Du grand au petit écran : un film suisse à ne pas manquer

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IMG_9176.jpgMadame, c’est Caroline, la grand-mère du réalisateur Stéphane Riethauser. Ils engagent un dialogue cinématographique intergénérationnel très intime sur les thèmes du genre, de la sexualité et de la transmission de l’identité. Grâce à des images d’archives familiales de qualité tournées par Stéphane Riethauser lui-même, qui voulait à la base « simplement » garder des souvenirs de sa grand-mère avant son décès, et par son père qui aurait voulu être cinéaste, « Madame » est bien plus qu’un documentaire. C’est une véritable œuvre cinématographique. 

Comment  expliquer autrement le fait que le spectateur est captivé dès la première minute et jusqu’à la dernière par cette histoire d’une grand-mère qui s’est battue toute sa vie durant contre le patriarcat et de son petit-fils qui s’est également battu pour s’accepter en tant qu’homosexuel dans un milieu tout aussi hostile que celui dans lequel sa grand-mère évoluait ? 

Ces deux récits de vie aux croisements multiples sont remarquablement mis en scène grâce à un montage qui mérite toutes les louanges : il permet de tenir en haleine le public alors que les films et les photos de famille des autres lassent en principe très vite leur auditoire, comme le relevait Stéphane Riethauser dans une interview. Et s’il n’en est rien, c’est parce que le film parle à chacune et chacun d’entre nous d’une façon ou d’une autre et qu’il arrive à produire ce qui est la marque d’un grand film : de l’émotion. A ne pas manquer.

Inédit. 5 étoiles. « Madame », RTS 2, dimanche 14 février, 22h05.

3.jpgAprès « Hippocrate » et « Médecin de campagne », Thomas Lilti, ancien médecin, persiste et signe avec un troisième film qui a également comme contexte le milieu médical. Antoine recommence sa première année de médecine pour la troisième fois. Benjamin est fils de chirurgien. Il n’est pas particulièrement motivé, mais cherche la reconnaissance de son père. Il réalise très rapidement que sa facilité pour les études ne sera pas suffisante et qu’il va devoir bosser dur. Complémentaires, Antoine et Benjamin vont unir leur destin pour tenter de passer cette première année.

Si « Première année » débute de manière classique pour un film de ce genre, Benjamin découvre l’univers de la fac de médecine avec les conseils d’Antoine qui, lui, le connaît déjà fort bien, les rôles s’inversent très vite entre les deux étudiants. Pour Thomas Lilti, « c’est le cœur du film. Montrer l’inégalité au cœur du système éducatif. Benjamin a les codes. Même s’il est nouveau, très vite il se fond dans le moule, se laisse absorber par le système et comprend des choses qu’en deux ans Antoine n’a toujours pas intégrées. » 

Cette inégalité, dont ils ne sont pas responsables, va mettre à dure épreuve la relation entre les deux étudiants, mais aussi donner toute sa force à leur amitié remarquablement mise en scène par Thomas Lilti. Il est bien évidemment aidé par le remarquable duo que forment Vincent Lacoste, dont le talent est déjà bien connu, et William Lebghil, véritable révélation du film. « Première année » est un film, à quelques exceptions près, rythmé, drôle, tendre, émouvant et avec du suspense. On pourrait lui reprocher une fin un peu téléphonée, mais on le pardonnera aisément au réalisateur, car elle est à l’image du film : profondément humaine. 

Inédit. 4 étoiles. « Première année », RTS 2, jeudi 18 février, 21h35.

2.jpgPourquoi Tom est-il aussi agressif envers Damien qui fréquente la même classe que lui au point d’en venir aux mains ? Est-ce une question de différence de classe ? Tom est en effet le fils adopté d’un couple d’agriculteurs alors que la maman de Damien est médecin et son père militaire de carrière. Est-ce parce que Tom habite dans la montagne et qu’il marche plusieurs heures par jour pour se rendre à l’école alors que Damien habite en ville et que c’est sa mère qui l’accompagne en voiture ? Est-ce une question de couleur de peau, Tom étant métis ? Et si cette violence traduisait la peur, celle d’un désir inavouable ?

Le film d’André Téchiné brosse avec pudeur, émotion, justesse et beauté le portrait de deux adolescents qui se cherchent, au sens propre et figuré, dans le décor magnifique des Pyrénées, le temps de l’année scolaire. Il est porté par deux jeunes acteurs excellents, avec une mention spéciale pour Kacey Mottet Klein dont la palette pour exprimer ses sentiments est impressionnante. Sandrine Kiberlain, qui a le très beau rôle de mère à la fois bienveillante, mais également cadrante quand il le faut, est également à la hauteur. Si le film comporte des longueurs, quelques scènes et personnages secondaires n’apportent pas grand-chose de plus à l’histoire, il n’en demeure pas moins que « Quand on a 17 ans » est globalement une réussite.

4 étoiles. « Quand on a 17 ans ». ARTE, mercredi 17 février, 20h55.

1.jpgSuccès surprise et mérité de l’été 2013 (« Insaisissables 1 » est rediffusé à 23h20), les quatre magiciens/cambrioleurs reprennent donc du service en s’attaquant à un as de la technologie à la tête d’une organisation criminelle. Cet homme d’affaire a toutefois toujours un coup d’avance sur les quatre magiciens et va les entraîner dans un piège et les spectateurs avec. 

L’intrigue à tiroirs et aux rebondissements multiples, aussi invraisemblables les uns que les autres, est un simple prétexte à mettre en scène des numéros de magie finalement trop rares et qui tirent parfois en longueur. Certes, on ne s’ennuie pas vraiment, il y a tout de même quelques scènes réussies et un peu d’humour, mais on peine vraiment à comprendre où les scénaristes veulent en venir et la révélation finale tombe complètement à plat. On y perd petit à petit toutes ses illusions, ce qui est tout de même un comble pour un film qui met la magie au centre. 

2 étoiles. « Insaisissables 2 ». M6, jeudi 18 février, 21h05.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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Commentaires

  • Merci Caro Didier de me signaler le très réussi film « Madame « , ... et il me vient à l’esprit cette belle interprétation anglaise au sujet du « BEAU »: «  Every day there seems to be / Something wonderful to see ». Amicalement.

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