« Miss » : hymne à la différence

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Miss.jpgReporté de mois en mois en raison de la première vague COVID et stoppé net après être enfin sorti fin octobre à cause de la deuxième, « Miss » devra attendre des jours meilleurs pour, peut-être, connaître, à l’instar de son personnage principal, le succès lors de son retour sur le grand écran.

Mais rien n’est moins sûr, car le film du réalisateur Ruben Alves déçoit malgré la formidable performance d’Alexandre Wetter. A propos de l’acteur, dont c’est le premier rôle, Ruben Alves précise « qu’il a été frappé par la façon dont il passait avec simplicité et naturel d’un physique assez masculin à une féminité assumée. » Il lui a demandé s’il envisageait une transition, ce à quoi Alexandre Wetter lui a répondu que ce n’était pas le cas, mais qu’il se sentait juste « plus fort en femme ».

Cette force se ressent très bien à l’écran, Alexandre Wetter rendant parfaitement crédible son désir d’enfant de devenir Miss France. Il est totalement bluffant dans son rôle, à tel point qu’on en oublie par moment qu’il n’est pas une femme. Pas suffisant toutefois pour faire oublier la faiblesse d’un scénario qui aligne les noix sur un bâton et qui hésite constamment sur la direction à suivre.

Si le film est pétri de bons sentiments, de personnages attachants, mais dont on peine à comprendre les liens qui les unissent, il est difficile au final de savoir quelles étaient les véritables intentions du réalisateur. Ce dernier déclare qu’il n’a pas voulu réaliser un film sur les Miss France. Pourtant, la moitié du film leur est consacrée, avec des scènes parfois fort ennuyeuses, sans qu’on arrive à savoir si c’est du premier ou du second degré : le message est brouillé, à l’image du personnage joué par Isabelle Nanty qui déteste les Miss France, quoique.

Alors, certes, « Miss » est un bel hymne à la différence, avec quelques scènes très touchantes et une distribution convaincante, dans ce monde des Miss codifié à l’extrême. Mais malgré ces qualités, c’est un sentiment d’inachevé qui domine avec une dernière scène qui en est la parfaite illustration, si l’on ose dire. (2 étoiles)

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas désagréable, mais pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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