• 13 films à l'affiche du 29 juillet au 4 août

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    IMG_1385.jpg5 étoiles. « Eté 85 ». L’été de ses 16 ans, Alexis, lors d’une sortie en mer sur la côte normande, chavire avec son dériveur. Il est sauvé par David, 18 ans, qui le séduit très rapidement. Commence alors une romance entre les deux jeunes hommes qui va se révéler avec le temps moins idyllique qu’elle en a l’air de prime abord. Dès les premières secondes du film, le spectateur apprend que David va mourir. Mais il ne sait pas dans quelles circonstances. « Eté 85 » raconte donc l’éveil à l’amour entre deux adolescents. François Ozon a souhaité rendre cette histoire d’amour universelle et y parvient fort bien, car c’est bien la relation entre Alexis et David qui est au cœur du film et le fait qu’elle soit homosexuelle apparaît au second plan. Le film, très bien écrit, est construit sur le principe des flashbacks qui ne lui enlèvent rien à sa lisibilité. Il ménage un réel suspense qui ajoute un intérêt certain à cette histoire d’amour adolescente qui n’en manque pas au demeurant. La mise en scène ne laisse rien au hasard, les images sont soignées, la lumière donne tout son éclat à la romance et les deux jeunes acteurs sont formidables. Les seconds rôles, tenus par des actrices et acteurs de renom, ne sont pas en reste. Et on n’oubliera pas de citer la bande originale qui donne inévitablement un goût de nostalgie à celles et ceux qui étaient ados dans les années 80. A ne pas manquer.

    5 étoiles. « Parasite ». Palme d’or du Festival de Cannes, « Parasite » est un long-métrage coréen qui a beaucoup d’atouts : un scénario intelligent qui tient le rythme pratiquement du début à la fin avec un énorme coup de théâtre au milieu qui redistribue les cartes, une mise en scène au cordeau, une superbe photographie et une excellente distribution. Si on ajoute à toutes ces qualités, celle d’un film qui commence comme une comédie jubilatoire qui se dirige en cours de route vers le thriller pour finir par flirter avec le film d’horreur, on aura compris que « Parasite » est un film que les cinéphiles ne manqueront pas. « Parasite », c’est l’histoire de la famille Ki-taek dont tous les membres sont au chômage. Un jour, le fils se fait recommander par un camarade d’école pour donner des cours particuliers d’anglais à la fille aînée de la riche famille Park. Une fois dans la place, il réussit à faire engager sa sœur, début d’un engrenage qui va devenir de plus en plus incontrôlable. En résumé, un conte cruel sur le choc des classes réalisé avec très grande classe.

    5 étoiles. « Joker ». Un film de super-héros tiré d’une bande dessinée qui reçoit le Lion d’or à Venise, voilà qui peut surprendre. Après avoir vu « Joker », la surprise n’est plus de mise tant le film est exactement l’inverse de ce que Hollywood a pu produire en matière de films de super-héros : il est sombre, parfois violent, sans concession et même subversif. Il est tout sauf politiquement correct. Arthur Fleck vit avec sa mère dans un immeuble délabré et gagne péniblement sa vie en faisant le clown pour des enfants malades ou des enseignes en mal de publicité, tout en rêvant de devenir un comédien célèbre. Suite à différents événements, ce fragile équilibre va être rompu et le côté sombre d’Arthur va alors éclater au grand jour, à l’image de la société mal en point dans laquelle il vit. « Joker » met en scène avec brio la folie de son personnage principal en s’attaquant aux médias et aux élites et en fait, malgré lui, la figure emblématique d’un mouvement social qui se révolte contre une société à deux vitesses. Pour que ce film fonctionne, il fallait un acteur d’exception. Et c’est bien le cas avec la performance de Joaquin Phoenix qui est hallucinante de noirceur, de folie, de tendresse, de désespoir, de violence, à l’image d’un film qui fait honneur au cinéma avec un grand C.

    4 étoiles. « Tout Simplement Noir ». JP, un acteur raté de 40 ans qui a tout de même une petite notoriété sur internet grâce à des vidéos comiques, décide d’organiser une marche de contestation d’hommes noires à Paris. Mais pour que cette initiative soit un succès, il faut qu’il puisse rallier à son projet des personnalités noires connues. Grâce au soutien du comique Fary, intéressé à redorer son blason après avoir prêté son image à une publicité raciste, il va faire le plus souvent des rencontres explosives qui ne vont pas forcément tourner à l’avantage de JP. Pour Jean-Pascal Zadi, également acteur principal, le film est né « de l’envie de faire une œuvre collégiale, drôle et porteuse d’un message. On voulait fédérer un maximum de personnalités noires autour de ce projet et avoir le plaisir de les voir s’éclater à l’écran. » Et il faut bien dire que c’est le plus souvent réussi, voire excellent comme, par exemple, la scène totalement délirante entre Fabrice Eboué et Lucien Jean-Baptiste. En résumé, une comédie drôle et pas bête du tout sur un sujet pourtant casse-gueule. Plutôt rare dans l’univers de la comédie française.

