• « Les enfants du Platzspitz » : dur et bouleversant (et 4 films à l’affiche)

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    IMG_1788.jpgAdapté de l’autobiographie de Michelle Halbheer, « Les enfants du Platzspitz » raconte l’histoire de Mia une fille de 11 ans dont la mère est toxicomane. Après la fermeture du Platzspitz, scène emblématique de la drogue zurichoise dans les années 80-90, Mia et sa mère s’installe dans un village de l’Oberland. Contrainte de s’occuper de sa mère, qu’elle aime profondément et qui lutte avec plus ou moins de succès contre sa toxicomanie, Mia va affronter, souvent bien seule, des épreuves d’une grande dureté.

    La lecture de ce synopsis pourrait en effrayer plus d’un.e, et à raison. Certaines scènes ou situations sont très dures et leur répétition, rendues nécessaires pour comprendre pour quelles raisons Mia (Luna Mwezi, excellente) a pu supporter l’insupportable, mettent parfois mal à l’aise. Au même titre d’ailleurs que les services sociaux qui sont en-dessous de tout.

    Mais « Les enfants du Platzspitz », c’est aussi une histoire d’amour déchirante entre une enfant et sa mère (Sarah Spale, habitée par son rôle) et la formidable capacité d’une gosse de 11 ans d’être par moment non plus la mère de sa mère, mais simplement une petite fille avec ses rêves d’enfant. Un film dur et bouleversant, avec dix dernières minutes d’une folle intensité émotionnelle, qu’on n’oublie pas juste après l’avoir vu. (4 étoiles)

    Toujours à l’affiche

    5 étoiles. « Eté 85 ». L’été de ses 16 ans, Alexis, lors d’une sortie en mer sur la côte normande, chavire avec son dériveur. Il est sauvé par David, 18 ans, qui le séduit très rapidement. Commence alors une romance entre les deux jeunes hommes qui va se révéler avec le temps moins idyllique qu’elle en a l’air de prime abord. Dès les premières secondes du film, le spectateur apprend que David va mourir. Mais il ne sait pas dans quelles circonstances. « Eté 85 » raconte donc l’éveil à l’amour entre deux adolescents. François Ozon a souhaité rendre cette histoire d’amour universelle et y parvient fort bien, car c’est bien la relation entre Alexis et David qui est au cœur du film et le fait qu’elle soit homosexuelle apparaît au second plan. Le film, très bien écrit, est construit sur le principe des flashbacks qui ne lui enlèvent rien à sa lisibilité. Il ménage un réel suspense qui ajoute un intérêt certain à cette histoire d’amour adolescente qui n’en manque pas au demeurant. La mise en scène ne laisse rien au hasard, les images sont soignées, la lumière donne tout son éclat à la romance et les deux jeunes acteurs sont formidables. Les seconds rôles, tenus par des actrices et acteurs de renom, ne sont pas en reste. Et on n’oubliera pas de citer la bande originale qui donne inévitablement un goût de nostalgie à celles et ceux qui étaient ados dans les années 80. A ne pas manquer.

    4 étoiles. « Tout Simplement Noir ». JP, un acteur raté de 40 ans qui a tout de même une petite notoriété sur internet grâce à des vidéos comiques, décide d’organiser une marche de contestation d’hommes noires à Paris. Mais pour que cette initiative soit un succès, il faut qu’il puisse rallier à son projet des personnalités noires connues. Grâce au soutien du comique Fary, intéressé à redorer son blason après avoir prêté son image à une publicité raciste, il va faire le plus souvent des rencontres explosives qui ne vont pas forcément tourner à l’avantage de JP. Pour Jean-Pascal Zadi, également acteur principal, le film est né « de l’envie de faire une œuvre collégiale, drôle et porteuse d’un message. On voulait fédérer un maximum de personnalités noires autour de ce projet et avoir le plaisir de les voir s’éclater à l’écran. » Et il faut bien dire que c’est le plus souvent réussi, voire excellent comme, par exemple, la scène totalement délirante entre Fabrice Eboué et Lucien Jean-Baptiste. En résumé, une comédie drôle et pas bête du tout sur un sujet pourtant casse-gueule. Plutôt rare dans l’univers de la comédie française.

