• Mes dix films préférés de 2020

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    Evidemment, avec les salles de cinéma fermées pendant pratiquement la moitié de l’année, ce classement 2020 n’a qu’une valeur toute relative. Je n’ai en effet vu qu’une trentaine de films contre une soixantaine habituellement. Il y a donc fort à parier que d’autres films auraient pris place dans ce classement. Mais voyons le verre à moitié plein et mettons tout de même en avant quelques très bons films de cette année 2020 marquée par cette pandémie qui a mis, et mettra encore pour quelques temps, ce monde merveilleux du cinéma dans de très grandes difficultés.

    IMG_9859.jpg1. « 1917 ». Pour résumer au mieux le film et les intentions de son réalisateur, Sam Mendes, rien de mieux que de lui laisser la parole : « Le film ne relate pas l’histoire de mon grand-père, mais s’attache plutôt à évoquer son esprit – ce que ces hommes ont subi, leurs sacrifices, et leur foi en quelque chose qui les dépassait. Nos deux protagonistes doivent participer à une mission périlleuse afin de livrer un message vital et de sauver ainsi 1600 soldats. Notre caméra ne les lâche jamais. Je voulais m’attacher à chacun de leur pas et sentir leur souffle. » Le moins que l’on puisse écrire est que, malgré quelques petites longueurs et invraisemblances au niveau du scénario, l’objectif de Sam Mendes est largement atteint. La manière dont « 1917 » est filmé est tout simplement époustouflante et même par moment étouffante, mais dans le bon sens du terme. 

    IMG_0156.jpg2. « La Communion ». Daniel, 20 ans, est enfermé dans un centre de détention pour des jeunes délinquants. Il se découvre une vocation spirituelle, mais il lui est impossible d'accéder aux études de séminariste en raison de son passé sulfureux. Libéré sur parole, il est envoyé dans une petite ville au fin fond de la Pologne. Alors qu'il se recueille dans l'église de son nouveau lieu d'habitation, les circonstances vont l'amener à se faire passer pour un prêtre et reprendre au pied levé la tête d'une paroisse qui peine à faire son deuil suite à un tragique accident survenu quelques mois auparavant. Ces sermons font sourire, voire même rire, et sont émouvants, à l'image du film qui laisse une grande place aux émotions. Ils sont de plus remarquablement bien interprétés par un acteur, Bartosz Bielena, en état de grâce. 

    IMG_1385.jpg3. « Eté 85 ». L’été de ses 16 ans, Alexis, lors d’une sortie en mer sur la côte normande, chavire avec son dériveur. Il est sauvé par David, 18 ans, qui le séduit très rapidement. Commence alors une romance entre les deux jeunes hommes qui va se révéler avec le temps moins idyllique qu’elle en a l’air de prime abord. Le film, très bien écrit, est construit sur le principe des flashbacks qui ne lui enlèvent rien à sa lisibilité. Il ménage un réel suspense qui ajoute un intérêt certain à cette histoire d’amour adolescente qui n’en manque pas au demeurant. La mise en scène ne laisse rien au hasard, les images sont soignées, la lumière donne tout son éclat à la romance et les deux jeunes acteurs sont formidables. Les seconds rôles, tenus par des actrices et acteurs de renom, ne sont pas en reste.

    IMG_0328.jpg4. « Judy » est un biopic sur Judy Garland qui s'intéresse tout particulièrement à l'année 1968 et à la série de concerts qu'elle a donnés pendant cinq semaines à Londres dans un cabaret très à la mode de l'époque. Trente ans après être devenue une star planétaire grâce au « Magicien d'Oz », Judy Garland est dans une mauvaise passe. Elle n'a pas d'autre choix que de quitter les Etats-Unis pour Londres afin de subvenir aux besoins de ses enfants. Mais cette séparation à contrecœur, ses échecs sentimentaux, sa dépendance à l'alcool et aux médicaments ainsi que son enfance sacrifiée pour Hollywood sont autant d'obstacles à surmonter pour briller sur scène. Si « Judy » n'est pas un film parfait, il y a quelques scènes redondantes et quelques baisses de rythme, il a, outre son actrice principale, une grande qualité : il laisse la place à l'émotion avec, notamment, dix dernières minutes d'une folle intensité qui vous laissent sans voix au moment du générique de fin.