    4 étoiles. « Amazing Grace ». En janvier 1972, Aretha Franklin, au fait de sa gloire, enregistre en deux jours un album live de Gospel dans une église baptiste de Los Angeles. Le disque de ce concert, intitulé « Amazing Grace », deviendra la meilleure vente de tous les temps pour un album de Gospel. Ce concert a été entièrement filmé par Sydney Pollack. Mais des problèmes de synchronisation entre le son et l’image et plusieurs reports pour remédier à cette anomalie nécessitant un énorme travail n’ont pas permis d’exploiter les 20 heures de rushes pendant des décennies. C’est donc avec un immense plaisir que les amateurs de Gospel et d’Aretha Franklin peuvent enfin découvrir sur grand écran ce documentaire. Il met non seulement en valeur le formidable talent de la chanteuse, mais aussi toute la ferveur religieuse et les émotions. C’est ainsi que les regards, notamment ceux des choristes qui accompagnent la diva, les larmes de certains participants submergés par l’émotion que la chanteuse fait naître en eux, l’enthousiasme général, les prises de vue sur le public ou encore l’imperfection de certains plans, qui donnent l’impression de participer soi-même au concert, font que ce documentaire musical est le plus souvent passionnant.

    4 étoiles. « Judy » est un biopic sur Judy Garland qui s'intéresse tout particulièrement à l'année 1968 et à la série de concerts qu'elle a donnés pendant cinq semaines à Londres dans un cabaret très à la mode de l'époque. Trente ans après être devenue une star planétaire grâce au « Magicien d'Oz », Judy Garland est dans une mauvaise passe. Elle n'a pas d'autre choix que de quitter les Etats-Unis pour Londres afin de subvenir aux besoins de ses enfants. Mais cette séparation à contrecœur, ses échecs sentimentaux, sa dépendance à l'alcool et aux médicaments ainsi que son enfance sacrifiée pour Hollywood sont autant d'obstacles à surmonter pour briller sur scène. A la lecture de ce synopsis, on aura compris que « Judy » n'est pas une comédie musicale, genre dans lequel la star excellait, mais un drame qui raconte sa chute. Ce côté dramatique n'empêche toutefois pas le rire et la musique d'être présents. A ce propos, les performances scéniques et vocales de Renée Zellweger, Oscar de la meilleure actrice 2020, sont remarquables, comme d'ailleurs l'ensemble de son jeu. Si « Judy » n'est pas un film parfait, il y a quelques scènes redondantes et quelques baisses de rythme, il a, outre son actrice principale, une grande qualité : il laisse la place à l'émotion avec, notamment, dix dernières minutes d'une folle intensité qui vous laissent sans voix au moment du générique de fin.

    4 étoiles. « Dunkerque ». Mai 1940. 400 000 soldats anglais sont pris en tenaille entre la mer du Nord et l’armée allemande sur les plages de Dunkerque. Pour éviter un massacre à grande échelle et rapatrier les troupes de sa Majesté, il va falloir compter sur les troupes françaises, sur la Royal Air Force et enfin sur la flotte militaire et…civile anglaise. Pour raconter cet épisode de la seconde guerre mondiale, Christopher Nolan, le réalisateur, entre autres, de la trilogie Batman, d’Inception et d’Interstellar, a pris trois angles d’attaque avec des espaces-temps différents qui se rejoindront à la fin du film : une semaine pour les événements qui se déroulent sur terre, un jour pour ceux qui ont lieu sur mer et une heure pour ceux qui ont comme décor le ciel. Il n’y a pas de temps mort dans « Dunkerque » et très peu de dialogues. Le film met en scène, sans hémoglobine, avec brio, et par moments émotion, ces soldats pris au piège sur terre et sur mer, le danger venant en premier lieu du ciel. A ce propos, les combats aériens sont à couper le souffle. « Dunkerque » est un blockbuster, mais avec toutefois l’ambition d’être également un film d’auteur. Ambition réussie grâce à une maîtrise technique époustouflante, une mise en scène qui ne laisse rien au hasard, une narration originale et, pour couronner le tout, une très belle distribution.

