Cynisme absolu

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Le MCG et l’UDC ont donc lancé leur « campagne » référendaire contre la loi votée par le Grand Conseil (partis de gauche et PDC) visant à indemniser les travailleuses et travailleurs n’ayant pas bénéficié d’aides publiques pendant les deux mois de semi-confinement. Ce ne sont donc pas que les clandestins et les travailleuses et travailleurs au noir qui sont concernés par cette aide. 

Pourtant, pour justifier ce qui a pour conséquence de précariser encore plus des personnes qui le sont déjà largement (le MCG et l’UDC ont-ils déjà oublié les distributions de nourriture aux Vernets?), ces deux partis mettent en avant leur lutte contre le travail au noir. 
 
Certes, celui-ci est un fléau et il est du devoir de l’Etat de renforcer les contrôles pour qu’il disparaisse. Mais lutter contre en lançant un référendum sur cette loi, c’est se tromper de cible. Cela revient en effet à s’attaquer en premier lieu à celles et ceux qui en sont les premières victimes, en entraînant qui plus est d’autres personnes au statut légal.
 
Ces deux partis, en prétendant faire de ce référendum une question de principe, n’hésitent donc pas à mettre encore un peu plus la tête sous l’eau à une partie de la population genevoise déjà en grande difficulté. Et font ainsi preuve d’un cynisme absolu. À pleurer.
Lien permanent Catégories : Air du temps 13 commentaires

Commentaires

  • Aider, c'est le rôle de l'Etat, remplacer un salaire, ce n'est pas le rôle de l'Etat.

    C'est parti d'un bon sentiment, mais la solution n'est pas la plus lucide.
    Je ne vois pas comment vous pourrez différencier les escrocs des gens honnêtes.
    Ainsi pour un contrat, il en n'existe pas toujours pour les illégaux, etc...Et ensuite quoi ? Leur donner les mêmes prestations que pour un genevois sans emploi ? Ce sera à la charge de Genève sans aides fédérales

    Bref, le manque de clarté va beaucoup aider l'UDC-MCG, avec le soutiens des chômeurs et des gens modestes. Il n'y a guère de solidarités entre les gens précaires. La précarité ne leur donne pas ce luxe.

    Au lieu de critiquer leur inhumanité, il faut présenter un projet solide. Le flou peut faire penser que les dealers et la bande qui sévit aux Grottes, vont pouvoir profiter de la naïveté idéologique.

    La meilleure réponse à un adversaire, ce n'est pas de le critiquer, mais de rassurer les citoyens avec des faits, des précisions.

  • Les clandestins n'ont rien é faire chez nous ! Ils faut les virer et les livrer à leurs ambassades afin qu'ils partent ! De plus ces individus sont peut-être des criminels, des gangsters ou simplement des voyous qui cherchent à se planquer. Il faut nettoyer les écuries d'Augias !

  • Tout le monde sait que les femmes de ménage employées au noir et parfois clandestines sont "peut-être des criminelles, des gangsters ou simplement des voyous qui cherchent à se planquer." Et c'est d'ailleurs pour cette raison qu'elles sont si nombreuses, les personnes qui les emploient aiment vivre dangereusement...

  • Je suppose que vous avez la possibilité de contrôler leurs faux papiers ! Si je me trompe sur leurs cas, prouvez-le ! Et si elles sont si nombreuses cela prouve que nos élus-es ne font pas leurs boulots ! Tous les clandestins-es sont sous la protection des partis de gauche !

  • Vous prenez la défense des clandestins mais vous oubliez de défendre les suisses qui sont âgés et qui se font expulser de leur appartement parce qu'ils ont un mois de retard de loyer ! Minable !

  • Je ne prends pas la défense des travailleuses et travailleurs clandestins, mais des travailleuses et travailleurs précaires! Savez-vous que 70% des personnes concernées par cette loi ont un statut légal ? N'est-ce pas "minable" de s'attaquer à elles et eux sous prétexte de lutter contre le travail au noir et ainsi de jeter le bébé avec l'eau du bain?

  • Donc vous reconnaissez qu'il y a 30% de magouilleurs ! Je parie que vous minimisez ce problème et qu'il y a beaucoup plus de clandestins qui subviennent à leurs familles qui sont restés dans leur pays et attendent l'arrivée du facteur pour collecter du pognon pour construire la maison prête pour le retour du pseudo-travailleur car tout le monde connaît ce genre d'individus qui sont entretenus pas les services sociaux ! Les Khmers Verts rêvent !! Ouvrez les yeux !!

  • "Les Khmers Verts" ont été soutenus par les Khmers rouges, roses et oranges, la majorité humaniste du Grand Conseil à laquelle je suis fier d'appartenir. Ceci dit, je note que vous n'en avez rien à faire des 70% qui ne sont pas des "magouilleurs" selon vos propres termes que je ne partage pas, évidemment.

  • Vous êtes fier d'être de la "majorité humaniste" ? Alors vous devriez arrêter l'hypocrisie, abolir les frontière et accueillir toute la misères du monde ! Vous savez que ce n'est pas possible, que le système social s’effondrerait, que noyé dans la masse on deviendrait simplement un pays du tiers monde comme un autre.
    Mais votre cynisme hypocrite vous empêche de l'admettre, vous laissez le "sale boulot" a la droite et ça vous arrange bien ! Il n'y a vraiment pas de quoi en être fier d'être un menteur.