    IMG_1788.jpg5. « Les enfants du Platzspitz » raconte l’histoire de Mia une fille de 11 ans dont la mère est toxicomane. Après la fermeture du Platzspitz, scène emblématique de la drogue zurichoise dans les années 80-90, Mia et sa mère s’installe dans un village de l’Oberland. Contrainte de s’occuper de sa mère, qu’elle aime profondément et qui lutte avec plus ou moins de succès contre sa toxicomanie, Mia va affronter, souvent bien seule, des épreuves d’une grande dureté. Certaines scènes ou situations sont très dures et leur répétition, rendues nécessaires pour comprendre pour quelles raisons Mia a pu supporter l’insupportable, mettent parfois mal à l’aise. Au même titre d’ailleurs que les services sociaux qui sont en-dessous de tout. Mais « Les enfants du Platzspitz », c’est aussi une histoire d’amour déchirante entre une enfant et sa mère et la formidable capacité d’une gosse de 11 ans d’être par moment non plus la mère de sa mère, mais simplement une petite fille avec ses rêves d’enfant. Un film dur et bouleversant, avec dix dernières minutes d’une folle intensité émotionnelle. 

    Adieu les Cons.jpg6. « Adieu les Cons ». Lorsque Suze Trappet apprend à 43 ans que ses jours sont comptés, elle décide d’entreprendre les démarches pour retrouver l’enfant qu’elle a été forcée d’abandonner quand elle avait 15 ans. Ses recherches vont l’amener à faire la connaissance de JB, quinquagénaire dépressif, et de M. Blin, archiviste aveugle à l’enthousiasme débordant. Ce trio détonnant ne va reculer devant aucun obstacle pour tenter de retrouver l’enfant de Suze Trappet. Oscillant constamment entre comédie et drame, « Adieu les Cons » est trépidant, émouvant, tendre, romanesque, drôle, tragique, poétique, délirant, satirique, extravagant, déroutant et absurde. Le long-métrage d’Albert Dupontel tient le cap de la satire sociale du début à la fin. Alors, certes, le trait est parfois un peu grossier et répétitif, principalement avec le personnage de l’aveugle, mais l’ensemble, porté par une excellente distribution, dégage une indéniable impression positive.

    IMG_0129.jpg7. « La Fille au Bracelet ». Lise,18 ans, est assignée à résidence et porte depuis deux ans un bracelet, car elle est accusée d'avoir tué sa meilleure amie. Si la procureure est persuadée de sa culpabilité, la défense va s'attacher à démontrer que les éléments dont dispose l'accusation ne reposent que sur des jugements de valeur. Pour construire son scénario, Stéphane Demoustier, le réalisateur, a assisté à des procès et l’a tourné dans le tribunal de Nantes. Il précise qu’il a souhaité faire « un film sur l'interprétation des faits, sur le doute. » Et le moins que l'on puisse écrire est que cette volonté d'insinuer le doute est très réussie. En effet, le scénario permet d'interpréter les différentes preuves qui sont présentées dans un sens ou dans un autre et de maintenir le doute jusqu'au bout. Doute également savamment entretenu grâce à la remarquable performance de Mélanie Guers qui, dans le rôle de Lise, crève l'écran, comme d'ailleurs Chiara Mastroianni époustouflante dans la scène où elle témoigne au procès de sa fille. 

    IMG_0118.jpg8. « La Voie de la Justice ».  Après ses études à la prestigieuse université de Harvard, Bryan Stevenson aurait pu se lancer dans une carrière lucrative. Il décide de n’en rien faire en se rendant en Alabama pour défendre des prisonniers condamnés à tort et/ou qui n’ont pas eu droit à une assistance juridique digne de ce nom. C’est ainsi qu’il est amené à se pencher sur le cas emblématique de Walter McMillan, condamné à mort en 1987 pour le meurtre d’une jeune fille de 18 ans alors que les preuves contre lui sont quasi inexistantes. Malgré un sujet souvent traité et une réalisation très classique empreinte par moment d’une certaine lenteur, « La Voie de la Justice » arrive tout de même à captiver le spectateur. Il y parvient grâce à ses deux personnages principaux et ses seconds rôles qui donnent également tout leur relief à cette histoire qui dénonce une justice qui criminalise trop facilement de manière arbitraire les hommes afro-américains. C’est également un plaidoyer contre la peine de mort. Un film émouvant et d’une grande humanité.

