• « Petite sœur » : amour fraternel fusionnel (et 7 films à l’affiche)

    Imprimer

    IMG_1989.jpgLe film des réalisatrices lausannoises Stéphanie Chuat et Véronique Reymond a été sélectionné pour représenter la Suisse lors de la cérémonie des Oscars au printemps 2021. Ce n’est pas une première pour elles puisqu’elles avaient déjà connu cet honneur avec « La petite chambre » en 2011.

    « Petite sœur » se concentre sur le personnage de Lisa, sœur jumelle de Sven, qui donne tout ce qu’elle a, y compris sa moelle osseuse, pour aider son frère à combattre sa leucémie et ainsi lui permettre de remonter sur la scène berlinoise dont il a été une figure très en vue au cours de sa carrière. Afin d’accélérer son rétablissement, Lisa emmène Sven à Leysin où vivent ses enfants et son mari qui dirige une école privée. Mais l’état de santé de Sven se péjore rapidement. Lisa remue alors ciel et terre afin qu’il remonte sur scène, persuadée qu’un retour sur les planches le sauvera. Elle se donne corps et âme pour atteindre son objectif, au risque de faire éclater en morceaux sa famille.

    Quand bien même le théâtre occupe une place importante dans le film, on pourrait justement lui reprocher sa forme un peu trop théâtrale avec des scènes qui se multiplient et des personnages secondaires pas assez développés. Par moment, surtout dans la première partie, un sentiment d’éparpillement domine et nuit à la fluidité du récit.

    Mais heureusement, ce défaut est largement atténué grâce à Nina Hoss présente dans pratiquement toutes les scènes. Elle incarne avec justesse et émotions le rôle de Lisa. A ce titre, la scène devant le distributeur de boissons à l’hôpital est bouleversante. La grande qualité de « Petite sœur » est incontestablement sa direction d’acteur et sa distribution. Lars Eidinger, dans un rôle qui s’apparente à celui du clown triste, est lui aussi très émouvant. Grâce à leur performance, leur amour fraternel, qui relève du fusionnel et qui balaie tout sur son passage, sonne juste avec comme point d’orgue une magnifique scène qui mêle leurs deux voix sur une version revisitée de Hansel et Gretel. (3 étoiles)

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Cinéma 0 commentaire
  • Il s’en est fallu de si peu…

    Imprimer

    IMG_1975.jpgUn dimanche de votations presque parfait ! Et il faut le souligner, c’est plutôt rare ! En ce dimanche hivernal, la Suisse a fait preuve d’ouverture, montrer sa capacité à évoluer sur le plan sociétal, refuser de tomber dans le piège du loup et de l’arnaque fiscale. Il n’a manqué que 8670 voix pour que ce dimanche de votations soit totalement parfait. 8670 voix qui donnent un chèque en blanc de 6 milliards pour la sécurité aérienne du ciel helvétique, puisqu’on ne connaît ni le nombre d’avions, ni le type et encore moins le nom du constructeur et son pays d’origine. Il aura fallu ce manque de transparence de la part du Conseil fédéral pour lui éviter un nouveau camouflet après le vote sur l’achat des Gripen en 2014.

    Le Conseil fédéral a donc obtenu de justesse du peuple suisse de lui faire confiance sans répondre aux questions liées aux frais d’exploitation et d’entretien des avions, à leur utilité ou encore à leur empreinte écologique (les forces aériennes suisses utilisent entre 40 et 45 millions de litres de carburant par année, les émissions de CO2 d’un F/A 18 s’élèvent à 12200 kg par heure de vol, à titre de comparaison un voyage en train Zürich-Paris émet 16kg de CO2 par personne).

    En démocratie, une voix d’écart suffit pour faire une majorité. Dont acte. Mais cette victoire « limite » rappelle à bon escient que l’armée n’est plus la vache sacrée qu’elle était. La majorité de droite du Parlement, qui soit dit en passant s’est ramassée une belle claque sur les déductions fiscales pour enfants en chargeant le bateau, devrait s’en rappeler avant de voter des budgets pharaoniques pour notre défense alors que la priorité aujourd’hui est d’investir dans la transition écologique et la justice sociale !

    Lien permanent Catégories : Air du temps 3 commentaires
  • Du grand au petit écran : « Le Jeu », « Detroit » et « Blade Runner 2049 »

    Imprimer

    IMG_1969.jpgLe temps d’un dîner, des amis décident de jouer à un jeu qui consiste à poser son téléphone portable au milieu de la table. A chaque fois qu’une notification sera envoyée, le message devra être partagé avec les autres. Un jeu qui va se révéler très dangereux pour les participants et virer petit à petit à un jeu de massacre.

    Après un démarrage un peu lent avec l’arrivée échelonnée des invités, le film prend son rythme de croisière quand il est l’heure de passer à table. Il s’emballe quand le jeu commence. Il y a du rythme, de l’action, c’est drôle et l’on se réjouit à l’avance de la catastrophe qui ne va pas manquer d’arriver avec les premiers messages. Et l’on n’est pas déçu. Le rire devient alors jaune, c’est grinçant à souhait, un régal. Les acteurs sont excellents avec une mention spéciale à Grégory Gadebois, le seul célibataire présumé de la bande, et Suzanne Clément, géniale dans ses excès. 

