• Du grand au petit écran : un programme très alléchant

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    IMG_9474.jpgPublié chaque année entre 1936 et 1966, « The Negro Motorist Green-Book », du nom de son auteur Victor Hugo Green, recensait les établissements qui acceptaient la clientèle noire. Ce guide permettait aux voyageurs noirs de planifier leur trajet pour éviter tout harcèlement, toute arrestation et toute violence.

    Inspiré d’une histoire vraie, « Green Book » est un road movie qui raconte la naissance en 1962 d’une amitié qui dura plus de 50 ans entre Tony Vallelonga, un videur italo-américain du Bronx, et le Dr Don Shirley, pianiste noir de renommée mondiale. Engagé comme chauffeur pour une tournée de concerts de deux mois dans ce sud des Etats-Unis où la ségrégation raciale est une triste réalité, Tony Vallelonga va au fur et à mesure que le temps passe être bien plus qu’un chauffeur pour le Dr Don Siegel et ce dernier bien plus qu’un simple patron.

    Le film repose, comme tant d’autres avant lui, sur deux personnalités que tout oppose et qui, pourtant, vont finir par s’apprécier. Rien donc de très original a priori. Sauf que dans « Green Book », on adhère rapidement à cette histoire d’amitié hautement improbable. Et pas seulement parce qu’elle a véritablement existé, mais parce que les deux personnages sont chacun à leur manière très humain et que, du coup, tout devient possible. 

    Un film très réussi grâce à deux acteurs excellents, un contexte malheureusement toujours d’actualité, des dialogues de très haute volée à la fois drôles et graves, des situations qui se renouvellent à chaque étape évitant tout ennui au spectateur et juste ce qu’il faut d’émotion.

    Inédit. 5 étoiles. « Green Book », RTS 1, lundi 1er février, 20h45.

    IMG_2675.jpg« Girl », c’est l’histoire de Lara, 15 ans, qui rêve de devenir danseuse étoile. Mais il y a un obstacle de taille pour qu’elle y parvienne : elle est née dans un corps de garçon. Soutenue par sa famille et le corps médical, Lara aimerait que sa transition se fasse au plus vite, ce qui n’est pas possible. Prisonnière de ce corps qui ne lui ressemble pas, elle est prête à souffrir pour qu’il corresponde à son identité de fille.

    C’est à la lecture d’un article relatant le parcours d’une jeune fille née dans un corps de garçon, mais convaincue d’être une fille que le réalisateur belge Lukas Dhont a eu envie d’écrire sur un personnage comme elle : quelqu’un de courageux, qui très jeune remettait en cause le lien qu’établit la société entre sexe et genre. 

    Et il en faut en effet du courage pour affronter non seulement les autres, mais surtout soi-même en luttant avec ce corps dans lequel on ne se reconnait pas. C’est principalement sur cet aspect très personnel que se concentre le film, l’entourage de Lara, à part quelques copines, étant bienveillant et soutenant à son égard. A ce titre, la relation qu’entretiennent Lara et son père est très touchante. Les scènes où ils sont présents tous les deux sont des grands moments d’émotion. 

    De l’émotion, il y en a d’ailleurs tout au long du film grâce au formidable talent de Victor Polster. Il exprime avec une justesse incroyable les tourments de Lara. Ils sont magnifiés par une caméra virtuose qui filme Lara au plus près, notamment dans les scènes de danse parfaitement maîtrisées, mais toutefois un peu trop répétitives, comme c’est le cas d’ailleurs pour d’autres scènes. Un petit défaut qui ne doit toutefois pas faire oublier que « Girl » est ce que l’on peut appeler « un beau film ». 

    Inédit. 4 étoiles. « Girl », ARTE, mardi 2 février, 20h55.