    3 étoiles. « Douleur et Gloire ». Film dont la fiction s’entremêle avec la réalité, l’appartement est une reproduction de celui d’Almodovar et Antonio Banderas était coiffé comme le réalisateur et portait ses vêtements, « Douleur et Gloire » s’inspire donc largement de la vie du cinéaste. La première partie du film est bavarde, égocentrique et met exagérément en avant le mal être du réalisateur Salvador Mallo (Antonio Banderas, excellent). Mais, heureusement, pour passer le cap de cette entrée en matière un peu pénible, il y a dès le début les lumineux flashbacks de l’enfance de Salvador avec une Penélope Cruz très convaincante. Et puis, au milieu du film surviennent l’une à la suite de l’autre deux longues scènes absolument bouleversantes et qui valent à elles toutes seules la peine d’aller voir « Douleur et Gloire ». La tendresse prend alors résolument le pas sur la déprime ambiante de la première partie du film et conduit, grâce notamment à un dernier flashback très réussi sur l’enfance de Salvador, à une belle fin. Au final, le dernier Almodovar est à l’image de son titre : douloureux en son début et de plus en plus glorieux au fur et à mesure que l’action avance.

    2 étoiles. « Les Parfums ». Anne Walberg est une célébrité dans le monde du parfum. Sa carrière a toutefois connu un sérieux coup d’arrêt quelques années auparavant. Cela a eu pour conséquence qu’elle crée dorénavant des flagrances pour des sociétés en tout genre, ce qui ne l’épanouit guère et n’améliore pas son caractère de diva égoïste. Elle va trouver en Guillaume, son nouveau chauffeur, une personnalité qui va oser lui tenir tête. Sans doute la raison pour laquelle elle ne va pas le renvoyer et le laisser petit à petit entrer dans son univers parfumé. Il ne se passe pas grand-chose durant les 100 minutes que dure le film. Il y a certes quelques rebondissements, mais ils sont le plus souvent prévisibles. Pourtant, on ne s’ennuie pas vraiment. Une seule et bonne raison à ce constat : le duo Emmanuelle Devos-Grégory Montel fonctionne à merveille. La première réussit à rendre attachant son personnage pourtant antipathique et le second fait preuve d’une humanité à toute épreuve, que ce soit dans son rôle de père divorcé ou de chauffeur qui a du…flair. Un film qui fait le plein de tendresse tout en évitant l’écueil du roman à l’eau de rose, ce n’est déjà pas si mal.

    2 étoiles. « Un ami extraordinaire ». Basé sur une histoire vraie, « Un ami extraordinaire » raconte la rencontre en 1998 entre Fred Rogers, présentateur américain d’une émission de télévision pour enfants entre 1968 et 2001, et Lloyd Vogel, journaliste contraint par sa rédactrice en cheffe de brosser le portrait de ce héros de l’Amérique qui ne l’inspire pas du tout. Mais Lloyd va découvrir au fur et à mesure des entretiens que lui accorde Fred Rogers que ce dernier n’est pas adulé par son public depuis si longtemps par hasard. Il va même jouer les thérapeutes et aider Lloyd à régler ses comptes avec le passé avant qu’il ne soit trop tard. A la lecture de ce synopsis, on aura compris que tous les éléments sont là pour faire de « Un ami extraordinaire » un mélodrame sirupeux dont le cinéma américain a le secret. A vrai dire, tel est bien le cas. Mais une fois son âme d’enfant retrouvée et le ton gentiment agaçant de Fred Rogers intégré, on peut se laisser embarquer par ce conte moderne par moment émouvant par les thèmes qu’il aborde : la famille, la paternité, l’abandon, le deuil, le pardon, la compassion. Rien donc de bien extraordinaire, contrairement à son titre, dans ce film, à la distribution impeccable, mais beaucoup d’humanité. Et c’est déjà pas mal.

    2 étoiles. « Interstellar ». Sur la forme le film est plutôt agréable à l’œil (moins aux oreilles, avec une musique omniprésente et fatigante), mais les images dans l’espace n’ont rien de révolutionnaires. Quant au fond, il utilise les grosses ficelles émotionnelles dont le cinéma américain a le secret en y mêlant des dialogues philosophico-scientifiques auxquels on ne comprend rien ou presque. Cela n’empêche toutefois pas de suivre l’histoire, avec ses gentils et ses méchants et ses nombreuses références à l’espace-temps tordu dans tous les sens au cours du film, d’un ancien pilote de la NASA qui part à la recherche d’une autre Terre, la nôtre étant à l’agonie. Un long (près de 3 heures !) divertissement pas désagréable, mais pas indispensable.