     4 étoiles. « Amazing Grace ». En janvier 1972, Aretha Franklin, au fait de sa gloire, enregistre en deux jours un album live de Gospel dans une église baptiste de Los Angeles. Le disque de ce concert, intitulé « Amazing Grace », deviendra la meilleure vente de tous les temps pour un album de Gospel. Ce concert a été entièrement filmé par Sydney Pollack. Mais des problèmes de synchronisation entre le son et l’image et plusieurs reports pour remédier à cette anomalie nécessitant un énorme travail n’ont pas permis d’exploiter les 20 heures de rushes pendant des décennies. C’est donc avec un immense plaisir que les amateurs de Gospel et d’Aretha Franklin peuvent enfin découvrir sur grand écran ce documentaire. Il met non seulement en valeur le formidable talent de la chanteuse, mais aussi toute la ferveur religieuse et les émotions. C’est ainsi que les regards, notamment ceux des choristes qui accompagnent la diva, les larmes de certains participants submergés par l’émotion que la chanteuse fait naître en eux, l’enthousiasme général, les prises de vue sur le public ou encore l’imperfection de certains plans, qui donnent l’impression de participer soi-même au concert, font que ce documentaire musical est le plus souvent passionnant.

    2 étoiles. « Hope Gap ». Jamie est fils unique et a quitté ses parents pour vivre sa vie. Il ne donne guère de ses nouvelles et leur rend rarement visite. Son père Edward lui demande toutefois de venir passer le prochain week-end avec eux dans sa ville natale de Seaford, petite ville côtière du sud de l’Angleterre avec ses magnifiques falaises et son lieu-dit Hope Gap. Cette demande paternelle n’est pas innocente puisqu’au cours du week-end Edward a l’intention d’annoncer à son épouse Grace qu’il va la quitter pour une autre femme après 29 ans de mariage. Le film aborde bien évidemment le thème de la séparation d’un couple après une longue vie commune. C’est à vrai dire plutôt ennuyeux et ce en grande partie parce que le personnage d’Edward est trop effacé et que celui de Grace ne suscite aucune empathie. A tel point d’ailleurs que l’on se demande comment Edward a pu rester aussi longtemps avec elle. L’intérêt du film repose surtout sur la relation parents-enfant et les conséquences qu’elle a sur sa vie d’adulte. Et ce d’autant plus que Josh O’Connor joue avec une grande finesse le rôle de ce fils pris au milieu de la tourmente et qui ne s’en portera que mieux à son terme, à condition d’arriver à pacifier la séparation de ses parents et de prendre enfin son envol.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas désagréable, mais pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • « Hope Gap » (« Goodbye ») : bombe familiale (et 4 films à l’affiche)

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    IMG_1744.jpgJamie est fils unique et a quitté ses parents pour vivre sa vie. Il ne donne guère de ses nouvelles et leur rend rarement visite. Son père Edward lui demande toutefois de venir passer le prochain week-end avec eux dans sa ville natale de Seaford, petite ville côtière du sud de l’Angleterre avec ses magnifiques falaises et son lieu-dit Hope Gap. Cette demande paternelle n’est pas innocente puisqu’au cours du week-end Edward a l’intention d’annoncer à son épouse Grace qu’il va la quitter pour une autre femme après 29 ans de mariage. Si cette annonce est une surprise pour Jamie, c’est un véritable choc pour Grace qui refuse obstinément la décision de son mari avant de sombrer dans la solitude et la mélancolie, ce qui va pousser Jamie à revenir tous les dimanches à Seaford et à jouer, malgré lui, les intermédiaires entre ses parents tout aussi manipulateur l’un que l’autre à son égard.

    Basé sur la vie du réalisateur William Nicholson, le film aborde bien évidemment le thème de la séparation d’un couple après une longue vie commune. C’est à vrai dire plutôt ennuyeux et ce en grande partie parce que le personnage d’Edward est trop effacé et que celui de Grace ne suscite aucune empathie. A tel point d’ailleurs que l’on se demande comment Edward a pu rester aussi longtemps avec elle.  