    IMG_2676.jpgS’inspirant de l’histoire vraie de l’explorateur et militaire britannique Percy Fawcett, « The lost City of Z » est un film d’aventure, mais rien à voir toutefois avec un « Indiana Jones ». L’atmosphère de la découverte en milieu à la fois hostile, mais également fascinant, est en effet privilégiée à des rebondissements plus spectaculaires les uns que les autres. 

    En 1906, la Société géographique royale d’Angleterre propose à Percy Fawcett de partir en Amazonie afin de cartographier les frontières entre le Brésil et la Bolivie. Tout d’abord décontenancé par cette mission qu’il considère comme peu en rapport avec ses ambitions, mais n’ayant pas vraiment le choix, il va s’embarquer, en laissant femme et enfants derrière lui pour plusieurs années, dans une aventure dont il ne reviendra pas indemne. Persuadé d’avoir découvert les vestiges d’une cité perdue, il n’aura de cesse au cours d’autres voyages de prouver son existence au risque de se perdre, au sens propre et figuré.

    Alternant les moments entre l’Amazonie et l’Angleterre, avec une incursion dans les tranchées de la guerre de 14-18, « The lost City of Z » brosse en finesse le portrait d’un homme à la personnalité complexe. Tiraillé entre son sens du devoir paternel et militaire et son obsession quasi mystique de découvrir cette cité perdue, le personnage de Percy Fawcett ne laisse pas indifférent. Le film aux images magnifiques et à la réalisation soignée prend son temps, sans doute un petit peu trop par moment, et fait son chemin jusqu’à une fin à la hauteur des espoirs du colonel Percy Fawcett : magique.

    4 étoiles. « The Lost City of Z ». ARTE, dimanche 31 janvier, 20h55.

    IMG_2638.jpgCinquième volet de la saga « Mission Impossible » et…cinq bonnes raisons, pour les amateurs de film d’action, les autres passeront leur chemin, de voir le film. 

    Première raison : durant les 130 minutes que dure le film, il n’y a pas un seul temps mort. De l’action, beaucoup d’actions, et dès les premières secondes avec une scène d’avion de très haut vol.

    Deuxième raison : un scénario qui comporte tous les ingrédients qui composent ce genre de film : un méchant très méchant, un agent double, des situations apparemment…impossibles à retourner, des trahisons, des coups de théâtre, de l’exotisme en plantant le décor dans plusieurs pays, une poursuite époustouflante, on en passe et des meilleurs.

    Troisième raison : une dose d’humour qui permet de souffler agréablement entre deux scènes d’action avec même un petit clin d’œil à « Titanic ».

    Quatrième raison : un excellent casting avec un Tom Cruise au top de sa forme qui porte certes le film sur ses épaules, mais sans toutefois focaliser l’attention sur lui : Simon Pegg, Jeremy Renner, Rebecca Ferguson et Alec Baldwin tirent largement leur épingle du jeu.

    Cinquième raison : le plaisir de retrouver une fois de plus les éléments qui ont fait le succès de la série télévisée. Une équipe qui met les talents variés de ses membres au service du « bien », une longueur d’avance en matière de technologie, les fameux masques et, last but not least, la formidable musique du générique qui, 50 ans après sa création, met les frissons aux fans dès la première note du générique.

    4 étoiles. « Mission Impossible : La Nation Rogue ». France 2, dimanche 31 janvier, 21h05.

    IMG_6648.jpgDès le tout début, avec un générique qui vous plonge avec des images d'archives et de la musique de l'époque dans le tourbillon du tournant des années soixante-septante, le spectateur est dans le film. Puis, survient la voix off de l'héroïne qui prononce cette phrase mémorable : « En 1971, le monde était en pleine mutation, mais ici en Suisse, le temps semblait s'être arrêté. » 

    Le contraste avec les premières secondes est saisissant et donne immédiatement le ton du film : Nora et ses amies vont devoir soulever des montagnes, suisses bien évidemment, pour lutter contre cette société patriarcale et machiste qui est à la veille de décider si elle donnera le droit de vote et d'éligibilité aux femmes. 

