, plutôt intelligemment recyclés, qui ont fait le succès des « Petits mouchoirs ». Certes, tout n’est pas parfait, notamment l’apparition du personnage joué par José Garcia qui n’apporte pas grand-chose à l’histoire et une fin un peu trop facile, mais il n’en demeure pas moins que l’on passe un bon moment. 

3 étoiles. « Nous finirons ensemble ». M6, mardi 12 octobre, 21h05.

Hippocrate.jpgComme son titre l’indique, il est question de médecine dans ce film et plus particulièrement du premier stage comme interne de Benjamin Barois (Vincent Lacoste convaincant à l’image de toute la distribution du film avec une mention spéciale pour Reda Kateb) dans le service de son père. Face à la dure réalité de la vie hospitalière, Benjamin va se trouver rapidement confronté à ses limites, à ses craintes, mais également à celles de ses patients, de leur famille et de ses collègues écrasés par de lourdes responsabilités que le manque de moyens ne fait qu’exacerber.

On est loin d’« Urgences » (avec tout de même un petit clin d’œil au générique de la célèbre série médicale américaine), de « Grey’s anatomy » ou encore de « Docteur House », que le personnel regarde à la TV, dans « Hippocrate ». La réalité est décrite sans fioritures et c’est une véritable immersion dans le monde hospitalier auquel a le droit le spectateur pour le meilleur, le soulagement de la vieille dame dans sa douleur par exemple, et pour le pire, la couverture d’une erreur médicale due à un matériel défectueux, autre exemple. 

Certes, le film n’est pas parfait, tout particulièrement dans sa dernière partie où les rebondissements s’enchainent de manière cette fois peu réalistes, mais cela ne doit pas gâcher l’envie de le voir.

3 étoiles. « Hippocrate ». ARTE, mercredi 13 octobre, 20h55.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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