    L’intérêt du film repose surtout sur la relation parents-enfant et les conséquences qu’elle a sur sa vie d’adulte. Et ce d’autant plus que Josh O’Connor joue avec une grande finesse le rôle de ce fils pris au milieu de la tourmente et qui ne s’en portera que mieux à son terme, à condition d’arriver à pacifier la séparation de ses parents et de prendre enfin son envol. (2 étoiles)

    5 étoiles. « Eté 85 ». L’été de ses 16 ans, Alexis, lors d’une sortie en mer sur la côte normande, chavire avec son dériveur. Il est sauvé par David, 18 ans, qui le séduit très rapidement. Commence alors une romance entre les deux jeunes hommes qui va se révéler avec le temps moins idyllique qu’elle en a l’air de prime abord. Dès les premières secondes du film, le spectateur apprend que David va mourir. Mais il ne sait pas dans quelles circonstances. « Eté 85 » raconte donc l’éveil à l’amour entre deux adolescents. François Ozon a souhaité rendre cette histoire d’amour universelle et y parvient fort bien, car c’est bien la relation entre Alexis et David qui est au cœur du film et le fait qu’elle soit homosexuelle apparaît au second plan. Le film, très bien écrit, est construit sur le principe des flashbacks qui ne lui enlèvent rien à sa lisibilité. Il ménage un réel suspense qui ajoute un intérêt certain à cette histoire d’amour adolescente qui n’en manque pas au demeurant. La mise en scène ne laisse rien au hasard, les images sont soignées, la lumière donne tout son éclat à la romance et les deux jeunes acteurs sont formidables. Les seconds rôles, tenus par des actrices et acteurs de renom, ne sont pas en reste. Et on n’oubliera pas de citer la bande originale qui donne inévitablement un goût de nostalgie à celles et ceux qui étaient ados dans les années 80. A ne pas manquer.

    4 étoiles. « Tout Simplement Noir ». JP, un acteur raté de 40 ans qui a tout de même une petite notoriété sur internet grâce à des vidéos comiques, décide d’organiser une marche de contestation d’hommes noires à Paris. Mais pour que cette initiative soit un succès, il faut qu’il puisse rallier à son projet des personnalités noires connues. Grâce au soutien du comique Fary, intéressé à redorer son blason après avoir prêté son image à une publicité raciste, il va faire le plus souvent des rencontres explosives qui ne vont pas forcément tourner à l’avantage de JP. Pour Jean-Pascal Zadi, également acteur principal, le film est né « de l’envie de faire une œuvre collégiale, drôle et porteuse d’un message. On voulait fédérer un maximum de personnalités noires autour de ce projet et avoir le plaisir de les voir s’éclater à l’écran. » Et il faut bien dire que c’est le plus souvent réussi, voire excellent comme, par exemple, la scène totalement délirante entre Fabrice Eboué et Lucien Jean-Baptiste. En résumé, une comédie drôle et pas bête du tout sur un sujet pourtant casse-gueule. Plutôt rare dans l’univers de la comédie française.

    4 étoiles. « Amazing Grace ». En janvier 1972, Aretha Franklin, au fait de sa gloire, enregistre en deux jours un album live de Gospel dans une église baptiste de Los Angeles. Le disque de ce concert, intitulé « Amazing Grace », deviendra la meilleure vente de tous les temps pour un album de Gospel. Ce concert a été entièrement filmé par Sydney Pollack. Mais des problèmes de synchronisation entre le son et l’image et plusieurs reports pour remédier à cette anomalie nécessitant un énorme travail n’ont pas permis d’exploiter les 20 heures de rushes pendant des décennies. C’est donc avec un immense plaisir que les amateurs de Gospel et d’Aretha Franklin peuvent enfin découvrir sur grand écran ce documentaire. Il met non seulement en valeur le formidable talent de la chanteuse, mais aussi toute la ferveur religieuse et les émotions. C’est ainsi que les regards, notamment ceux des choristes qui accompagnent la diva, les larmes de certains participants submergés par l’émotion que la chanteuse fait naître en eux, l’enthousiasme général, les prises de vue sur le public ou encore l’imperfection de certains plans, qui donnent l’impression de participer soi-même au concert, font que ce documentaire musical est le plus souvent passionnant.