    Pour raconter les semaines qui précèdent cette votation qui deviendra historique, le film de la réalisatrice Petra Volpe reconstitue à la perfection cette ambiance du début des années septante de cette Suisse fermée sur elle-même : décors, costumes, coiffures, mœurs, attitudes de la gente masculine, tout y est. C'est à la fois jouissif et consternant de voir où en étaient les droits des femmes au niveau national il y a 50 ans. C’est en effet seulement le 7 février 1971 que les femmes ont obtenu le droit de vote au niveau national ! Le film est d'ailleurs à l'image de ce constat, puisqu'il comporte des scènes franchement drôles et tendres qui alternent avec d'autres où l'on rit jaune, voire où l'on pleure de tristesse ou de joie.

    « L'ordre de divin » est un film très bien écrit que ce soit au niveau de son scénario ou de ses personnages auxquels on s'attache rapidement. Il faut dire que la distribution est excellente et donne toute la crédibilité voulue à cette histoire d'autant plus incroyable qu'elle est proche de la réalité.

    5 étoiles. « L’ordre divin ». RTS 1, mardi 2 février, 21h.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran : un biopic sur une femme exceptionnelle, Hollywood, et de l'action

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    IMG_2637.jpgL’histoire de Rick Dalton, star de la télévision des années 50 sur le déclin, et de sa fidèle doublure, est très bien reconstituée. Les décors, la lumière et la photographie sont superbes. On se croirait vraiment dans le Hollywood de la fin des années 60. Le film est bourré de références cinématographiques et télévisuelles de ces années-là, américaines évidemment, mais qui ne parleront qu’aux quinquagénaires et plus. 

    Du côté de la distribution, rien à redire non plus : Leonardo Di Caprio et Brad Pitt sont très bons, même si le premier est desservi par des scènes de « film dans le film » qui n’en finissent pas, surtout dans la première partie. Les moments les plus réussis du film qui donnent une bonne place à l’humour et à une certaine dérision, et heureusement il y en a plusieurs, mettent le plus souvent en scène Brad Pitt. 

    C’est tout particulièrement le cas lorsqu’il est en contact avec les hippies, avec son chien ou encore lors des vingt dernières minutes qui s’apparentent à un film d’horreur. A ce propos, que dire de cette fin très réussie sur un plan cinématographique, mais qui ne respecte pas du tout la réalité de l’épisode tragique auquel elle fait référence et qui a marqué durablement les esprits ? Au final, si le film de Quentin Tarantino est formellement impeccable, il est très inégal dans le fond avec des scènes jubilatoires et d’autres où on s’ennuie ferme au cours d’un long métrage qui porte bien son nom (2h40).

    Inédit. 2 étoiles. « Once Upon A Time…in Hollywood », RTS 1, lundi 25 janvier, 20h40.

    IMG_9475.jpg« Une femme d’exception » s’attache au parcours et aux combats de Ruth Bader Ginsburg, décédée en septembre dernier, juge à la Cour suprême des Etats-Unis de 1993 à 2020, entre le milieu des années 50 et 70. Vingt années semées d’embûches pour lutter contre les discriminations faites aux femmes et faire évoluer les lois dans la direction de l’égalité. Elle est considérée comme l’une des figures les plus progressistes des Etats-Unis. Elle s’est notamment impliquée dans plus de 300 procès pour discrimination.

    Le film débute en 1956 au moment où Ruth Ginsburg intègre l’école de droit de Harvard. Elle est l’une des neuf femmes dans une volée comptant plus de 500 hommes. Autant dire qu’il est fort difficile de faire sa place dans le machisme ambiant. Heureusement, Ruth peut compter sur le soutien sans faille de son mari, et vice versa, qui fait les mêmes études. Bien que première de sa classe, Ruth ne trouve pas d’embauche dans un cabinet parce qu’elle est une femme. Elle doit se contenter dans les années 60 d’enseigner le droit jusqu’au jour où sa vie va basculer quand elle va plaider avec son mari une affaire fiscale qui discrimine… un homme.