    2 étoiles. « Once Upon A Time…in Hollywood ». L’histoire de Rick Dalton, star de la télévision des années 50 sur le déclin, et de sa fidèle doublure, est très bien reconstituée. Les décors, la lumière et la photographie sont superbes. On se croirait vraiment dans le Hollywood de la fin des années 60. Le film est bourré de références cinématographiques et télévisuelles à ces années-là, américaines évidemment, qui parleront aux quinquagénaires et plus, avec un plaisir certain. Du côté de la distribution, rien à redire non plus : Leonardo Di Caprio et Brad Pitt sont très bons, même si le premier est desservi par des scènes de « film dans le film » qui n’en finissent pas, surtout dans la première partie. Les moments les plus réussis du film mettent le plus souvent en scène Brad Pitt. C’est tout particulièrement le cas lorsqu’il est en contact avec les hippies, avec son chien ou encore lors des vingt dernières minutes qui s’apparentent à un film d’horreur. A ce propos, que dire de cette fin très réussie sur un plan cinématographique, mais qui ne respecte pas du tout la réalité de l’épisode tragique auquel elle fait référence et qui a marqué durablement les esprits ? Au final, un film formellement impeccable, mais très inégal dans le fond avec des scènes jubilatoires et d’autres où on s’ennuie ferme.

    1 étoile. « La Bonne épouse ». Paulette van der Beck est la femme du directeur d’une école ménagère qui apprend à ses étudiantes à devenir de parfaites épouses. Elle est aidée dans sa tâche par sa belle-sœur et par une bonne sœur. La mort de son mari, la découverte que celui-ci a joué leur argent aux courses, le retour de son premier amour et le vent de liberté qui souffle sur la France à l’approche de Mai 68 vont faire vaciller ses certitudes. Histoire de l’émancipation des femmes en accéléré, « La Bonne épouse » laisse pour le moins perplexe. Il n’est en effet pas crédible une seule seconde que le personnage joué par Juliette Binoche, qui fait preuve d’un beau sens de l’autodérision et qui tient tout le film sur ses épaules, puisse se remettre en question aussi soudainement et entraîne avec elle sa belle-sœur, Yolande Moreau qui une fois de plus joue les demeurées jusqu’à la caricature, ainsi que la bonne sœur qui est tout d’un coup touchée par la grâce du féminisme. On frise souvent le ridicule. Alors, certes, il y a bien quelques scènes où l’on sourit, parfois jaune, notamment au moment du reportage télévisuel en noir et blanc qui montre bien la condition des femmes il y a soixante ans, mais ce n’est de loin pas suffisant pour faire oublier que le tout sonne faux.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas désagréable, mais pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • « Eté 85 » : le film de l’été 2020

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    IMG_1385.jpg« Eté 85 » est librement adapté d’un roman d’Aidan Chambers (« La danse du coucou » dont le titre original anglais est « Dance on My Grave », soit « Danse sur ma tombe » qui prend tout son sens dans le film) que François Ozon a lu en 1985 quand il avait 17 ans. Eprouvant un grand plaisir à sa lecture, le réalisateur s’était dit que si un jour il faisait un long métrage, son premier film serait l’adaptation de ce roman. « Eté 85 » est en fait le 19ème long métrage de François Ozon. A propos de cette longue attente, le metteur en scène déclare que « les films se font quand ils doivent se faire, cette histoire a eu besoin de mûrir en moi pour que je sache comment la raconter et finalement je suis resté fidèle au roman dans sa structure narrative. »

    L’été de ses 16 ans, Alexis, lors d’une sortie en mer sur la côte normande, chavire avec son dériveur. Il est sauvé par David, 18 ans, qui le séduit très rapidement. Commence alors une romance entre les deux jeunes hommes qui va se révéler avec le temps moins idyllique qu’elle en a l’air de prime abord. Dès les premières secondes du film, le spectateur apprend que David va mourir. Mais il ne sait pas dans quelles circonstances. Il va le découvrir au fur et à mesure qu’Alexis raconte « les six semaines et huit heures » qu’ils ont partagées. 

    « Eté 85 » raconte donc l’éveil à l’amour entre deux adolescents. François Ozon a été fidèle au livre qui ne problématise pas l’homosexualité. Il déclare que « le fait que ce soit deux garçons n’est jamais vraiment le sujet. C’est pour ça qu’en tant qu’adolescent il rêvait de voir ce film, car les représentations de l’homosexualité dans le cinéma des années 80 étaient très sombres, douloureuses, même avant l’arrivée du sida. » Il a souhaité rendre cette histoire d’amour universelle et y parvient fort bien, car c’est bien la relation entre Alexis et David qui est au cœur du film et le fait qu’elle soit homosexuelle apparaît au second plan.   

