• « Scandale » : chronique du sexisme ordinaire (et 11 films à l’affiche)

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    IMG_9920.jpgLe film s’inspire de l’histoire vraie de deux femmes, Gretchen Carlson (Nicole Kidman), l’ancienne co-animatrice d’une influente émission sur Fox News, et Megyn Kelly (Charlize Theron), correspondante vedette sur cette même chaîne de télévision américaine qui est très favorable aux Républicains. La première, après avoir été congédiée en 2016, a attaqué en justice Roger Ailes, le fondateur de Fox News, pour harcèlement sexuel. Son témoignage va être à l’origine du scandale que raconte le film et qui se déroule en juillet 2016 pendant les primaires républicaines. Les provocations sexistes de Donald Trump sont d’ailleurs bien présentes dans « Scandale » et lui donnent encore plus de relief.

    Réalisé comme un vrai faux reportage à l’intérieur de Fox News, cette approche, certes extrêmement dynamique et qui restitue l’effervescence d’une chaine d’infos en continue, donne toutefois le tournis dans la première partie du film. Il faut s’accrocher pour ne pas perdre le fil.

    Mais une fois cette première étape passée, « Scandale » laisse alors toute la place à ses trois excellentes actrices principales et la tension monte inexorablement au fur et à mesure que le voile se découvre sur les agissements à vomir de Roger Ailes (John Lithgow, excellent et méconnaissable grâce à six prothèses, tout comme Nicole Kidman qui porte plusieurs prothèses faciales). C’est efficace, percutant et moqueur envers Roger Ailes et son entourage qui ne comprennent pas ce qui leur arrivent. Mais cela manque toutefois d’émotion, à l’image de ce monde télévisuel où tous les coups sont permis pour se faire une place au soleil. (3 étoiles)

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  • Votation du 9 février : au sujet de la liberté d’expression (4/5)

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    IMG_9249.PNGSi le peuple vote le 9 février en faveur de l’extension de la norme pénale antiraciste aux actes homophobes, les appels publics à la haine et à la discrimination à l’encontre des lesbiennes, gays et bisexuel.le.s seront punissables. Par contre, si une personne exprime ses idées homophobes dans son cercle d’ami.e.s ou lors d’une rencontre privée, elles ne tomberont pas sous le coup de la loi.

    Les appels publics à la haine et à la discrimination à l’encontre des lesbiennes, gays et bisexuel.le.s ne sont ni des opinions ni des valeurs à protéger. Ils nuisent aux personnes concernées, à leur entourage et divisent la société.

    Personne ne peut, en effet, sérieusement prétendre qu'il s'agisse d'une d'opinion constructive, lorsqu’il est écrit dans des tweets que les lesbiennes sont malades et devraient « être sautées par un vrai homme » afin de revenir à la raison. Ou lorsque sur les réseaux sociaux un appel est lancé afin de ne pas tolérer les bisexuel.le.s dans son cercle de connaissances, parce qu'ils/elles seraient des prédateurs et prédatrices sexuel.le.s et ne chercheraient qu’à briser des couples. Ou quand dans des émissions de radio ou des articles de presse, il est dit que les gays sont des pédophiles et devraient être enfermés.

    De tels discours tenus en public ne peuvent pas être simplement considérés comme des "paroles stupides". Stopper les atteintes à la dignité humaine, si nécessaire aussi par la voie légale, est une revendication juridique légitime des personnes concernées, mais aussi de la société elle-même. Il serait indigne d'une démocratie d'interpréter la liberté d'expression comme un laissez-passer pour s’attaquer en toute impunité à des personnes ou groupes de personnes.

    La haine n’est pas une opinion ! OUI le 9 février !

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  • Du grand au petit écran : « L’un dans l’autre » et « La fille du train »

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    IMG_9916.jpgPierre travaille avec Eric, qui est son bras droit. Eric est pacsé avec Pénélope qui est aussi la maîtresse de Pierre. Eric et Pénélope veulent se marier pour augmenter leur chance d’adopter un enfant, ce qui pousse Pénélope et Pierre à rompre, la situation devenant intenable. Mais c’est sans compter avec le réveil de leur dernière nuit d’amour où Pierre se réveille dans le corps de Pénélope et vice versa.

    Ce synopsis de pièce de boulevard va déboucher bien évidemment sur de nombreux quiproquos et des situations plus ou moins gênantes pour Pierre et Pénélope. Si le film fonctionne sur le même ressort comique du début à la fin et n’évite pas toujours les clichés – c’est évidemment Pénélope qui conduit mal, qui est végétarienne et affectueuse et Pierre qui se comporte parfois comme le pire des machos – il faut bien reconnaître que le rythme est soutenu de bout en bout et qu’on y rit de bon cœur. Il y a même des scènes à hurler de rire, comme celle où Pierre, qui est dans le corps de Pénélope, se retrouve chez sa femme dentiste qui lui fait des révélations sous la ceinture croyant se confier à Pénélope.