    La grande force du film tient à son couple d’acteurs principaux, Felicity Jones et Armie Hammer, qui crève l’écran. Leur complicité est formidable. Les rôles secondaires sont d’ailleurs également fort bien investis. Cette brillante distribution fait oublier le côté un peu trop académique du film, ce qui ne l’empêche toutefois pas d’être passionnant et de terminer en apothéose avec un monologue final de plus de cinq minutes de Ruth Ginsburg qui laisse sans voix. Et montre le parcours parcouru et celui qui est encore à parcourir pour que l’égalité entre les femmes et les hommes soit complètement réalisée.

    Inédit. 4 étoiles. « Une femme d’exception », RTS 2, jeudi 28 janvier, 20h55.

    IMG_2638.jpgCinquième volet de la saga « Mission Impossible » et…cinq bonnes raisons, pour les amateurs de film d’action, les autres passeront leur chemin, de voir le film. 

    Première raison : durant les 130 minutes que dure le film, il n’y a pas un seul temps mort. De l’action, beaucoup d’actions, et dès les premières secondes avec une scène d’avion de très haut vol.

    Deuxième raison : un scénario qui comporte tous les ingrédients qui composent ce genre de film : un méchant très méchant, un agent double, des situations apparemment…impossibles à retourner, des trahisons, des coups de théâtre, de l’exotisme en plantant le décor dans plusieurs pays, une poursuite époustouflante, on en passe et des meilleurs.

    Troisième raison : une dose d’humour qui permet de souffler agréablement entre deux scènes d’action avec même un petit clin d’œil à « Titanic ».

    Quatrième raison : un excellent casting avec un Tom Cruise au top de sa forme qui porte certes le film sur ses épaules, mais sans toutefois focaliser l’attention sur lui : Simon Pegg, Jeremy Renner, Rebecca Ferguson et Alec Baldwin tirent largement leur épingle du jeu.

    Cinquième raison : le plaisir de retrouver une fois de plus les éléments qui ont fait le succès de la série télévisée. Une équipe qui met les talents variés de ses membres au service du « bien », une longueur d’avance en matière de technologie, les fameux masques et, last but not least, la formidable musique du générique qui, 50 ans après sa création, met les frissons aux fans dès la première note du générique.

    4 étoiles. « Mission Impossible : La Nation Rogue ». RTS 2, vendredi 29 janvier, 20h50.

    Pour rappel (cf. ma chronique du 22 janvier) :

    IMG_2632.jpgL’histoire de Max, organisateur de fêtes fatigué par trente ans de service, que l’on suit pendant 24 heures, durant lesquelles toutes les tuiles possibles et inimaginables vont lui tomber dessus à l’occasion d’un mariage organisé dans un château du 17ème siècle, est dans l’ensemble très réussie.

    La scène d’introduction mérite à elle seule le détour et confirme, pour celles et ceux qui en doutaient encore, l’énorme talent de Jean-Pierre Bacri qui est tout simplement exceptionnel. Omniprésent, et le plus souvent filmé caméra à l’épaule ce qui renforce l’impression qu’il est au four et au moulin, il est à la fois drôle, ironique, caustique, jaloux, bougon, tendre, émouvant, touchant, excédé, désabusé, liste non exhaustive, dans son rôle de chef d’une équipe qui compte en son sein bien des bras cassés. Il est entouré par une distribution au diapason dans ce film chorale où chacun a sa place pour le meilleur et pour le pire, comme il se doit bien entendu pour un mariage. 