    Le film, très bien écrit, est construit sur le principe des flashbacks qui ne lui enlèvent rien à sa lisibilité. Il ménage un réel suspense qui ajoute un intérêt certain à cette histoire d’amour adolescente qui n’en manque pas au demeurant. La mise en scène ne laisse rien au hasard, les images sont soignées, la lumière donne tout son éclat à la romance et les deux jeunes acteurs sont formidables. Les seconds rôles, tenus par des actrices et acteurs de renom (Valeria Bruni Tedeschi, Melvil Poupaud, Isabelle Nanty, notamment), ne sont pas en reste. Et on n’oubliera pas de citer la bande originale qui donne inévitablement un goût de nostalgie à celles et ceux qui étaient ados dans les années 80. Un film que les cinéphiles ne sauraient manquer en cet été 2020 où, pour les raisons que l’on connaît, les nouveautés de qualité sont rares. (5 étoiles)

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas désagréable, mais pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran : « C’est tout pour moi », « Toni Erdmann »

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    IMG_1382.jpgNawell Madani, devant et derrière la caméra, s’inspire de son propre parcours pour mettre en scène sa découverte du monde de la danse et du stand-up à Paris après avoir quitté sa Belgique natale.

    Depuis toute petite, Lila, issue d’un milieu modeste, veut devenir danseuse contre l’avis paternel. Elle débarque à Paris pour réaliser son rêve. Elle va toutefois vite se rendre compte qu’il est difficile de passer du rêve à la réalité. Mais Lila est une femme qui a de l’ambition et qui est prête à tout pour voir son nom en haut de l’affiche et retrouver la fierté de son père.

    A l’image de la vie de son héroïne, il y a des hauts et des bas dans « C’est tout pour moi ». Ils correspondent presque exactement à l’état d’esprit de Lila : quand elle est en pleine euphorie le film est dynamique, drôle et même touchant, mais quand elle est au creux de la vague l’ennui guette.

    Et comme les hauts et les bas, avec une tendance à tirer un peu trop sur la corde sensible particulièrement dans la relation père-fille, se succèdent régulièrement, cela finit par lasser au point de se désintéresser petit à petit du destin de Lila. Pas désagréable, mais pas indispensable.

    Inédit. 2 étoiles. « C’est tout pour moi ». France 2, dimanche 26 juillet, 21h05.

    IMG_1383.jpg« Toni Erdmann » plaît par son originalité, son imprévisibilité, ses scènes qui font rire jaune, le plus souvent, ou à gorge déployée (il vaut la peine de voir le film rien que pour le brunch d’anniversaire), sa relation père-fille émouvante, son côté déjanté et loufoque (par exemple la scène de sexe ou quand l’héroïne chante, fort bien d’ailleurs, une chanson de Whitney Houston), sa critique sociale et son couple d’acteurs, à commencer par Peter Simonischek parfaitement crédible dans le rôle très complexe de Toni Erdmann.

    Beaucoup de qualités donc pour un film inclassable qui mélange comédie, satire et drame social. Pourtant, et peut-être à cause de ce mélange des genres, le film ne convainc pas totalement sur sa longueur excessive (2h42), son propos en devenant répétitif. Il n’en demeure pas moins que « Toni Erdmann » est une œuvre cinématographique qui mérite une attention particulière.

     3 étoiles. « Toni Erdmann ». ARTE, mercredi 29 juillet, 20h55. 

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Cynisme absolu

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    Le MCG et l’UDC ont donc lancé leur « campagne » référendaire contre la loi votée par le Grand Conseil (partis de gauche et PDC) visant à indemniser les travailleuses et travailleurs n’ayant pas bénéficié d’aides publiques pendant les deux mois de semi-confinement. Ce ne sont donc pas que les clandestins et les travailleuses et travailleurs au noir qui sont concernés par cette aide. 

    Pourtant, pour justifier ce qui a pour conséquence de précariser encore plus des personnes qui le sont déjà largement (le MCG et l’UDC ont-ils déjà oublié les distributions de nourriture aux Vernets?), ces deux partis mettent en avant leur lutte contre le travail au noir. 
     
    Certes, celui-ci est un fléau et il est du devoir de l’Etat de renforcer les contrôles pour qu’il disparaisse. Mais lutter contre en lançant un référendum sur cette loi, c’est se tromper de cible. Cela revient en effet à s’attaquer en premier lieu à celles et ceux qui en sont les premières victimes, en entraînant qui plus est d’autres personnes au statut légal.
     
    Ces deux partis, en prétendant faire de ce référendum une question de principe, n’hésitent donc pas à mettre encore un peu plus la tête sous l’eau à une partie de la population genevoise déjà en grande difficulté. Et font ainsi preuve d’un cynisme absolu. À pleurer.
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  • « Tout Simplement Noir » : drôle et pas bête du tout (et 10 films à l’affiche)

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    IMG_1258.jpgLe titre du film est une référence au groupe de hip-hop du même nom des années 80. Pour Jean-Pierre Zadi et John Wax, les réalisateurs, « il s’agit de mettre en avant le fait que le mot « noir » peut être employé sans que cela soit honteux, c’est juste une couleur. » Le ton de ce vrai-faux documentaire est donné avec cette explication : le noir y est décliné du plus clair au plus foncé et le plus souvent de manière jubilatoire grâce à un humour utilisé dans toutes ses facettes.

