Du grand au petit écran: « Les heures sombres »

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1A3B8FE3-710D-4694-98C0-F354D56B0A15.jpegMai 1940. Les Alliés concèdent défaites sur défaites face aux troupes nazies. Plus de 300 000 soldats britanniques sont piégés à Dunkerque et la menace d’une invasion du Royaume-Uni par Hitler est réelle. C’est dans ce contexte explosif que Winston Churchill est nommé le 10 mai Premier ministre suite à la démission de Neville Chamberlain. Mais c’est en fait une nomination par défaut, car seul Churchill est à même de rallier les voix de l’opposition sur sa personne alors que son propre parti, ainsi que le roi George VI, préféreraient un autre candidat.

Les premiers jours de son mandat vont être cruciaux puisque Churchill, avec donc un soutien politique très relatif, va devoir essayer de trouver une solution pour sauver tout ou partie des 300 000 soldats bloqués à Dunkerque et décider si le Royaume-Uni doit négocier un traité de paix avec Hitler ou mobiliser le pays et se battre envers et contre tout.

La grande force de « Les heures sombres » est d’en faire un film à suspense alors que, sauf à n’avoir aucune notion de la seconde guerre mondiale, on connaît déjà la fin et que l’action tourne principalement autour des discours de Churchill et de ses relations plutôt conflictuelles avec son entourage. On pourrait craindre l’ennui durant les plus de deux heures que durent le film, mais il n’en est rien.

Le mérite en revient en premier lieu à l’extraordinaire performance de Gary Oldman qui campe un Churchill plus vrai que nature. Pour que la ressemblance soit le meilleure possible, 3h30 étaient nécessaires chaque jour de tournage pour l’application des prothèses et des postiches et pour le maquillage. L’apparence de Churchill a également été très soignée, la production remontant directement à la source en faisant appel aux boutiques qui confectionnaient les chapeaux et les costumes du célèbre politicien britannique.

Ce souci du détail se voit également dans les décors et dans la lumière particulièrement travaillée, notamment dans les scènes qui se déroulent au Parlement. Alors, certes, le film tire parfois un peu trop sur la corde du patriotisme, comme dans la scène du métro plutôt réussie, mais totalement invraisemblable aussi bien dans son contenu que dans sa durée. Mais il n’y a là rien de rédhibitoire, tant le film est passionnant de bout en bout.

Inédit. 4 étoiles. « Les heures sombres ». RTS 1, lundi 18 mai, 20h40.

D39C0A3F-3A80-4F3C-A59A-A382AE4AFE72.jpegDonner vie, créer de l’émotion et mettre en lien, c’est la grande force du cinéma de Cédric Klapisch, le réalisateur, entre autres, de « Un air de famille » et de la trilogie « L’auberge espagnole », « Les poupées russes » et « Casse-tête chinois ». Cette qualité est à nouveau présente dans « Ce qui nous lie ».

Jean, le frère aîné, est parti de sa Bourgogne natal dix ans auparavant, en froid avec son père, pour faire le tour du monde qui l’a conduit à s’installer en Australie où il a fondé une famille. A l’annonce de la mort imminente du paternel, il décide de faire le voyage pour dire adieu à son père. C’est l’occasion de revoir sa sœur, Juliette, et son frère, Jérémie, et de tenter de recréer ce lien fort qu’ils avaient entre eux enfants, mais qui s’est beaucoup distendu après cette décennie synonyme d’abandon pour les deux cadets.

La qualité première de « Ce qui nous lie » n’est en tout cas pas son scénario qui manque d’originalité et qui tourne rapidement en rond, à tel point que l’on se désintéresse assez rapidement de la question de la succession qui prend trop de place, d’où certaines longueurs.

Malgré ce défaut qui pourrait être rédhibitoire, le film fonctionne pourtant plutôt bien grâce à plusieurs scènes émouvantes et des moments où l’on rit de bon cœur. Et puis, il y a cette superbe scène collective qui marque la fin des vendanges qui est d’une très grande maîtrise au niveau de la mise en scène et qui met en valeur tout le savoir-faire de Cédric Klapisch dans ce domaine.

Enfin, les acteurs sont bons, une condition essentielle pour se laisser porter par ce genre de film, et les paysages de la Bourgogne, que l’on découvre sur les quatre saisons, fort agréables à l’œil. Un film donc que l’on qualifiera de verre à moitié plein et qui donne très envie de boire un bon verre de rouge de Bourgogne après l’avoir vu !

3 étoiles. « Ce qui nous lie ». France 2, dimanche 17 mai, 21h.

0C99978B-FDBD-4F5E-B53B-12AD1CFBE3B4.jpegQualifié de film dramatique et satirique par son auteur qui « voulait faire un film élégant en se servant de dispositifs visuels et rhétoriques pour bousculer le spectateur et le divertir », « The Square » est certes bien emballé, mais le paquet est vide.

L’histoire de ce conservateur de musée contemporain bien sous tous rapports qui va devoir sortir de sa zone de confort après s’être fait voler son portable et son portefeuille s’apparente à une succession de sketchs qui sont autant d’occasions pour le réalisateur d’aborder des thèmes comme la responsabilité et la confiance, la richesse et la pauvreté, le pouvoir et l’impuissance ou encore l’individu et la communauté.

Alors, certes, quelques scènes attirent l’attention comme celle de l’homme qui fait le chimpanzé lors d’un dîner de gala ou celle de l’enfant qui réclame des comptes au conservateur parce qu’il se sent injustement accusé. Mais elles sont bien trop rares pour faire oublier que c’est avant tout un profond ennui qui domine. Comment dès lors comprendre que « The Square » ait reçu la Palme d’or, le prix du meilleur film européen et de la meilleure comédie européenne de 2017 ? Mystère.

1 étoile. « The Square». ARTE, lundi 18 mai, 20h50.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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