    Le film est bien écrit, avec tout de même quelques invraisemblances, et les dialogues sont souvent jouissifs. Il a également du rythme malgré une petite baisse au milieu, mais celle-ci est en lien avec les événements qui sont suspendus durant la fête suite à gros souci dont on ne parlera pas ici pour ne rien dévoiler. Il y a des scènes à pleurer de rire et d’autres émouvantes, à l’image d’une fin très réussie. « Le sens de la fête » est une comédie humaine, certes pleine de bons sentiments, pétillante comme du champagne et ça fait du bien !

    4 étoiles. « Le sens de la fête », TF1, dimanche 24 janvier, 21h05.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran : Hommage à J-P. Bacri avec « Le sens de la fête »

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    IMG_2632.jpgSuite au décès de Jean-Pierre Bacri lundi dernier, plusieurs films ont été diffusés à la télévision cette semaine pour lui rendre hommage : « Le goût des autres » et « On connaît la chanson » sur France 2 mercredi et « Place publique » jeudi sur RTS 2. Au tour de TF1 d’en faire de même dimanche soir avec « Le sens de la fête » où Jean-Pierre Bacri fait étalage de tout son talent dans un film fort agréable à regarder, comme vous pourrez le lire dans la critique ci-dessous. 

    L’histoire de Max, organisateur de fêtes fatigué par trente ans de service, que l’on suit pendant 24 heures, durant lesquelles toutes les tuiles possibles et inimaginables vont lui tomber dessus à l’occasion d’un mariage organisé dans un château du 17ème siècle, est dans l’ensemble très réussie.

    La scène d’introduction mérite à elle seule le détour et confirme, pour celles et ceux qui en doutaient encore, l’énorme talent de Jean-Pierre Bacri qui est tout simplement exceptionnel. Omniprésent, et le plus souvent filmé caméra à l’épaule ce qui renforce l’impression qu’il est au four et au moulin, il est à la fois drôle, ironique, caustique, jaloux, bougon, tendre, émouvant, touchant, excédé, désabusé, liste non exhaustive, dans son rôle de chef d’une équipe qui compte en son sein bien des bras cassés. Il est entouré par une distribution au diapason dans ce film chorale où chacun a sa place pour le meilleur et pour le pire, comme il se doit bien entendu pour un mariage. 

    Le film est bien écrit, avec tout de même quelques invraisemblances, et les dialogues sont souvent jouissifs. Il a également du rythme malgré une petite baisse au milieu, mais celle-ci est en lien avec les événements qui sont suspendus durant la fête suite à gros souci dont on ne parlera pas ici pour ne rien dévoiler. Il y a des scènes à pleurer de rire et d’autres émouvantes, à l’image d’une fin très réussie. « Le sens de la fête » est une comédie humaine, certes pleine de bons sentiments, pétillante comme du champagne et ça fait du bien !

    4 étoiles. « Le sens de la fête », TF1, dimanche 24 janvier, 21h05.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran : un départ en fanfare pour la nouvelle année

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    3.jpgLargement inspiré de la vie d’Elton John, producteur par ailleurs du film, « Rocketman » ne raconte pas avec exactitude la vie du chanteur, brouille les frontières entre fiction et réalité et ne respecte pas l’ordre chronologique des chansons utilisant leurs paroles en fonction des événements qui s’y déroulent. Mais « Rocketman » ne part pas pour autant dans tous les sens, avec comme fil rouge une réunion des alcooliques anonymes qui lui permet petit à petit de se dévoiler et de retirer, pièce par pièce, le costume flamboyant qu’il porte, symbolisant la mise à nu qui va lui permettre de se retrouver. 

    Le film raconte l’histoire de cette ascension très rapide, à l’image de la fusée du titre, mais également les épisodes plutôt tristes de son enfance, sa très belle amitié avec son parolier, sa difficulté à vivre son homosexualité, ses amours contrariées, l’addiction à la drogue et à l’alcool et bien évidemment son génie musical qui est intelligemment mis en avant dans le film avec des scènes où Elton John fait le show et d’autres beaucoup plus intimistes et émouvantes. 

