« Hope Gap » (« Goodbye ») : bombe familiale (et 4 films à l’affiche)

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IMG_1744.jpgJamie est fils unique et a quitté ses parents pour vivre sa vie. Il ne donne guère de ses nouvelles et leur rend rarement visite. Son père Edward lui demande toutefois de venir passer le prochain week-end avec eux dans sa ville natale de Seaford, petite ville côtière du sud de l’Angleterre avec ses magnifiques falaises et son lieu-dit Hope Gap. Cette demande paternelle n’est pas innocente puisqu’au cours du week-end Edward a l’intention d’annoncer à son épouse Grace qu’il va la quitter pour une autre femme après 29 ans de mariage. Si cette annonce est une surprise pour Jamie, c’est un véritable choc pour Grace qui refuse obstinément la décision de son mari avant de sombrer dans la solitude et la mélancolie, ce qui va pousser Jamie à revenir tous les dimanches à Seaford et à jouer, malgré lui, les intermédiaires entre ses parents tout aussi manipulateur l’un que l’autre à son égard.

Basé sur la vie du réalisateur William Nicholson, le film aborde bien évidemment le thème de la séparation d’un couple après une longue vie commune. C’est à vrai dire plutôt ennuyeux et ce en grande partie parce que le personnage d’Edward est trop effacé et que celui de Grace ne suscite aucune empathie. A tel point d’ailleurs que l’on se demande comment Edward a pu rester aussi longtemps avec elle.  

L’intérêt du film repose surtout sur la relation parents-enfant et les conséquences qu’elle a sur sa vie d’adulte. Et ce d’autant plus que Josh O’Connor joue avec une grande finesse le rôle de ce fils pris au milieu de la tourmente et qui ne s’en portera que mieux à son terme, à condition d’arriver à pacifier la séparation de ses parents et de prendre enfin son envol. (2 étoiles)

5 étoiles. « Eté 85 ». L’été de ses 16 ans, Alexis, lors d’une sortie en mer sur la côte normande, chavire avec son dériveur. Il est sauvé par David, 18 ans, qui le séduit très rapidement. Commence alors une romance entre les deux jeunes hommes qui va se révéler avec le temps moins idyllique qu’elle en a l’air de prime abord. Dès les premières secondes du film, le spectateur apprend que David va mourir. Mais il ne sait pas dans quelles circonstances. « Eté 85 » raconte donc l’éveil à l’amour entre deux adolescents. François Ozon a souhaité rendre cette histoire d’amour universelle et y parvient fort bien, car c’est bien la relation entre Alexis et David qui est au cœur du film et le fait qu’elle soit homosexuelle apparaît au second plan. Le film, très bien écrit, est construit sur le principe des flashbacks qui ne lui enlèvent rien à sa lisibilité. Il ménage un réel suspense qui ajoute un intérêt certain à cette histoire d’amour adolescente qui n’en manque pas au demeurant. La mise en scène ne laisse rien au hasard, les images sont soignées, la lumière donne tout son éclat à la romance et les deux jeunes acteurs sont formidables. Les seconds rôles, tenus par des actrices et acteurs de renom, ne sont pas en reste. Et on n’oubliera pas de citer la bande originale qui donne inévitablement un goût de nostalgie à celles et ceux qui étaient ados dans les années 80. A ne pas manquer.

4 étoiles. « Tout Simplement Noir ». JP, un acteur raté de 40 ans qui a tout de même une petite notoriété sur internet grâce à des vidéos comiques, décide d’organiser une marche de contestation d’hommes noires à Paris. Mais pour que cette initiative soit un succès, il faut qu’il puisse rallier à son projet des personnalités noires connues. Grâce au soutien du comique Fary, intéressé à redorer son blason après avoir prêté son image à une publicité raciste, il va faire le plus souvent des rencontres explosives qui ne vont pas forcément tourner à l’avantage de JP. Pour Jean-Pascal Zadi, également acteur principal, le film est né « de l’envie de faire une œuvre collégiale, drôle et porteuse d’un message. On voulait fédérer un maximum de personnalités noires autour de ce projet et avoir le plaisir de les voir s’éclater à l’écran. » Et il faut bien dire que c’est le plus souvent réussi, voire excellent comme, par exemple, la scène totalement délirante entre Fabrice Eboué et Lucien Jean-Baptiste. En résumé, une comédie drôle et pas bête du tout sur un sujet pourtant casse-gueule. Plutôt rare dans l’univers de la comédie française.

4 étoiles. « Amazing Grace ». En janvier 1972, Aretha Franklin, au fait de sa gloire, enregistre en deux jours un album live de Gospel dans une église baptiste de Los Angeles. Le disque de ce concert, intitulé « Amazing Grace », deviendra la meilleure vente de tous les temps pour un album de Gospel. Ce concert a été entièrement filmé par Sydney Pollack. Mais des problèmes de synchronisation entre le son et l’image et plusieurs reports pour remédier à cette anomalie nécessitant un énorme travail n’ont pas permis d’exploiter les 20 heures de rushes pendant des décennies. C’est donc avec un immense plaisir que les amateurs de Gospel et d’Aretha Franklin peuvent enfin découvrir sur grand écran ce documentaire. Il met non seulement en valeur le formidable talent de la chanteuse, mais aussi toute la ferveur religieuse et les émotions. C’est ainsi que les regards, notamment ceux des choristes qui accompagnent la diva, les larmes de certains participants submergés par l’émotion que la chanteuse fait naître en eux, l’enthousiasme général, les prises de vue sur le public ou encore l’imperfection de certains plans, qui donnent l’impression de participer soi-même au concert, font que ce documentaire musical est le plus souvent passionnant.

2 étoiles. « Interstellar ». Sur la forme le film est plutôt agréable à l’œil (moins aux oreilles, avec une musique omniprésente et fatigante), mais les images dans l’espace n’ont rien de révolutionnaires. Quant au fond, il utilise les grosses ficelles émotionnelles dont le cinéma américain a le secret en y mêlant des dialogues philosophico-scientifiques auxquels on ne comprend rien ou presque. Cela n’empêche toutefois pas de suivre l’histoire, avec ses gentils et ses méchants et ses nombreuses références à l’espace-temps tordu dans tous les sens au cours du film, d’un ancien pilote de la NASA qui part à la recherche d’une autre Terre, la nôtre étant à l’agonie. Un long (près de 3 heures !) divertissement pas désagréable, mais pas indispensable.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas désagréable, mais pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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