    2 étoiles. « Interstellar ». Sur la forme le film est plutôt agréable à l’œil (moins aux oreilles, avec une musique omniprésente et fatigante), mais les images dans l’espace n’ont rien de révolutionnaires. Quant au fond, il utilise les grosses ficelles émotionnelles dont le cinéma américain a le secret en y mêlant des dialogues philosophico-scientifiques auxquels on ne comprend rien ou presque. Cela n’empêche toutefois pas de suivre l’histoire, avec ses gentils et ses méchants et ses nombreuses références à l’espace-temps tordu dans tous les sens au cours du film, d’un ancien pilote de la NASA qui part à la recherche d’une autre Terre, la nôtre étant à l’agonie. Un long (près de 3 heures !) divertissement pas désagréable, mais pas indispensable.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas désagréable, mais pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Patienter, encore et toujours

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    Grande déception mardi dernier en apprenant que la Commission des affaires juridiques du Conseil des États reportait la décision sur le mariage civil pour toutes et tous suite à la décision de sa majorité de procéder à des auditions. Certes, c’est son droit.

    Mais quand on sait que l’initiative parlementaire date de 2013, que la Commission des affaires juridiques du Conseil national a dès lors eu tout le temps, c’est un euphémisme, de se pencher dans le détail sur le sujet et que le Conseil national a voté en juin dernier de manière claire et nette en faveur d’un mariage égalitaire par 132 voix contre 52 et 13 abstentions, on ne peut s’empêcher de penser que la Commission fait de la résistance.

    Les plus optimistes penseront que cet énième report, le vote final au Conseil des Etats devrait intervenir en décembre alors que sans ces demandes d’audition il aurait eu lieu en septembre, permettra de « bétonner » la position du Conseil des Etats.

    Ce dernier se ralliera alors à un mariage égalitaire avec l’ouverture du don de sperme aux couples de femmes et la filiation automatique envers les parents d’un couple de même sexe dès la naissance de l’enfant. Peut-être. Mais en attendant, les partisans de l’égalité des droits pour toutes et tous devront patienter. Encore et toujours.

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  • Du grand au petit écran : « La fille de Brest », « Dunkerque »

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    IMG_1736.jpg« La fille de Brest », c’est l’histoire vraie d’Irène Frachon, pneumologue, qui en 2007 alerte les autorités sanitaires françaises des risques de problèmes cardiaques liés à la prise du Mediator, un antidiabétique. La bombe est lancée. Mais elle va mettre plusieurs années à exploser, le chemin pour faire éclater la vérité étant parsemé d’obstacles. C’est ce long combat à la David contre Goliath que raconte le film aux allures de thriller.

    Porté par l’énergie de son actrice principale Sidse Babett Knudsen (l’héroïne de la série danoise « Borgen » et César du meilleur second rôle 2016 pour « L’Hermine »), « La fille de Brest » ne laisse rien au hasard : crédibilité de la reconstitution de l’affaire, rythme soutenu, suspense, belle distribution et scènes « choc » à l’image des deux autopsies où il faut avoir, c’est le cas de le dire, le cœur bien accroché.

    Le film contient donc tous les éléments pour être captivé du début à la fin. Et pourtant, ce n’est pas toujours le cas en raison d’un côté didactique trop prononcé et de la linéarité du récit qui réserve au final peu de surprises et d’émotions. Malgré ces réserves, « La fille de Brest » est un bel hommage à toutes celles et ceux qui se sont battu (Irène Frachon bien sûr, mais aussi sa famille, ses collègues, une scientifique, une « taupe » appelée joliment « Père Noël », un député, un éditeur, des malades,…) pour sauver des vies et faire indemniser les victimes.

    Inédit. 3 étoiles. « La fille de Brest ». France 2, dimanche 16 août, 22h40.

    IMG_0384.jpgMai 1940. 400 000 soldats anglais sont pris en tenaille entre la mer du Nord et l’armée allemande sur les plages de Dunkerque. Pour éviter un massacre à grande échelle et rapatrier les troupes de sa Majesté, il va falloir compter sur les troupes françaises pour qu’elles empêchent le plus longtemps possible la Wehrmacht d’avancer, sur la Royal Air Force pour combattre les avions de chasse allemands prêts à larguer leurs bombes et enfin sur la flotte militaire et…civile anglaise.

    Pour raconter cet épisode relativement peu connu de la seconde guerre mondiale, Christopher Nolan, le réalisateur, entre autres, de la trilogie Batman, d’Inception et d’Interstellar, a pris trois angles d’attaque avec des espaces-temps différents qui se rejoindront à la fin du film : une semaine pour les événements qui se déroulent sur terre, un jour pour ceux qui ont lieu sur mer et une heure pour ceux qui ont comme décor le ciel.