    IMG_1258.jpg9. « Tout Simplement Noir ». JP, un acteur raté de 40 ans qui a tout de même une petite notoriété sur internet grâce à des vidéos comiques, décide d’organiser une marche de contestation d’hommes noires à Paris. Mais pour que cette initiative soit un succès, il faut qu’il puisse rallier à son projet des personnalités noires connues. Pour Jean-Pascal Zadi, également acteur principal, le film est né « de l’envie de faire une œuvre collégiale, drôle et porteuse d’un message. On voulait fédérer un maximum de personnalités noires autour de ce projet et avoir le plaisir de les voir s’éclater à l’écran. » Et il faut bien dire que c’est le plus souvent réussi, voire excellent comme, par exemple, la scène totalement délirante entre Fabrice Eboué et Lucien Jean-Baptiste. En résumé, une comédie drôle et pas bête du tout sur un sujet pourtant casse-gueule. Plutôt rare dans l’univers de la comédie française.

    IMG_0471.jpg10. « Invisible Man ». Cecilia partage une vie aisée avec un brillant et riche scientifique au comportement très possessif. Ne supportant plus son attitude, elle s’enfuit en demandant de l’aide à sa sœur. Peu de temps après, son beau-frère lui apprend que son mari s’est suicidé. Il lui laisse une part de son immense fortune à condition qu’elle respecte certaines conditions, comme celle de ne pas enfreindre la loi, ce qui va devenir de plus en plus compliqué au fur et à mesure que Cecilia prend conscience qu’elle est harcelée par quelqu’un d’invisible et qui s’attaque à son entourage. Mais comment faire croire une chose pareille sans perdre la raison et passer pour une folle ? Porté par Elisabeth Moss littéralement habitée par son rôle et par une mise en scène qui tient le spectateur en haleine en lui donnant des frissons, « Invisible Man » remplit largement son contrat auprès des fans de thriller fantastique avec une bonne dose d’épouvante. 

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  • Du grand au petit écran : dernières critiques pour 2020

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    Ceci est ma quarante-septième et dernière chronique télévisuelle pour des films programmés en 2020, soit pratiquement une par semaine. L'occasion pour moi de remercier toutes celles et ceux qui la lisent régulièrement et de leur donner rendez-vous très prochainement pour de nouvelles aventures télévisuelles en espérant toutefois que le cinéma pourra reprendre toute sa place en 2021.

    1.jpgLe précédent « Spider-Man » n'était déjà pas terrible. Mais c'est presqu'un chef d'œuvre par rapport à cette suite qui ne décolle pas, ce qui est bien un comble pour celui qui se déplace principalement dans les airs. 

    Pour commencer, il ne se passe pratiquement rien pendant la première demi-heure durant laquelle on assiste à la préparation du voyage d'études que Peter Parker et ses camarades vont faire en Europe. Rappelons que depuis l'épisode précédent Spider-Man est un adolescent qui a été choisi par Iron Man pour lui succéder, et ça tombe bien puisque ce dernier est mort dans « Avengers : Endgame ». Peter se réjouit de laisser son costume de super-héros derrière lui et de profiter de ce séjour pour tenter de séduire sa camarade de classe MJ. Mais bien sûr, il n'en sera rien puisqu'il va devoir lutter contre des créatures qui veulent détruire la Terre. 

    Si l'on excepte un rebondissement plutôt inattendu au milieu du film, le reste est terriblement prévisible, à tel point que même certains effets spéciaux, pourtant plutôt réussis, n'arrivent pas à relever le niveau. Il y a bien ici et là quelques blagues plutôt marrantes, mais ce sont surtout les dialogues d'une platitude sidérale qui déclenchent des sourires. C'est tout dire. Les relations entre les personnages sont à l'image du reste, inintéressantes. « Spider-Man : Far from Home » est destiné avant tout aux adolescents, soit. Mais ce n'est pas une excuse pour réaliser un film aussi affligeant. A moins bien sût de mépriser ce public.

    Inédit. 1 étoile. « Spider-Man: Far from Home ». RTS 1, mercredi 30 décembre, 21h00.

    2.jpgAdapté de la bande-dessinée française du même nom, le film met en scène trois septuagénaires, Pierrot, Mimile et Antoine, des amis d’enfance, qui vont se retrouver dans leur village natal suite au décès de l’épouse d’Antoine. Cet événement, sous l’œil interrogateur de la petite-fille d’Antoine, va faire remonter, petit à petit, à la surface des secrets que les trois vieux pensaient enfouis à tout jamais.

    « Les Vieux fourneaux » est avant tout une comédie, même si on y sourit plus qu’on y rit, à l’exception du début où les frasques de Pierrot sont plutôt drôles, quoiqu’un peu trop répétitives. Pierrot, c’est Pierre Richard, en pleine forme à 84 ans, bien plus convaincant que ses comparses Roland Giraud et surtout Eddy Mitchell qui semble peu concerné par son rôle. Après un départ sur les chapeaux de roue, le film perd ensuite le rythme en raison d’une intrigue qui prend trop de temps pour se mettre en place et l’ennui n’est pas loin. 