    « Le Jeu » part du principe que les invités ont tous des choses à se reprocher et/ou à cacher et…les spectateurs dans la salle également. Ils en sont du coup également les acteurs et se demandent forcément au fur et à mesure que le jeu dérape si toute vérité est bonne à dire…Le film, et sa fin décevante en forme de pirouette, se garde d’ailleurs bien de prendre position en rattrapant in extremis ses personnages au bord du gouffre. Dommage que le dérapage ne soit pas incontrôlé jusqu’au bout.

    Inédit. 3 étoiles. « Le Jeu ». RTS 1, lundi 28 septembre, 20h45.

    IMG_1867.jpgEn juillet 1967 et pendant cinq jours, Detroit connaît des émeutes d’une rare violence qui causent la mort de 43 personnes et en blessent 467 autres. L'évènement déclencheur est une descente de police dans un bar clandestin symbole de la culture noire. Les pillages, les incendies et les tirs d'armes à feu prennent une telle ampleur que les forces policières de la ville sont complètement débordées, avec comme conséquence une intervention de l’armée et de la garde nationale du Michigan pour rétablir l’ordre.

    Bien que ces émeutes ne puissent être qualifiées de raciales, puisque des Blancs y ont aussi participé et y ont été tués (10 sur les 43), ces cinq jours de guérilla urbaine ont mis à jour les tensions raciales existantes, notamment du côté de la police qui a pu faire preuve d’une rare brutalité à l’encontre d’Afro-américains.

    En se basant sur des faits réels, « Detroit » illustre ces tensions raciales et cette violence policière gratuite au travers d’un épisode particulièrement violent qui se déroule l’espace d’une nuit dans un motel où trois policiers débarquent à la recherche d’un sniper. Ils vont faire connaître l’horreur à ses occupants.

    Il y a trois parties dans « Detroit ». La première met en scène le contexte des émeutes et les personnages qui se trouveront pris au piège par la suite dans le motel, la deuxième, qui est pour ainsi dire un huis clos, qui raconte les événements de cette nuit d’horreur, et la troisième qui voit se dérouler l’enquête et le procès.

    « Detroit » est un film violent, particulièrement sur le plan psychologique. La tension qui y règne, spécialement dans la deuxième partie, est par moment à la limite du supportable. La manière de filmer de Kathryn Bigelow, 3 ou 4 caméras qui tournent en même temps autour des acteurs en mouvement, et des acteurs irréprochables donnent une impression de réalisme qui fait froid dans le dos. Un film coup de poing, âmes sensibles s’abstenir, formellement irréprochable et essentiel parce qu’il a des résonances politiques toujours bien actuelles aux Etats-Unis.

    4 étoiles. « Detroit ». ARTE, dimanche 27 septembre, 20h55 et jeudi 1er octobre, 23h40.

    IMG_1948.jpgK est chasseur de réplicants (sorte d’esclaves créés par les humains) récalcitrants et lui-même réplicant, mais avec un supplément d’âme qui lui viendrait des souvenirs qu’on lui a fabriqués. Il a pour mission de chercher et d’éliminer la personne qui apparemment serait née de la liaison entre un réplicant et un humain car si cela se vérifiait, alors l’équilibre du monde en serait bouleversé.

    A partir de ce synopsis, on pourrait imaginer que « Blade Runner 2049 » est un film d’action qui se déroule dans un univers futuriste – pourquoi faut-il que cet univers, même s’il est en l’occurrence visuellement réussi, soit toujours sombre, à moitié détruit, que la pluie tombe sans arrêt, que les gens soient sales, pauvres et désespérés et que les voitures volent ? – et qui questionne sur la relation entre les humains et les créatures qu’ils ont créés.

    Or, sur l’extrême longueur du film (2h45), il doit y avoir un tiers, et encore, d’actions et les questions existentielles sont à peine effleurées. C’est le sentiment d’un vide abyssal qui domine, une bonne partie du film consistant à suivre K (Ryan Gosling peu concerné) dans ses déplacements. Les coups de corne de brume exagérément forts qui font office de musique, et à la longue insupportables, tiennent « heureusement » le spectateur éveillé. Il y a bien un sursaut au moment où Harrison Ford fait enfin son apparition après 1h45 (!) de film. C’est à n’en pas douter le meilleur moment de « Blade Runner 2049 » dont la fin est aussi décevante que le reste.

    1 étoile. « Blade Runner 2049 ». France 2, dimanche 27 septembre, 22h50.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

    Lien permanent Catégories : Télévision 0 commentaire
  • Du grand au petit écran : « La Mule » et « Blade Runner 2049 »

    Imprimer

    IMG_1945.jpgInspiré de la vie de Leo Sharp, vétéran de la seconde guerre mondiale qui est devenu dans les années 80 le transporteur de drogue le plus âgé et le plus efficace du Cartel de Sinaloa, « La Mule » raconte non seulement comment un vieil homme de près de 90 ans en est arrivé à être un passeur de drogues hors normes, mais également comment il en a tiré profit, au sens propre et figuré, pour tenter de recoller les morceaux avec sa famille qu’il avait délaissée tout au long de sa vie.