    JP, un acteur raté de 40 ans qui a tout de même une petite notoriété sur internet grâce à des vidéos comiques, décide d’organiser une marche de contestation d’hommes noires à Paris. Mais pour que cette initiative soit un succès, il faut qu’il puisse rallier à son projet des personnalités noires connues. Grâce au soutien du comique Fary, intéressé à redorer son blason après avoir prêté son image à une publicité raciste, il va faire le plus souvent des rencontres explosives qui ne vont pas forcément tourner à l’avantage de JP.

    Pour Jean-Pascal Zadi, également acteur principal, le film est né « de l’envie de faire une œuvre collégiale, drôle et porteuse d’un message. On voulait fédérer un maximum de personnalités noires autour de ce projet et avoir le plaisir de les voir s’éclater à l’écran. » Pour atteindre leur but, les deux réalisateurs ont écrit des scènes politiquement incorrectes en fonction de leurs envies, puis les ont proposées à des personnalités (Claudia Tagbo, Kareen Guiok, JoeyStarr, Eric et Ramzy, Mathieu Kassovitz, Soprano, Stéfi Celma, Omar Sy pour n’en citer que quelques-uns) qui ont accepté de les tourner en n’ayant pas peur de jouer avec leur image en faisant preuve d’un grand sens de l’autodérision.

    Et il faut bien dire que c’est le plus souvent réussi, voire excellent comme, par exemple, la scène totalement délirante entre Fabrice Eboué et Lucien Jean-Baptiste. En résumé, une comédie drôle et pas bête du tout sur un sujet pourtant casse-gueule. Plutôt rare dans l’univers de la comédie française. (4 étoiles)

    A l’affiche

    4 étoiles. « Amazing Grace ». En janvier 1972, Aretha Franklin, au fait de sa gloire, enregistre en deux jours un album live de Gospel dans une église baptiste de Los Angeles. Le disque de ce concert, intitulé « Amazing Grace », deviendra la meilleure vente de tous les temps pour un album de Gospel. Ce concert a été entièrement filmé par Sydney Pollack. Mais des problèmes de synchronisation entre le son et l’image et plusieurs reports pour remédier à cette anomalie nécessitant un énorme travail n’ont pas permis d’exploiter les 20 heures de rushes pendant des décennies. C’est donc avec un immense plaisir que les amateurs de Gospel et d’Aretha Franklin peuvent enfin découvrir sur grand écran ce documentaire. Il met non seulement en valeur le formidable talent de la chanteuse, mais aussi toute la ferveur religieuse et les émotions. C’est ainsi que les regards, notamment ceux des choristes qui accompagnent la diva, les larmes de certains participants submergés par l’émotion que la chanteuse fait naître en eux, l’enthousiasme général, les prises de vue sur le public ou encore l’imperfection de certains plans, qui donnent l’impression de participer soi-même au concert, font que ce documentaire musical est le plus souvent passionnant.

    4 étoiles. « Dunkerque ». Mai 1940. 400 000 soldats anglais sont pris en tenaille entre la mer du Nord et l’armée allemande sur les plages de Dunkerque. Pour éviter un massacre à grande échelle et rapatrier les troupes de sa Majesté, il va falloir compter sur les troupes françaises, sur la Royal Air Force et enfin sur la flotte militaire et…civile anglaise. Pour raconter cet épisode de la seconde guerre mondiale, Christopher Nolan, le réalisateur, entre autres, de la trilogie Batman, d’Inception et d’Interstellar, a pris trois angles d’attaque avec des espaces-temps différents qui se rejoindront à la fin du film : une semaine pour les événements qui se déroulent sur terre, un jour pour ceux qui ont lieu sur mer et une heure pour ceux qui ont comme décor le ciel. Il n’y a pas de temps mort dans « Dunkerque » et très peu de dialogues. Le film met en scène, sans hémoglobine, avec brio, et par moments émotion, ces soldats pris au piège sur terre et sur mer, le danger venant en premier lieu du ciel. A ce propos, les combats aériens sont à couper le souffle. « Dunkerque » est un blockbuster, mais avec toutefois l’ambition d’être également un film d’auteur. Ambition réussie grâce à une maîtrise technique époustouflante, une mise en scène qui ne laisse rien au hasard, une narration originale et, pour couronner le tout, une très belle distribution.