    Ce choix de départ donne une très grande densité à l’action de la première seconde du film à sa quasi fin, cette dernière n’étant pas tout à fait à la hauteur du reste avec un côté héroïque qui s’accorde mal avec un film qui, justement, ne met pas particulièrement en avant un personnage plutôt qu’un autre. Il n’y a pas de temps mort dans « Dunkerque » et très peu de dialogues. Le film met en scène avec brio, et par moments émotion, ces soldats pris au piège sur terre et sur mer, le danger venant en premier lieu du ciel. A ce propos, les combats aériens sont à couper le souffle.

    « Dunkerque » est un blockbuster, mais avec toutefois l’ambition d’être également un film d’auteur. Ambition réussie grâce à une maîtrise technique époustouflante, une mise en scène qui ne laisse rien au hasard, une narration originale et, pour couronner le tout, une très belle distribution. Impressionnant.

    4 étoiles. « Dunkerque ». RTS 1, lundi 17 août, 22h30.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Et de 1000! Du grand au petit écran: « 120 battements par minute »

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    1000! Cet article est le millième que je publie sur ce blog depuis août 2012, soit en moyenne une publication tous les 3 jours. Et pour passer ce cap symbolique, impossible de rêver mieux que cet heureux hasard que « m'offre » la RTS en diffusant (beaucoup trop tard à cause de sa pudibonderie habituelle) jeudi soir l'excellent « 120 battements par minute ». Quoi de mieux en effet que de publier pour cet anniversaire une critique de cinéma sur un film avec une grande portée politique?

    En effet, au cours de ces huit années, la majorité de mes publications avait un lien avec le cinéma ou la politique. Merci à toutes celles et ceux qui me lisent régulièrement (en moyenne 1500 visites mensuelles, je ne sais pas ce que ce nombre représente en comparaison avec d'autres blogs, mais peu importe, c'est le plaisir d'écrire qui prime) et qui me liront, du moins je l'espère!

    46B52111-F009-437E-A427-8ABB95AAD17E.jpeg« 120 battements par minute », le titre fait référence au rythme de la house music très en vogue à l’époque, est un film qui rend hommage à ces femmes et à ces hommes qui se sont engagés avec leurs tripes pour faire avancer la lutte contre le sida.

    Paris début des années 90, l’épidémie du sida fait des ravages, tout particulièrement dans la communauté homosexuelle, dans une indifférence quasi générale. Les militants d’Act Up multiplient les actions coup de poing pour attirer l’attention des pouvoirs publics et des pharmas sur le drame qui se joue sous leurs yeux et dont ils ne mesurent pas l’ampleur par ignorance, parce qu’ils se voilent la face ou encore par calcul.

    La première partie du film, qui donne une grande place aux réunions hebdomadaires où se confrontent les opinions, se nouent les amitiés, les romances, s’élaborent les actions, les slogans, est absolument remarquable aussi bien au niveau des contenus que de la manière dont elles sont mises en scène. Il en est de même pour le déroulement des actions tournées caméra à l’épaule avec les protagonistes filmés en gros plan, comme si on y était. Une vraie claque, du grand cinéma.

    Et puis, il y a au milieu de ce tourbillon militant la relation amoureuse entre Sean, dont la santé décline semaine après semaine, et Nathan, qui a échappé à l’infection. Cette histoire d’amour est portée par Nahuel Perez Biscayart (Sean) et Arnaud Valois (Nathan) qui sont absolument exceptionnels, à l’image de l’ensemble de la distribution d’ailleurs. Leur relation illustre par deux destins individuels le combat qu’Act Up a mené pour l’ensemble de la collectivité.

    La romance entre Sean et Nathan est drôle, sensuel, d’une très grande complicité, pleine d’espoir malgré tout, bouleversante, tragique. Bref, belle, tout simplement. A l’image de la scène qui voit les militants d’Act Up se coucher dans la rue avec des croix et des cercueils sur « Smalltown boy » de Jimmy Sommerville. Difficile de retenir ses larmes.

    Inédit. 5 étoiles. « 120 battements par minute ». RTS 1, jeudi 13 août, 23h05.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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