    Des scènes de « La Mule » sont trop répétitives, d’autres pas toujours crédibles et le scénario ménage peu de surprises. Et puis, il faut attendre les derniers instants du film pour qu’il y ait une prise de conscience du héros sur son implication dans le trafic de drogues. Mieux vaut cependant tard que jamais.

    Mais malgré ces critiques, le film se laisse voir avec un certain plaisir grâce avant tout à l’excellente performance d’acteur de Clint Eastwood qui joue avec conviction un personnage réactionnaire sur les bords et qui pense avant tout à lui. Mais en approchant de la fin de sa vie, il va être capable de se remettre en question et faire preuve d’autodérision. On s’attache à ce vieil homme pince-sans-rire et plein de charme à tel point que malgré son activité on ne peut plus répréhensible, le spectateur espère qu’il échappera à la police. On comprend aussi dès lors fort bien que malgré tous ses défauts, sa famille ait de la peine à l’oublier. Situé quelque part entre comédie, drame et thriller, « La Mule » est un film loin d’être parfait, mais pour lequel on éprouve une indéniable tendresse pour son héros.

    Inédit. 3 étoiles. « La Mule ». RTS 1, lundi 21 septembre, 20h45.

    IMG_1948.jpgK est chasseur de réplicants (sorte d’esclaves créés par les humains) récalcitrants et lui-même réplicant, mais avec un supplément d’âme qui lui viendrait des souvenirs qu’on lui a fabriqués. Il a pour mission de chercher et d’éliminer la personne qui apparemment serait née de la liaison entre un réplicant et un humain car si cela se vérifiait, alors l’équilibre du monde en serait bouleversé.

    A partir de ce synopsis, on pourrait imaginer que « Blade Runner 2049 » est un film d’action qui se déroule dans un univers futuriste – pourquoi faut-il que cet univers, même s’il est en l’occurrence visuellement réussi, soit toujours sombre, à moitié détruit, que la pluie tombe sans arrêt, que les gens soient sales, pauvres et désespérés et que les voitures volent ? – et qui questionne sur la relation entre les humains et les créatures qu’ils ont créés.

    Or, sur l’extrême longueur du film (2h45), il doit y avoir un tiers, et encore, d’actions et les questions existentielles sont à peine effleurées. C’est le sentiment d’un vide abyssal qui domine, une bonne partie du film consistant à suivre K (Ryan Gosling peu concerné) dans ses déplacements. Les coups de corne de brume exagérément forts qui font office de musique, et à la longue insupportables, tiennent « heureusement » le spectateur éveillé. Il y a bien un sursaut au moment où Harrison Ford fait enfin son apparition après 1h45 (!) de film. C’est à n’en pas douter le meilleur moment de « Blade Runner 2049 » dont la fin est aussi décevante que le reste. 

    1 étoile. « Blade Runner 2049 ». France 2, dimanche 20 septembre, 21h05.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

    Lien permanent Catégories : Télévision 1 commentaire
  • Du grand au petit écran : « Spider-Man : Homecoming » 

    Imprimer

    IMG_1944.jpgDepuis 2002, l’Homme-Araignée tisse sa toile sur le grand écran : première apparition avec l’excellent film de Sam Raimi qui sera suivi de deux autres qui donneront eux-mêmes naissance à deux nouveaux, qui n’ont rien à voir avec les précédents, et qui finiront par accoucher d’une apparition de Spider-Man dans « Captain America – Civil War ». Spidey est donc entré dans l’univers Marvel, et peut à son tour attirer des Avengers dans sa toile comme Iron Man ou Captain America.

    C’est dans ce contexte cinématographique pour le moins complexe que s’inscrit « Spider-Man : Homecoming ». Le célèbre héros a désormais 15 ans (!), avec ses problèmes d’adolescent pubère pas intéressants pour deux sous, l’occasion de tout recommencer avec un mentor qui se nomme Iron Man bien décidé à ne pas (trop) faciliter la vie de l’apprenti Homme-Araignée pour devenir un Avenger à part entière.

    Cette troisième renaissance de Spider-Man est à la hauteur concernant les effets spéciaux, mais c’est le moins que l’on puisse attendre de ce genre de film, et quelques scènes d’action sont réussies, notamment celles avec le Vautour interprété par un Michael Keaton convaincant. Il y a aussi parfois de quoi arracher quelques sourires. Mais ce super-héros-apprenti-qui-se-cherche, avec qui plus est un sacré coup de mou au milieu du film, met à mal la légende de l’Homme-Araignée et finit même par agacer.

    Inédit. 2 étoiles. « Spider-Man : Homecoming ». RTS 2, vendredi 18 septembre, 20h15.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

    Lien permanent Catégories : Télévision 0 commentaire