  • Ce que certains n'ont pas compris, c'est que humanisme et rigueur vont de paire, sinon c'est humanisme qui en fait les frais.

    Pourquoi des associations caritatives assurent que l'argent versé, va à la cause ?
    Pourquoi l'asile est en danger ? Par manque de rigueurs et pour des raisons idéologiques, le migrant est dénommé "réfugié", et c'est toute l'institution qui s'effondre sur elle-même par l'hostilité croissante des populations. Même la morale est inefficace face aux rejets.

    Cette loi, à première vue, c'est du bâclé. Si un grand pourcentage de la somme tombe dans les mains de voyous et profiteurs, alors vous condamnez les actions futures parce que la population ne vous fera plus confiance.
    Les gens ne verront pas les 70% en de bonnes mains, mais les 30%, c'est le réflexe humain, d'autant plus si on galère le mois.

    Il est temps d'être sérieux, ou alors ne misez pas sur la solidarité des genevois.

  • Bonjour Monsieur Bonny,

    Vous avez écrit : "Savez-vous que 70% des personnes concernées par cette loi ont un statut légal ? "

    Si je comprend, pour vous, seul 30 % des personnes visées par cette loi sont des sans-papiers, c'est à dire des personnes sans titre de séjour.

    Pourtant la loi prévoyant qu'elle ne s'applique pas à ceux qui peuvent bénéficier d'autres prestations, cas échéant en les demandant, force est de constater qu'elle ne s'applique pas à ceux qui séjournent légalement à Gnève dès lors que ceux-ci peuvent demander des prestations d'assistance à l'Hospice général.

    Pourriez-vous donc indiquer à vos (é)lecteurs quels sont celles et ceux qui pourront bénéficier des prestations prévues par la nouvelle loi, tout en séjournant légalement à Genève ?

    Merci d'avance.

  • @CEDH: Je m'appuie sur le rapport du Grand Conseil pour vous répondre. Il s'agit de personnes ayant cotisé moins d'un an à l'assurance chômage, n'ayant pas un taux d'activité d'au moins 20%, ayant des activités intermittentes dans le secteur culturel, d'étudiant.e.s pratiquant des petits jobs ponctuels, des travailleurs.euses du sexe.

  • Quant à moi, je m'appuie sur le texte de loi dont le texte est clair.

    "Art. 2 Principe de subsidiarité
    1 L’indemnité financière unique versée en vertu de la présente loi est subsidiaire à toute prestation à laquelle le bénéficiaire a droit pour la période allant du 17 mars 2020 au 16 mai 2020, en particulier aux prestations d’assurances sociales et d’aide sociale, y compris les mesures décidées par le Conseil d’Etat dans le cadre des mesures de lutte contre le coronavirus pour compléter les prestations de l’assurance-chômage ou de l’assurance perte de gain."

    Toutes les personnes citées ont droit à l'assistance publique servies par l'hospice général si elles résident légalement à Genève. Il ne s'agit donc pas de venir au secours de résident légaux qui ont perdu des revenus en suite du covid et qui sont désargentés et dans le besoin, mais de personnes qui ont subi une perte de gain et qui ne sont pas dans le besoin tout en étant légalement résidente. Et là je crois qu'il n'y aurait pas eu de referendum.

    Cependant cette indemnité est aussi servie au résidents illégaux dans le besoin (il n'ont pas accès à l'Hospice général) et aux illégaux qui ne sont pas dans le besoin. D'où le referendum.

    Au demeurant le système a été fait pour les illégaux.

    1. Le mandataire désigné par le requérant fixe l'indemnité due et l'administration tamponne en ignorant (c'est fait pour) le statut de la personne qui encaisse (art. 13 al.1). C'est n'importe quoi ! A tout prendre, pourquoi pas faire calculer nos impôts par notre mandataire et faire tamponner son calcul par le fisc !

    2. Les documents sont détruit au bout d'une année (art. 14 al. 2). Dès fois que quelqu'un s'avise de vérifier les statuts et de dénoncer les infractions à la loi fédérale sur les étrangers (employeurs et employés) ? De plus dès lors que celui qui trompe l'administration par de fausses déclarations est un délinquant passible de 3 ans d'emprisonnement et d'expulsion pour cette seule condamnation et que la prescription est de 7 ans, cette destruction empêche l'application du droit fédéral.

    Il aurait mieux valu faire deux lois. Une pour les résidents légaux et l'autre prévoyant une subvention a des associations, celles qui joueront le rôle de mandataire dans le cadre de la loi adoptée.

    Une dernière remarque. La loi exige du résident légal qui a encouru une perte de gain et qui est dans le besoin (pas ou quasiment pas de fortune) qu'il se tourne vers l'hospice général alors que celui qui n'est pas dans le besoin mais a des pertes à faire indemniser évite la case hospice général, les résidents sans titre de séjour étant dispensés de l'Hospice général.
    Est-il légitime de défavoriser socialement celui qui est le plus défavorisé financièrement ?
    Pourquoi stigmatiser les plus pauvres qui son résidents en faveur des illégaux et des moins pauvres résidents ?
    Est-ce que ces différences de traitements sont constitutionnellement admissibles ?

    Quoique l'on pense de cette loi, c'est une mauvaise loi bricolée sur un coin de table.

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