    3 étoiles. « Dark Waters ». L’avocat Rob Bilott, qui a vécu une partie de son enfance dans cette région, est interpellé par un paysan dont les bêtes meurent les unes après les autres après avoir eu un comportement extrêmement agressif et présentant de graves anomalies physiques. L’avocat découvre assez rapidement que ce sont les rejets toxiques de l’usine du puissant groupe chimique DuPont, premier employeur de la région, qui sont les responsables de cette pollution mortelle. Mais pour le prouver, il va devoir affronter de nombreux obstacles qui vont mettre en péril sa carrière, sa vie de famille et sa santé. Film-enquête, qui se déroule sur près de deux décennies, sur un des plus gros scandales industriels et environnementaux de ces quarante dernières années, « Dark Waters » expose avec une grande précision et beaucoup de sérieux, les tenants et aboutissants de cette sordide affaire. A tel point que le film, après un début captivant et enlevé, prend des allures de documentaire, ce qui n’est pas sans conséquence sur son rythme qui connaît une nette baisse de régime dans sa deuxième partie. Mais malgré cette faiblesse, les questions que soulèvent le film, et notamment celle de la complexité du combat de la justice contre d’énormes intérêts financiers, ne laisseront personne indifférent.

    3 étoiles. « Sorry We Missed You ».  Ricky, Abby et leurs deux enfants vivent à Newcastle. Ricky enchaîne les boulots mal payés et son épouse est aide à domicile. S'ils veulent avoir une chance d'améliorer leurs conditions de vie, il est temps de prendre des risques. Une opportunité semble se présenter grâce à la révolution numérique. Ricky va acheter une camionnette afin de devenir chauffeur-livreur à son compte. Mais il y a loin de la coupe aux lèvres et Ricky et sa famille vont l'apprendre à leurs dépens. A la lecture de ce synopsis, on aura compris que Ken Loach est fidèle à son cinéma en dénonçant les injustices sociales et cette société qui n'hésite pas à broyer les humains à l'aide des nouvelles technologies au nom du profit. Et avec des dommages collatéraux très importants sur la vie de famille, en l'occurrence. Si « Sorry We Missed You » ne retrouve pas le superbe équilibre entre critique sociétale et émotion qui prévalait dans le formidable « Moi, Daniel Blake », il n'en demeure pas moins qu'un film de Ken Loach vaut toujours la peine d'être vu, même quand il n'est pas totalement réussi, car il renvoie à une réalité qui ne peut qu'interpeller. 

    2 étoiles. « Les Parfums ». Anne Walberg est une célébrité dans le monde du parfum. Sa carrière a toutefois connu un sérieux coup d’arrêt quelques années auparavant. Cela a eu pour conséquence qu’elle crée dorénavant des flagrances pour des sociétés en tout genre, ce qui ne l’épanouit guère et n’améliore pas son caractère de diva égoïste. Elle va trouver en Guillaume, son nouveau chauffeur, une personnalité qui va oser lui tenir tête. Sans doute la raison pour laquelle elle ne va pas le renvoyer et le laisser petit à petit entrer dans son univers parfumé. Il ne se passe pas grand-chose durant les 100 minutes que dure le film. Il y a certes quelques rebondissements, mais ils sont le plus souvent prévisibles. Pourtant, on ne s’ennuie pas vraiment. Une seule et bonne raison à ce constat : le duo Emmanuelle Devos-Grégory Montel fonctionne à merveille. La première réussit à rendre attachant son personnage pourtant antipathique et le second fait preuve d’une humanité à toute épreuve, que ce soit dans son rôle de père divorcé ou de chauffeur qui a du…flair. Un film qui fait le plein de tendresse tout en évitant l’écueil du roman à l’eau de rose, ce n’est déjà pas si mal.

     2 étoiles. « Un ami extraordinaire ». Basé sur une histoire vraie, « Un ami extraordinaire » raconte la rencontre en 1998 entre Fred Rogers, présentateur américain d’une émission de télévision pour enfants entre 1968 et 2001, et Lloyd Vogel, journaliste contraint par sa rédactrice en cheffe de brosser le portrait de ce héros de l’Amérique qui ne l’inspire pas du tout. Mais Lloyd va découvrir au fur et à mesure des entretiens que lui accorde Fred Rogers que ce dernier n’est pas adulé par son public depuis si longtemps par hasard. Il va même jouer les thérapeutes et aider Lloyd à régler ses comptes avec le passé avant qu’il ne soit trop tard. A la lecture de ce synopsis, on aura compris que tous les éléments sont là pour faire de « Un ami extraordinaire » un mélodrame sirupeux dont le cinéma américain a le secret. A vrai dire, tel est bien le cas. Mais une fois son âme d’enfant retrouvée et le ton gentiment agaçant de Fred Rogers intégré, on peut se laisser embarquer par ce conte moderne par moment émouvant par les thèmes qu’il aborde : la famille, la paternité, l’abandon, le deuil, le pardon, la compassion. Rien donc de bien extraordinaire, contrairement à son titre, dans ce film, à la distribution impeccable, mais beaucoup d’humanité. Et c’est déjà pas mal.