    Heureusement, la seconde partie, qui se transforme en une sorte de road movie, est plus réussie. La tendresse laisse avantageusement la place à la pure comédie grâce, notamment, à la touchante performance d’Henri Guybet. La dernière partie du film privilégie carrément l’émotion avec une scène très réussie sous la forme d’un dessin animé qui dénoue l’intrigue. 

    2 étoiles. « Les Vieux fourneaux ». RTS 1, jeudi 31 décembre, 20h45.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran : un film de circonstance pour le jour de Noël

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    1.jpgOn prend les mêmes et on recommence ! Avec le risque évident que cela sente le réchauffé…Après le triomphe du premier opus, il était fort tentant de remettre le couvert, puisque tout le monde était partant. Et c’est un premier plaisir de retrouver la troupe en entier avec à sa tête le très drôle couple Verneuil formé par Christian Clavier et Chantal Lauby.

    Après un début un peu poussif, où l’on sent trop bien la volonté des scénaristes de raccrocher le second wagon au premier en plantant à nouveau ce décor qui met en avant, notamment, les pires clichés sur les Juifs, les Noirs, les Asiatiques, les Arabes ou encore les Français, le film prend véritablement son envol au moment où le couple Verneuil se rend compte que tous ses enfants pourraient bien partir vivre à l’étranger. Il met alors en place de nombreux stratagèmes pour déjouer leurs plans et on rit souvent de bon cœur tant les ficelles sont grosses. 

    A ce propos, que celles et ceux qui s’attendent à de la finesse passent leur chemin, même si le film sous couvert de blagues parfois un peu trop téléphonées est un miroir des jugements qui sont facilement portés sur l’autre avec dans cette suite l’apparition d’un requérant d’asile, avec une scène à hurler de rire, et du mariage pour tous. Au final, sans être aussi réussi que l’original, l’effet de surprise n’est plus là, cette copie est honorable et permet de se divertir si on n’est pas trop exigeant.

    Inédit. 3 étoiles. « Qu’est-ce qu’on a encore fait au Bon Dieu ». RTS 1, vendredi 25 décembre, 20h55.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • C’est OUI !

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    1.jpgOn sait qu’en Suisse, il faut souvent beaucoup de patience pour que les lois s’adaptent à l’évolution de la société. Et tel a été le cas avec le mariage civil pour toutes et tous puisqu’il a fallu pas moins de 7 ans pour que le Parlement donne suite à une initiative parlementaire qui allait dans ce sens ! C’est chose faite aujourd’hui, les deux Chambres ayant approuvé la loi lors du vote final. Le 18 décembre 2020 est donc à marquer d’une pierre blanche dans l’Histoire de l’avancée de l’égalité des droits pour toutes et tous. 

    Alors, certes, tout n’est pas parfait puisque le mariage n’est pas totalement égalitaire, comme le souligne dans un communiqué de presse la Fédération genevoise des associations LGBT : « Les enfants conçus au sein d’un couple lesbien via une PMA à l’étranger ou via un don de sperme privé ne seront pas protégés dès la naissance envers leurs deux mères via la filiation automatique, contrairement aux couples de sexe opposé mariés. Une demande d’adoption de l’enfant par la mère non-statutaire devra être faite, après 3 ans de vie commune des deux mères et une année de vie avec le bébé, période durant laquelle les droits de l’enfant envers sa mère non-statutaire ne sont pas protégés en cas de séparation ou de décès notamment. »

    Et puis, il faudra très certainement que le peuple vote, un référendum étant d’ores et déjà annoncé. Et quand bien même l’issue du vote ne fait guère de doute, il faudra affronter cette homophobie plus ou moins latente au sein d’une partie de la population alors que l’introduction du mariage civil pour toutes et tous n’enlève aucun droit à qui que ce soit ! Mais c’est peut-être de la musique d’avenir, car il ne sera pas si facile aux référendaires de récolter 50 000 signatures en 100 jours. Mais en attendant savourons cette belle avancée pour l’égalité des droits pour toutes et tous en Suisse !

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  • Du grand au petit écran : une comédie musicale, un polar à ne pas manquer et James

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    3.jpgSur l’île paradisiaque de Kalokari, Sophie, la fille de Donna (Meryl Streep) et aux trois pères, va ouvrir un hôtel, mais elle rencontre quelques soucis. Son entourage lui conseille alors de s’inspirer de l’exemple de sa mère pour affronter les obstacles. A partir de cette trame on ne peut plus mince, les flashbacks vont se succéder et faire découvrir au spectateur comment Donna a rencontré une trentaine d’années auparavant les futurs trois pères de Sophie.