    Cette réussite est due à une mise en scène qui ne laisse rien au hasard et à un formidable Taron Egerton qui crève l’écran dans le rôle d’Elton John aussi bien quand il joue que quand il chante. Le comédien s’est entraîné au chant et au piano pendant cinq mois et le résultat est bluffant. Mis à part quelques petites longueurs dans la seconde partie lors de la descente aux enfers de la star, « Rocketman » est un film qui met le feu, tout en laissant une large place à l’émotion. Un excellent début télévisuel pour cette nouvelle année.

    Inédit. 4 étoiles. « Rocketman ». RTS 1, vendredi 1er janvier, 20h50.

    4.jpgDeux lycéennes et deux lycéens, suite à la découverte d’une vieille console qui contient un jeu vidéo de la fin du siècle passé, vont se retrouver dans la jungle de Jumanji et devoir…déjouer les nombreux pièges qui leur sont tendus s’ils veulent pouvoir retourner dans la réalité. Ils vont le faire avec leur avatar qui est physiquement l’exact opposé de ce qu’ils sont dans la vie réelle et possède ses forces et ses faiblesses qu’il s’agira d’utiliser à bon escient pour s’en sortir.

    Le point fort du film est incontestablement l’humour qui s’en dégage. On rit souvent de bon cœur non seulement grâce au contraste entre le caractère des personnages et le corps dans lequel ils évoluent dans le jeu, mais aussi grâce aux situations comiques qu’engendre ce décalage. Les dialogues sont excellents et font souvent mouche. Les effets spéciaux sont également très réussis et on ne s’ennuie pas une seule seconde, l’action étant rondement menée par des comédiens très convaincants. On se laisse prendre au jeu, comme si on était soi-même un acteur de celui-ci. 

    Alors, certes, tout n’est pas parfait, notamment la toute fin qui frise la mièvrerie malheureusement souvent habituelle pour des films qui visent avant tout un public adolescent. Mais pas de quoi gâcher l’impression générale d’un très bon divertissement, à condition bien évidemment d’avoir gardé son âme d’enfant et son esprit joueur.

    4 étoiles. « Jumanji : Bienvenue dans la jungle ». RTS 2, vendredi 1er janvier, 22h35.

    IMG_2509.jpgMathieu Malinski est un jeune de banlieue qui a une passion pour la musique classique dont il ne parle pas à ses potes avec lesquels il s’adonne parfois à des actes illicites. Pour assouvir son besoin de musique, il joue du piano dans les gares où l’instrument est en accès libre. C’est là qu’un jour le directeur du Conservatoire National Supérieur de Musique, Pierre Geitner, le rencontre. Mais pas question pour Mathieu de frayer avec ce milieu qui n’est pas le sien jusqu’au jour où un cambriolage tourne mal. Pierre Greitner vient alors à sa rescousse en proposant au juge des heures d’intérêt général au Conservatoire à la place de la prison.  

    A partir de là, et comme on peut s’y attendre, la « success story » est en route. Evidemment, les obstacles seront nombreux pour y parvenir et, à ce titre, le scénario ne nous en épargne aucun. Les clichés s’alignent comme des noix sur un bâton. Mais le défaut principal du film est que l’on ne croit pas une seconde au personnage de Mathieu « petite frappe » alors qu’il est tout à fait crédible dans celui d’apprenti virtuose. La faute à un manque total d’explication sur l’enfance et l’adolescence de Mathieu. 

    Il n’est donc pas étonnant que les scènes en lien avec la musique soient les plus réussies. Et pour être juste, elles procurent même des moments d’intenses émotions avec en particulier un dernier quart d’heure, quand bien même là encore le scénario en rajoute des couches, plutôt réussi. Au final, un film qui donne surtout envie d’écouter le Concerto n°2 de Rachmaninov. Ce n’est déjà pas si mal.

    Inédit. 2 étoiles. « Au bout des doigts ». RTS 1, lundi 4 janvier, 20h40.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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