    2 étoiles. « Le Roi Lion ». Le réalisme des images de cette nouvelle version apporte-t-il quelque chose par rapport au dessin animé ? Après la scène d’ouverture, la réponse est incontestablement positive : les images de synthèse sont absolument magnifiques et l’émotion déjà présente. Mais plus dure sera la chute : dès les premiers dialogues, la magie cesse instantanément. Un lion tellement réaliste qui parle, ça ne le fait pas et bien évidemment les expressions du visage, si l’on ose dire, ne suivent pas non plus par rapport à l’animation. Trop de réalisme, tue le réalisme. Mais heureusement, la puissance de l’histoire est suffisamment forte pour petit à petit passer par-dessus ce gros obstacle. Et puis, la performance technique est bien là. Mais on l’aura compris, ce remake n’apporte pas grand-chose par rapport au dessin animé. Une fois de plus, l’original est supérieur à la copie.

    2 étoiles. « Interstellar ». Sur la forme le film est plutôt agréable à l’œil (moins aux oreilles, avec une musique omniprésente et fatigante), mais les images dans l’espace n’ont rien de révolutionnaires. Quant au fond, il utilise les grosses ficelles émotionnelles dont le cinéma américain a le secret en y mêlant des dialogues philosophico-scientifiques auxquels on ne comprend rien ou presque. Cela n’empêche toutefois pas de suivre l’histoire, avec ses gentils et ses méchants et ses nombreuses références à l’espace-temps tordu dans tous les sens au cours du film, d’un ancien pilote de la NASA qui part à la recherche d’une autre Terre, la nôtre étant à l’agonie. Un long (près de 3 heures !) divertissement pas désagréable, mais pas indispensable.

    2 étoiles. « Once Upon A Time…in Hollywood ». L’histoire de Rick Dalton, star de la télévision des années 50 sur le déclin, et de sa fidèle doublure, est très bien reconstituée. Les décors, la lumière et la photographie sont superbes. On se croirait vraiment dans le Hollywood de la fin des années 60. Le film est bourré de références cinématographiques et télévisuelles à ces années-là, américaines évidemment, qui parleront aux quinquagénaires et plus, avec un plaisir certain. Du côté de la distribution, rien à redire non plus : Leonardo Di Caprio et Brad Pitt sont très bons, même si le premier est desservi par des scènes de « film dans le film » qui n’en finissent pas, surtout dans la première partie. Les moments les plus réussis du film mettent le plus souvent en scène Brad Pitt. C’est tout particulièrement le cas lorsqu’il est en contact avec les hippies, avec son chien ou encore lors des vingt dernières minutes qui s’apparentent à un film d’horreur. A ce propos, que dire de cette fin très réussie sur un plan cinématographique, mais qui ne respecte pas du tout la réalité de l’épisode tragique auquel elle fait référence et qui a marqué durablement les esprits ? Au final, un film formellement impeccable, mais très inégal dans le fond avec des scènes jubilatoires et d’autres où on s’ennuie ferme.

    1 étoile. « La Bonne épouse ». Paulette van der Beck est la femme du directeur d’une école ménagère qui apprend à ses étudiantes à devenir de parfaites épouses. Elle est aidée dans sa tâche par sa belle-sœur et par une bonne sœur. La mort de son mari, la découverte que celui-ci a joué leur argent aux courses, le retour de son premier amour et le vent de liberté qui souffle sur la France à l’approche de Mai 68 vont faire vaciller ses certitudes. Histoire de l’émancipation des femmes en accéléré, « La Bonne épouse » laisse pour le moins perplexe. Il n’est en effet pas crédible une seule seconde que le personnage joué par Juliette Binoche, qui fait preuve d’un beau sens de l’autodérision et qui tient tout le film sur ses épaules, puisse se remettre en question aussi soudainement et entraîne avec elle sa belle-sœur, Yolande Moreau qui une fois de plus joue les demeurées jusqu’à la caricature, ainsi que la bonne sœur qui est tout d’un coup touchée par la grâce du féminisme. On frise souvent le ridicule. Alors, certes, il y a bien quelques scènes où l’on sourit, parfois jaune, notamment au moment du reportage télévisuel en noir et blanc qui montre bien la condition des femmes il y a soixante ans, mais ce n’est de loin pas suffisant pour faire oublier que le tout sonne faux.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas désagréable, mais pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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