    Rien donc de très passionnant à cette histoire déjà connue dans le premier épisode, mais les éléments qui ont fait le succès de « Mamma Mia ! » sont repris le plus souvent avec bonheur, à commencer par les chansons d’Abba, dont certaines inconnues qu’on découvre avec plaisir, et les chorégraphies qui vont avec. Les décors kitsch « carton-pâte », le ciel bleu et la mer transparente sont toujours du plus bel effet. On retrouve la même distribution qu’il y a dix ans à laquelle on a ajouté de jeunes acteurs, avec une mention particulière pour Lily James (Donna jeune). L’humour, le plus souvent du second degré, est bien présent.

    Et enfin, il y a même parfois de l’émotion, tout particulièrement lors de la seule (!) apparition de Meryl Streep. En deux minutes, elle montre à quel point elle est une géniale actrice et combien un rôle si court est une grande déception qui ne saurait être compensée par la présence de Cher qui tombe comme un cheveu sur la soupe, comme celle d’Andy Garcia, d’ailleurs. Au final, cette suite de « Mamma Mia ! » remplit son contrat. Sans plus.

    Inédit. 3 étoiles. « Mamma Mia : Here We Go Again ». RTS 1, lundi 14 décembre, 20h45.

    2.jpgAsger est un policier visiblement mal dans sa peau. Il a été déplacé au centre d’appels des urgences (le 112) de la police danoise où il répond de mauvaise grâce aux téléphones qu’il reçoit jusqu’au moment où il est mis en communication avec une femme qui dit être victime d’un enlèvement. Son instinct de policier va alors reprendre le dessus et le conduire à mener l’enquête avec comme seules armes la représentation qu’il se fait de la situation et son téléphone.

    S’inspirant d’un véritable appel reçu au 112 par une femme kidnappée, le réalisateur Gustav Möller « a compris que chaque personne écoutant cet enregistrement verrait des images différentes. Au cinéma, on peut créer tout un univers à l’intérieur d’une seule pièce. Avec « The Guilty », j’espère avoir réalisé un thriller haletant qui offre à chaque spectateur une expérience qui lui est propre. »

    Objectif parfaitement atteint, le spectateur se faisant ses propres images tout au long du film, puisque la caméra ne quitte pas une seule seconde le centre d’appels. A l’instar du policier Asger, le spectateur écoute très attentivement les sons et les voix pour imaginer non seulement les lieux où l’action se déroule à l’extérieur ou encore le visage des différents personnages, mais surtout pour essayer de comprendre ce qui se cache derrière cet enlèvement. 

    On ne s’ennuie pas une seule seconde grâce à une mise en scène efficace et à de nombreux rebondissements vocaux qui permettent de découvrir petit à petit la personnalité complexe des deux personnages principaux de l’intrigue et conduisent à une fin à grand suspense et pleine d’émotions. Epatant.

    Inédit. 5 étoiles. « The Guilty ». Arte, mercredi 16 décembre, 20h55.

    1.jpg« Skyfall », le précédent James Bond, avait fixé la barre tellement haute que les attentes pour ce vingt-quatrième épisode de la saga étaient fortes. Sans doute trop. « 007 Spectre » ne restera en effet pas dans les annales de la série.
    Après un début tonitruant très réussi à Mexico lors de la fête des Morts où James Bond fait étalage de tout son talent, notamment en pilotant un hélicoptère en perdition au-dessus d’une foule impressionnante, le soufflé retombe très vite après le générique.

    L’enquête du plus célèbre agent secret de sa Majesté pour découvrir qui se cache derrière l’organisation criminelle Spectre, déjà apparue dans sept épisodes précédents, n’est pas vraiment passionnante. Entre les différentes scènes d’actions attendues et peu originales (poursuite en voiture, poursuite avion-voiture, bataille dans un train) qui font voyager le spectateur à Mexico, à Rome, dans les Alpes autrichiennes, à Tanger et à Londres, l’histoire tire en longueur et l’ennui n’est jamais très loin. 

    Daniel Craig fait le job, sans plus, Monica Bellucci fait une apparition, Léa Seydoux ne paraît pas très concernée, et le méchant (Christoph Waltz) ne fait pas peur. Certes, la dernière demi-heure est palpitante, mais c’est un peu mince pour le James Bond le plus cher de l’Histoire (300 à 350 millions de dollars !).

    2 étoiles. « 007 Spectre ».  France 2, dimanche 13 décembre, 23h00.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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