    On l’aura compris, « L’un dans l’autre » ne fait pas toujours dans la dentelle. Mais il remplit avec satisfaction sa mission – notamment grâce à Stéphane De Groodt qui n’abuse pas de son côté féminin qui aurait pu vite tourner à la caricature – de faire passer un moment divertissant à celles et ceux qui sont venus voir le film. Ni plus. Ni moins.

    3 étoiles. « L’un dans l’autre ». RTS 1, lundi 27 janvier, 20h40.

    IMG_9915.jpgRachel prend tous les jours le même train et passe devant la même maison. Dévastée par son divorce, elle fantasme sur le couple qui y vit et imagine une vie parfaite…jusqu’au jour où elle est le témoin d’un événement extrêmement choquant et se retrouve malgré elle étroitement mêlée à un angoissant mystère.

    Tiré du roman à succès de Paula Hawkins, le film est très proche du livre en ce qui concerne la trame. Par contre, on n’y retrouve pas l’ambiance plus sombre, plus glauque qui se dégage à la lecture du roman et qui fait sa grande force. Le personnage principal de Rachel, pourtant fort bien joué par Emily Blunt - on n’en dira pas autant des seconds rôles, surtout masculins, pas très convaincants - est beaucoup moins torturé, cette remarque étant d’ailleurs valable pour tous les autres personnages qui sont bien plus lisses.

    Cela a une influence sur tout le film qui manque de souffle avec comme conséquence que la tension n’atteint pas celle ressentie lors de la lecture du livre. Il n’en demeure pas moins que cette adaptation est honnête et qu’elle a toutes les chances de plaire aux amateurs de thrillers qui ne feront pas la comparaison avec le roman.

    3 étoiles. « La fille du train », France 2, dimanche 26 janvier, 21h05.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • « 1917 » : époustouflant (et 11 films à l'affiche)

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    IMG_9859.jpgPour résumer au mieux le film et les intentions de son réalisateur, Sam Mendes, rien de mieux que de lui laisser la parole : « Le film ne relate pas l’histoire de mon grand-père, mais s’attache plutôt à évoquer son esprit – ce que ces hommes ont subi, leurs sacrifices, et leur foi en quelque chose qui les dépassait. Nos deux protagonistes doivent participer à une mission périlleuse afin de livrer un message vital et de sauver ainsi 1600 soldats. Notre caméra ne les lâche jamais. Je voulais m’attacher à chacun de leur pas et sentir leur souffle. »

    Le moins que l’on puisse écrire est que, malgré quelques petites longueurs et invraisemblances au niveau du scénario, l’objectif de Sam Mendes est largement atteint. La manière dont « 1917 » est filmé est tout simplement époustouflante et même par moment étouffante, mais dans le bon sens du terme. Le spectateur vit, en effet, littéralement ce que les deux héros du film traversent comme épreuves. Dans certaines scènes, comme par exemple celle de l’avancée dans les tranchées au début du film, c’est carrément fascinant.

    Pour arriver à un tel résultat, il est bien évidemment nécessaire de déterminer dans leurs moindres détails les déplacements des acteurs et de planifier avec une grande précision les mouvements de caméra. Il faut également une distribution à la hauteur, ce qui est le cas avec Dean-Charles Chapman et George Mackay (présent dans tous les plans du début à la fin !) qui portent avec conviction le film sur leurs jeunes épaules.

    Alors, bien sûr, le sujet du film n’est pas facile et pourrait retenir celles et ceux qui n’aiment pas les films de guerre. Ce serait dommage pour les amateurs de cinéma – ce d’autant plus que si l’horreur de cette première guerre mondiale est bien présente dans le film et remarquablement reconstituée, elle ne l’est pas de manière démonstrative – de passer à côté d’un aussi bon film pour cette raison. (5 étoiles)

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  • Votation du 9 février : pas d’atteinte à la liberté de croyance (3/5)

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    IMG_9249.PNGLe référendum contre l’extension de la norme pénale antiraciste aux actes homophobes (article 261bis du Code pénal) a été lancé par l’Union Démocratique Fédérale (UDF). Selon sa propre description, ce petit parti s’engage pour un ordre du monde selon les principes bibliques, dans le respect de Dieu.

    L’UDF s’engage depuis des dizaines d’années contre les droits des lesbiennes, gays et bisexuel-le-s. Elle avait déjà lancé un référendum contre la loi sur le partenariat pour les personnes de même sexe et l’adoption de l’enfant du partenaire.

    La liberté de croyance ou de religion ne sera en aucun cas restreinte par l’adoption de l’objet soumis au vote populaire. Une discussion sur la signification de la Bible et ses versets controversés sera toujours possible. S’opposer au mariage, même s’il s’agit pourtant uniquement du mariage civil..., pour toutes et tous pourra se faire sans problème du moment que cette opposition est basée sur des arguments et non des jugements de valeur discriminatoires et incitant à la haine des personnes lesbiennes, gays et bisexuelles. 

    Faire cesser les atteintes à la dignité humaine, si nécessaire par des moyens juridiques, est un droit légitime des personnes concernées, mais aussi de l’État de droit. Cela répond également au commandement chrétien de l’amour du prochain.

    La haine n’est pas une opinion ! OUI le 9 février !

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